Cannes 2011 : le jury explique son palmarès

« Les décisions ont été difficiles à prendre, mais il fallait bien faire des choix. » Voilà ce qu’a confié en conférence de presse d’après palmarès Robert De Niro, le président du jury du 64e Festival de Cannes.
Et la star américaine d’ajouter : « Le règlement dit qu’il ne peut n’y avoir qu’un seul prix par film. Nous avons pensé que ce palmarès réunit les meilleurs. Cela n’enlève rien à ceux qui n’ont pas eu de prix. »
Jude Law le confirme : « Il y a eu des débats sur plusieurs films. Nous avons beaucoup discuté de Pater, Le Havre, Sleeping Beauty et Habemus Papam mais aussi de celui d’Almodovar… »
Quant au choix de remettre un Grand Prix ex-aequo au cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan et aux frères Dardenne, Robert De Niro répond que « c’était la meilleure solution, reflétant notre sentiment pour ces deux films ».

Le mot de la fin revient à la romancière norvégienne Linn Ullmann : « Nous avons eu un formidable président, à l´écoute, un démocrate. » Robert De Niro, moqueur, hausse les épaules et fait la moue. Eclats de rires dans la salle.

« Rendez-vous l’année prochaine », lance le meneur de débat en guise de conclusion.

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Cannes 2011 : le palmarès en bandes-annonces

Palme d’Or :
The Tree of Life (L’Arbre de Vie) de Terrence Malick

Grand Prix ex-aequo :
Bir Zamanlar Anadolu’Da (Il était une fois en Anatolie) de Nuri Bilge Ceylan
Le Gamin au vélo de Jean-Pierre et Luc Dardenne

Prix de la mise en scène :
Nicolas Winding Refn pour Drive

Prix du Jury :
Polisse de Maïwenn

Prix d’interprétation masculine :
Jean Dujardin dans The Artist de Michel Hazanavicius

Prix d’interprétation féminine :
Kirsten Dunst dans Melancholia de Lars Von Trier

Prix du scénario :
Joseph Cedar pour Hearat Shalayim (Footnote)

Et du côté des courts métrages :

Palme d’Or : Cross (Cross-Country) de Maryna Vroda

Prix du Jury : Badpakje 46 (Maillot de bain 46) de Wannes Destoop

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Peter Fonda : rebelle avec une cause

En 1969, il déboulait sur la Croisette en Captain America psychédélique avec sa bande de motards hippies et camés d’Easy Rider. Cette année, il revient avec The Big Fix, un documentaire de Josh et Rebecca Tickell, présenté en sélection officielle hors compétition et dont il est le producteur exécutif.

Peter Fonda, militant écologiste et activiste de la première heure, a financé The Big Fix, une enquête à charge sur la pire marée noire de l’histoire des Etats-Unis provoquée par le naufrage de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon exploitée par le groupe britannique BP.
L’acteur y fait une apparition : il tente de se rendre sur les plages de Louisiane pour évaluer l’impact de la marée noire et se voit refouler par les équipes de nettoyage de BP.

Lors d’un point de presse au Festival de Cannes, Peter Fonda n’a pas mâché ses mots :

« J’ai envoyé un mail à Obama disant : « Vous êtes un putain de traître ». Vous avez autorisé des étrangers sur notre sol en disant à nos militaires – en l’occurrence les gardes-côtes – ce qu’ils peuvent faire ou non, et en nous disant à nous, citoyens des Etats-Unis, ce que nous pouvions faire ou non. »

Et pour la petite histoire, Peter Fonda a rencontré par hasard sur la Croisette son vieux complice des années psychédéliques : Roger Corman, le réalisateur et producteur de The Trip en 1967. Le scénario est signé Jack Nicholson. Un homme qui déprime depuis son divorce s’essaie au LSD pour se changer les idées. Hallucinations démentes et visions horrifiques : un grand moment de contreculture…

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Cannes : Un Certain Regard, l’audace récompensée

Emir Kusturica et les membres de son jury ont remis le prix de la mise en scène au cinéaste iranien Mohammad Rasoulof pour Au Revoir. Ce film raconte les démarches d’une jeune avocate de Téhéran pour décrocher un visa de sortie. Il a été réalisé cet hiver dans des conditions « semi clandestines » et a pu sortir d’Iran grâce à des complicités.

En décembre dernier, Mohammad Rasoulof avait été condamné à six ans de prison en même temps que son compatriote Jafar Panahi pour un film accusé d’être « de la propagande hostile » au gouvernement. Autorisé mardi par les autorités iraniennes à voyager, il n’a pu gagner à temps la Croisette ; son épouse a reçu cette récompense en son nom.

Le Prix spécial du Jury a été attribué à Elena du Russe Andrey Zvyagintsev. Déjà en sélection officielle à Cannes en 2007 pour Le Bannissement, il avait reçu un César français en 2004 pour Le Retour. Elena, projeté dans la soirée en clôture de la sélection, évoque le combat d’une femme d’âge mûr, qui vit une vie luxueuse avec son riche mari, pour sauver son fils de l’alcoolisme.

Plus inhabituel, le Prix Un Certain Regard, la plus haute récompense de cette compétition, a été décerné ex-aequo à Arrêt en pleine voie de l’Allemand Andreas Dresen et à Arirang du Coréen Kim Ki-Duk. Coup de coeur du jury d’Un Certain Regard en 2008, Andreas Dresen s’est déclaré « bouleversé ». Son film raconte l’histoire d’un jeune quadragénaire à qui l’on découvre une tumeur en stade terminal.

Kim Ki-Duk, qui avait disparu du monde du cinéma depuis 2008, a entonné sur scène et à pleins poumons la chanson populaire coréenne Arirang qui donne son nom au film.

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Malcolm McDowell : acteur mythique & so british

La leçon de cinéma est le rendez-vous traditionnel du Festival de Cannes. Cette année, la master class était une séance culte avec un acteur qui l’est tout autant. Malcolm McDowell a évoqué sa carrière avec truculence et a distillé, avec de grands gestes et beaucoup d’humour, ses anecdotes de tournage. L’acteur britannique reste à jamais associé à Orange mécanique, chef-d’œuvre de Stanley Kubrick dans lequel il tient le rôle d’Alex, le hooligan dépourvu de conscience et de morale qui devient un citoyen modèle après avoir subi un lavage de cerveau. Le film fête son 40ème anniversaire ; le Festival de Cannes célèbre l’événement en présentant une copie restaurée et un documentaire.

Extraits de cette leçon de cinéma animée :

« A 11 ans, j’ai été choisi par mon école pour une comédie musicale. Une fois sur scène, les lumières m’ont éblouies mais je me suis senti chez moi. Ensuite, j’ai joué dans des pièces de Shakespeare. J’ai interprété tous les grands personnages de son oeuvre avant d’avoir 18 ans. »
« J’aime donner de l’énergie à mes personnages. Je n’aime pas les personnages en 2D. En général, je me base sur mon instinct pour leur donner de la profondeur. A mes débuts, j’apprenais le script par coeur afin de ne pas y revenir. Aujourd’hui, avec l’âge, c’est plus dur ! J’aime travailler les textes et les oublier ensuite pour être libre d’en faire ce que je veux lors du tournage ».
« Je me suis rendu chez (Stanley Kubrick) et il m’a demandé si j’avais entendu parler d’Orange Mécanique. Il m’a dit : Je veux tourner ce livre. J’avoue que j’ai eu du mal à lire ce foutu livre ! Après trois lectures, j’ai enfincompris son sens. Un semaine plus tard, je lui ai demandé s’il me donnait le rôle. Après un silence, il m’a répondu : oui. »
« Sur le tournage, on jouait au ping-pong. Ma façon de me venger de tout ce que je devais supporter, car là je le dominais ! »
« Je suis allé voir le réalisateur Lindsay Anderson, avec qui j’avais déjà collaboré, pour lui demander conseil. Il m’a dit : « Tu te souviens cette scène de If… (1968) où tu souris ? Et bien joue ce rôle comme ça ». Il m’a donné une image. Je m’en suis souvenu pendant le tournage ».
« Ce n’est pas moi qui adore les rôles de méchants, c’est eux qui m’adorent ! On ne peut prendre que ce que l’on vous propose… »

Cette master class était aussi l’occasion pour Malcolm McDowell de revenir sur ses premiers films.

If… où des élèves d’une école privée anglaise se rebellent contre l’autorité. Une charge contre le système éducatif britannique qui a révélé Malcolm McDowell. Le film de Lindsay Anderson date de 1968 et il est imprégné de l’esprit hippie subversif de l’époque.

O Lucky Man !, en français Le Meilleur des mondes possibles , une comédie dramatico-fantastique datant de 1973 dont Malcolm McDowell a écrit le scénario préparatoire. Un vendeur de café subit la crise économique, devenant victime de torture dans un établissement gouvernemental et cobaye pour la recherche médicale. Un pamphlet contre la Grande-Bretagne qui tente de sauver les reliquats de son passé impérial

Royal Flash de Richard Lester (1975) s’amuse des folles aventures d’Harry Flashman, froussard et héros de la nation britannique malgré lui.

Time after time, en français C’était demain, date de 1979. Le début de son exil américain. Malcolm McDowell est H.G. Wells poursuivant Jack l’Éventreur à travers le temps après que celui-ci ait utilisé la machine à voyager dans le temps du célèbre romancier pour échapper à la police.

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