A propos de la relaxe du Doc. Yehuda David

La relaxe du médecin israélien Yehuda David et la condamnation de Clément Weill Raynal. Je mettrai en ligne sur mon blog le jugement de la Cour d’appel de Paris dés que que l’on voudra bien me l’envoyer.
En attendant, voici l’article publié aujourd’hui 20 février par le Monde à ce propos:

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/libre/20120221/index.html

Mardi 21 février 2012
Le Monde :
Quand M. Nétanyahou récupère politiquement des thèses médicales
Jérusalem Correspondant

Le premier ministre israélien s’appuie sur un jugement français dans l’affaire Al-Doura

Benyamin Nétanyahou est ce qu’on appelle un  » animal politique  » : il n’est pas homme à rater un effet d’aubaine. L’occasion s’est présentée, dimanche 19 février, à l’ouverture du conseil des ministres. Le premier ministre israélien s’est saisi d’un arrêt rendu, le 15 février, par la Cour d’appel de Paris, pour saluer  » une victoire d’Israël sur la longue histoire de mensonges de la propagande palestinienne, qui se répand à travers le monde, et selon laquelle Israël est coupable même quand il est prouvé le contraire « .
Or tout porte à croire que M. Nétanyahou est allé un peu vite en besogne. Qui l’affirme, dans un article publié dimanche par le quotidien Haaretz ? Le professeur Rafi Walden, directeur adjoint de l’hôpital Sheba de Tel-Aviv, l’un des responsables de l’ONG humanitaire Médecins pour les droits de l’homme, une conscience morale incontestée, qui se trouve être… le gendre et médecin personnel du président israélien Shimon Pérès !
De quoi s’agit-il ? Une fois encore, de l’histoire du petit Mohammed Al-Doura, cet enfant palestinien dont la mort dans les bras de son père, en octobre 2000, avait été filmée par un cameraman du correspondant de France 2 à Jérusalem, Charles Enderlin, lequel avait estimé que le garçon avait succombé à des tirs israéliens. La cour d’appel, saisie par Jamal Al-Doura, le père de Mohammed, à la suite d’articles parus dans la presse française, se prononçait sur le cas du docteur Yehuda David, que M. Nétanyahou a qualifié dimanche de  » héros israélien « .
Ce chirurgien prétend que les blessures subies par M. Al-Doura n’ont pas été occasionnées par la fusillade du début de la seconde Intifada, mais remontent à 1992. C’est lui qui, en 1994, avait opéré Jamal Al-Doura, blessé à la main droite et à la jambe gauche. La démonstration se voulait limpide : puisque Jamal Al-Doura n’a pas été blessé lors de la mort de son fils, c’est bien que toute cette histoire a été montée de toutes pièces, ce qui renforcerait la thèse des adversaires de Charles Enderlin, qui dénoncent depuis des années une  » mise en scène  » destinée à porter atteinte à l’image d’Israël.
Or la cour d’appel ne s’est pas prononcée sur le fond. En 2011, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné le docteur David, lequel imputait à M. Al-Doura  » d’avoir délibérément menti sur l’origine de ses blessures aux fins de se prêter à une manipulation de l’opinion internationale « . La relaxe de la cour stipule simplement que le médecin n’était pas de mauvaise foi et qu’il s’est exprimé  » sur une base factuelle suffisante « .
Bref, il n’y a pas là de quoi crier  » victoire pour la justice et pour la vérité « , comme l’a affirmé M. Nétanyahou. D’autant que les faits sont têtus : dans Haaretz, le professeur Rafi Walden apporte des précisions confondantes sur les blessures de M. Al-Doura. Celles qui ont été traitées par le docteur David ont été causées par un couteau et une hache. Quant aux blessures d’octobre 2000, elles sont le résultat des balles qui ont frappé le corps du père de Mohammed, et elles sont  » complètement différentes « , écrit le professeur Walden. Le directeur adjoint de l’hôpital Sheba a eu accès au dossier médical de Jamal Al-Doura, qui a été soigné dans un hôpital jordanien. Il estime que celui-ci détruit la thèse défendue par le docteur David.
La réputation d’Israël mérite mieux qu’une  » déclaration sans fondement « , laquelle  » ne justifiait pas les éloges du premier ministre d’Israël « , conclut ce médecin-diplomate…
Laurent Zecchini
© Le Monde
Le Professeur Walden a publié, hier, 19 février un article dans le quotidien Haaretz. le voici, en anglais:

http://www.haaretz.com/print-edition/opinion/rubbing-salt-into-the-wound-1.413383

Partagez:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

captcha

Pour éviter les utilisations abusives des commentaires, merci de recopier les caractères ci-contre avant de valider votre commentaire.

Notifiez-moi des commentaires à venir via email. Vous pouvez aussi vous abonner sans commenter.

6 réponses à A propos de la relaxe du Doc. Yehuda David

  1. Lilith Jerusalem dit :

    Il aurait été plus intéressant de se poser la question « pourquoi le débat est interdit en France? » « pourquoi France Télévision menace toute thèse contraire? » « Pourquoi les films de Esther Shapira sont interdits de vision en France? » Ou encore « pourquoi 800 journalistes sont solidaires de Enderlin? »

    Bref, en deux mots « la France est-elle un Etat démocratique? »

    • Charles Enderlin dit :

      Pourquoi le Premier ministre israélien a-t-il félicité Yehuda David alors que la cour d’appel affirme qu’il a diffamé Jamal Al dura mais « de bonne foi » Contrairement à ce qu’affirment Netanyahu et David, le tribunal français n’a pas conclu que Jamal a menti.. au contraire.. qui ment
      Pourquoi le film d’Amedeo Ricucci qui dit exactement le contraire de Mme Shapira n’a jamais été diffusé en Israël?
      Pourquoi les autorités israéliennes n’ont jamais répondu à la suggestion de France 2 de réaliser une enquête en bonne et due forme, selon les standards internationaux en Israël? Avec les témoignages de tous les soldats qui étaient dans la position, tous les journalistes palestiniens qui étaient sur place, l’ambulancier, tous les médecins qui à gaza et à Amman ont soigné Jamal Al Dura?
      Pourquoi tous les sites militants affirment que dans les procès, Karsenty puis Yehuda David ont gagné? Alors qu’en fait tous les juges ont reconnu la diffamation puis relaxé ces deux messieurs sur la base de « l’exception de bonne foi »? Pourquoi 800 journalistes professionnels ont exprimé leur solidarité? Parmi eux tous les récipiendaires du prix Albert Londres.. De nombreux confrères qui étaient à un moment ou un autre sur le terrain.. Pourquoi tous ceux qui prônent la théorie de la conspiration n’ont jamais mis les pieds à Gaza? Assisté à un combat à Gaza ou en Cisjordanie? Pourquoi un général israélien raconte qu’on peut voir les balles passer sur la vidéo ce qui est impossible et faux? Ment-il?

      • Lilith Jerusalem dit :

        M. Enderlin, vous cherchez à noyer le poisson.

        Le Tribunal n’a pas à établir la VERITE, puisqu’il ne la connaît pas ! C’était d’ailleurs la fonction d’une commission d’enquête, celle demandée par le Président Sarkozy et soutenue activement par le Président du Crif, le Dr Prasquier : France-TV n’en a pas voulue !
        Vous aviez alors affirmé que J. A-Dura ne pouvait sortir de Gaza. Les autorités israéliennes vous ont démentis. D’ailleurs, tous les auditeurs du matin de Galai Tsahal ont pu entendre une interview de J. A-Dura… au CAIRE !
        Il est donc évident qu’il n’a aucune envie de se faire examiner en France. A moins d’amener Mohamed A-Dura face aux juges et d’établir une vérité incontestable, le Tribunal doit statuer s’il y a eu une « diffamation punissable ».

        Vous semblez mal connaitre l’esprit du droit pour écrire la phrase suivante «la cour d’appel affirme qu’il a diffamé Jamal Al dura mais « de bonne foi ».
        Car la diffamation c’est l’acte d’attaquer une personne, l’intention de nuire. Si ceci était punissable, je crains que tout le monde soit condamnable, voir condamné, même peut-être quotidiennement. La liberté de parole est souvent partie prenante de la diffamation… allez donc écouter une campagne électorale !!!

        Mais la diffamation cesse d’être condamnable si la personne est reconnue de « bonne foi». C’est cette garantie qui fait la différence entre une démocratie et une dictature. En droit français les juristes l’expriment ainsi :
        « les imputations diffamatoires impliquent l’intention de nuire à la personne qu’elles atteignent dans son honneur ou sa considération ; que cette intention n’est susceptible de disparaître que si l’auteur de l’écrit diffamatoire à qui seul en incombe la charge, parvient à prouver l’existence de faits justificatifs de nature à faire admettre sa bonne foi…. »

        La bonne foi est définie par 4 critères : la légitimité du but poursuivi, l’absence d’animosité personnelle, la prudence et la mesure dans l’expression et la qualité de l’enquête.
        Nous ne possédons pas encore les attendus du jugement, mais les conclusions du Tribunal montrent que les documents et l’argumentation du Dr Y. David ont satisfait les Juges, il y été relaxé, et dans quelques jours La Cour de Cassation rendra son jugement dans l’affaire Karsenty. D’ici-là soyons sûr que certains acteurs chercheront à bruler leurs dernières cartouches.

        Quant à la position de l’Etat d’Israël, elle a été constante depuis des années (commission d’enquête du Général Yom-Tov Samia, lettre de Danny Seaman, autorisation du ministère de la santé de publier le dossier A-Dura …).
        Le Premier Ministre et la Knesset ont donc félicité avec raison la victoire du Dr David.

        • Charles Enderlin dit :

          Réponse donc à Gustave.
          Vos arguments relèvent exactement de la théorie du complot.
          1: Au moment où on m’a posé la question, Jamal al Dura n’était pas autorisé à sortir de Gaza. Cela a évidemment changé depuis en raison de l’ouverture du passage de Rafah.
          2: Jamal n’est pas employé par France Télévisions, s’il ne veut pas comparaitre devant une commission d ‘enquête parisienne montée avec ou par le CRIF, c’est son droit absolu.
          3: Jamal est prêt à témoigner devant une commission d’enquête indépendante qui examinerait tous les éléments de cette affaire, interrogerait tous les protagonistes, y compris tous les militaires israéliens. Il a aussi annoncé qu’il était prêt à passer au détecteur de mensonge et à exhumer le corps de son fils afin d’en extraire l’ADN.
          4: Aucune administration israélien n’a, à aucun moment, proposé une telle enquête… Jamais France 2 n’a reçu une demande formelle en ce sens.
          5: Sur la diffamation et la relaxe de Yehuda David, extraits du jugement de la Cour d’appel de Paris:
          « La cour considère tout d’abord que l’ensemble des passages poursuivis sont diffamatoires en ce qu’ils « imputent, au moins par insinuation, à la partie civile, de s’être prêtée à une mise en scène en présentant comme consécutives à une fusillade s’étant déroulée le 30 septembre 2000, des blessures à la main droite et à la jambe gauche qui existaient déjà en 1992 pour la main et 1994 pour la jambe ».
          Elle rejette ensuite les offres de preuve de la vérité en considérant que les pièces médicales israéliennes « ne permettent pas d’établir de manière parfaite, complète et corrélative aux imputations, dans leur matérialité et leur portée, que les blessures que la partie civile affirme avoir subi le 30 septembre 2000 à Netzarim sont plus anciennes et qu’elle s’était prêtée à une mise en scène, alors qu’il résulte de la traduction des propos de Jamal AL DURA sur la vidéo d’octobre 2004 que celui-ci présente sa main droite comme « mon handicap » sans prétendre qu’il serait le résultat de la fusillade de Netzarim ».
          S’agissant enfin de la bonne foi, la cour a estimé que le médecin « disposait d’une base factuelle suffisante » pour « émettre des doutes sur le lien de causalité entre la fusillade de Netzarim et les blessures de la partie civile à la main droite et à la jambe gauche » et a considéré qu’en l’absence d’animosité personnelle, alors qu’il avait été « relativement prudent » dans l’expression », il pouvait bénéficier de la bonne foi en s’exprimant « dans le cadre d’une polémique sur un sujet d’actualité ».
          6: Le général Yom Tov Samia a réalisé une « enquête » pour le moins curieuse.. Il affirme entre autre que sur la vidéo tournée par Talal à Netzarim le 30 septembre 2000, on peut voir des « flash » de balles en vol.. C’est une pure invention. Une caméra de reportage ne peut pas une balle en vol.. A moins qu’il s’agisse d’une traçante ce qui n’était pas le cas.. Pour une analyse sur cette enquête bizarre et les prises de positions de Dany Seaman, cf mon livre, « Un enfant est mort » que vous n’avez visiblement pas lu puisque vous défendez la théorie du complot.
          7: Les services de sécurité israéliens n’ont retrouvé aucune trace d’un complot palestinien ou d’une mise en scène et considèrent que Talal Abou Rahmeh est blanc comme neige. il est régulièrement autorisé à pénétrer en territoire israélien.

  2. Ilan dit :

    Le genre de messages que je reçois sur mon blog? Cela vient d’un certain Ilan… Bientôt il va m’accuser d’être responsable de la seconde guerre mondiale:

    Mr. Enderlin, tel Bernard Madoff, vous vous êtes enfoncé au fil des ans dans un mensonge, ne sachant plus comment vous en sortir.
    Le fait est que vous avez agi à l’époque comme un journaliste amateur, et vous avez ensuite menti sans arrêt pour couvrir votre manque de professionnalisme.
    Vous avez causé un tort considérable à l’état d’Israël, et au peuple juif.
    Votre reportage biaisé a été l’un des déclencheur de la résurgence de l’antisémitisme dans le monde et de la haine de l’état d’Israël.

  3. Cyrille dit :

    C’est vrai que le doute pouvait s’installer au fil des ans. Mais j’ai appris il y a peu de temps, par [b]qui et comment[/b] la thèse du complot avait été « lancée ».
    Comment peut-on accorder le moindre crédit à cette ahurissante « contre-enquête » ???
    C’est du grand, très grand n’importe quoi ! de la véritable mise en scène pour le coup !
    La thèse du complot du 11 sept. est certainement plus crédible, c’est dire.
    Bonne continuation M. Enderlin