charles-enderlin

Félicitations à Talal Abou Rahmeh le correspondant de France 2 à Gaza. Il a reçu le prestigieux Rory Peck award pour ses commentaires sur CNN pendant la dernière opération israélienne à Gaza. La remise du prix aura lieu à Londres

Remerciements

Je remercie du fond du coeur toutes celles et tous ceux qui m'ont envoyé des félicitations sur mon blog et mon facebook...

Plongé dans l'écriture de mon nouveau livre (sortie en octobre chez Albin michel) je ne me suis pas occupé de mon blog. Je le reprendrai vers la mi aout. Bonnes vacances à tous.

Charles

PS: Quelques sites publient des insinuations scandaleuses. par exemple, Israel Vallley, de la chambre de commerce France Israël... L'auteur d'un billet pose des questions pour lesquelles il n'a pas éprouvé le besoin de me contacter afin de recevoir des réponses... Les voici: Il y a de cela plusieurs mois, un officiel français m'a posé la question d'une décoration.. J'avais répondu par une plaisanterie... Depuis, personne ne m'avais contacté et je suis tombé des nues le 14 juillet au matin en apprenant la nouvelle... Il s'avère qu'un membre de ma famille avait constitué secrètement le dossier... Comme de bien entendu, Israël Valley renvoie au blog de l'ex constructeur  d'avion de Metulla qui m'injurie régulièrement...

Le bunker

 
 Au cours de sa visite à la Maison Blanche Benjamin Netanyahu a finalement offert une bible à Barack Obama. Avant le départ pour Washington, la Présidence du conseil à Jérusalem avait laissé entendre que ce serait un livre moins sacré : « Le voyage des Innocents, un pique-nique dans l'ancien monde ». L’auteur, Mark Twain, décrit son voyage dans la région en 1867. Il avait trouvé que le silence et la mort régnait dans les lieux Saints. Tom Segev, du quotidien Haaretz, ne sachant pas que le Premier ministre avait changé d'avis a rappelé, dans son journal que Twain détestait l’Islam et les Arabes qu’il qualifiait de « sales, brutaux, ignorants et superstitieux.. » Le Premier ministre israélien avait à ses côtés Michael Oren, le nouvel ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis et lui-même historien et auteur d’un ouvrage sur les attitudes américaines envers le Proche Orient dans lequel il relève que Twain était dégouté par les Musulmans.
 
    Michael Oren est d’origine américaine. Il appartient à la garde rapprochée idéologique de Benjamin Netanyahu. Les néoconservateurs de l’Institut Shalem à Jérusalem. Israël est le dernier endroit au monde où ces idéologues peuvent encore humer l’air du pouvoir depuis que les électeurs américains les ont renvoyés dans leurs instituts à Washington et New York. Oren est un fervent partisan de l’unilatéralisme. Israël dit-il devrait se retirer unilatéralement sur des frontières qu’il déterminerait en fonction de la démographie juive, de ses besoins stratégiques, des lieux saints et des ressources naturelles. Epouvanté par les accords d’Oslo en 1993, il avait proposé la formation d’un bloc de centre droit dirigé par le général Ehoud Barak à l’époque chef d’état major (Note : Oui, Ehoud Barak était contre Oslo !) et Benny Begin du Likoud. Cela, pour faire contrepoids à Yitzhak Rabin tiré à gauche et Netanyahu tiré à droite ! Visiblement remarque Akiva Eldar dans Haaretz, Oren a changé d’avis sur Bibi Netanyahu.
    Parmi les néoconservateurs en fonction dans l’entourage du Premier ministre on retrouve Moshé « Boogie » Yaalon, l’ancien chef d’état major qui a dirigé la répression de la seconde Intifada. Pour lui, la guerre avec les Palestiniens est existentielle et la suite du combat mené par l’état juif depuis 1948. Récemment, il a écrit un article dans le revue de l’institut Shalem intitulé « le processus diplomatique peut attendre ». Il est ministre des affaires stratégiques. Nathan Sharansky, l’ancien refuznik,  est candidat à la présidence de l’Agence juive. Son ouvrage : «  Défense de la démocratie » était le livre de chevet de George Bush et du vice-président Dick Cheney. Ron Dermer, son co-auteur est devenu le responsable de la communication de la présidence du conseil à Jérusalem.
 
   A cette liste il faut ajouter Ouzi Arad, le nouveau patron du conseil national de sécurité israélien, ancien du Mossad, proche du très néoconservateur Institut Hudson  à Washington. Ces hommes apportent un ciment idéologique à la coalition gouvernementale de Benjamin Netanyahu. Ils s’opposent à toute concession territoriale à la Syrie et à la création d’un état palestinien indépendant et sont persuadés qu’Israël peut résister aux pressions de l’administration Obama. De toute manière disent-ils, Israël ne reçoit plus d’aide économique directe des Etats-Unis seulement une aide militaire que Washington à laquelle Obama n’osera pas toucher. Et puis, Bibi pourra toujours brouiller les cartes par exemple « en prenant son destin en main et en attaquant le nucléaire iranien ». De passage en Israël, il y a quelques semaines Leon Panetta, le patron de la CIA, a mis en garde ses interlocuteurs : « ne nous surprenez pas sur le dossier iranien ! » Les paris sont ouverts

Les leçons de Netanyahu

  
   A en croire le grand quotidien israélien, Yediot Aharonot, le nouveau cabinet Netanyahu n’est pas seulement - avec 30 ministres et une demi douzaine de secrétaires d’état - le plus grand gouvernement de l’histoire d’Israël. C’est le plus grand au monde ! Bien sur, cela fait désordre et puis, cela coûte cher… Des milliards de Shekels pour satisfaire les appétits de tous les partenaires de cette coalition. Mais en fait, Bibi Netanyahu considére qu’il n’a pas le choix. Il a tiré les leçons de l’époque où il était Premier ministre. Souvenons-nous. Il avait remporté l’élection du 29 mai 1996 par 50,4% des voix contre  49,5% à Shimon Pérès pour perdre le pouvoir, en janvier 1999. Sa majorité avait fondu. Plusieurs députés de son parti, le Likoud, la droite nationaliste, et les formations religieuses trouvaient qu’il avait offert trop de concessions à Yasser Arafat. Dans le cadre de l’accord de Wye River en 1998, Bibi avait accepté un retrait de quelques bourgs palestiniens du nord de la Cisjordanie. Donc, en 2009, il a bétonné sa coalition à droite. Pas question de parler d’une solution à deux états ou d’une Palestine indépendante aux côtés d’Israël cela ne plairait pas à ceux qui l’ont porté au pouvoir.
    Et les travaillistes ? Pas de problème ! De toute manière Ehoud Barak est plutôt d’accord avec son ancien subordonné de la « Sayeret », le commando d’état major dont il était le chef et où Bibi était capitaine. Ministre de la défense du gouvernement Olmert, le général (de réserve) Barak n’a pas fait évacuer un seul avant poste important ou réduit le nombre de barrages en Cisjordanie, en dépit des demandes répétées de la communauté internationale et notamment de l’administration Bush. Les deux hommes s’entendent bien et Bibi a été particulièrement généreux envers les travaillistes en complète déconfiture électorale. Le gouvernement peut être baptisé du titre « cabinet d’union nationale » ce qui fait de l’effet vis-à-vis du public israélien.
   Le parti orthodoxe séfarade confortablement installé aux ministères de l’Intérieur, de l’Habitat et aux commandes de l’administration des domaines pourra accélérer la politique de construction dans les implantations en Cisjordanie et à Jérusalem Est. Les américains et les européens ne vont pas apprécier… Et là il faut parler de l’autre grande leçon que B. Netanyahu a tiré de son précédent passage à la Présidence du conseil. Pendant les années où il a dirigé le pays, la colonisation a été relancée. Har Homa au sud de Jérusalem a vu le jour. Aujourd’hui c’est un faubourg de plusieurs milliers d’habitants. A Ras el Amoud, en plein secteur musulman, à quelques centaines de mètres de la mosquée el Aqsa, un quartier juif a vu le jour etc… etc... Les européens avaient exprimé leur mécontentement, les palestiniens manifesté et les américains protesté. Et ce fut tout. Bibi Netanyahu est donc persuadé qu’aucune administration US n’osera imposer de sanctions à Israël. AIPAC et le Congrès à Washington y veilleront. Barack Obama peut donc répéter autant qu’il veut son soutien à une solution à deux états et que le processus d’Annapolis doit continuer !! L’Amérique devra s’y faire. Israël a voté  à droite..
Bibi a l’intention de rester au pouvoir pendant les quatre années de son mandat, jusqu’en 2013. D’ici là il devrait y avoir des dizaines de milliers de colons supplémentaires en Cisjordanie et l’idée d’une Palestine indépendante s’estompera. Cela mènera-t-il à plus ou moins long terme à un état binational ? Les dirigeants du Likoud sont persuadés que non. De toute manière ils considèrent qu’un état palestinien représenterait un danger mortel pour Israël et qu’ils n’ont pas le choix. A moins que…
 
Charles Enderlin

A propos de la dernière guerre à Gaza

Voici l'article publié par Yizhar Beer dans le "Septième Oeil" l'organe de la presse israélienne. Beer dirige l'ONG israélienne Keshev. Il démonte la campagne montée par les autorités israéliennes dans l'affaire des tirs sur la maison du docteur Abou  Eish à Gaza. Comment "on" a essayé d'y mêler l'affaire Al Dura

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CQFD : L'échec de Plomb durci et la position française

Peut être qu'un jour, les responsables politiques et militaires israéliens verront-ils plus loin que le bout de leur nez et adopteront une stratégie politique à long terme cohérente pour parvenir à la paix dans le cadre d'une solution à deux états. En tout cas, avant que la communauté ne l'impose à Israël

Le Monde confirme aujourd'hui ce que j'ai diffusé le 18 et écris depuis sur mon blog...

Extraits de l'article paru en première page du quotidien:

"Estimant que la guerre de Gaza a imposé de nouvelles priorités et que l'administration nommée par le nouveau président américain, Barack Obama, pourrait rompre avec la ligne de soutien inconditionnel à Israël, la diplomatie française tente de susciter, au niveau européen, un changement de ton à l'égard du Hamas.

Alors que les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne (UE) devaient se réunir, lundi 26 janvier à Bruxelles, pour discuter d'un plan d'action européen pour le Proche-Orient, Paris s'est mis à plaider discrètement pour une forme d'ouverture en direction du mouvement islamiste. " Mais en prenant soin de ne pas affaiblir Mahmoud Abbas ", le président de l'Autorité palestinienne, souligne-t-on côté français.

L'idée est de rompre avec l'ostracisme dans lequel le Hamas est tenu officiellement, et de l'inciter à adopter une attitude constructive qui permettrait un processus de réconciliation interpalestinienne, souhaité par les Européens.

Les Vingt-Sept devaient lancer, lundi, un appel à la formation d'un gouvernement palestinien " de consensus ", qui aurait le soutien à la fois du Fatah et du Hamas, et pourrait servir d'interlocuteur à l'UE, à l'Egypte et à Israël.

Officiellement, l'ouverture d'un dialogue avec le Hamas, qui est placé sur la liste européenne des organisations terroristes, reste une question taboue au sein de l'UE. Celle-ci avait suspendu en 2006 ses versements financiers directs à l'Autorité palestinienne, après la victoire électorale du Hamas.

Aujourd'hui " beaucoup de capitales ne veulent pas répéter la politique d'isolement du Hamas menée après sa victoire électorale, car elle a été jugée contre-productive ", analyse un diplomate européen. Paris apparaît en pointe sur le sujet.

Un glissement a eu lieu dans le vocabulaire officiel français. Le Hamas est désormais qualifié d'" interlocuteur ", terme employé par le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner. Le Quai d'Orsay met en outre l'accent, depuis plusieurs jours, sur l'une des trois conditions fixées au Hamas pour qu'un dialogue puisse s'enclencher : la renonciation à la violence. Celle-ci est décrite comme " l'élément fondamental ".

L'échec monumental de l'opération Plomb durci

Faute de mieux, la propagande pro israélienne s’est ruée sur le reportage de Lorenzo Cremonesi dans le Corriere de la Sera. Des extraits courent sur le net : le Hamas a gonflé les chiffres des victimes palestiniennes. Il n’y en aurait pas eu 1300 mais 5 à 600, pour la plupart des combattants. Les Islamistes ont tiré depuis des maisons abritant des civils, utilisé des ambulances pour se déplacer. Il n’y aurait aucune preuve d’utilisation du phosphore par l’armée israélienne (pourtant reconnu par Tsahal).  Il faut dire que Lorenzo est un excellent journaliste. Il fut parmi les tous premiers confrères étrangers à entrer dans Gaza par Rafah et son témoignage est à retenir. Il pose avec raison la question des bilans et rappelle que Tsahal maintient son estimation de 1000 tués palestiniens parmi lesquelles au moins 500 combattants du Hamas. (Un détail souvent « oublié » dans les extraits de son article publiés par les divers sites pro israéliens.) A présent que la presse internationale et les ONG humanitaires ont accès à Gaza, une enquête sérieuse peut être réalisée pour éclaircir ces chiffres. Israël a commis une grave erreur en leur interdisant le passage pendant les combats.
 
   Pour le reste, « Plomb durci » est un échec monumental. L’armée israélienne a foncé tête baissé dans le piège qu’elle s’est elle-même tendu. D’abord en s’intoxiquant avec l’idée que le Hamas était l’équivalent du Hezbollah en 2006. Des correspondants militaires parlaient, avant l’opération : « de l’équivalent d’une division iranienne à Gaza! » En fait le Hamas ressemble au Hezbollah de 1996. Lors de l’opération « Raisins de la colère » au Sud-Liban, en avril de cette année là, la milice chiite avait évité le combat face à face et riposté à l’offensive israélienne par des tirs de roquette et d’obus de mortier. A l’époque, en reportage dans le nord d’Israël, j’avais assisté à une conférence de presse du colonel commandant l’artillerie du secteur. Il se vantait de la précision des batteries de Tsahal. Je lui avais rappelé que, statistiquement, des obus finissaient toujours par tomber là où ils ne devraient pas et puis, le Hezbollah avait cette tactique de placer ses hommes à proximité de sites civils. Et, immanquablement, le 18 avril des obus israéliens sont tombés sur une base des casques bleus à Kafr Kana où étaient réfugiés de nombreux civils libanais. Ce fut le carnage. 102 morts parmi lesquels des femmes et des enfants. Les images de Kana furent une catastrophe pour la communication israélienne. Scandalisée, la minorité arabe israélienne décida de boycotter les élections avec pour résultat, le, 29 mai, la défaite de Shimon Pérès et la victoire, d’une courte tête de Benjamin Netanyahu.
 
 Le Hamas n’est pas la première milice à utiliser la population civile et Tsahal n’a pas appris la leçon. Les images de Gaza 2009 ne sont pas moins catastrophiques que celles de 1996, qu’il y ait 600 ou 1000 morts palestiniens, 5000 ou 2000 blessés. Des quartiers entiers détruits, des histoires d’exécutions sommaires, de bavures que l’armée s’obstine à nier ou à expliquer par des mensonges. Par exemple, d’un colonel porte parole, affirmant devant des journalistes que la maison du militant de la paix, le docteur Aboul Aysh, dont trois filles ont été tuées, a été touchée par un missile Grad palestinien… Alors que l’immeuble a subit DEUX tirs. Ce sont les inscriptions laissées par les soldats dans des maisons qu’ils ont occupées : « Mohammed est un porc ! ». etc. etc.
 
    Surtout, politiquement, le Hamas remporte une victoire non négligeable. Lors de la visite éclair du Président Sarkozy à Jérusalem, le 18 janvier, son entourage a fait savoir : « si les palestiniens forment un gouvernement d’union nationale avec le Hamas, cette fois nous ne le boycotteront pas ». Une position reprise par plusieurs gouvernements européens. En d’autres termes, « Plomb durci » a ouvert la voie à un dialogue de la communauté internationale avec  la branche la plus extrémiste de la confrérie des frères musulmans. Son fondateur fut le Cheikh Ahmed Yassin qui, dés 1968 a publié à Gaza sous occupation israélienne les textes violemment anti juifs de l’égyptien de Sayyd Qutb, pendu par Nasser deux années plus tôt. L’histoire de l’aide fournie par Tsahal, dans les années 70 et 80, à l’association islamique fondée par Yassin est connue. Une association qui deviendra le Hamas. La propagande officielle israélienne ne cesse de souligner la générosité d’Israël avec l’évacuation des colonies de Gaza en 2005 mais, évite surtout de donner la parole à tous les experts, militaires et civiles pour qui ce retrait unilatéral signifiait offrir ce territoire au Hamas sur un plateau d’argent. Ariel Sharon et Ehoud Olmert avaient rejeté les demandes de Mahmoud Abbas pour renforcer son emprise sur ce territoire en y déployant un bataillon supplémentaire de policiers palestiniens mieux équipés en armes et munitions. L’affrontement était inscrit au calendrier de la région. Mais, en l’occurrence « Plomb durci » est intervenu au plus mauvais moment possible dans les relations israélo-américaines avec l’arrivée de l’administration Obama. Le nouvel émissaire au Proche Orient, le sénateur Mitchell, va œuvrer pour la réouverture des points de passage vers Gaza et offrir ainsi une victoire supplémentaire au Hamas alors qu’une telle initiative aurait pu venir d’Israël. Les islamistes craignent le plus les progrès politiques et le développement économique. En période de blocus, d’affrontement, de guerre, la population se tourne vers les mosquées où elle trouve des organisations caritatives, des clubs de sports pour la jeunesse.
 
   Lorsqu’ils citent le rapport de la commission Winograd sur les circonstances de la seconde guerre au Liban, les chefs militaires israéliens ne rappellent pas la phrase suivante de ce texte fondamental : « « Certaines élites politiques et militaires étaient parvenues à la conclusion… que la supériorité militaire d’Israël serait suffisante pour dissuader un ennemi de lui déclarer la guerre. Il n’était donc pas nécessaire de préparer le pays à la guerre ni même de rechercher activement la voie vers des accords stables et à long terme avec nos voisins... »
 
   Charles Enderlin

Le Sénateur Mitchell émissaire d'Obama au proche Orient

Voici des extraits du rapport Mitchell publiés dans mon ouvrage: "Les années perdues" paru chez Fayard en 2007.

Le rapport affirmait qu'il n'y avait aucune preuve d'une planification de l'Intifada par Yasser Arafat en 2000. Il réclamait l'arrêt du dévelopement des colonies israéliennes en Cisjordanie et demandait à l'armée israélienne de rétablir les enquêtes de la police militaire pour chaque cas de mort d'un civil palestinien non impliqué dans les combats. Déjà, la droite israélienne fait grise mine... Elle n'apprécie pas du tout l'idée d'un arrêt de la colonisation..  

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Obama et le Proche Orient

 

 

  Les israéliens regrettent déjà George W Bush Le président républicain le plus pro israélien de l’histoire. Et, au-delà des félicitations qu’ils ont envoyées à  Barack Obama les dirigeants israéliens expriment en sourdine une inquiétude certaine. La politique américaine va changer..  Bien sur Israël restera un allié privilégié de l’Amérique mais, à l’idéologie Bushienne de guerre globale  contre le terrorisme va succéder une approche pragmatique de résolution de conflit… 

 

Animant la table ronde « Diplomatie créative » du 10ème anniversaire du Centre Pérès pour la paix, j’ai rencontré deux des principaux conseillers de Barack Obama sur le Proche Orient. Dan Kurtzer, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Egypte Israël. Titulaire de la chaire « Middle East Politics » à Princeton, il est l’auteur avec Scott Lasensky de « Negotiating Arab-Israeli Peace » publié par le « United States Institute of Peace Press », un ouvrage qui analyse les raisons de l’échec du processus de paix et énumère les conditions nécessaires au succès d’une politique américaine de relance des négociations. Dan Kurtzer a déclaré que Barack Obama avait parfaitement conscience qu’il était de l’intérêt des Etats-Unis de pousser rapidement à un accord israélo-palestinien. Cela fait partie des priorités du nouveau président.

 

   Martin Indyk, lui aussi, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Israël et actuellement directeur du « Center for Middle East Policy » à l’Institut Brookings de Washington, est en faveur de la relance des pourparlers entre Israël et la Syrie. Un accord avec Damas sur un retrait du Golan transformerait la région du tout au tout Les négociations avec les Palestiniens se dérouleraient dans une atmosphère beaucoup plus propice.

 

Tous deux considèrent que les négociations ne devraient pas repartir de zéro, mais tenir compte des progrès accomplis depuis 2000.

 

 Barack Obama, au cours de sa visite dans la région en juillet dernier a déclaré qu’il était en faveur d’une solution à deux états. Il aurait même dit à Mahmoud Abbas  le président palestinien qu’il était pour que Jérusalem Est devienne la capitale de la Palestine … ce qui, publié hier, a fait monter aux barricades le parti Shass dont un porte parole a lancé : « Israël devrait réexaminer ses relations avec les Etats-Unis ! ». L’Amérique tremble déjà !

 

   En tout cas, le gouvernement israélien a bien l’intention de profiter le plus possible des derniers mois de George Bush à la Maison Blanche. Ehoud Olmert va s’envoler pour Washington afin d’obtenir d’ultimes cadeaux du président sortant.

 

   Cela dit, Israël ira aux urnes le 10 février, un mois après l’entrée en fonctions de Barack Obama. Si Tzipi Livni est élue et parvient à former un gouvernement, le nouveau président américain trouvera une partenaire pour la relance rapide du processus de paix. Si la droite israélienne gagne les élections, nous assisterons aux même tensions qui existaient à l’époque entre Bill Clinton et Benjamin Netanyahu qui est opposé à toute concession sur Jérusalem Est.    

la Table ronde du Centre Pérès pour la paix.

Modernizing Peace: Creative Diplomacy Moderator: Charles Enderlin Author and Journalist

Charles Enderlin immigrated to Israel in 1968, becoming, in 1971, Senior Editor of the French Department at “Kol Israel". In 1981, Mr. Enderlin served as the Jerusalem correspondent for "Antenne 2", becoming the Bureau Chief of "France 2" in Jerusalem that same year. Since that time, he has been the Middle East correspondent for "France 2". Mr. Enderlin is the author of several books about the Middle East peace process, and he has also co-authored three television documentaries.

Panelists:

H.E. Mr. Hikmet Çetin Former Speaker of the Turkish Grand National Assembly and Former Deputy Prime Minister and Foreign Minister of the Republic of Turkey Hikmet Çetin is a Turkish politician, former Minister of Foreign Affairs and was leader of the Republican People's Party (CHP) for a short time. He served also as the Speaker of the Turkish Grand National Assembly. In 2003, Mr. Çetin was appointed as NATO Secretary General's Senior Civilian Representative in Afghanistan, a position he served until 2006.

Dr. Martin S. Indyk Former U.S. Ambassador to Israel and Director, Saban Center for Middle East Policy at Brookings Martin S. Indyk, former U.S. Ambassador to Israel, is the Director of the Saban Center for Middle East Policy at the Brookings Institution and Senior Fellow in Brookings’ Foreign Policy Studies Program. As Ambassador, Dr. Indyk served two tours in Israel, prior to which he served as special assistant to President Clinton and Senior Director of Near East and South Asian Affairs at the National Security Council (NSC). During the second Clinton administration, he was appointed Assistant Secretary of State for Near East Affairs. Dr. Indyk served as founding Executive Director of the Washington Institute for Near East Policy. He has been a professor at many universities around the world, including Johns Hopkins SAIS and Columbia University. Dr. Indyk’s book, Innocent Abroad: An Intimate Account of U.S. Peace Diplomacy in the Middle East, will be published by Simon and Schuster in January 2009, and in Hebrew by AmOved Publishers.

Prof. Daniel C. Kurtzer Former U.S. Ambassador to Egypt and Israel Prof. Daniel Kurtzer, S. Daniel Abraham Chair in Middle East Policy Studies at Princeton University, served almost 30 years in the United States Foreign Service, having retired with the rank of Career-Minister in the Senior Foreign Service. During his service, Prof. Kurtzer held a number of senior policy and diplomatic positions, including U.S. Ambassador to Israel, U.S. Ambassador to Egypt and Deputy Assistant Secretary of State for Near Eastern Affairs. He is the author of numerous articles on United States policy in the Middle East and is the co-author of "Negotiating Arab-Israeli Peace: American Leadership in the Middle East". Prof. Kurtzer serves on the Advisory Council of the American Bar Association’s Middle East-North Africa Rule of Law Initiative, as well as on a number of business and public service boards. He received distinguished service awards from the President, the Secretary of State and the United States Intelligence Community.

Amb. Marc Otte Special Representative to the Middle East Peace Process, European Union Amb. Marc Otte has served as the European Union Special Representative to the Middle East Peace Process since July 2003. His prior professional experience with the European Union includes Advisor on Defense and Security Policy to the High Representative for Common Foreign and Security Policy and Head of the European Security and Defense Policy Task Force. Before joining the EU, Amb. Otte worked for the Belgian Ministry of Foreign Affairs, serving first as Ambassador of Belgium to Israel, and then as Director of Security Policy and Disarmament. He also served in various Belgian Embassies around the world, in places such as the United States and Zaire.

Robert Serry United Nations Special Coordinator for the Middle East Peace Process Robert Serry was appointed by UN Secretary General Ban Ki-moon in December 2007 to serve as Special Coordinator for the Middle East Peace Process, and in this capacity, as Envoy of the Secretary General to the Quartet. Prior to this position, Mr. Serry served as the Dutch Ambassador to Ireland. His previous professional experiences include diplomatic postings in Bangkok, Moscow, New York (United Nations) and Kiev. In addition, he held the position of Deputy Assistant Secretary-General for Crisis Management and Operations at the North Atlantic Treaty Organization (NATO). Mr. Serry also led the Middle Eastern Affairs Division of the Dutch Foreign Ministry.

Maulana Wahiduddin Khan Islamic Spiritual Leader Maulana Wahiduddin Khan, popularly known as Islam’s spiritual ambassador to the world, has been internationally recognized for his contributions to world peace, having received, among others, the Demiurgus Peace International Award, under the patronage of the former Soviet President Mikhail Gorbachev; the Padma Bhushan, India's third highest civilian honor; and the National Citizen’s Award, presented by Mother Teresa.

La Vengeance de Colin Powell

En expliquant les raisons pour lesquelles il a décidé de quitter le camp républicain et de voter pour Barack Obama, Colin Powell n’a pas mentionné les quatre années qu’il a passées en qualité de secrétaire d’Etat de Georges Bush. Son impression d’avoir été mené en bateau lors de l’affaire irakienne. Il a dénoncé les « mensonges » qui ont entrainé l’Amérique dans cette guerre. Mais aussi son cuisant échec au Proche Orient. Les néoconservateurs, emmenés par le Vice président Dick Cheney ont systématiquement torpillé toutes ses initiatives.

 

  Un exemple tiré de mon livre : « Les Années perdues ». Pages 197-198. Cela se passe mi avril 2002.

 

« A Ramallah, le Shin Beth a finit par localiser Marwan Barghouti. En cavale depuis le début de l’opération, le secrétaire général du Fatah en Cisjordanie se cachait tout simplement chez son ami Ziad abou Ain. Une unité spéciale encercle la maison. Il n’oppose aucune résistance. Son arrestation va le rendre encore plus populaire dans les territoires palestiniens.

 

    Powell peut, le lendemain, aller présenter à Arafat le résultat de ses discussions avec les israéliens. Il lui lance: « vous devez faire les efforts qu’on vous demande ![1] ».  La conversation se termine sur un désaccord total. Assiégé, avec des moyens de communication limités, Arafat n’a plus, depuis longtemps, les moyens de contrôler les différents groupes armés et répondre aux exigences israéliennes. Ses conseillers qualifient de « catastrophe » l’entretien avec le chef de la diplomatie américaine.  Saeb Erekat : « Les israéliens voulaient que tout se passe selon une séquence… Dépendant de la capacité d’Arafat à jouer d’une baguette magique et donner des ordres au Palestiniens… Imaginez… des ordres aux types en fuite… au Hamas au Jihad, au FPLP, au DFLP, aux factions aux comités populaires à tous ces gens qui étaient là depuis plus de trois ans… Ils voulaient Arafat. Ils croyaient qu’Arafat avait le pouvoir d’arrêter tout et que le problème était Arafat. Et nous savions tous que ce n’était pas vrai. Dans bien des secteurs il n’y avait pas de contrôle… dans bien des secteurs, les Palestiniens croyaient que leur commandant en chef était mort.. Finit ! Il était, assiégé. Pourquoi devraient-ils l’écouter ! Monsieur Powell a dit : « Je suis peut-être le dernier officiel américain à venir vous rencontrer, Monsieur le Président. Je suis venu ici à l’encontre des souhaits de nombreuses personnes à Washington » Et le Président Arafat lui a dit : «  J’apprécie cela, je vous respecte, de général à général ! »  Arafat était un homme fier. Il ne pouvait pas prononcer les mots : « je ne peux pas le faire ! [2] » 

 

    Avant de quitter la région, Colin Powell doit annoncer la date et le lieu de la conférence internationale. Son discours est prêt. Mais il reçoit un appel urgent de Washington, Karl Rove, le chef d’état major de la Maison Blanche lui demande d’y renoncer. La manifestation de la veille, les pressions de la communauté juive, des évangélistes ont porté leurs fruits. Rapportée par des diplomates américains la phrase de Rove fera florés: « Nous avons plus besoin d’Israël qu’Israël a besoin de nous ![3] ». Richard Armitage le secrétaire d’état adjoint téléphone à son patron pour lui décrire la situation dans la capitale américaine : « Les gens mettent vraiment votre M…. dans la rue [4]»  Larry Wilkerson, le chef de cabinet de Powell conclura: « Sharon savait qu’il avait un soutien à la Maison Blanche. Il savait où était ce  soutien et que le secrétaire d’état n’était pas nécessairement en liaison avec ceux qui soutenaient Sharon… et surtout [Powell] avait réalisé que personne n’avait réellement intérêt à le voir réussir. »[5].



[1] Interviews Saeb Erekat. Yasser Abed Rabbo. Sources américaines

[2] Interview Saeb Erekat. Vidéo.

[3] Sources américaines. L’histoire est également publiée par Raviv Drucker et Ofer Shelah dans Boomerang,

[4] Bob Woodward. Bush at War. P.325

[5] Larry Wilkerson. Interview. Vidéo.

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