Archives mensuelles : avril 2011

Le jugement du procès en diffamation Jamal Al Dura contre actualité juive

Une affaire à laquelle je n’ai pas été directement mêlé.. A Paris la 17ème chambre correctionnelle a condamné hier, 29 avril 2011.. Serge Benattar de l’hebdomadaire Actualité juive, le journaliste Clément Weill Raynal et le docteur Yehuda David pour « diffamation publique » envers Jamal Al Dura, le père du petit Mohammed mort devant la position israélienne de Netzarim à Gaza le 30 septembre 2000. Sur la campagne de dé-légitimation qui a suivi mon reportage, voyez mon livre : « Un enfant est mort »

Dés l’annonce du jugement, à leur habitude, les médias israéliens ont travesti la vérité. Les chaînes de télévision, les sites Ynet et Maariv, n’ont donné que la réaction du docteur Yehuda David. Aucun journaliste israélien n’a cité l’avocate de Jamal al Dura.

Le jugement se trouve sur le site de Rue89.

http://www.rue89.com/2011/02/09/dix-ans-apres-laffaire-al-dura-dechire-encore-une-famille-juive-189703

On le voit, contrairement à ce qu’affirment les médias israéliens, il n’a pas été question, au cours de procès de l’origine des tirs qui ont tué Mohammed Al Dura mais uniquement si l’accusation de mise en scène est diffamatoire ou non.

Partagez:

L’accord Fatah-Hamas

Après des vacances et un séjour en France, je reprends le chemin de mon blog.. Durant ce temps j’ai posté quelques tweets et un commentaire sur mon Facebook au sujet de l’arrestation des jeunes terroristes palestiniens auteurs de la tuerie d’Itamar. L’assassinat des cinq membres de la famille Fogel.

Mais, l’événement principal qui occupe le devant de l’actualité à Jérusalem, Ramallah et Gaza, c’est l’accord Fatah – Hamas du Caire. Voici l’histoire selon des sources palestiniennes :

Le 14 novembre 2009, au Caire, les représentants du Président palestinien, Mahmoud Abbas ont approuvé le projet d’accord cadre entre le Fatah et Hamas présenté par les médiateurs égyptiens. L’organisation islamiste a refusé d’en faire de même. Depuis, les choses en étaient restées là. C’est donc avec surprise que, le 27 avril dernier, à Ramallah les dirigeants palestiniens ont appris que le Hamas avait changé d’avis et décidé d’accpter le document égyptien. En voici les principaux éléments, selon l’AFP :

« - Formation d’un gouvernement intérimaire de personnalités indépendantes, agréées par les deux parties, jusqu’à des élections présidentielle, législatives et au Conseil national palestinien (CNP, Parlement de l’OLP) simultanées dans un délai d’un an.

Cet exécutif provisoire aura pour mission de préparer les élections, veiller au respect de l’accord et suivre les efforts pour la fin du siège de Gaza et la reconstruction dans ce territoire.

Il sera également chargé de résoudre les questions liées aux organisations de bienfaisance, ainsi que les difficultés administratives posées par la division, et d’unifier les institutions palestiniennes en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est.

- La signature de l’entente réalisée lors de discussions à Damas à l’automne 2010, portant notamment sur la création d’une commission électorale centrale composée de membres désignés par les deux parties.

- Une commission judiciaire formée de 12 juges pour trancher les litiges liés aux élections.

- La création d’une commission pour restructurer l’OLP, présidée par M. Abbas.

- La création d’un Haut conseil de sécurité pour statuer sur les questions des forces de sécurité des différents mouvements qui, selon le document égyptien, doivent être intégrées dans une force de sécurité « professionnelle ».

Jusqu’aux élections, les questions de sécurité dans la bande de Gaza et en Cisjordanie doivent rester respectivement du ressort du Hamas et de l’Autorité palestinienne.

- La libération des détenus du Hamas en Cisjordanie et du Fatah à Gaza. »

L’étape suivante sera donc, mercredi prochain au Caire, la signature de l’accord par Mahmoud Abbas et Khaled Mashaal. Les négociations débuteront ensuite. Les deux organisations devront choisir les membres de l’exécutif provisoire, déterminer son fonctionnement et surtout sa plateforme. Déjà, l’Union Européenne – certains dirigeants du Fatah – exigent que se nouveau gouvernement entérine les accords internationaux conclus par l’OLP… C.à.d. notamment les accords avec Israël. Le Hamas refuse, jusqu’à présent  au moins. Ce n’est pas tout.. Qui sera le nouveau Premier ministre. Le Hamas, mais aussi des personnalités de l’entourage de Mahmoud Abbas ne veulent pas maintenir Salam Fayyad à ce poste. Problème : jusqu’à présent la communauté internationale n’accepte de transférer des fonds que s’il en est le gérant. Le Fatah et le Hamas  devront peut être choisir un gouvernement sans Fayyad mais sans argent.. Ou un gouvernement avec ce Premier ministre qu’ils détestent..

On le voit, la formation de ce nouveau cabinet palestinien n’est pas pour demain et un dirigeant du Fatah m’a déclaré qu’il faudra peut être attendre le mois de septembre.. Le vote de l’Assemblée générale de l’ONU sur la création d’un état palestinien indépendant..

Benjamin Netanyahu, Ehud Barak et Avigdor Lieberman sont donc allés vite en besogne. Dés l’annonce de l’accord Fatah/Hamas ils sont montés aux créneaux et juré qu’ils n’auront aucun contact avec le nouveau gouvernement palestinien et menacé de mesures de rétorsion. Tous citent la charte anti juive du Hamas (cf mon livre, Le grand aveuglement).

Mahmoud Abbas leur répond : « Nous savons tout cela, nous ne changerons  pas le Hamas, de toute manière le gouvernement palestinien n’a jamais conduit de négociations avec Israël. Elles ont toujours été menées par l’OLP. Le problème est que Monsieur Netanyahu refuse de geler la construction dans les colonies et que dans ces conditions il ne peut y avoir de négociations.. Et puis, tout récemment encore il demandait : « Avec qui dois-je signer ? Avec Gaza ou avec Ramallah ? » Il le sait à présent : « Avec moi ! » A noter que le Hamas a annoncé qu’il ne s’opposait pas à de tels négociations.

Partagez:

Info

Selon des sources militaires, les assassins de la famille Fogel – les parents et trois de leurs enfants tués à coups de couteau – auraient été arrêtés dans le village Awarta, près de la colonie où habitaient les victimes.

Partagez:

Reconsidérer le rapport Goldstone

L’Israël officiel pavoise. Le grand quotidien Yediot Aharonot consacre sa une à un cliché du juge Richard Goldstone avec le titre « Je me suis trompé ». Que c’est-il donc passé ? Et bien, l’auteur du rapport du même nom a publié vendredi dernier un article dans le Washington Post dans lequel il revient sur ses conclusions au sujet de l’opération « Plomb durci », l’offensive israélienne contre le Hamas fin 2008, début 2009.

Extraits : « Le rapport définitif de la commission d’experts indépendants de l’ONU – présidée par l’ex juge de New York, Mary McGowan Davis- qui a suivi les recommandations du rapport Goldstone a trouvé qu’Israël avait consacré des moyens significatifs pour enquêter sur plus de 400 accusations de « fautes  opérationnelles » à Gaza alors que les autorités de fait (le Hamas) n’ont procédé à aucune enquête sur les tirs de roquettes et de mortier contre Israël. » Notre rapport a découvert des preuves de crime de guerre potentiel et de possibles crimes contre l’humanité par Israël et le Hamas. Que ces crimes commis par le Hamas étaient intentionnels va s’en dire- ses roquettes ont été tirée intentionnellement et d’une manière indiscriminée sur des cibles civiles.

Les allégations d’intentionnalité de la part d’Israël ont été basées sur des morts et des blessures  de civils dans des situations sur lesquelles notre commission d’enquête n’avait aucun élément à partir desquels il était possible de tirer d’autres conclusions raisonnables. Alors que les enquêtes rendues publiques par l’armée israélienne – et reconnues par le rapport de la commission de l’ONU- ont établi la validité de certains faits sur lesquels nous avions enquêté, concernant individuellement des soldats, indiquent qu’il n’y a pas eu de politique intentionnelle  de cibler des  civils. »

Goldstone, affirme donc, en tête de son article : « Si j’avais su à l’époque ce que je sais maintenant, le rapport Goldstone aurait été différent » En d’autres termes si Israël avait collaboré avec les enquêteurs de ce juge sud-africain il n’aurait pas évoqué le soupçon de « crimes de guerre ». Cela dit, dans son article Richard Goldstone n’écrit pas qu’il s’est trompé ou qu’il regrettait son rapport comme l’affirme la presse israélienne. A-t-il finit par céder aux pressions?… En partie, du moins, Yediot Aharonot le laisse entendre. Depuis la publication de son rapport, Goldstone était ostracisé par une partie de la communauté juive. Dans sa synagogue, en Afrique du Sud, on ne voulait pas l’appeler à la Torah lors de la Bar Mitzva de son petit fils . Ce qui, visiblement l’a poussé à publier sa mise au point, c’est le rapport définitif de l’ONU,  qui a suivi ses recommandations… Rédigé sous la houlette de la juge Mary McGowan Davis, cette commission d’experts a disposé des enquêtes israélienne qui lui avait été refusées. Malgré tout cela, tout en n’étant pas « intentionnelles » les bavures relevées durant l’opération Plomb durci sont inacceptables.

Partagez: