Les producteurs français de gruyère s’inquiètent. Selon eux, la Commission Européenne s’apprêterait à donner une AOP (appellation d’origine protégée) au gruyère suisse mais… pas au gruyère français ! Or la différence entre le gruyère helvète et le gruyère tricolore est mince : le premier n’a pas de trous, le second si ! Au delà de l’anecdote, c’est toute une filière (300 emplois, essentiellement en Franche Comté et dans une partie de la Savoie) qui est menacée : la France produit en effet 2 000 tonnes de gruyère par an. Dans le pire des scenarii, la France n’aurait plus le droit de vendre des fromages avec l’appellation « gruyère ». Les seuls « gruyères » au monde seraient donc suisses, or ce fromage a toujours été produit des deux côtés de la frontière.
Face au début de polémique, la commission européenne que j’ai contactée veut temporiser. Selon un porte-parole : « la Commission ne remet pas en question à ce stade la possibilité pour la France de pouvoir bénéficier d’une protection pour le gruyère » et rien n’est encore décidé. En France, les responsables du syndicat interprofessionnel du gruyère (SIG) sont trés clairs : « Si les suisses obtiennent leur AOP, nous devons l’obtenir également ».







