Le blog de Patrick Brion

Lettre du 5 octobre 2009

Bonjour

Voici tout d’abord la programmation du CINEMA DE MINUIT pour les semaines qui viennent :

11 octobre       JE NE VOULAIS PAS ETRE UN HOMME d’Ernst Lubitsch. Première diffusion à la télévision en France.

18 octobre       THE PRIVATE AFFAIRS OF BEL AMI d’ Albert Lewin avec George Sanders.

25 octobre       LE VEUF de Dino Risi avec Alberto Sordi.

1er novembre   LAZYBONES de Frank Borzage. Première diffusion à la télévision en France.

8 novembre      MARIANNE DE MA JEUNESSE de Julien Duvivier. Le film est diffusé dans sa version allemande avec des interprètes différents de ceux de la version française. Le film termine le cycle « Raretés et curiosités » et, en même temps, inaugure le cycle consacré à Julien Duvivier.

15 novembre     ALL BERLIN, ICI PARIS ! de Julien Duvivier.

22 novembre     LES CINQ GENTLEMEN MAUDITS de Julien Duvivier avec Harry Baur.

29 novembre     POT BOUILLE de Julien Duvivier Le film marque la fin du cycle consacré à Julien Duvivier et, en même temps, inaugure celui consacré à Gérard Philipe.

6 décembre       MONSIEUR RIPOIS de René Clément avec Gérard Philipe.

13 décembre      LE DIABLE AU CORPS de Claude Autant-Lara avec Gérard Philipe et Micheline Pres
 

Je tiens aussi à vous faire part de la sortie de deux livres :


-        le premier est « Cinémas de France 1894-1918 » de Jean-Jacques Meusy, paru aux éditions Arcadia.

Le livre est une histoire des premières projections et des premiers cinéma avec de nombreuses photos. On voit naturellement les documents relatifs à la projection des courts métrages des frères Lumière dans le Salon indien du Grand Café.

L’utilisation tout au long du livre de cartes postales d’époque offre par ailleurs une documentation précieuse sur la place des cinémas dans la vie quotidienne. La vue d’un petit cinéma forain au pied de l’église de Breuillet (Essonne) est une merveille ! On découvre, peu à peu, le passage d’une projection itinérante (les forains, les foires, les « ménageries ») à de véritables salles de cinéma (par exemple le Mel-Kior Cinéma de Melchior Pinard à Lyon, l’Alhambra de Montargis et naturellement les salles de paris (l’Eldorado, le Fauvette, l’Omnia,).

L’admirable Gaumont Palace, « le plus grand cinéma du monde, ex-Hippodrome, trouve plus loin la part capitale qu’il mérite. Une raison de plus de regretter la disparition de cette salle mythique que les plus âgés d’entre-nous ont pu connaître et qui aurait dû être classée parmi les monuments historiques afin d’empêcher sa destruction.

Ce n’est ps sans émotion que l’on revoit au fil du livre ces façades disparues, ces salles et ces foyers qui n’appartiennent plus aujourd’hui qu’au passé.
 
Le texte et l’iconographie sont une mine de renseignements. Les dernières parties du livre sont dédiées au « cinéma produit d’appel » avec la reproduction d’affiches et de programmes de l’époque et aux cinémas durant la Première Guerre mondiale.

-  le second est l’ »Antiquité au cinéma » de Hervé Dumont, paru aux Editions du Nouveau Monde en collaboration avec la Cinémathèque Suisse.

On connaît les travaux d’Hervé Dumont, ancien directeur de la Cinémathèque Suisse. Ses ouvrages sur Robert Siodmak, William Dieterle et Frank Borzage – sans oublier son Histoire du cinéma suisse - sont d’irremplaçables sommes, plus que jamais inégalées.

Dans son nouvel et monumental ouvrage (648 pages), Hervé Dumont couvre la totalité – mais oui, la totalité – des films consacrés à l’Antiquité.
 

On y trouve donc aussi bien des films récents comme « Gladiator » de Ridley Scott (1999) que « Soldiers of the Cross » de Joseph H . Perry et Herbert Booth dont la notice indique qu’il s’agit des « martyres de saint Stéphane et de saint Polycarpe à Rome sous Marc Aurèle ».
 
Tous les pays, toutes les années sont soigneusement répertoriés, l’auteur ne se contentant pas d’une énumération mais analysant avec une  exceptionnelle justesse les œuvres les plus importantes.
 
Que vous cherchiez Caligula ou Amphitryon, Constantin le Grand ou Esope, Holopherne ou Ramsès II, Spartacus ou Salomé, chacun a ici sa place. On est fasciné par les recherches faites par Hervé Dumont, par les photos et les affiches reproduites avec soin et ce qui n’aurait pu être qu’une fastidieuse liste se lit comme un passionnant livre d’aventures, riche en d’anecdotes, en jugements exemplaires et en informations.
 

A un moment où l’édition de cinéma est souvent décevante – est-il encore obligatoire de faire un livre sur… (mettez le nom que vous voulez !) ? – un livre comme celui d’Hervé Dumont est remarquable.
 

Même si l’on croit avoir quelques idées plus ou moins documentées sur cette période de l’Antiquité et ses personnages célèbres, l’ouvrage montre que la vérité est plus complexe.
 

Saviez-vous combien il y eût d’adaptations du « Songe d'une nuit d’été » avec Thésée ? 35 !

Dans combien de films voit-on Orphée et Eurydice ? 33 ! et Damon et Pythias ? 9 !

Lorsqu’il s’agit de Cléopâtre, du Christ, d’Hercule ou de Troie, les chapitres sont encore plus fournis.
 

Un livre indispensable pour tous ceux qui s’intéressent au cinéma et à l’histoire. Espérons qu’Hervé Dumont va continuer sa descente dans le monde des films historiques. A quand le Moyen Age ?

 

A bientôt

 

Patrick Brion

CYCLE RARETES, CURIOSITES (2)

Bonjour

Voici tout d'abord  la prochaine programmation du CINEMA DE MINUIT  avec le début du nouveau cycle RARETES CURIOSITES.


CYCLE RARETES, CURIOSITES (2)


5 juillet   LES COURTS METRAGES DE JACQUES TOURNEUR (1)
    

              Master Will Shakespeare

              The Jonker Diamond

              The Boss didn't say good morning

              The Rainbow Pass

              Romance of Radium

              The Man in the Barn

 

12 juillet   LES COURTS METRAGES DE JACQUES TOURNEUR (2)
 

              The King without a Crown

              The Ship that died

              The Face behind the Mask

              Strange Glory

              The Magic Alphabet

              The Incredible Stranger

 

19 juillet  LE MONDE FUTUR de William Cameron Menzies
 

26 juillet  AMBRE d'Otto Preminger

 

2 août     LE DEMON DE LA CHAIR (STRANGE WOMAN) de Edgar G. Ulmer
 

9 août     MADDALENA de Vittorio de Sica
 

16 août   FEMALE de Michael Curtiz

 

23 août   THE CRASH de William Dieterle

 

30 août   POIL DE CAROTTE de Julien Duvivier  (version muette)

 

La programmation de la suite de ce cycle sera donnée ultérieurement en fonction du matériel et des droits.
 
Je tenais par ailleurs à vous apporter deux précisions concernant le cycle Tod Browning.

 

-          A propos de LA MARQUE DU VAMPIRE. Le film a lors de sa sortie américaine été amputé pour lui permettre d'être un film de complément court destiné à accompagner un autre film beaucoup plus long. Ainsi, il n'y est plus fait allusion au suicide du personnage joué par Bela Lugosi. Ce personnage se serait - semble-t-il - suicidé après avoir eu des relations incestueuses avec sa fille. La marque de ce suicide apparaît encore sur la personne du héros car on voir la place où la balle fatale l'aurait atteint.

 

-          A propos de FREAKS, il a souvent été indiqué que le film durait à l'origine 90 minutes et aurait donc été amputé à sa sortie d'un tiers de sa durée. Il   semble que ce soit inexact. Le film était destiné à être lui aussi - pas de vedettes - un film de complément. Sa durée ne devait sans doute pas à l'origine dépasser 70 minutes. Le film a en revanche subi diverses transformations. A l'origine l'histoire était racontée chronologiquement sans qu'il s'agisse comme dans la version définitive d'un long slash back. La mutilation du personnage de Cleopatra paraît être ici avoir été commis par les « freaks ». La vé rité semble différente. Au cours de la nuit d'orage qui voit les « freaks » devenir menaçants, Cleopatra fuit dans les bois. On voit le début de cette scène. Il semble que la foudre frappe alors un arbre qui s'écrase sur Cleopatra. C'est en la dégageant que les secours sont contraints à la mutiler. Cette mutilation ne serait donc pas l'œuvre des « freaks » mais une marque de la justice divine symbolisée par la foudre.
 

Dans la prochaine lettre, je vous donnerai quelques titres - sans les dates ! - de notre future programmation.
 

A bienôt.
 

Patrick Brion

CYCLE TOD BROWNING & CYCLE « LE FILM CRIMINEL BRITANNIQUE »

Bonjour

Tout d'abord, une rectification de programmation concernant le cycle italien.

Pour des raisons d'horaires LA GRANDE GUERRE et LE DERNIER TANGO A PARIS ont été inversés.

La nouvelle programmation est donc la suivante :
 
29 mars LE DERNIER TANGO A PARIS

5 avril    LA GRANDE GUERRE

12 avril  1900 (première partie)

19 avril  1900 (seconde partie)

26 avril   LES SUBVERSIFS

3 mai     GOOD MORNING BABILONIA


La suite de la programmation est la suivante :
 
CYCLE TOD BROWNING

 
10 mai L'INCONNU

17 mai LA MARQUE DU VAMPIRE

24 mai FREAKS
 

CYCLE « LE FILM CRIMINEL BRITANNIQUE »
 
31 mai  BUNNY LAKE A DISPARU d'Otto Preminger  1 h 43

7 juin    L'OBSEDE de William Wyler  1h 54

14 juin  DES PAS DANS LE BROUILLARD d'Arthur Lubin 1h 26

21 juin  TERREUR AVEUGLE de Richard Fleischer 1h 26

28 juin  LA LOI DU MILIEU de Mike Hodges 1h 47
 
Nous espérions pouvoir diffuser ensuite deux soirées consacrées aux courts métrages de Jacques Tourneur mais de nouveaux problèmes de droits ont surgi, limitant - une fois de plus - la connaissance que nous pouvons avoir du patrimoine cinématographique !
 

A propos de patrimoine, il est important de signaler le groupe de films français que SND vient de sortie en DVD.






Il s'agit d'une collection relative à Jean Marais avec :

 
L'ETERNEL RETOUR
de Jean Delannoy

ORPHEE de Jean Cocteau

LES CHOUANS de Henri Calef

RUY BLAS
de Pierre Billon

VOYAGE SANS ESPOIR de Christian-Jaque

JULIETTA de Marc Allégret

C'est une excellente nouvelle de la part de SND qui a visiblement une politique éditoriale patrimoniale.

 
A bientôt.
 

Patrick Brion

ASPECTS DU CINEMA ITALIEN : IMAGINATION ET DIVERSITE

Bonjour

Voici la programmation du Cinéma de Minuit à la suite du cycle consacré au Patrimoine français :

ASPECTS DU CINEMA ITALIEN : IMAGINATION ET DIVERSITE

Dimanche 22 mars : I VITELLONI de Federico Fellini. 103 min.

Dimanche 29 mars : LA GRANDE GUERRE de Mario Monicelli. 123 min.

Dimanche 5 avril : LE DERNIER TANGO A PARIS de Bernardo Bertolucci. 124 min.

Dimanche 12 avril : 1900 de Bernardo Bertolucci (Première partie). 154 min.

Dimanche 19 avril : 1900 de Bernardo Bertolucci (Seconde partie). 147 min.

Dimanche 26 avril : LES SUVERSIFS de Vittorio et Paolo Taviani. 96 min.

Dimanche 3 mai : GOOD MORNING BABILONIA de Vittorio et Paolo Taviani. 113 min.

Devraient suivre ensuite un cycle Tod Browning avec L'inconnu et Freaks, un cycle consacré au film criminel britannique avec notamment Bunny Lake a disparu, L'obsédé, Blind Terror et Des pas dans le brouillard puis deux soirées de courts métrages de Jacques Tourneur.

Le cycle Raretés, curiosités 2 devrait commencer début septembre si les multiples problèmes de droits - chaque jour plus compliqués ! - et de matériels sont enfin réglés.


Je tiens à vous signaler la parution d'un ouvrage très intéressant Emile Cohl l'inventeur du dessin animé de Pierre Courtet-Cohl, le petit-fils d'Emile Cohl, et Bernard Génin aux éditions Omniscience. L'ouvrage comporte une multitude de documents passionnants (photos, couvertures de journaux car Emile Cohl était un redoutable caricaturiste, timbres, photogrammes, etc.).

Le livre possède une filmographie de l'œuvre d'Emile Cohl et surtout deux DVD avec la totalité des films de Cohl ayant survécu dont Fantasmagorie (1905) - une suite de métamorphoses graphiques - Le petit soldat qui devient dieu, L'éventail animé et Clair de lune espagnol.

Ces petits films - rarissimes - prouvent s'il en était encore besoin l'imagination sans limites d'Emile Cohl et le rôle important qu'il a joué dans l'histoire et l'évolution du dessin animé.

A bientôt.

Patrick Brion

FRANCE: LE PATRIMOINE - CYCLE « LES MONSTRES SACRES »

Bonjour.

 

Il n'est que temps de vous souhaiter à tous une bonne année et de vous souhaiter de bons films.

 

D'abord des nouvelles du Cinéma de Minuit

 

Notre cycle « Raretés, curiosités » s'arrêtera le 25 janvier avec LES DAMNES de Joseph Losey, un film très très rare.

Le cycle reprendra en septembre prochain. Pourquoi cet arrêt ? Parce qu'il faut encore plusieurs mois pour essayer de régler les innombrables problèmes de droits et de matériel.

Au programme - du moins, je l'espère : Fritz Lang, Ernst Lubitsch, Michael Curtiz, Julien Duvivier et beaucoup d'autres.


En attendant, voici le programme de notre nouveau cycle :

 

 

FRANCE: LE PATRIMOINE

CYCLE « LES MONSTRES SACRES »

 

 

1er février  Micheline Presle dans BOULE DE SUIF de Christian-Jaque

 

8 février  Michèle Morgan dans L'ETRANGE MADAME X de Jean Grémillon

 

15 février Jean Gabin dans LA MARIE DU PORT de Marcel Carné

 

22 février Fernandel dans PETRUS de Marc Allégret

 

1er mars  Sacha Guitry dans BONNE CHANCE de lui-même

 

8 mars  Charles Boyer et Michèle Morgan dans ORAGE de Marc Allégret

 

15 mars Danielle Darrieux dans OCCUPE-TOI D'AMELIE de Claude Autant-Lara

 

Je voulais, d'autre part, vous parler de deux livres qui - me semble-il  - n'ont pas  bénéficié de toute l'attention de la critique habituelle :

 

L'esprit du cinéma muet  de Pierre Allard (Editions Cheminements).

A un moment où le cinéma muet est de plus en plus oublié, le livre de Pierre Allard rappelle avec intelligence l'importance et la splendeur des années qui précédèrent l'arrivée du cinéma parlant. L'auteur commence par s'attacher aux fondateurs, aux créateurs et aux  producteurs, de Georges Méliès à Charles Pathé, de Léon Gaumont à Louis Aubert qui affirmait non sans un certain cynisme : « On nous fait grief de ne pas savoir dépenser de l'argent à l'occasion. Mais je dépenserai ce qu'on voudra pourvu que j'encaisse. C'est très simple, le cinéma, regardez : l'un pour les recettes, l'autre pour les dépenses et cette petite boîte mystérieuse où sont classées les fiches des films avec ce qu'ils ont coûté et rapporté. Ce ne sont pas toujours les meilleurs qui rapportent le plus. »

Pierre Allard n'oublie ni les capitaines d'industrie hollywoodiens (Carl Laemmle, Adolph Zukor), ni les géniaux réalisateurs de comédie, Charles Chaplin, Harold Lloyd, Buster Keaton et Max Linder. Il dresse ensuite en quatre-vingt films un vaste panorama de l'art muet. Les grands classiques sont naturellement là  (« Nosferatu », « Les rapaces », « Ben Hur », « Le cabinet du docteur Caligari », « La naissance d'une nation », « L'inhumaine »)  et son érudition lui permet aussi de citer des œuvres moins connues telles que « La reine Elisabeth », tourné par Louis Mercanton en 1912 avec Sarah Bernhardt,  « The Wanderer » de Raoul Walsh, « Confession » de Mauritz Stiller ou « La grande aventurière » de Robert Wiene. Non sans humour, Pierre Allard achève son tour d'horizon du cinéma muet avec « L'espion » et « La dernière folie de Mel Brooks », deux films en effet muets mais réalisés respectivement en 1952 et 1976. Riche en anecdotes, le film bénéficie aussi d'excellentes illustrations (photos, programmes, pavés publicitaires, affiches).

 

René Clément de Denitza Bantcheva (Editions du Revif).

Depuis plus de quarante ans aucun livre n'a été consacré à René Clément, l'auteur de la « Bataille du rail » et de « Plein soleil ». On sait que les futurs réalisateurs de la Nouvelle Vague s'acharnèrent sur le cinéaste qui symbolisait pour eux la « qualité française » qu'ils voulaient dénoncer. Le livre de Denitza Bantcheva rappelle l'intérêt de la carrière de Clément sans jamais pratiquer les dérives de la « politique des auteurs ».Avec beaucoup de justesse elle montre l'importance de « Quelle joie de vivre » en écrivant : « On peut y voir une critique implicite de ses films historiques précédents, « La bataille du rail », « Les maudits et surtout « Le père tranquille » dont aucun n'a été fait en condition de liberté artistique suffisante, et qui impliquant une part plus ou moins grande de propagande forcée. »L'auteur indique aussi à propos du « Jour et l'heure » : « Clément a le mérite d'avoir montré avant Ophuls, la période 1940-1944 sous un jour bien différent des discours officiels qu'on tenait à l'époque. » Autant d'éléments qui méritent de réexaminer l'oeuvre de René Clément, plus corrosive et moins conventionnelle qu'on ne l'a dit.En dehors de la critique qui accompagne chaque film, le livre comporte également de longs témoignages (Michèle Morgan, Brigitte Fossey, Johanna Clément) qui permettent de mieux comprendre le cinéaste. Alain Delon raconte ainsi comment le metteur en scène « expliquait non seulement tout le film mais même l'histoire du personnage au-delà du film pour justifier un geste. ». Il ajoutait par ailleurs : Je ne l'ai jamais vu en tant qu'homme. Je l'ai toujours vu comme mon maître, comme mon patron. »

On se souvient des « Félins », beau film noir adapté du roman de Day Keene, avec Jane Fonda, Alain Delon et Lola Albright, de « Jeux interdits », de « Monsieur Ripois » et de « Gervaise » et on pourra juger, pièces en mains, combien on a pu été injuste envers René Clément.

 

 

A très bientôt.

 

Patrick Brion

Programmation décembre-janvier

Bonjour

Eh bien, une fois de plus, les problèmes juridiques liés aux droits d'auteur empêchent la diffusion des films ! Nous avions espéré pouvoir diffuser dans le Cinéma de minuit « La fête à Henriette » de Julien Duvivier le 21 décembre et nous vous avions d'ailleurs déjà donné cette date. Il s'avère maintenant que toute diffusion est pour l'instant impossible.
Il faut donc bouleverser la programmation qui se présente maintenant comme suit :

- Dimanche 14 décembre : « The Happy Ending » de Richard Brooks.
- Dimanche 21 décembre : « The Boy Friend » de Ken Russell.
- Dimanche 28 décembre : « Le chant du Danube » d'Alfred Hitchcock.
- Dimanche 4 janvier : « L'Homme des Folies Bergère » de Roy del Ruth de Marcel Achard avec Maurice Chevalier et Mila Parély. Il s'agit de la version « parallèle » parlant français de « Folies Bergere » de Roy del Ruth avec Maurice Chevalier et Merle Oberon.
- Dimanche 11 janvier : « Das Wandernde Bild » de Fritz Lang. Réputé perdu depuis de longues années, le film a été retrouvé dans une copie malheureusement incomplète. Comme il n'en existe aucune autre, nous avons néanmoins tenu à vous la présenter.
- Dimanche 18 janvier : « Dans les rues » de Victor Trivas avec Madeleine Ozeray et Jean-Pierre Aumont.
- Dimanche 25 janvier : « Les damnés » de Joseph Losey avec MacDonald Carey et Shirley Anne Field.

En ce qui concerne les DVD, faute de pouvoir voir au Cinéma de minuit « La fête à Henriette », on peut se procurer trois films de Julien Duvivier qui viennent d'être édités par Lcj Editions: « David Golder » avec Harry Baur, « Les cinq gentlemen maudits » avec René Lefèvre et « Marianne de ma jeunesse », un très beau film qui mérite d'être revu. Cela permettra peut-être à certains de redécouvrir l'œuvre de Duvivier qui reste le grand cinéaste mal aimé du cinéma français. Le meilleur exemple est qu'aucun de ses films ne figure parmi les cent meilleurs films que l'on trouve dans l'ouvrage publié par les Cahiers du Cinéma à la suite d'un référendum auprès de divers critiques ou historiens. Toujours en ce qui concerne Duvivier, nous espérons - si les problèmes juridiques sont réglés - pouvoir diffuser l'année prochaine la version allemande de « Marianne de ma jeunesse ». Ces problèmes juridiques, aujourd'hui de plus en plus nombreux, compromettent la connaissance que l'on peut avoir de cinéastes anciens. Les contrats d'auteurs arrivent à expiration et les héritiers qui ne sont souvent que des neveux ou des petits cousins d'auteurs qu'ils n'ont jamais connus bloquent des droits soit parce que la vod et le dvd leur paraissent de futurs pactoles soit parce qu'ils préfèrent renégocier des droits pour de futurs remakes. Tout ceci aboutit donc à ce que des films - souvent des œuvres majeures - soient complètement inaccessibles. Je vous parlerai très vite de deux livres intéressants qui viennent de sortir, l'un sur le cinéma muet, l'autre sur René Clément.

A très bientôt.

Patrick Brion

Cycle raretés et curiosités (suite)

Bonjour

D'abord quelques nouvelles de la programmation du Cinéma de minuit.
Notre cycle « Raretés, curiosités » devrait idéalement se poursuivre jusqu'au milieu du mois de février si les nombreux problèmes que nous avons déjà signalés et auxquels on se heurte dès que l'on cherche des films un peu rares parviennent à être résolus. Ce qui est malheureusement loin d'être le cas pour tous. De toute façon, la programmation déjà arrêtée se présente ainsi : 

- 30 novembre Stutzen der Gesellschaft de Detlef Sierck (= Douglas Sirk) (durée 1h 18)
- 7 décembre Hello Sister d'Erich von Stroheim (la durée sera communiquée plus tard)
- 14 décembre The Happy Ending de Richard Brooks avec Jean Simmons (la durée sera communiquée plus tard)
- 21 décembre La fête à Henriette de Julien Duvivier (la durée sera communiquée plus tard). Le film qui n'a pas été diffusé depuis longtemps peut l'être grâce à un accord entre Christian Duvivier et de René Château. C'est un grand plaisir de pouvoir enfin revoir ce film dont la construction a si souvent été pillée.
- 28 décembre Le chant du Danube d'Alfred Hitchcock

Devraient pouvoir être diffusés en janvier : Das Wandernde Bild de Fritz Lang Une soirée Ernst Lubitsch avec Ich möchte kein Mann sein et Kohlhiesels Tochter. Les autres titres seront communiqués lorsque les problèmes juridiques seront réglés. Si ce n'est pas le cas, un cycle britannique devrait alors commencer aussitôt.

En dehors du Cinéma de minuit, nous nous devons de signaler, une fois de plus, le travail remarquable entrepris par Carlotta à propos de Douglas Sirk. Un premier coffret comprenant les DVD de quatre films, Le secret magnifique, Tout ce que le ciel permet, Le temps d'aimer et le temps de mourir et Mirage de la vie, était sorti l'année dernière. Il s'agissait - comme vous le savez - de quatre des plus beaux films de Sirk. Il y a quelques semaines sont sortis deux autres films, deux comédies de Sirk Qui donc a vu ma belle ? et No Room for the Groom. Ce sont deux films rares, sans doute inférieurs aux chefs-d'œuvre de Sirk, mais très intéressantes car elles montrent l'éclectisme de Sirk lorsqu'il tournait pour l'Universal. Qui donc a vu ma belle ? présente par ailleurs la curiosité d'avoir James Dean dans un tout petit rôle. A ce propos un autre film de Sirk, Taza fils de Cochise avec Rock Hudson et Barbara Rush, le couple de Capitaine Mystère est par ailleurs sorti chez Sidonis en DVD. Pour en revenir à Carlotta, il faut maintenant parler d'un nouveau coffret contenant non seulement All I Desire, Tout ce que le ciel permet, Les Amants de Salzbourg et La ronde de l'aube mais aussi un nombre impressionnant de bonus, notamment la première version des Amants de Salzbourg, Veillée d'amour, réalisée par John M. Stahl en 1939 avec Irene Dunne et Charles Boyer et un passionnant documentaire-interview de Dominique Rabourdin et Pascal Thomas dans lequel Sirk commente sa carrière. La qualité technique des DVD est parfaite et on peut trouver en plus divers commentaires critiques sur les films. Pour tout admirateur de Sirk - comment ne pas l'être - c'est un ensemble passionnant ne serait-ce que par les quatre films enfin accessibles en DVD.

A très bientôt.

Patrick Brion

Cycle l'Europe et la grande guerre

Bonjour

 

Peu de nouvelles en ce qui concerne CINEMA DE MINUIT sinon que la programmation du cycle « RARETES, CURIOSITES. » devrait se poursuivre jusqu'à la fin du mois de janvier.

A ce moment-là devrait intervenir un cycle consacré au Cinéma britannique.

Pour l'instant, rien n'est encore définitif car les problèmes de matériel et les problèmes de droits - surtout ceux-ci - deviennent de plus en plus compliqués à partir du moment où on recherche des œuvres un peu plus rares.

 En revanche, je tiens à vous signaler tout particulièrement le programme du grand cycle organisé au Musée de l'Armée, aux Invalides.

Ce cycle durera du 14 octobre au 8 novembre et a pour objet « L'Europe et la Grande Guerre ».

On pourra notamment y découvrir :

-  Le 17 octobre des œuvres de la production italienne (« Gloria - 1934 » de Roberto Omegna) et de la production américaine (« The Unknown Love - 1919) de Léonce Perret, alors aux Etats-Unis.
-  Le 18 octobre « Les sentiers de la gloire » de Stanley Kubrick
-  Le 21 octobre des productions allemandes dont « No Man's Land - 1931) de Victor Trivas.
-  Le 2' octobre « Unternehmen Michael  - 1937) de Karl Ritter.
-  Le 25 octobre « Westfront 1918 » de G.W.Pabst
-  Le 28 octobre des productions britanniques dont « The Battle of Somme » (1916)
-  Le 29 octobre « Dawn - 1928) de Herbert Wilcox et « King and Country - 1964) de Joseph Losey
-  Le 30 octobre « The Trench - 2000) de William Boyd.

-  A partir du 4 novembre, c'est la production française qui sera à l'honneur avec notamment »Le Noël du poilu » de Louis Feuillade et « Les hommes oubliés » d'Alexandre Ryder (1935) le 4 novembre puis le 8 novembre « La vie et rien d'autre » de Bertrand Tavernier.
 
Chaque soirée est accompagnée de présentations et de films de court métrage. Il s'agit-là d'un programme exceptionnel à partir du moment où il cherche à montrer la représentation de la Grande guerre dans la plupart des grands pays, sans se contenter d'une cinématographie nationale.

 
A bientôt.

 
Patrick Brion

 

Cycle "Raretés, curiosités"

Bonjour

Depuis le 28 septembre, le cycle « Raretés, curiosités » a commencé.

En voici la programmation définitive (à moins de changement dû à un problème de matériel).

- 28 septembre : DER VERLORENE de Peter Lorre.

- 5 octobre : LA BELLE MEUNIERE de Marcel Pagnol.

- 12 octobre : BARDELYS THE MAGNIFICENT de King Vidor.

- 19 octobre : THE MASK OF DIMITRIOS de Jean Negulesco

- 26 octobre : VERDUN de Léon Poirier.

- 2 novembre : GABRIEL OVER THE WHITE HOUSE de Gregory La Cava.

- 9 novembre : DAS MADCHEN VON MMORHOF de Detlev Sierck (= Douglas Sirk).

- 16 novembre : CITY GIRL de F.W.Murnau.

- 23 novembre : MARY d'Alfred Hitchcock (il s'agit de la version allemande de MURDER).

- 30 novembre : STUTZEN DER GESELLCHAFT de Detlev Sierck (= Douglas Sirk).

- 7 décembre : HELLO SISTER de Erich von Stroheim (en partie)

La suite de la programmation vous sera donnée plus tard. Le cycle devrait durer jusqu'à la fin du mois de janvier. Il y aura d'autres raretés.

En ce qui concerne les DVD, je tiens par ailleurs à vous faire part de la sortie de cinq westerns par la Warner Bros. A un moment où le western n'existe plus (APPALOOSA est l'exception qui confirme la règle), la mise à la disposition du public de ces westerns est un vrai bonheur.

Il s'agit de :

VAQUERO de John Farrow avec Robert Taylor, Ava Gardner, Anthony Quinn et Howard Keel dans un rôle où il ne chante pas. Le final entre les deux frères dans le saloon est particulièrement impressionnant.

LA PISTE DE SANTA Fe de Michael Curtiz. Le film étant dans le domaine public, il existait déjà diverses éditions du film mais celle de la Warner a l'avantage de provenir du négatif original et non de contretypes plus ou moins convenables. On retrouve Errol Flynn, Ronald Reagan et Raymond Massey dans le rôle de l'abolitionniste John Brown. Deux scènes sont particulièrement belles : une magnifique séquence de danse entre Flynn et Olivia de Havilland et le moment où une espèce de magicienne indienne annonce aux jeunes officiers qu'une guerre va bientôt déchirer le pays alors que la guerre de Sécession n'a pas encore commencé.

LA RIVIERE D'ARGENT de Raoul Walsh. C'est l'un es plus beaux rôles de Flynn, peut-être avec GENTLEMAN JIM et LA CHARGE FANTASTUIQUE, celui qui le représente le plus : un ancien officier, éternel aventurier, rencontrant le président des Etats-Unis et mettant le feu à un somme considérable en billets de banque. Flynn y est vraiment superbe.

CONVOI DE FEMMES de William A. Wellman avec Robert Taylor et Denise Darcel. L'invraisemblable odyssée d'un groupe de femmes parties vers le Far West retrouver leur futur mari qu'elles ne connaissent qu'en photos. Robert Taylor, acteur sous-estimé et toujours parfait, personnifie le chef de ce surprenant convoi. Une surprise : le sujet est de. Frank Capra.

LE JOUR DES APACHES de Jerry Thorpe avec également Glenn Ford. Un petit western sympathique avec de curieux personnages secondaires (Arthur Kennedy, Harry Dean Stanton, John Anderson. Il faut tout de même constater que Jerry Thorpe n'a pas le grand talent de son père, Richard Thorpe !

Bref, Walsh, Wellman et Curtiz. Que vouloir de plus !

A bientôt.

Patrick Brion

Changement dates de programmation

Bonjour

Tout d'abord, un changement de date - en raison des Jeux Olympiques.

nous devons intervertir les soirées du 10 et du 17 août.

Donc, le 10 août doit être diffusé TO HAVE AND HAVE NOT (LE PORT DE L'ANGOISSE) et le 17 août MISSION TO MOSCOW.

Le reste de la programmation, notamment le cycle Jules Dassin, ne change pas;

En ce qui concerne notre cycle "Raretés, Curiosités", vous pourrez y voir sans doute avant la fin de l'année DAS WANDERNDE BILD de Fritz Lang, si tous les problèmes liés à la restructuration du film sont achevés par les archives allemandes. Le film n'existe malheureusement plus dans sa totalité mais la version existante mérite néanmoins d'être diffusée.

Je tiens, d'autre part, à vous signaler la parution de deux ouvrages:

1) Hollywood for Ever II. Stars révées, stars vécues de Gilbert Guez, publié chez Ramsay.

Comme dans le premier volume - dont je vous avais parlé ici - Gilbert Guez évoque ses rencontres professionnelles - on dirait presque amicales - avec les vedettes qu'il a interviewées.

Charles Chaplin lui parle de l' « Opinion publique » (« L'idée du scénario m'est venue un soir où je dînais au Caf é de la Paix. J'ai assisté là à une scène de réconciliation d'un couple que je sentais illégitime, rejoint ensuite par un homme qui pouvait bien être le véritable amour (secret ? condamné ?) de la jeune femme »), Vivien Leigh de George Cukor sur le tournage d' « Autant en emporte le vent » (« Il me demandait toujours de prolonger le personnage de Scarlett d'autre chose, de lui donner des arrière-plans ») et Robert Mitchum de Charles Laughton lui expliquant « la nuit du chasseur » (« Cela pourrait être un conte de fées ou un cauchemar.C'est un personnage monstrueux qui s'enfonce dans le mal. »

Grâce à ces conversations beaucoup plus précises et intéressantes qu'on aurait pu le croire au premier abord, on écoute Henry Fonda évoquer Fritz Lang et Kirk Douglas son rôle de Van Gogh dans le film de Vincente Minnelli. Ailleurs, ce seront Paul Newman, Gene Tierney, Katharine Hepburn, Gary Cooper et Charles Laughton qui montre à l'auteur ses tableaux.

Evitant tout ce qui est relatif à leur vie privée, Gilbert Guez met en confiance ces vedettes et devient un véritable confident, glanant ainsi de fructueux souvenirs.

Avec une grande justesse, il n'est jamais dupe et décèle toujours la vérité, émet des doutes sur le livre consacrée par la fille de Marlène Dietrich à sa mère. Il a bien raison!

En quelques mots, il est inversement capable de définir le héros d'un de ses portraits, écrivant ainsi à propos de Cyd Charisse : « La voir marcher est un plaisir. La voir danser est un bonheur. » Evoquant la mort de Rita Hayworth, il se souvient de « Seuls les anges ont des ailes » de Howard Hawks et écrit à ce propos un texte extrêmement émouvant.

2) La nuit du chasseur. Une esthétique cinématographique de Damien Ziegler, publié aux Editions Bazaar.

Mis en scène en 1955, "La nuit du chasseur " est l'unique film réalisé par Charles Laughton avec Robert Mitchum.

Cette adaptation du roman de Davis Grubb est également unique - rappelle ici l'auteur - par son style, notamment par la photographie de Stanley Cortez qui avait travaillé sur "La splendeur des Amberson" d'Orson Welles, et la musique de Walter Schumann.

Au lieu de se laisser emporter par des délires d'interprétation, Damien Ziegler a choisi, après avoir défini les éléments de la pré-production du film, de suivre le canevas de l'histoire en expliquant de la manière la plus simple et la plus rationnelle possible la raison d'être de chaque plan. Il dit ainsi : "Face à "La nuit du chasseur", le spectateur est confronté à des images dont le contenu expressif aspire à l'absolu tout en arborant une grande simplicité formelle."

Accompagnée de multiples photos et photogrammes, cette analyse permet au lecteur ou au spectateur voyant le film dans une salle ou ayant un dvd d'approfondir son approche du chef-d'oeuvre de Laughton, isolant certaines influences, celle du cinéma expressionniste comme celle du cinéma muet américain, rendue encore plus évidente par la présence de Lillian Gish, la douce interprète des films de D.W.Griffith.

L'auteur qui est visiblement un très bon connaisseur en peinture n'hésite pas à faire de multiples références dans ce domaine, citant Seurat et Magritte et Piero della Francesca. Des références d'autant plus juste que Charles Laughton était lui-même un amateur d'art, possédant des oeuvres de Rouault, Manessier, Soulages et Nicolas de Staël.

Damien Ziegler établit ailleurs des connexions, très justes, entre "La nuit du chasseur" et plusieurs autres films tels que "Pandora", "2001 l'Odyssée de l'espace" "Citizen Kane", "Fanny et Alexandre" et "La prisonnière du désert". Un ouvrage très utile.

A très bientôt.

Patrick Brion

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