Archives de catégorie : Al Dura

Réponse à Pierre rehov

Mon cher Pierre Rehov

Des amis m’ont fait parvenir la lettre ouverte que tu as eu la délicatesse de publier par l’entremise de Richard Prasquier.

Finalement j’ai décidé d’y répondre par ces quelques lignes.

D’abord, tu dis que tu es l’ami de Philippe Karsenty, qui le 19 septembre 2002 a déclaré au correspondant d’Europe 1 à Jérusalem : que « j’en croquais, j’en touchais des Palestiniens et qu’avec ses amis il allait me couler » Plus tard, que je suis un  « capo di tutti cappi » et il y a quelques semaines un « multi récidiviste » (alors que, depuis des années je n’ai pas réalisé un seul reportage sur l’occupation israélienne  en Cisjordanie). Etc. Etc.

Là où tu me surprends toujours, c’est, lorsque toi, un cinéaste, tu accepte que l’on interprète les rushes tournés par Talal comme si c’était de la vidéo surveillance… Tu sais parfaitement que sur 45 minutes d’échange de tirs, notre cameraman n’a filmé que moins de deux minutes.

Je te rappelle ce que tu veux ignorer : la CADA, la commission d’accès aux documents administratifs avait d’ailleurs refusé de les communiquer à Mr. Karsenty considérant qu’ils étaient « inachevés ». La Cour de cassation a cassé la relaxe en appel de ton ami car la Cour d’appel n’avait pas à en demander la communication.

Mais, là où tu m’as bluffé c’est en affirmant que tu avais rencontré les militaires druzes qui étaient dans la position israélienne. D’abord, c’est curieux car les deux seuls soldats de MAGEN 3 que des chaines israéliennes ont interviewés n’étaient pas druzes. Regarde les documentaires à charge diffusés par Esther Schapira de l’ARD.. Les soldats qu’elle a interviewés sont-ils druzes ? Et puis, tu as eu beaucoup de chance, car comme d’autres chaines étrangères, y compris CBS et CNN, nous avions demandé l’autorisation à l’armée d’interviewer ces soldats. La réponse a été négative.

A nouveau, je te rappelle que les services de sécurité israélien, notamment le Shin Beth qui a enquêté, considèrent qu’il n’y a pas eu mise en scène, que Talal n’a commis aucun délit, n’appartient à aucune organisation anti-israélienne.

Cela aussi, visiblement ne te satisfait pas..

CE

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Lettre à P. Karsenty

Monsieur Karsenty

Ces quelques mots pour vous remercier d’avoir envoyé un petit groupe de vos fidèles à la conférence à laquelle j’ai participé le 28 mars à Sciences-Po. Ils étaient venus rappeler l’affaire Al Dura, qui vous est si chère, alors que le thème était : « Juifs et Arabes en France, dépasser le conflit au Proche-Orient. »

Vos gens se sont effectivement fait remarquer. La dame qui me criait « assassin » a eu beaucoup de succès. L’autre exigeant que je donne son nom biblique à la Cisjordanie : «  la Judée – Samarie », comme la droite israélienne. Intéressant. Dans ce cas, les Palestiniens deviendraient-ils des « Judéens » ou « des Samariens » ? Et puis, pourquoi ne pas – selon elle – qualifier ces territoires de « disputés » et non « d’occupés ». Problème. Elle devrait persuader la communauté internationale de changer de vocabulaire. Imaginons le Conseil de sécurité votant une résolution déclarant que les territoires palestiniens ne sont plus occupés mais seulement disputés par Israël…

Enfin il y a ce jeune homme qui insistait pour que je commente une phrase de mon livre « Un enfant est mort » et dans laquelle je laisserai entendre qu’en fait je ne sais pas ce qu’il s’est passé à Netzarim, ce 30 septembre 2000. Effectivement, je ne sais pas qui, depuis la position israélienne, a tiré en direction de Mohammed Al Dura et Jamal, son père. Pour le savoir il faudrait interroger tous les militaires qui étaient sur place. Que voyaient-ils des deux palestiniens accroupis derrière le tonneau.[CE  rajouté le 9 avril] Sur quoi les militaires croyaient-ils tirer? Voyaient-ils clairement ce qu’il se passait? En attendant une enquête en bonne et due forme, refusée jusqu’à présent par les autorités israéliennes, les conspirationnistes de tous bords continueront d’avoir la partie belle.

Je vous informerai de mes prochaines participations à des conférences afin que vous puissiez envoyer vos gens. Cela me permettra, comme à Sciences-Po, de montrer au public à qui j’ai affaire.

Cela dit, dans les mails que vous envoyez aux électeurs français de l’étranger dans le cadre de votre campagne vous ne rappelez pas qu’après le jugement en cassation annulant votre relaxe, vous êtes sous le coup d’une condamnation pour diffamation. A nouveau, vous publiez un certain nombre d’inexactitudes -pour être poli- sur la mort de Mohammed Al Dura. Vous interprétez les rushes comme s’il s’agissait d’une caméra de surveillance tout en sachant parfaitement que sur un échange de tirs de plus de 45 minutes – selon tous les témoins- le cameraman de France 2, Talal Abou  Rahmeh n’a pu filmer que moins de 2 minutes. Vous ne rappelez pas que le CADA, la commission d’accès aux documents administratifs avait refusé de vous communiquer les rushes, considérant qu’il s’agissait « d’éléments inachevés ». Ce n’est pas tout, vous publiez une très grosse inexactitude en affirmant que CNN avait refusé de diffuser les images de la mort de Mohammed Al Dura.. Selon Mike Hana qui était, à l’époque, le chef de bureau de CNN à Jérusalem, c’est tout simplement faux ! La chaine américaine les a bien diffusées. Vous pouvez le vérifier auprès de Mike Hana..

Charles Enderlin

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Une lettre de Théo Klein à Richard Prasquier sur le Point.fr

http://www.lepoint.fr/societe/theo-klein-rompt-avec-le-crif-11-03-2012-1440197_23.php

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La vindicte de Richard Prasquier

Un scoop dans le Figaro du 6 mars. Je découvre, avec effarement, sous le titre d’un article signé Richard Prasquier, les explications du quotidien : « Le président du Crif évoque le feuilleton judiciaire qui l’oppose au journaliste Charles Enderlin à propos du reportage de ce dernier filmé à Gaza. »  Première nouvelle, autant que sache il n’a déposé aucune plainte contre moi et je ne l’ai jamais trainé en justice. Le Figaro a  compris que Monsieur Prasquier en avait après moi personnellement et le confond avec la personne contre qui France télévisions et moi-même avons une procédure en diffamation, Philippe Karsenty, dont la relaxe en appel vient d’être annulée par la Cour de cassation.

Une décision de justice qui, visiblement ne plait pas au Crif. Etienne Mougeotte, lui a donc ouvert les colonnes de son journal. Récemment en Israël, le patron du Figaro, avait, au cours d’une conférence évoqué l’affaire Mohammed al Dura : « […, l’attitude d’Arlette Chabot qui refuse de livrer les rushes est scandaleuse, ça signifie qu’ils ne veulent pas qu’on aille au bout du débat et heureusement qu’on en parle encore. […] il s’agit la d’un mélange de préférences partisanes anti-israélien par certains et le phénomène extravagant de solidarité corporatiste derrière Charles Enderlin dont le reportage posait problème »

Là, donc, pas de surprise, le Figaro devait donner la parole à Richard Prasquier pour, qu’une fois de plus, il participe activement à la chasse à l’homme déclenchée contre moi par son ami Philippe Karsenty actuellement sous le coup d’une condamnation en diffamation à mon encontre.

J’osais espérer que le patron du Crif évite de répéter les arguments des tenants de la théorie du complot que j’avais tous démontés dans mon livre publié en 2010 sur cette affaire aux Editions Don Quichotte: « Un enfant est mort. Netzarim 30 septembre 2000 ». Mais, Monsieur Prasquier n’en a jamais parlé et son organisation prend grand soin de ne pas publier tout ce qui va à l’encontre des accusations diffamatoires de son protégé.

Très brièvement, sans revenir sur tout ce que j’ai publié, voici quelques éléments qui n’étaient pas dans l’article de Mr. Prasquier

Il écrit : « Des incohérences ont apparues. 45 minutes de fusillade pour abattre deux civils désarmés et immobiles. » C’est tout simplement une interprétation fausse. Personne n’a dit que Jamal et Mohammed al Dura ont été la seule cible de tirs pendant 45 minutes.

« Pourquoi si peu d’impacts de balles sur le mur ? Pas une trace de sang sur le corps des victimes ? Et pourquoi ces mouvements surprenants chez l’enfant ? » Là, Monsieur Prasquier reprend la théorie de manipulation des rushes. Explication : sous le feu, Talal Abou Rahmeh,  le cameraman de France 2 n’a tourné que moins de deux minutes en plusieurs séquences. Les impacts ? Il ne les a pas tous filmés ! Pas de trace de sang ? Si ! Mais les conspirationnistes affirment que la tache rouge sous l’enfant est « un chiffon rouge ». Les mouvements de l’enfant ? Impossible de vérifier les diverses théories provenant de médecins légistes, puisque Talal n’a pas tout enregistré. Il ne savait pas que des années plus tard ces images seraient utilisées comme s’il elles provenaient d’une caméra de surveillance filmant en continu.

Le président du Crif rappelle les prises de position de Messieurs Jeambar et  Leconte qui auraient vérifié « qu’il s’agissait de séquences de mises en scène typiques ». Ces estimables confrères n’ont jamais mis les pieds à Gaza ou assisté à un accrochage israélo- palestinien et sont très mal placés pour interpréter les images classiques d’Intifada tournées par Talal. Quand à Luc Rosenzweig, cité également dans l’article du Figaro, lui aussi n’a jamais été à Gaza et – il faut le rappeler- m’a écrit : « Tu peux t’en sortir en faisant amende honorable et en lâchant Talal. […] Si tu choisis de persévérer dans l’erreur, je continuerai à faire en sorte que tu en crèves, professionnellement s’entend ».

Le président du Crif,  relance sa proposition d’une « reconstitution des faits » à réaliser en France alors que les autorités israéliennes n’ont jamais répondu aux propositions de France Télévisions de participer à une enquête en bonne et due forme.. Mr. Prasquier ne dit pas qu’il a refusé la proposition d’Arlette Chabot, d’aider Jamal à exhumer le corps de son fils afin de procéder à des tests ADN. « Cela ne prouvera rien !! » a-t-il dit.

Le Crif est donc un élément central de la campagne déclenchée contre moi par Philippe Karsenty, le héros de Pamela Geller, la blogueuse qui a évoqué le terme de « Hitlerjugend » à propos des jeunes socialistes norvégiens assassinés par Breivik, le fou terroriste..

On ne peut que regretter que le Président du Crif, institution attachée aux fondements de la démocratie, fasse si peu de cas des institutions judiciaires qui en sont les garants et n’hésite pas à en présenter les décisions en contradiction avec ce qu’il considère être « la vérité des faits ».

CQFD.

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La Cour de cassation

En réponse à plusieurs  commentaires tendancieux, voici quelques explications.

Sur le fond, en cassant le jugement relaxant Philippe Karsenty, la Cour de cassation a visiblement voulu envoyer un message : Si quelqu’un veut attaquer et diffamer un journaliste, qu’il ne compte pas sur l’aide d’un tribunal pour cela. La justice doit faire preuve d’indépendance. Et surtout, dans ce cas, en fondant leur décision sur l’illégalité de la présentation des rushes (demandée par la cour d’appel), les juges de la Cour de cassation, ont remis cette question à sa juste place.

Pour rappel, le 19 janvier 2006, Philippe Karsenty avait demandé à la Commission d’accès aux documents administratifs, la  CADA, de lui remettre « tous les enregistrements audiovisuels de l’ensemble des images tournées le 30 septembre 2000 […] constituant les rushes du reportage diffusé par  Charles Enderlin dans le 20H du 30 septembre.. ». Cet organisme indépendant, rattaché aux services du Premier ministre, a pour mission de faciliter et contrôler l’accès aux documents  administratifs. Mr. Karsenty s’est vu opposer un refus : « Sans se prononcer sur le caractère administratif dont se sont servis les journalistes pour réaliser ce reportage, la Commission estime qu’ils revêtent un caractère inachevé et sont en tout état de cause protégés par l’article 109 du code de procédure pénale relatif aux sources d’information des journalistes ».

« Caractère inachevé » Cela signifie que les rushes ne constituent pas le reportage définitif. Ce ne sont  qu’une suite de séquences dont la continuité ne peut être vérifiée que par la lecture du time code de la cassette. Ce n’est en aucun cas une vidéo tournée par une caméra de surveillance. Les conspirationnistes ont donc beau jeu de manipuler les images de la mort de Mohammed al Dura en posant de fausses questions : « Pourquoi ne voit-on pas de sang ? Combien de balles ont elles été tirées ? La tâche rouge ? C’est un chiffon ! Etc. » Tout cela pour moins de deux minutes d’images tournées en plusieurs séquences… Bien entendu, en lançant le débat à ce niveau et avec l’aide de la Cour d’appel, les auteurs de la théorie du complot, savaient qu’il était impossible de les contredire. Talal Abou Rahmeh, sous le feu pendant 45 minutes, abrité derrière une camionnette blanche bloquée au milieu de la rue, ne pouvait que filmer de courtes séries d’images avec dans l’esprit le reportage qui sera diffusé le soir. Aurait-il su que, des années plus tard, son tournage serait au centre d’une telle aventure judiciaire, il aurait certainement tourné le plus possible. En l’occurrence, il était en fin de cassette et avec une batterie quasiment épuisée.

« Sources d’information des journalistes » déclare la CADA. Par définition, cela signifie que les rushes sont l’équivalent des notes d’un journaliste de la presse écrite. Ce n’est pas l’équivalent d’un  procès verbal.

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