Archives quotidiennes : 29 juin 2009

Marc Machin en route pour la révision

Dans sa cellule, Marc Machin vient d’apprendre la bonne nouvelle. La commision de révision vient de saisir la cour de révision. Il avait été condamné en appel en 2005 à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’une jeune femme sur le pont de Neuilly. Un crime et aujourd’hui deux coupables. Celui qui a été désigné par des jurés et celui qui depuis mars 2008 s’accuse de ses faits. Ces aveux sont jugés crédibles puisque corroborrés par les analyses ADN.

Marc Machin, avec l’appui du parquet général de la cour de cassation, vient donc de passer le premier filtre de la révision. On sait que le chemin est long. Il faut d’abord convaincre les juges de la commission avant d’arriver au second étage de la fusée: la cour de révision. Deux dossiers emblématiques ont récemment démontré que même à ce stade, les choses n’étaient pas gagnées. Omar Raddad et Guillaume Seznec ont été recalé devant cette cour de révision. Seuls 6 condamnés ont vu récemment leur itinéraire judiciaire s’achever par un acquittement devant cette juridiction de la dernière chance.

Dans un an environ, la cour de révision va à son tour se pencher sur le cas de Marc Machin. Elle pourra soit rejeter la révision, soit renvoyer l’accusé devant une nouvelle cour d’assises pour un nouveau procès, soit décider d’elle même de l’annulation de sa condamnation à 18 ans de réclusion criminelle.

Saluons au passage, l’esprit d’indépendance des magistrats de la commission. Ils ne se sont pas laisser influencer par le contexte peu favorable au condamné. Quelques jours avant l’examen de sa demande, Marc Machin a été interpellé pour agression sexuelle. Certes, cela n’a rien à voir avec les faits qui lui ont valu sa première condamnation. Certes, aujourd’hui en détention provisoire pour ses faits, il doit bénéficier de la présomption d’innocence. Mais l’on pouvait craindre que son dossier de demande de révision arrive devant cette juridiction avec un sérieux handicap. Celui qui incarne ces derniers mois le spectre de l’erreur judiciaire se retrouve à nouveau derrière les barreaux pour un autre crime.

Les 5 magistrats de la commision de révision ont su faire la part des choses. C’est noté.

Mais si Marc machin est reconnu innocent du meurtre du pont de Neuilly, la justice devra s’interroger de sa part de responsabilité dans les faits qui sont aujourd’hui reprochés à ce jeune homme qui a effectué 7 ans de prison

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Clap de fin pour le procès de Rémy Julienne?

On ne compte plus les films et les spots publicitaires auxquels le cascadeur Rémy Julienne a participé. A 79 ans, il aurait pu espérer faire une sortie sous les éloges, sous les hommages. Son nom est apparu au générique de nombreux James Bond, des « Gendarmes », des « Fantômas ». Il a travaillé avec et pour Oury, Lautner, Verneuil, Truffaut, Lelouch, Zidi, S Leone, S Pollack, jusqu’au « Da Vinci Code » de Ron Howard. Avion, bateau, camion, moto, hélicoptère, ont été depuis 1964 les instruments de travail de cet ancien champion de moto-cross. C’est un « Taxi » qui est responsable de sa sortie de route cinématographique.

En août 1999, Rémy Julienne travaille pour le film de Gérard Krawczyk « Taxi 2″, produit par Luc Besson. Des scènes comportant des cascades sont tournées à Paris. Certaines devant l’immeuble de France Télévisions. D’autres porte dauphine. C’est là qu’aura lieu l’accident qui a été fatal à un caméraman de l’équipe. Lors d’un second essai souhaité par le réalisateur, une nouvelle cascade va être effectuée par des membres de l’équipe de R Julienne. La voiture va réaliser un bond plus grand que le précédent. Elle retombera sur la caméra fauchant l’opérateur de prises de vues.

Depuis ce drame, Rémy Julienne n’a cessé de dire que si il acceptait d’endosser une partie de la responsabilité, il regrettait que cette seconde cascade avait été réalisé sans qu’on lui ai donné le temps d’affiner les derniers réglages nécéssaires.

Condamné en première instance à 18 mois de prison avec sursis, il vient d’être condamné en appel à 6 mois avec sursis. L’amende a également été revu à la baisse, passant de 13 000 à 2 000 euros. R Julienne devra verser en revanche 60 000 euros de dommages et intérêts à la famille du caméraman.

Mais petite satisfaction pour le cascadeur, alors que la société de production de Luc Besson avait été mise hors de cause par le tribunal correctionnel, que partie civile elle devait toucher un euro de dommage et intérêt, elle vient d’être condamné en appel à 100 000 euros d’amende.

Curieusement dans ce dossier, la justice s’était focalisée sur un seul coupable possible: Rémy Julienne. Réalisateur et producteur avaient tous deux bénéficié d’un non lieu à l’issue de l’instruction. En première instance, le parquet et le tribunal avaient considéré que la poursuite contre la société de production était irrecevable. Via une citation directe, la détermination de la famille du caméraman décédé a aboutit aujourd’hui à une décision qui donne raison au principal prévenu.

Pendant plus de 40 ans Rémy Julienne a brillé par ses exploits dans les salles obscures. Il restera aussi l’image d’un homme amaigri, bléssé sortant d’une salle d’audience.

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