Archives mensuelles : août 2007

Pesrpectives

Ainsi, au cours de leurs rencontres régulières, Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas discutent de la rédaction d’une nouvelle déclaration de principe israélo-palestinienne. Un texte court de quatre pages au maximum, définissant les éléments du statut définitif c’est-à-dire d’une future paix entre les deux nations. Aux dernières nouvelles ces négociations étaient dans l’impasse. Yasser Abed Rabbo, proche conseiller du Président palestinien accuse Mr. Olmert de refuser d’aborder les éléments essentiels du statut définitif. Pour sa part l’entourage du Premier ministre israélien affirme que Mr. Abbas, ne renonce pas au droit au retour des réfugiés palestiniens et, donc, bloque ce nouveau processus. En fait, c’est la quadrature du cercle. Les négociateurs palestiniens estiment ne pouvoir accorder aux Israéliens leur concession ultime que lorsqu’ils auront la certitude d’avoir un état viable avec les quartiers arabes de Jérusalem et une forme de souveraineté sur les saintes mosquées, acceptable par le monde musulman. Détail, c’est Mahmoud Abbas qui, à Beyrouth le 28 mars 2002, a personnellement rédigé l’article concernant les réfugiés palestiniens de l’initiative saoudienne adoptée par la Ligue arabe : Israël devait parvenir à une solution juste et agréée au problème des réfugiés palestiniens conformément à la Résolution 194 (III) de l’Assemblée générale des Nations unies. Le terme de droit au retour n’y était pas mentionné et la fameuse résolution 194 est sujette à diverses interprétations.
Messieurs Abbas et Olmert ont jusqu’à novembre pour parvenir à un accord qu’ils devraient présenter à la conférence internationale organisée par George Bush. Ce sera peut être la dernière fenêtre d’opportunité pour parvenir à une solution à deux états. Mais, au Proche Orient, trois mois cela peut être une éternité! Et le Hamas veille. Actuellement l’organisation islamiste fait patte de velours envers les occidentaux. En l’espace d’un mois après des visites à Damas deux personnalités – un européen et un américain- sont passées par Jérusalem avec un discours pro-Hamas : Il faut encourager les éléments pragmatiques au sein du Hamas ! (ces discours pragmatiques n’existent pas dans les mosquées et les écoles tenues par le Hamas) Les attentats suicides commis par les fondamentalistes depuis 1996 étaient des ripostes à des actions israéliennes (un argument pour le moins curieux : systématiquement les attentats du Hamas sont intervenus à des instants clés des négociations entre Israël et l’OLP) ! Le Hamas est prêt à une trêve de longue durée (et Israël poursuivrait l’occupation de la Cisjordanie ?) Il ne faut pas aller à l’encontre de la démocratie palestinienne ! (Démocratie ? à Gaza, le Hamas a fermé les médias du Fatah et appréhende les critiques…) L’OLP aussi avait une charte inacceptable pour Israël ! (à nouveau, la charte de l’OLP si elle prônait la disparition d’Israël, ne faisait pas référence aux infâmes protocoles des sages de Sion et n’appalait pas l’assassinat de Juifs.)

En l’occurrence la tactique du Hamas est de parvenir à une gestion du conflit et empêcher tout accord conduisant à une solution à deux états. Les chefs islamistes sont prêts à des accords ponctuels pour aménager la vie quotidienne de la population de Gaza. Permettre les livraisons de nourriture, de matières premières, la réouverture des points de passage etc. mais pas question de contacts politiques directs avec Israël.

L’échec des négociations entre Israël et le Fatah, l’absence de tout accord lors de la conférence prévue pour le mois de novembre constituerait une victoire majeure pour le Hamas surtout si la situation sur le terrain ne change pas. Si Israël ne lève pas comme il l’a promis des barrages militaires en Cisjordanie. Si aucune implantation dite sauvage n’est évacuée.

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La confiance renaît-elle

De passage à Paris ce jeudi 9 aout, je découvre la une du Monde: Proche Orient, la confiance renaît. Les contacts s’intensifient entre Israéliens et palestiniens. M. Pérès présente un plan de paix Certes, l’article est beaucoup plus prudent que le titre le laisse suggérer mais donne l’impression d’un changement fondamental au Proche-Orient.

Vingt quatre heures plus tard, c’est la douche froide. Yedihot Aharonot révèle que Ehoud Barak, ministre de la Défense et président du parti travailliste exclu tout retrait de l’armée israélienne en Cisjordanie avant cinq ans au moins et se montre sceptique quant à la possibilité d’un accord avec les Palestiniens. Israël n’a pas d’interlocuteur. Le Fatah et le Hamas, c’est la même chose… Les discussions actuelles ne sont que de l’air… Le public israélien réagit sainement en ne croyant pas en de telles fantaisies car il ne sera pas possible d’envisager une séparation d’avec les Palestiniens avant d’avoir trouvé les moyens de protéger la population contre des tirs de roquettes ou de missiles avant cinq ans .Ce qui compte, c’est la réalité. Mahmoud Abbas et Salam Fayad sont-ils capables de réaliser quoi que ce soit en Cisjordanie.. La réponse est « non ». Et Barak d’affirmer qu’il n’autorisera pas la levée de barrages militaires en Cisjordanie. Ces déclarations contredisent l’optimisme qu’Ehoud Olmert, Mahmoud Abbas et l’administration Bush veulent d’injecter au Proche Orient. Et, à Washington Tom Casey, le porte parole du département d’Etat de réagir: Je ne pense pas que ces commentaires tels qu’ils sont rapportés soient le reflet du point de vue du Premier ministre Ehoud Olmert, ni de la politique israélienne en cours

Samedi, Saeb Erekat, le principal négociateur palestinien tente de reprendre la main en révélant qu’au cours de leur rencontre en début de semaine le Premier ministre israélien a promis à Mahmoud Abbas de publier dans les prochains jours la liste des barrages principaux qui seront levés. Réaction immédiate de Benyamin Ben Eliezer, un proche de Barak: Oui, le ministre de la Défense envisage bien une telle mesure mais il s’agit de barrages peu importants…

Le problème est fondamental. En Cisjordanie, la population palestinienne ne croira en la possibilité d’une relance du processus de paix que si elle constate une réelle amélioration de sa vie quotidienne. C’est-à-dire, avant tout la liberté de circulation. Actuellement toutes les villes palestiniennes sont bouclées et, en raison des barrages militaires, il est difficile pour un palestinien de se rendre, par exemple, de Jenine à Hébron. Si tel n’est pas le cas, le Hamas aura marqué un nouveau point et pourra répéter son principal argument : Le Fatah et Mahmoud Abbas n’obtiennent rien d’Israël. Le processus d’Oslo a eu pour conséquence un appauvrissement catastrophique de la société palestinienne.. La dernière fois que monsieur Olmert a décidé de lever des barrages, l’armée israélienne en a rajouté…

Les palestiniens n’ont accès à Jérusalem Est que s’ils sont munis d’un permis spécial délivré par l’armée israélienne.La construction dans les implantations se poursuit et Israël termine la mise en place de deux systèmes de routes en Cisjordanie. Pour les Israéliens et pour les Palestiniens. Ce territoire est, de fait, découpé en trois enclaves palestiniennes principales.

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