Lettre du 5 octobre 2009
Bonjour
Voici tout d’abord la programmation du CINEMA DE MINUIT pour les semaines qui viennent :
11 octobre JE NE VOULAIS PAS ETRE UN HOMME d’Ernst Lubitsch. Première diffusion à la télévision en France.
18 octobre THE PRIVATE AFFAIRS OF BEL AMI d’ Albert Lewin avec George Sanders.
25 octobre LE VEUF de Dino Risi avec Alberto Sordi.
1er novembre LAZYBONES de Frank Borzage. Première diffusion à la télévision en France.
8 novembre MARIANNE DE MA JEUNESSE de Julien Duvivier. Le film est diffusé dans sa version allemande avec des interprètes différents de ceux de la version française. Le film termine le cycle « Raretés et curiosités » et, en même temps, inaugure le cycle consacré à Julien Duvivier.
15 novembre ALL BERLIN, ICI PARIS ! de Julien Duvivier.
22 novembre LES CINQ GENTLEMEN MAUDITS de Julien Duvivier avec Harry Baur.
29 novembre POT BOUILLE de Julien Duvivier Le film marque la fin du cycle consacré à Julien Duvivier et, en même temps, inaugure celui consacré à Gérard Philipe.
6 décembre MONSIEUR RIPOIS de René Clément avec Gérard Philipe.
13 décembre LE DIABLE AU CORPS de Claude Autant-Lara avec Gérard Philipe et Micheline Pres
Je tiens aussi à vous faire part de la sortie de deux livres :
- le premier est « Cinémas de France 1894-1918 » de Jean-Jacques Meusy, paru aux éditions Arcadia.
Le livre est une histoire des premières projections et des premiers cinéma avec de nombreuses photos. On voit naturellement les documents relatifs à la projection des courts métrages des frères Lumière dans le Salon indien du Grand Café.
L’utilisation tout au long du livre de cartes postales d’époque offre par ailleurs une documentation précieuse sur la place des cinémas dans la vie quotidienne. La vue d’un petit cinéma forain au pied de l’église de Breuillet (Essonne) est une merveille ! On découvre, peu à peu, le passage d’une projection itinérante (les forains, les foires, les « ménageries ») à de véritables salles de cinéma (par exemple le Mel-Kior Cinéma de Melchior Pinard à Lyon, l’Alhambra de Montargis et naturellement les salles de paris (l’Eldorado, le Fauvette, l’Omnia,).
L’admirable Gaumont Palace, « le plus grand cinéma du monde, ex-Hippodrome, trouve plus loin la part capitale qu’il mérite. Une raison de plus de regretter la disparition de cette salle mythique que les plus âgés d’entre-nous ont pu connaître et qui aurait dû être classée parmi les monuments historiques afin d’empêcher sa destruction.
Ce n’est ps sans émotion que l’on revoit au fil du livre ces façades disparues, ces salles et ces foyers qui n’appartiennent plus aujourd’hui qu’au passé.
Le texte et l’iconographie sont une mine de renseignements. Les dernières parties du livre sont dédiées au « cinéma produit d’appel » avec la reproduction d’affiches et de programmes de l’époque et aux cinémas durant la Première Guerre mondiale.
- le second est l’ »Antiquité au cinéma » de Hervé Dumont, paru aux Editions du Nouveau Monde en collaboration avec la Cinémathèque Suisse.
On connaît les travaux d’Hervé Dumont, ancien directeur de la Cinémathèque Suisse. Ses ouvrages sur Robert Siodmak, William Dieterle et Frank Borzage – sans oublier son Histoire du cinéma suisse - sont d’irremplaçables sommes, plus que jamais inégalées.
Dans son nouvel et monumental ouvrage (648 pages), Hervé Dumont couvre la totalité – mais oui, la totalité – des films consacrés à l’Antiquité.
On y trouve donc aussi bien des films récents comme « Gladiator » de Ridley Scott (1999) que « Soldiers of the Cross » de Joseph H . Perry et Herbert Booth dont la notice indique qu’il s’agit des « martyres de saint Stéphane et de saint Polycarpe à Rome sous Marc Aurèle ».
Tous les pays, toutes les années sont soigneusement répertoriés, l’auteur ne se contentant pas d’une énumération mais analysant avec une exceptionnelle justesse les œuvres les plus importantes.
Que vous cherchiez Caligula ou Amphitryon, Constantin le Grand ou Esope, Holopherne ou Ramsès II, Spartacus ou Salomé, chacun a ici sa place. On est fasciné par les recherches faites par Hervé Dumont, par les photos et les affiches reproduites avec soin et ce qui n’aurait pu être qu’une fastidieuse liste se lit comme un passionnant livre d’aventures, riche en d’anecdotes, en jugements exemplaires et en informations.
A un moment où l’édition de cinéma est souvent décevante – est-il encore obligatoire de faire un livre sur… (mettez le nom que vous voulez !) ? – un livre comme celui d’Hervé Dumont est remarquable.
Même si l’on croit avoir quelques idées plus ou moins documentées sur cette période de l’Antiquité et ses personnages célèbres, l’ouvrage montre que la vérité est plus complexe.
Saviez-vous combien il y eût d’adaptations du « Songe d'une nuit d’été » avec Thésée ? 35 !
Dans combien de films voit-on Orphée et Eurydice ? 33 ! et Damon et Pythias ? 9 !
Lorsqu’il s’agit de Cléopâtre, du Christ, d’Hercule ou de Troie, les chapitres sont encore plus fournis.
Un livre indispensable pour tous ceux qui s’intéressent au cinéma et à l’histoire. Espérons qu’Hervé Dumont va continuer sa descente dans le monde des films historiques. A quand le Moyen Age ?
A bientôt
Patrick Brion
6/10/09 :: LES CYCLES DU CINEMA DE MINUIT :: aucun commentaire





En ce qui concerne les DVD, faute de pouvoir voir au Cinéma de minuit « La fête à Henriette », on peut se procurer trois films de Julien Duvivier qui viennent d'être édités par Lcj Editions: « David Golder » avec Harry Baur, « Les cinq gentlemen maudits » avec René Lefèvre et « Marianne de ma jeunesse », un très beau film qui mérite d'être revu. Cela permettra peut-être à certains de redécouvrir l'œuvre de Duvivier qui reste le grand cinéaste mal aimé du cinéma français. Le meilleur exemple est qu'aucun de ses films ne figure parmi les cent meilleurs films que l'on trouve dans l'ouvrage publié par les Cahiers du Cinéma à la suite d'un référendum auprès de divers critiques ou historiens. Toujours en ce qui concerne Duvivier, nous espérons - si les problèmes juridiques sont réglés - pouvoir diffuser l'année prochaine la version allemande de « Marianne de ma jeunesse ». Ces problèmes juridiques, aujourd'hui de plus en plus nombreux, compromettent la connaissance que l'on peut avoir de cinéastes anciens. Les contrats d'auteurs arrivent à expiration et les héritiers qui ne sont souvent que des neveux ou des petits cousins d'auteurs qu'ils n'ont jamais connus bloquent des droits soit parce que la vod et le dvd leur paraissent de futurs pactoles soit parce qu'ils préfèrent renégocier des droits pour de futurs remakes. Tout ceci aboutit donc à ce que des films - souvent des œuvres majeures - soient complètement inaccessibles. Je vous parlerai très vite de deux livres intéressants qui viennent de sortir, l'un sur le cinéma muet, l'autre sur René Clément.
- Le 17 octobre des œuvres de la production italienne (« Gloria - 1934 » de Roberto Omegna) et de la production américaine (« The Unknown Love - 1919) de Léonce Perret, alors aux Etats-Unis.
VAQUERO de John Farrow avec Robert Taylor, Ava Gardner, Anthony Quinn et Howard Keel dans un rôle où il ne chante pas. Le final entre les deux frères dans le saloon est particulièrement impressionnant.
Comme dans le premier volume - dont je vous avais parlé ici - Gilbert Guez évoque ses rencontres professionnelles - on dirait presque amicales - avec les vedettes qu'il a interviewées.
Mis en scène en 1955, "La nuit du chasseur " est l'unique film réalisé par Charles Laughton avec Robert Mitchum.