Europedirect, un numéro de renseignements unique pour les européens – Ma-Tvideo France2 Vous voulez savoir comment obtenir une carte de sécurité sociale européenne? Comment partir étudier avec Erasmus? Savoir quels sont vos droits comme consommateur européen? On le sait peu, mais il existe un numéro d’appel unique où des experts répondent à toutes ces questions.
Deux heures. Il aura fallu deux heures seulement pour que la Banque Centrale Européenne prête aujourd’hui aux établissements financiers 40 milliards de dollars. Du jamais vu. Une première dans l’histoire de la BCE. Et ce n’est sûrement pas fini : les banques européennes auraient eu besoin non pas de 40 milliards, mais de 100 milliards. Jean-Claude TRICHET, le gouverneur de la BCE sera donc amené à renouveler l’opération
Pourquoi ? Parce qu’en Europe, comme aux Etats-Unis, les banques ne se font plus confiance entre elles : ellles ne se prêtent plus, car elles ne savent pas si, selon un responsable bancaire parisien, la consoeur « existera encore dans la demi-heure qui suit ». Et il est vrai que contrairement au discours officiel des responsables politiques européens, les conséquences sur notre continent de la crise américaine sont profondes : les marchés financiers s’attendent à ce qu’une grande banque européenne fasse faillite à son tour.
Une peur panique qui tranche avec le discours rassurant tenu le week end dernier à Nice par les ministres européens de l’économie. C’était Samedi aprés-midi. Moins de 36 heures plus tard, la crise éclatait et Lehman Brothers sombrait. Alors, l’Europe ne sert-elle à rien ? Non. Certes, dans cette crise l’efficacité des ministres de l’économie est à prouver mais celle de la BCE, elle, est évidente : si l’Euro n’existait pas, les économies européennes les plus faibles auraient dû dévaluer leurs monnaies. En résumé, dans la tourmente, l’Europe évite – pour l’instant – le pire. C’est déjà ça.
Bercy avait alerté tous les médias de l’hexagone sur le thème « vous allez voir ce que vous allez voir », la réunion informelle des ministres européens de l’économie et des finances (ecofin) sera différente des autres : pas de jargon économique incompréhensible et surtout une position européenne commune sur la récession qui menace notre continent.
En fait, le résultat de ces deux journées de discussion à Nice est bien maigre. Vendredi, les 27 se sont mis d’accord pour laisser jouer les « stabilisateurs automatiques ». En clair, chaque pays fait ce qu’il veut (ou ce qu’il peut) en fonction de ses marges de manoeuvre budgétaires. La France, dans ce domaine, fait partie des Etats qui n’ont justement aucune marge de manoeuvre. Notre déficit public devrait d’ailleurs dépasser les 3 % fatidiques parce que – crise économique oblige – les rentrées fiscales ne sont plus au rendez-vous. Au cours de cette réunion, l’Irlande a fait savoir aux autres européens qu’elle devrait elle aussi accuser un déficit public supérieur à 3 %, alors que Dublin était jusqu’à présent en excédent. Cela en dit long sur la gravité de la crise en Irlande, et plus largement dans toute l’Europe. A Nice, un haut fonctionnaire français préfère dire pudiquement : « les effets des stabilisateurs automatiques peuvent être puissants »
Samedi, les ministres se sont penchés sur l’épineux dossier des taux réduits de TVA. Et là, ce fut une nouvelle fois le clash. La France et l’Allemagne sont en opposition frontale. Berlin ne veut pas baisser le taux de TVA sur la restauration. Samedi, le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück a d’ailleurs posé toute une série de questions: « Comment compenser la perte de recettes? Quelles garanties a-t-on que le bénéfice soit transmis au consommateur final? Quel impact sur l’emploi? Et selon un participant de la réunion cité par l’Agence France Presse, il aurait ajouté : je n’endosserai aucun taux réduit ».
Honnêtement, ces questions sont légitimes. Car les restaurateurs français, aprés avoir dit qu’ils baisseraient leurs prix ont ensuite oublié cette promesse pour une autre : celle de recruter en masse. Et rien ne prouve – à l’avance – qu’ils le feront.
Et si l’Allemagne avait raison ?