Archives mensuelles : décembre 2011

Israël va-t-il intervenir contre le nucléaire iranien ?

La scène a de quoi intriguer. Vendredi dernier, 16 décembre, Ehud Barak, le ministre israélien de la défense, effectue une visite impromptue aux Etats-Unis pour rencontrer le président des Etats-Unis, non pas à la Maison Blanche, mais, pendant une demi heure, derrière l’estrade du Gaylord Hotel à National Harbor dans le Maryland où Barack Obama devait prononcer un discours devant les 5400 membres du Judaïsme réformé. De quoi ont-ils pu parler ? Quelle information ne pouvait pas être transmise par un télégramme chiffré ou une ligne de téléphone cryptée ? Pourquoi une telle urgence et un tel secret ? Ehud Barak est-il venu recevoir une réponse d’Obama? Un mot vient à l’esprit : Iran. Là, Amir Oren, le spécialiste des affaires militaires du quotidien Haaretz explique : « Il peut y avoir trois raisons à une rencontre entre un ministre israélien de la défense et un président américain. Transmettre au chef de l’exécutif une information militaire ou diplomatique. Tenter de convaincre le président de changer sa politique, ou, tenter de savoir s’il y a une  possibilité de le convaincre d’effectuer une certaine opération. » Oren poursuit. «  Si Barak espérait convaincre Obama d’accepter une attaque contre l’Iran au cours des prochains mois, il n’y a aucun signe indiquant qu’il a réussi ».  En tout cas, le ministre est revenu du Maryland particulièrement élogieux envers l’administration américaine. Au cours d’une cérémonie à l’occasion de la fête de Hannouca, le 20 décembre, il a remercié les Etats-Unis qui « plus qu’auparavant,  sont aux côtés d’Israël en terme de sécurité, alors que les deux pays sont d’accord pour que tout soit fait afin d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. Actuellement la parole est à la diplomatie, on verra après..»

La rencontre Obama-Barack, le 16 décembre dans le Maryland(Photo : Pete Souza. Maison Blanche)

Israël peut-il lancer une frappe sur le nucléaire iranien sans obtenir le feu vert des Américains ? En tout cas, Benjamin Netanyahu ont, à plusieurs reprises refusé d’avertir Washington de l’imminence d’une telle opération et les responsables de l’administration Obama multiplient les avertissements. Le dernier en date, Leon Panetta, le secrétaire à la défense. Le 2 décembre, lors d’une conférence du centre Saban à Washington, il a répété qu’une intervention militaire contre les installations nucléaires iraniennes ne devait être que le tout dernier recours. De toutes manières a-t-il dit, cela ne servirait pas à grand-chose : « Dans le meilleur des cas, des frappes aériennes retarderaient le programme nucléaire iranien d’un an, peut-être deux. Cela dépend de la capacité à frapper vraiment les cibles qui sont visées. Franchement, certains de ces cibles sont très difficiles à atteindre » Et puis : « Cela ne ferait que profiter au régime actuellement déséquilibré et en décalage par rapport aux soulèvements populaires dans la région. » Et, toujours selon Panetta, cela aurait des conséquences désastreuses pour les économies européennes et américaines en engendrant un cycle de violence incontrôlable au proche Orient.

Un avertissement clair et net auquel Benjamin Netanyahu a répondu indirectement quatre jours plus tard. Prenant la parole, lors de la cérémonie annuelle à la mémoire de David Ben Gourion, à Sde Boker, dans le Neguev, s’identifiant au fondateur de l’état, il a évoqué les décisions fondamentales qu’un dirigeant doit prendre : « Je veux croire que nous agirons toujours avec responsabilité, courage et détermination pour prendre les bonnes décisions, qui assureront notre avenir et notre sécurité » Et de rappeler que Ben Gourion  a eu la volonté de « prendre les décisions difficiles, nécessaires afin d’assurer la sécurité et l’avenir d’Israël »… Car il a proclamé l’indépendance d’Israël en dépit des énormes pressions qu’il subissait de l’intérieur et de l’extérieur  pour ne pas le faire. L’actuel Premier ministre résistera t-il à toutes les pressions pour donner l’ordre de déclencher la grande opération en Iran ? Il est persuadé que sa mission historique est d’éliminer « la menace existentielle» que constitue le nucléaire iranien.

B. Netanyahu à  Sde Boker le 4 novembre

Pour l’heure, il se heurte à l’opposition de la quasi-totalité des anciens chefs de l’armée et des divers services de sécurité. A leur tête, Meir Dagan, l’ancien patron du Mossad pour qui une frappe israélienne en Iran « serait une idiotie et déboucherait sur une guerre régionale ». A ses côtés, l’ancien chef d’état major, le général Amnon Lipkin Shahak, Youval Diskin ex N°1 du Shin Beth, et le général Ouri Saguy qui a commandé les renseignements militaires. D’après ce que l’on sait, les chefs actuels de l’armée et des divers services sont du même avis mais obéiront à l’ordre s’il vient du cabinet de sécurité où, actuellement, les avis sont partagés. Certains commentateurs israéliens rappellent qu’en 1981 la décision de bombarder Osirak, le réacteur nucléaire irakien, avait été prise par Menahem Begin, sans consulter le gouvernement… En l’occurrence, expliquent ces mêmes experts, une guerre en Iran ne devrait pas avoir lieu avant le mois d’avril prochain. En effet, d’ici là, le ciel est, dans cette partie du monde, trop couvert ce qui gênerait les frappes aériennes. Reste à savoir où en sont les Iraniens. Selon la dernière déclaration de Panetta, le 20 décembre : « Téhéran pourrait développer une arme nucléaire d’ici un an. Moins s’ils ont un centre secret d’enrichissement d’uranium ». Le Pentagone s’est empressé de publier une mise au point. Pour l’instant aucun centre de ce genre n’a été détecté en Iran.

Exercice de défense passive en Israël.

En attendant, et à tout hasard, la défense passive renforce ses préparatifs en Israël. Les exercices, essais de sirènes, mise en alerte de services de secours, d’hôpitaux etc. semblent s’accélérer. La presse et diverses personnalités ont évoqué l’éventualité de ripostes iraniennes. Il y aurait, selon certaines estimations, des dizaines de milliers de victimes israéliennes. Pas du tout, a répondu Ehoud Barak, il y aurait tout au plus 500 morts…

Charles Enderlin

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Dagan, Panetta, Clinton et Akounis

Voici un article qui va donner du grain à moudre à quelques uns. Israël vient d’entrer dans une période intéressante. D’abord, Meir Dagan, l’ancien patron du Mossad a accordé de nouvelles interviews à plusieurs médias. Notamment, le 30 novembre à Yedihot Aharonot pour – à nouveau – prendre fermement position contre une frappe israélienne sur les installations nucléaires iraniennes. Celui qui fut un des plus proches conseillers d’Ariel Sharon en profite pour rappeler à Benjamin Netanyahu qu’il y a en Israël un processus démocratique régissant les décisions gouvernementales importantes. Dagan répète qu’Israël devrait négocier avec l’autorité palestinienne de Mahmoud Abbas et ne pas rejeter l’initiative de paix saoudienne. Ses premières déclarations au mois de juin dernier – il avait dit qu’une frappe sur l’Iran serait une stupidité- n’avaient pas plu à la droite au pouvoir. Certains députés avaient même suggéré de le traduire en justice pour… trahison. Dagan leur répond en clamant « qu’on ne le fera pas taire ! ». C’est donc chose faite.

Au dossier de l’affaire iranienne toujours une prise de position de Leon Panetta, le secrétaire américain à la défense. Il a mis les points sur les I dans un discours au forum Saban à Washington : « Une frappe israélienne ne ferait – au mieux – que retarder, d’un an ou deux, le processus de mise au point de l’arme nucléaire en Iran. Cela ne détruirait pas les capacités iraniennes. Plus inquiétantes seraient les conséquences involontaires d’une telle frappe. Notamment des répercussions qui ne feraient que renforcer le régime iranien, aujourd’hui isolé. Et puis, les Etats-Unis seraient tenus pour responsables et deviendraient la cible de représailles iraniennes, contre nos navires, nos bases militaires. Une telle attaque aurait des conséquences économiques graves pour la très fragile économie européenne, et la fragile économie américaine. Nous aurions une escalade qui consumerait le Proche Orient en un conflit que nous regretterions ». Ce n’est pas tout, Panetta, a évoqué l’isolement grandissant d’Israël dans la région alors que la recherche de la paix au Proche-Orient a été mise entre parenthèse. Le chef du Pentagone a souligné que « le Printemps arabe offrait à Israël une chance de se construire une position plus sûre dans la région, et jugé crucial qu’Israël rétablisse de bonnes relations avec des pays comme l’Egypte, la Turquie et la Jordanie qui ont intérêt à la stabilité régionale. »
A Jérusalem, la présidence du conseil a immédiatement réagit en rejetant, à nouveau, sur les Palestiniens la responsabilité du blocage du processus de paix. Benjamin Netanyahu refuse toujours, les conditions posées par Mahmoud Abbas pour reprendre les négociations directes. A savoir : l’arrêt de la construction dans les colonies de Cisjordanie et à Jérusalem, aussi que les futures frontières soient dessinées sur la base de la ligne de 1967.
Au cours de cette conférence du centre Saban à Washington, les déclarations de Hilllary Clinton ont également suscité pas mal de réactions en Israël. Au cours d’une discussion à huis clos, la secrétaire d’état a dit son étonnement face aux initiatives de députés israéliens visant à restreindre l’activité des ONG de gauche en Israël. Evoquant le problème du statut de la femme, les récents incidents au cours desquels des élèves officiers ont refusé d’entendre une femme soldate chanter, et la ségrégation des sexes dans des autobus empruntés par des ultra-orthodoxes, Clinton a dit que cela lui rappelait l’Iran. Plusieurs ministres israéliens n’ont pas apprécié la comparaison.
C’est dans cette atmosphère chargée que le député Likoud, Ofir Akounis, à l’origine d’une proposition de loi anti-gauche, n’a pas hésité, au cours d’une interview télévisée, à dire tout le bien qu’il pensait de l’ancien sénateur américain Joe McCarthy et de sa chasse aux sorcières communistes… En tout cas, pour l’heure les textes de lois anti-ONG sont mis au placard, le conseiller juridique du gouvernement ayant fait savoir qu’elles sont anticonstitutionnelles..

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« Netanyahu et les Printemps arabes

Un pouvoir idéologique a toujours tendance à placer la réalité au service de ses idées. La situation présente, explique-t-il, est éphémère. Car, si le danger n’est pas immédiat, l’avenir est inexorablement porteur de catastrophes.

C’est ainsi que, le 10 juillet 1996. Premier ministre, fraichement élu, Benjamin Netanyahu expliquait dans un discours devant le Congrès à Washington que l’absence de démocratie dans le monde arabe l’empêchait de faire des concessions territoriales : « […] Nous devons appliquer les standards de la démocratie et des droits de l’homme au Proche orient. Je crois que chaque musulman, chaque chrétien et chaque Juifs de la région a droit à cela. Je ne pense pas que nous devons accepter l’idée que le Proche Orient soit le dernier sanctuaire isolé « sans démocratie » pour toujours à l’exception d’Israël. Le Proche-Orient n’a pas encore réalisé ce passage fondamental de l’autocratie vers la démocratie. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas avoir la paix dans cette région, une paix avec des régimes non démocratiques. Je crois que nous le pouvons. C’est un fait, nous avons eu de tels accords de paix. Mais, ils peuvent être caractérisés que comme étant une paix défensive, où nous devons conserver des acquis essentiels pour la défense de notre pays et suffisants pour [notre dissuasion].Jusqu’à ce que la démocratisation existe dans la région, la voie correcte pour le monde démocratique, conduit par les Etats-Unis, doit être de renforcer la seule démocratie du Proche Orient, Israël »

Mais pas n’importe quelle démocratie. Les Printemps arabes sont, pour Benjamin Netanyahu, porteurs de tous les dangers. Le 23 novembre dernier, à la Knesset, il a ainsi défini les raisons pour lesquelles Israël ne pouvait pas faire certaines concessions : « Le Moyen Orient n’est pas un endroit pour les naïfs. En février dernier, j’étais debout à ce podium lorsque des millions d’égyptiens descendaient dans les rues du Caire. Des commentateurs et de nombreux membres de l’opposition m’avaient expliqué que nous étions à l’orée d’une nouvelle ère de libéralisme et de progrès qui évacuerait l’ordre ancien. J’avais répondu en espérant que ce serait le cas mais qu’en dépit de tous nos espoirs, il était probable qu’une vague islamiste inonde les pays arabes, une vague antioccidentale, antilibérale, anti-israélienne et, en fin de compte, anti-démocratique. Ils disaient que je voulais alarmer le public, que je ne voyais pas que j’étais du mauvais côté de l’histoire, que je ne voyais pas la direction que prenaient les choses. [Les printemps arabes] bougent, n’avancent pas dans le sens du progrès, mais reculent.
[…] Je vous demande aujourd’hui, qui n’a pas compris l’histoire ? Je me souviens : nombreux d’entre vous me lançaient des appels- et quels appels !- afin que je saisisse l’occasion et fasse des concessions précipitées. C’est le moment disiez vous ! Ne ratez pas l’occasion! Mais je ne fonde pas la politique d’Israël sur une illusion.
La terre tremble ! Nous ne savons pas qui contrôlera toute terre à laquelle nous renoncerions. Pas demain, pas cette après midi. Nous voyons que la réalité change, elle change partout. Qui ne voit pas cela [fait l’autruche] se cache la tête dans le sable Cela n’empêchait pas [certaines] personnes de venir et de proposer : « Donnez ! Renoncez ! ». J’ai répondu : « Nous voulons parvenir à un accord avec les Palestiniens car nous ne voulons pas d’un état binational, mais nous insistons pour que ce soit sur des fondements stables et surs. […] Je ne suis pas prêt à ignorer la réalité. Je ne suis pas prêt à ignorer les dangers. Je ne suis pas prêt à ignorer l’Histoire. Je ne suis pas prêt à ignorer le présent et à renoncer à une seule de nos exigences de sécurité qui ont augmenté en raison des crises récentes et n’ont pas diminué. Ce n’est pas le moment d’y renoncer et de foncer de l’avant. C’est le moment d’être extrêmement prudent dans la gestion de nos contacts avec les Palestiniens. […]
. » Et d’accuser Mahmoud Abbas, le Président palestinien de refuser le dialogue car « le Premier ministre israélien n’est pas prêt d’accepter ses conditions ».

Tom Friedman, l’éditorialiste du New York Times a repris les arguments de Netanyahu. D’abord en rappelant que Netanyahu avait accusé l’administration Obama d’avoir poussé Hosny Moubarak vers la démission au lieu de le soutenir. Faux ! Les dictateurs arabes ont été destitués par leurs peuples. En Égypte, le régime avait organisé les élections les plus truquées de son histoire. L’année dernière il avait fait élire 209 députés du parti au pouvoir sur 211. Quand à la montée de l’Islamisme, elle est due avant tout aux régimes autocratiques qui pendant des décennies n’ont pas permis le développement de partis d’opposition libéraux, séculaires et démocratiques. La seule opposition organisée se trouvait dans les mosquées.

Les succès électoraux des islamiques ne devraient donc pas surprendre. Ils se sont développés sur un terreau fertile. Occupés à s’enrichir, les dictateurs ont systématiquement délaissé leurs classes pauvres, les abandonnant aux intégristes. En Égypte, où l’illettrisme dépasse les 40%, la mosquée, tenue par les Frères musulmans est non seulement un lieu de culte mais aussi un centre d’aide sociale et éducative. C’est là que le petit peuple ressentait un sentiment de dignité.

Bien entendu, la théologie de la Confrérie est anti-occidentale et anti-juive. Voir mon livre : « Le grand aveuglement. Israël et l’irrésistible ascension de l’Islam radical » Confrontés à la réalité à l’approche d’un pouvoir dont ils ont toujours rêvé, les islamistes sauront-ils faire preuve de pragmatisme ? Pour certains d’entre eux, peut-être. Pour d’autres certainement non. L’armée égyptienne qui, aujourd’hui, assume le pouvoir, laissera t’elle le pays devenir un second Pakistan ? Ou une deuxième Libye ? Ce n’est pas sur. Dans tous les cas, cette révolution est loin d’être achevée. Sur son blog de Foreign Policy, Stephen Walt rappelle que ces changements de régime, ne sont jamais rapides mais s’étendent sur des décennies. Parfois plus. Le combat des jeunes révolutionnaires arabes, des blogueurs et des militants des droits de l’homme en est à ses tous débuts. Après avoir renversé les dictatures en place, vont-ils devoir affronter une autocratie islamique ? Probablement.

Reste la question d’Israël dont l’environnement stratégique s’est sérieusement détérioré, avec au nord, le Hezbollah dominant le Liban, au nord, au sud Gaza tenu par le Hamas et la crainte d’une Egypte tombant dans l’escarcelle de l’Islam radical alors que ses relations avec la Turquie sont au plus mal. Un isolement grandissant qui inquiète également Washington. Le secrétaire américain à la défense, Leon Panetta a lancé, vendredi dernier un appel au gouvernement israélien pour qu’il se tourne vers l’Egypte, la Turquie et ses autres partenaires sécuritaires dans la région, rétablisse de bonnes relations avec ces pays et fasse des efforts pour arriver à la paix avec les Palestiniens. La présidence du conseil à Jérusalem s’est empressée de lui répondre en rejetant la responsabilité du gel du processus de paix sur les Palestiniens.

Mahmoud Abbas, le Président de l’autorité autonome refuse toute négociation directe avec Benjamin Netanyahu aussi longtemps que se poursuivront les activités de colonisations en Cisjordanie et à Jérusalem Est. Il insiste pour que les termes de référence des pourparlers soient fondés sur la ligne de 1967. Des conditions que le Premier ministre israélien refuse.

Mais, en fait, les Palestiniens ont soumis des propositions que les Israéliens ont refusé de recevoir. C’était le 14 novembre dernier, à Jérusalem au cours d’une réunion du Quartet (les représentants des Etats-Unis, de l’ONU, de l’Europe et de la Russie). Saeb Erekat a présenté un premier document proposant que la frontière de l’état palestinien soit basée sur la ligne de 1967, avec un échange de territoire portant sur 1,9 % de la Cisjordanie. Un second document décrivait les arrangements de sécurité proposés par l’OLP. Une force internationale serait déployée le longe de la frontière avec Israël et dans la vallée du Jourdain. La Palestine serait démilitarisée et ne conclurait pas d’alliance militaire avec des pays hostiles à Israël. Le lendemain, le 15 novembre, Yitzhak Molho,le représentant israélien a répondu au quartet qu’il ne pouvait pas coopérer avec une telle procédure et que les Palestiniens devaient accepter des négociations directes. En raison de ces fuites, le quartet a rappelé les Palestiniens à l’ordre en leur conseillant de reprendre les négociations directes Cela dit, ce n’est pas la première fois que Molho refuse des propositions palestiniennes. Lors d’une rencontre aux Nations Unies en septembre 2010, Saeb Erekat, le principal négociateur d’Abbas a, en présence d’Hilary Clinton présenté un dossier de plusieurs centaines de pages à Molho. Ce dernier a expliqué qu’il ne pouvait pas les recevoir, car cela produirait une crise gouvernementale en Israël..
En tout cas, sur la scène internationale, l’attitude du gouvernement Netanyahu suscite, de plus en plus de scepticisme quand à sa volonté de parvenir à un accord. Le 22 septembre 2011, Bill Clinton, l’ancien président des Etats-Unis a rejeté la responsabilité de l’impasse sur Israël. « C’est le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont le gouvernement a déplacé les bornes (goalposts) lors de sa prise du pouvoir, et dont l’ascension représente la raison majeure de l’absence d’accord de paix israélo-palestinien […] Il y a deux principales raisons à l’absence d’une paix globale : « la réticence de l’administration Netanyahu à accepter les termes de l’accord de Camp David (2000) et un mouvement démographique en Israël qui rend l’opinion publique israélienne moins disposée envers la paix. » […] Le gouvernement Netanyahu a reçu toutes les assurances que les gouvernements israéliens précédents avaient demandées, mais maintenant il ne les acceptera pas pour signer la paix. […] Il s’est éloigné du consensus de paix, rendant un accord sur le statut final plus difficile […] Le roi d’Arabie Saoudite a rassemblé tous les Etats arabes pour dire aux Israéliens : « Si vous parvenez à un accord avec les Palestiniens, nous vous accorderons immédiatement, non seulement la reconnaissance mais aussi, un partenariat politique, économique et sécuritaire. » […]. Voilà comment nous en sommes arrivés là. […] Les vrais cyniques croient que l’appel fréquent du gouvernement Netanyahu pour des négociations sur les frontières et autres signifie qu’il n’a simplement pas l’intention de renoncer à la Cisjordanie.»

Bill Clinton ne va pas au bout de son raisonnement. Benjamin Netanyahu, son gouvernement, sa majorité à la Knesset, le Likoud son parti, ne veulent pas d’un état palestinien dans les limites qui, seules, permettraient un accord avec l’OLP. Cela, pour des raisons idéologiques, car, pour eux, la Cisjordanie est la Judée-Samarie biblique, la Terre d’Israël et Jérusalem la capitale réunifiée et indivisible de l’état juif. La droite nationaliste au pouvoir et ses alliés religieux n’y renonceront pas. Un situation que le caricaturiste du quotidien Haaretz résumait ainsi:

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