Isabelle Huppert, une master-class

C’était dans les premiers frimas de la mi-décembre, Isabelle Huppert en master-class au Forum des Images, l’autre lieu parisien de l’intelligence du cinéma. Annulé, reporté, le rendez-vous est enfin tenu, elle va paraître. On attend la star, c’est Isabelle qui arrive, beaucoup plus simple, pour déjà s’excuser de son retard, circulation parisienne impossible. Elle sera proche, drôle, elle ne néglige pas le langage djeune, et sait parler gros mots, on la remercie de descendre du piédestal sur lequel on la croyait réfugiée, c’est presque une quelqu’une qu’on aurait rencontrée la veille dans un dîner entre amis, d’ailleurs on en ferait bien son amie.

Master peut-être, class pas vraiment, la séance va se résumer en une assez simple interview sur scène devant une salle comble, pas que des cinéphiles, des admirateurs et des groupies sûrement aussi. On va regretter un questionnement plutôt mou, peu importe, on est là pour les réponses, pas les questions.

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Haïti : ils nous ont dit leur île

Régulièrement, le plateau des Mots de minuit a accueilli des personnalités d’origine haïtienne qui nous ont dit leur île. Le 12 janvier 2010, elle est frappée par un séisme ravageur qui laisse 75.000 morts, selon la protection civile haïtienne, jusqu’à 200.000 selon certaines ONG présentes sur place – d’après les estimations communiquées le 20 janvier. Des mots de minuit vous propose d’entendre une nouvelle fois leurs paroles.

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L’esprit de Ferranti

Métro Raspail, à Paris, au cœur du Montparnasse des années 20. Pour quelques jours encore, « l’Atelier 7 » abrite quelques-unes des œuvres de Ferrante Ferranti, un photographe que Des mots de minuit suit depuis de nombreuses années. Longtemps complice de Dominique Fernandez (aujourd’hui membre de l’Académie française) dans ses révélations baroques d’Italie du Sud, promeneur infatigable de toutes les rives de la Méditerranée, explorateur des ruines dans le monde entier, Ferrante Ferranti est relativement rare près de chez nous. L’exposition à l’Atelier 7 (merveilleuse galerie installée dans un atelier où, en 1911, naquirent les premiers papiers coupés de Picasso) bientôt suivie par celle qu’organise la Médiathèque d’Enghien, offre donc une occasion d’accéder à son travail par une sélection de photographies en couleur et en noir et blanc parmi lesquelles quelques clichés assez connus. Comme celui du cheval des ruines de Santa Margherita di Belice (Sicile, 1987), apparition énigmatique et miraculeuse d’une vivante silhouette noire au milieu des restes baroques d’un village détruit par le tremblement de terre.

« Ce cheval qui franchit le seuil de l’ombre pour atteindre la lumière est pour moi le symbole de la résurrection », explique le photographe ; « au delà de la désolation, de la destruction et de la mort, la renaissance est là, avec la liberté de ce cheval au galop ». Les œuvres de Ferranti sont nourries d’histoire(s) et d’universalité. Quand, dans d’autres instances, d’aucuns songent à nourrir la réflexion sur l’identité nationale, le photographe véhicule, lui, l’esprit des lieux et des ruines aux croisées des chemins, de l’Inde à la Tunisie, du Brésil à la Sicile. Architecte de formation,  Ferrante Ferranti accorde une grande importance à la construction de ses clichés qui repose autant sur le cadrage que sur son travail avec la lumière. En témoignent, dans l’exposition, les paysages, mais aussi la série sur les corps, succession de photos au cadrage serré, en noir et blanc, de silhouettes sans tête, tantôt une statue du Bernin, tantôt le corps d’un torero, éphèbes se répondant les uns aux autres, sculptures sensuelles et vivantes dans lesquelles le photographe parvient à s’approcher au plus près de la matière.

Lorenzo Ciavarini Azzi

Exposition Atelier 7, jusqu’au 17 janvier (avec possibilité de voir et acheter des œuvres encore après cette date). Contacter : Louise Brody au 0614214812 et louise@atelier-7.net
Puis : du 28 janvier au 27 mars, à la Médiathèque George Sand d’Enghien-les-Bains, tél : 0134284591.

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L’action Des mots de minuit repart à la hausse

C’est avec fierté, émotion, et nonobstant une certaine distance critique, que nous sommes heureux de vous annoncer que la co-productrice de l’émission Thérèse Lombard a été promue au 1er janvier au grade de Chevalier de la Légion d’honneur. Nous l’aimons (encore plus).

Le politburo (Rémy, Lorenzo, Thibault, Michèle, Assia, Philippe).

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Le fils du printemps, de Cristavão Tezza

On dit « tel père, tel fils ». Mais comment fantasmer l’adage quand l’enfant est atteint du syndrome de Dow, appellation politiquement correcte du mongolisme. Le père du roman du Cristavão Tezza n’est pas nommé. Il se voudrait écrivain. Felipe est cet enfant « mal » né, dont « Le monde fait à peine dix mètres de diamètre » et pour qui « le temps ne sera jamais qu’un présent absolu ». De l’annonce du diagnostic aux errances des méthodes d’éducation, de la fabrication d’un quotidien et d’une famille « nécessaire » aux débuts d’une autonomie pour ce gamin-là, du non-dit à la honte, de la fin de l’innocence à la naissance d’une paternité, il est moins question dans ce texte d’amour que de d’acceptation et de respect de l’autre.

« Pour rester joyeux, cependant, il faut développer quelques techniques d’occultation de la réalité ». Cet apprentissage douloureux et épuisant de la filiation renvoie au livre de Kenzaburo Oé, Un cas très personnel. Le japonais et le brésilien ont la même puissance et la même densité de plume. Leurs mots ne racontent pas. Ils disent sèchement une pensée qui s’élabore autour d’un innommable.

Felipe et son père vont vieillir et grandir ensemble. L’un le sait. L’autre pas. L’un finit par dépasser « le territoire de la normalité imaginaire ». Leur vie peut alors se résumer et commencer avec le seul dialogue de ce livre. Dans le ici et maintenant d’un échange enjoué de pronostics du match de football retransmis à la télévision qui oppose Atlético à Fluminense. « Aucun des deux ne sait comment ça va finir et c’est très bien comme ça ». 

Le fils du printemps, de Cristavão Tezza, aux éditions Métailié. Traduit du brésilien par Sébastien Roy.

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