Archives mensuelles : juin 2011

Combat titanesque en Israël et en Cisjordanie

Papier intéressant de Pierre Haski sur son journal en ligne, Rue 89.. Il décrit la bataille sans merci que se livrent les deux candidats de droite dans le cadre de la campagne électorale pour les législatives françaises de 2012. P. Karsenty (divers droite) et V.Hoffenberg (UMP) veulent se faire élire dans la circonscription des français de l’étranger couvrant, non seulement, Israël mais aussi la Turquie, la Grèce, Chypre, Malte, l’Italie et.. le Vatican..

Un des éléments de cette campagne particulièrement hard: l’affaire Al Dura et votre serviteur.. Le papier de Rue89 :

http://www.rue89.com/2011/06/23/combat-sans-merci-a-droite-pour-le-vote-des-francais-disrael-210447

Un article que n’apprécie pas Daniel Rouach le patron du site Israël Valley de la chambre de commerce France Israël. Il prend vigoureusement la défense de Valérie Hoffenberg mais dont il ne rappelle pas les efforts courageux pour le développement de l’économie palestinienne. Pour cela, elle a reçu l’aide du gouvernement israélien mais.. cela ne plait pas à tout le monde. Rouach exprime son admiration envers Philippe Karsenty.. qui, écrit-il, me « connait depuis fort longtemps »!!! C’est le moins qu’on puisse dire.. Dés 2001, Mr. Karsenty me collait des noms d’oiseau.. Rouach n’a visiblement pas pris le temps de lire mon livre: « Un enfante est mort » où je raconte la campagne de Karsenty contre moi..

Tout cela est formidablement intéressant. L’extrême droite israélienne aura-t-elle un député au parlement français? Peut être! mais, pour l’instant, on a l’impression qu’il s’agit d’une primaire au Likoud avant une élection à la Knesset.

PS: Daniel Rouach m’a écrit qu’il allait corriger.. En fait il voulait dire que P. Karsenty connait bien V. Hoffenberg

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Abbas dit oui au plan Juppé

Mahmoud Abbas à l’agence Reuters..  Il accepte en principe l’initiative française que lui a présentée Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères lors de leur rencontre mercredi dernier à Rome. Il s’agit d’une conférence qui se tiendrait à Paris fin juin début juillet sur la base des idées développées par Barack Obama dans son récent discours.. C’est-à-dire, essentiellement le tracé des frontières sur la base des lignes de 1967, avec des échanges de territoires négociés. Les problèmes de Jérusalem Est et des réfugiés seraient discutés au cours de l’année suivante. Abbas a révélé que selon le plan Juppé aucune des deux parties n’exécuterait des actions unilatérales. En d’autres termes cela signifierait le gel de la colonisation.. On attend la réponse de Benjamin Netanyahu. Un oui entrainerait ipso facto une crise gouvernementale en Israël.

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Meir Dagan, l’ex patron du Mossad, en Cassandre

A la tête du Mossad, Meir Dagan a gardé le silence pendant plus de huit ans. Il  restait muet lorsqu’un journaliste lui parlait de telle ou telle opération. L’assassinat à Damas d’Imad Moughnieh, le chef des opérations du Hezbollah ? De Mahmoud Al Mabhouh du Hamas à Abou Dhabi ? La découverte et le bombardement d’un site nucléaire en Syrie ? L’infiltration d’un virus informatique dans le programme nucléaire iranien ? No comment! Dagan haussait à peine les sourcils. Quelques rares détails ont filtré sur sa manière de diriger l’agence de renseignement israélienne. Dans son bureau, une photo attirait régulièrement le regard des visiteurs. Celle du rabbin Ber Erlich Sloshny, le grand père maternel de Meir Dagan. Agenouillé, enveloppé dans son châle de prière il attend la mort de la main des SS dans la ville de Lukov en Pologne. Son petit fils la montrait, parait-il, à certains agents avant leur départ  en mission.

Et voilà, qu’à la retraite, il ne cesse de s’exprimer en public. D’abord pour lancer une mise en garde : « Les projets de frappe militaire contre l’Iran sont une stupidité, ce serait une dangereuse aventure. » Et de révéler, selon le quotidien Yediot Aharonot, qu’il avait réussi à empêcher une telle aventure avec l’aide du chef du Shin Beth Youval Diskin et du général Gaby Ashkenazi, le chef d’état major. Tous deux ont depuis quitté leurs fonctions. Selon Meir Dagan, une frappe contre l’Iran déclencherait une guerre régionale impliquant la Syrie et le Hezbollah libanais. Aujourd’hui a-t-il dit « je crains que plus personne ne puisse stopper Netanyahu et Ehud Barak (le ministre de la Défense) […] Je ne veux pas que pèse sur ma conscience une guerre comme en 1973.. »

Octobre 1973, c’était le grand traumatisme de la guerre déclenchée par les Syriens et les Egyptiens sur le plateau du Golan et le long du canal de Suez. Plus de 2500 morts et des dizaines de milliers de blessés israéliens. Une surprise stratégique. Les renseignements militaires, l’establishment politique du pays, la presse n’avaient pas vu les signes annonciateurs d’un des conflits les plus sanglants de l’histoire d’Israël. Les propositions d’un règlement intérimaire avancées par le président égyptien Anouar el Sadate et auxquelles le gouvernement israélien avait répondu par une fin de non recevoir. Aveugle,  Israël serait aujourd’hui dans une situation identique à celle qui a précédé la guerre de Kippour.

Meir Dagan n’a pas toujours été une Cassandre. Commandant d’une unité spéciale chargée de lutter contre les réseaux palestiniens à Gaza dans les années cinquante avant de devenir général dans les années quatre vingt. Ariel Sharon, son chef et mentor disait de lui, avec tendresse, que sa spécialité était de séparer la tête du corps d’un arabe. Les deux hommes sont restés très proches. En 2001, durant la campagne électorale, qui a vu la victoire électorale de Sharon, Dagan avait préparé un plan destiné à écraser l’intifada palestinienne comportant notamment le démantèlement de l’Autorité autonome. Aujourd’hui, visiblement inquiet face à l’échéance de septembre, l’éventualité de la reconnaissance de la Palestine par l’Onu, il souligne la nécessité d’une initiative de paix israélienne. « Si nous n’offrons rien, si nous ne prenons pas l’initiative, nous serons dans une situation difficile… » Et de se déclarer en faveur de l’initiative arabe de 2002, qui propose une normalisation diplomatique avec le monde arabe en échange d’un Etat palestinien sur les lignes de 1967 et d’une « solution juste » pour les réfugiés…

Toutes choses très peu appréciées dans l’entourage de messieurs Netanyahu et Barak. Le chef du gouvernement et son ministre de la défense préfère garder le silence et leurs proches réagir. Des ministres assurent que Dagan  est irresponsable, met en danger la capacité de dissuasion du pays. Le Président de la Knesset va plus loin et qualifie l’ancien patron de menace pour la sécurité de l’état. Les sites de l’extrême droite sont franchement insultants. Sur le web francophone d’Arutz 7, la radio des colons, le général Dagan se fait qualifier « d’imbécile qui ne comprend rien à la mentalité arabe. » On aura tout vu!. La gauche, bien entendu pavoise. Elle avait bien besoin d’une telle adhésion à ses thèses.

Et dans ce contexte, le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, est venu présenter aux Israéliens et aux Palestiniens un plan destiné à relancer la négociation avant le mois de septembre. Il s’agit d’organiser durant le mois de juillet une conférence de paix à Paris où seraient négociée la question des frontières « sur la base de la ligne de 1967, avec des échanges de territoires négociés ». Les parties auraient ensuite un an pour discuter des questions les plus épineuses : Jérusalem Est et les réfugiés palestiniens. La diplomatie française tente d’obtenir l’accord formel – et le soutien – des Etats-Unis et des autres membres du quartet pour cette initiative. Pour l’instant, personne n’a dit non.

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