Archives mensuelles : novembre 2009

De la difficulté de juger les "fous"

 

 

 Un procès qui ne veut pas dire son nom. Mercredi après midi, devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris, une audience assez particulière va se tenir.

 

Cette juridiction est quotidiennement amenée à se prononcer sur des questions de procédure. Régulièrement, elle est saisie par une des parties en présence suite à un renvoi devant les assises ou après un non lieu.

 

C’est le problème qui se pose dans l’affaire évoquée mercredi. Un cas un peu particulier.

 

Un jeune homme accusé d’un meurtre sur un de ses amis disc-jockey en novembre 2003 a bénéficié d’un non lieu de la part du juge d’instruction. Raison invoquée : le jeune homme a été déclaré irresponsable pénalement après des expertises psychiatriques.

 

Une décision de justice que n’admettent pas les parents de la victime. Ils s’appuient entre autres sur un des éléments du dossier d’instruction. Après avoir commis son acte criminel, le jeune homme se serait retranché dans l’appartement de sa mère en revendiquant son crime par ses mots : «  J’ai tué un juif ! J’irais au paradis. » Pour ses proches, le disc-jockey aurait été victime d’un acte d’un antisémite et non d’un « fou ».

 

Mercredi, l’audience, en principe publique, va donc tourner autour de l’état mental de l’accusé. Plus que jamais, ce procès qui n’en ai pas un officiellement, va se résumer à une bataille d’experts.

 

A l’issue de cette audience, les magistrats mettront leur décision en délibéré. Trois possibilités s’ouvrent à eux. D’abord, ils peuvent demander des expertises. Mais ce dossier date de 2003 et l’on peut supposer qu’il est assez complet. Ensuite ils peuvent considérer l’accusé comme pénalement responsable. Ce dernier sera alors jugé par une cour d’assises. Cour d’assises qui pourra également déclarée l’accusé pénalement irresponsable. Enfin ils peuvent confirmer le non lieu. Ils pourront appliquer une disposition nouvelle de la loi Dati de février 2008. Ils rendront un arrêt de déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental. Les parties civiles pourront ensuite se tourner vers une autre juridiction pour qu’elle se prononce sur la responsabilité civile de « l’auteur des faits ».

 

En novembre 2007, nous avions assisté à une audience similaire. La même question se posait à propos de l’acte commis sur deux infirmières par Romain Dupuy à l’hôpital de Pau. L’audience publique nous avait permis d’apprécier le cas clinique que représentait l’accusé. Sous une apparence calme, le jeune homme tenait un discours totalement incohérent dont l’univers n’était rempli que d’hallucinations et de monstres rampants. Tout le monde étaitconvaincu d’être face à un malade. Seules les familles des victimes, et c’est bien compréhensible, ont eu du mal à faire ce cheminement.

 

Cette audience était une application avant l’heure du texte que Rachida Dati a fait voter par le Parlement trois mois plus tard. Romain Dupuy a bénéficié d’un non lieu psychiatrique. Il est aujourd’hui interné.

 

Depuis l’entrée en vigueur de la loi, 43 déclarations d’irresponsabilité pénale ont été prononcées. 22 l’ont été par une chambre de l’instruction.

 

Emprisonnement ou internement, c’est la question qui se pose à nouveau mercredi aux magistrats.

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Les différents scénarios de l’affaire Polanski

Roman Polanski devrait retrouver la douceur de son chalet de Gstaad en fin de semaine. Après que ses avocats versent la somme de 3 millions d’euros et après que la justice suisse equipe le cinéaste du bracelet électronique.

La fin du film n’est pas écrite pour autant. Comme souvent, l’intéressé va devoir avec ses conseils peser le pour et le contre. Roman Polanski est déjà confronté à un dilemme. Qui écouter? Le cinéaste a aujourd’hui plusieurs avocats. Un suisse. Des français, M° Kiejman et M° Temime. Des américains. Chacun est habilité à intervenir à un stade de la procédure. Devant la juridiction californienne, seuls les avocats américains seront évidenmment légitimes.

Libre, Roman Polanski va devoir faire un choix. Accepter ou refuser l’extradition. Si’l choisit la première solution, il accélère la procédure et fait à l’intention de la justice américaine un geste d’apaisement dont il peut espérer récolter les fruits. Si en revanche, il refuse l’extradition et utilise tous les recours que lui offre la loi suisse, le cinéaste joue la montre en faisant patienter le juge de Los Angeles.

La justice américaine a abandonné les accusations de viol qui faisait encourir à R Polanski une peine criminelle lourde: 50 ans.  Le réalisateur est aujourd’hui poursuivi pour « une relation sexuelle illégale avec une mineure ». Un délit passible de l’autre coté de l’Atlantique de 2 ans d’emprisonnement.

Roman Polanski en décembre 1977 est incarcéré. Il bénéficie d’une remise en liberté 47 jours plus tard. Après quoi, il quitte définitivement les Etats-Unis.

Roman Polanski a été arrêté en Suisse à la veille d’un festival le 26 septembre dernier. Sa sortie demain interviendrait après une détention de 61 jours. Une détention certes effectuée en Suisse mais que la justice américaine doit prendre en compte. Comme elle devra prendre en compte aussi le temps durant lequel l’acteur va « porter » son bracelet électronique.

La victime aujourd’hui agée de 45 ans a non seulement retiré sa plainte mais a demandé que la justice américaine abandonne les poursuites à l’encontre du réalisateur franco-polonais. Comme en France, cela a très peu de conséquence à partir du moment où la procédure est soutenue par l’accusation. C’est seulement une élément qui plaide en faveur de la personne poursuivie.

Le prévenu et ses avocats sont donc confrontés à une problématique arithmétique quotidienne dans les affaires de justice. Ce qui est encouru? La peine qui risque d’être prononcée par le juge? La détention déjà effectuée?

Le 10 décembre, les avocats américains de Polanski ont rendez-vous avec les juges du Los Angeles. Ils aborderont le fond du dossier et demanderont la relaxe de leur client.

Polanski est dans une certaine mesure maître de son destin. Accepter un retour consenti ou forcé sur la terre qu’il a fui il y a 31 ans? Liquider une page sombre de son histoire? Il peut aussi choisir un scénario totalement fou, prendre à nouveau la fuite et se réfugier dans un autre pays que la Suisse. Roman Polanski serait alors condamné à vivre avec la menace  du mandat d’arrêt international toujours en vigueur.

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Le TGI de Paris va faire ses cartons

C’est la fin d’un long feuilleton judiciaire. Un bras de fer interminable entre le gouvernement , la ville de Paris et la région Ile-de-France.

Comme de nombreuses villes de province, Paris était victime d’un palais de justice devenu trop exigu. L’actuel palais situé sur l’ile de la Cité est le siège du tribunal de grande instance, de la cour d’appel,  de la cour de cassation et de la police judiciaire. Chaque jour s’y croisent des magistrats, des avocats, des greffiers, des experts, des policiers, et des justiciables qui ont souvent du mal à trouver leur chemin dans les 27 kilomètres de couloir du batiment historique.

Depuis des années la question se pose d’un déménagement. On a d’abord évoqué le départ de la PJ, mais les policiers attachés à leur mythique « quai des orfèvres » ont résisté. On s’est interrogé aussi sur le nouveau lieu qui pouvait être occupé. Chambre de commerce, Hotel Dieu, situés de l’autre coté du boulevard du Palais?  Il fallait à l’évidence un lieu plus important en superficie.

Deux lieux situés dans le XIII ème arrondissement de la capitale furent alors évoqués: Masséna et Tolbiac. Mais aucune décision ne fut prise tant les parties en présence plaidaient chacune pour son lieu.

Le 29 avril dernier, Nicolas Sarkozy mis tout le monde d’accord.  « La cité judiciaire, elle doit s’installer aux Batignolles ». Autrement dit à l’opposé des lieux envisagés. C’est donc le TGI de Paris qui va se déporter vers ce terrain appartenant à la SNCF et où avait été envisagé d’installer une partie du site olympique  si Paris avait décroché la flamme pour les JO de 2012.

Après un accord du conseil municipal de Paris, la cession du site des Batignolles a été signé lundi dernier entre la SNCF et le préfet de la région. Montant de la transaction: 53 millions d’euros.

Les travaux ne débuteront pas avant 2012 et le nouveau TGI de Paris ne sera pas livré avant 2015. La cour d’appel, la cour de cassation et la PJ occuperont la place laissée libre. Les assises se dérouleront toujours dans l’actuel palais de justice. Les procès en correctionnels se tiendront aux Batignolles. Ce déménagement du TGI devrait entraîner la fermeture du pole financier et santé qui se trouve aujourd’hui boulevard des Italiens, pole qui sera remis en question lors de la suppression du juge d’instruction.

Les seuls pour l’instant à faire part de leurs mécontentements sont les avocats. « C’est un projet illogique, ruineux en frais et en temps » a réagi le bâtonnier du Barreau de Paris, Me Christian Charrière-Bournazel. Chaque jour, les avocats sont amenés à se rendre dans différents lieux judiciaires de la région parisienne, tant du ressort de la cour d’appel de Paris que de celui de la cour d’appel de Versailles. Les Batignolles seront donc pour eux une étape supplémentaire.

Un déménagement qui n’est pas pour demain. Les travaux ne débuteront pas avant 2012 et le nouveau TGI de Paris ne sera pas fonctionnel avant 2015.

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Delanoë tend la main à Chirac

Bertrand Delanoë est au centre de deux affaires judiciaires. L’un comme partie civile. L’autre comme futur mis en examen. Dans les deux cas, c’est sa qualité de Maire de Paris qui est en jeu.

Le 2 décembre prochain, B Delanoë est convoqué par deux juges d’instruction parisiens pour une probable mise en examen pour favoritisme lors du renouvellement par la ville de Paris de la concession du stade Jean Bouin, situé dans le 16 ème arrondissement. Un convocation qui le « stupéfait » mais à laquelle il se pliera. ( On a appris le 1 er décembre que le rendez-vous judiciaire du 2 a été reporté en attente d’une décision du Conseil d’Etat saisi d’un recours sur ce dossier)

L’autre dossier concerne un de ses prédecesseurs et pas des moindres: Jacques Chirac. Personne ne l’ignore, l’ancien Chef de l’Etat est rattrappé par une affaire qui date de l’époque où il occupait le même fauteuil place de l’Hotel de Ville. Avec neuf autres prévenus, Chirac doit répondre de 21 emplois fictifs à la Mairie entre 92 et 95.

Aujourd’hui, l’actuel Maire de Paris tend la main en direction de son prédecesseur. Si l’UMP, qui a succédé au RPR, remboursait le manque à gagner né de ces emplois fictifs, Delanoë s’engagerait à retirer sa plainte. Selon le dossier, la somme des fonds ainsi détournés s’élèverait à plus de trois millions d’euros. L’actuelle municipalité parisienne parle de 5 millions.

La suite des événements est assez prévisible. Jacques Chirac conteste les faits qui lui sont reprochés. Demander à l’UMP de rembourser cette somme  coquette serait évidemment vécu comme un aveu de culpabilité.

Dans un précédent dossier d’emplois fictifs du RPR dans lequel la Mairie de Paris était également partie civile, l’UMP  a remboursé les fonds détournés. Mais cela n’est intervenu qu’après la condamnation à Versailles d’Alain Juppé en sa qualité d’ancien adjoint aux Finances de la Ville.

Si un tel retrait de la constitution de partie civile de la Mairie de Paris intervenait avant le procès de Jacques Chirac, cela n’aurait aucune conséquence sur la procédure. Le renvoi devant le tribunal correctionnel est définitif et émane de la décision du juge d’instruction Xavière Siméoni. Il changerait simplement l’ambiance à l’audience. Jacques Chirac et ses co-prévenus perdraient un contradicteur de poids en la personne de l’actuel Maire de Paris. Rappelons que dans ce dossier, le parquet avait requis un non lieu, autrement dit l’abandon des poursuites.

Entre ancien et actuel maire, l’affrontement durant le procès serait relatif. On voit mal Bertrand Delanoé venir en pleine audience demander des comptes dans tous les sens du mot à l’ancien Président. Surtout qu’à ce moment là, B Delanoë sera lui aussi en attente d’une décision judiciaire le concernant.

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Un nouveau procès AZF en 2010.

Sans surprise, le parquet de Toulouse a interjeté appel du jugement de la catastrophe de l’usine AZF. Michel Vallet, le procureur de la république, qui dès hier soir le laissait entendre, ne pouvait pas faire autrement. D’abord au regard de l’émotion que ce jugement de relaxe générale a provoqué parmi les nombreuses parties civiles présentes à l’audience dans la salle Jean Mermoz. Ensuite, le parquet ne pouvait pas être en contradiction avec sa position au cours du procès. Non seulement, à l’issue de l’instruction, le procureur avait requis le renvoi des prévenus devant le tribunal correctionnel mais dans ses réquisitions, les deux substituts présents avaient requis la condamnation de la société « la Grande Paroisse » et de son directeur Serge Biechlin.

Si la condamnation de Total était plus qu’improbable, tant elle avait été écarté par les juges d’instruction et par le parquet, celle des deux prévenus était du domaine du possible. Dans les affaires liées à des catastrophes, le chaud et le froid ont été versé par les tribunaux correctionnels. Si celui de Bonneville a condamné la plupart des prévenus du dossier de l’incendie du Tunnel du Mont Blanc, celui de Colmar a relaxé tous ceux qui étaient poursuivis dans l’affaire du crash de l’Airbus du Mont Saint Odile.

Le choix fait par le président du tribunal de lire une grande partie de son jugement partait d’un bon sentiment: un souci pédagogique. L’exercice certes louable s’est révélé hier légèrement pervers. D’abord parce que la lecture était assez difficile à suivre, principalement pour les novices du droit que sont les victimes. Ensuite parce que l’explication trop technique du dossier a rendu la compréhension difficile. Là où l’affaire devait s’éclaircir, elle s’est assombrit. Pendant plus d’une heure, nous avons assisté à un pas de danse judiciaire et juridique. Trois pas en avant qui laissait entendre que nous allions vers une condamnation. Puis quatre pas en arrière qui nous guidait vers la relaxe. A vouloir trop détaillé le cheminement juridique du tribunal, le président a semé la confusion. Ainsi, si les juges écrivent qu’aucun élément du dossier ne permet d’affirmer la thèse de l’attentat, il écrit quelques lignes plus loin que certains événements périphériques au dossier « ne permettent pas au tribunal d’exclure formellement une hypothèse d’action terroriste ».

On l’aura compris le tribunal a voulu remettre les pendules à l’heure en soulignant les faiblesses de l’institution judiciaire au début de l’enquête, en accusant la société « Grande Paroisse » et Total d’avoir tout fait pour brouiller les pistes. Les juges ont appliqué le droit qui les obligent pour entrere en voie de condamnation à trouver un lien de causalité entre les faits et les prévenus.

Peut être pouvaient-ils prolonger leur longue démonstration et leur long constat d’impuissance en mettant le législateur face à ses responsabilités. Les parlementaires, les politiques qui réagissent souvent à chaud après des faits divers en annoncant des propositions de loi, sont étrangement silencieux quand il s’agit de modifier un arsenal juridique qui à tout moment peut les concerner.

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Un vol du plus de 11 millions d’euros égal 3 ans

Toni Musulin s’est rendu hier à la police monégasque. On ignore encore pourquoi le convoyeur a choisi les autorités policières de la Principauté. Pensait-il pouvoir bénéficier d’une immunité dans un pays considéré comme un paradis fiscal? L’enquête le dira peut être. En tout cas, aussitôt arrété, celui qui s’est rendu célèbre pour le braquage le plus spectaculaire de ces dernières années a été remis à la justice française.

A l’issue de sa garde à vue, l’homme sera probablement mis en examen. Se posera ensuite le problème de sa remise en liberté ou de sa mise en détention. L’enquête devra ensuite répondre à quelques questions. Qu’a-t-il fait pendant ses onze jours de cavale? Qu’a-t-il fait des 2 millions et demi d’euros qui manquent à l’appel? Enfin, le convoyeur a -t-il bénéficié de complicité dans son acte et  si oui de quel ordre? Car de ce dernier point découle la peine que le malfaiteur supposé encourre.

Au regard de ce que nous connaissons pour l’instant des faits, il semble que Toni Musulin a agit seul, sans arme et sans violence. Il a donc commis un vol simple. En application de l’article 311-3 du code pénal, il encourt 3 ans d’emprisonnement et 45 000 Euros d’amende. La peine encourue s’aggrave si il a bénéficié de complices. On passe alors à 5 ans. On monte à 7 ans, à 10 ans ou à 15 ans si les faits de vol sont accompagnés de violences ayant entrainé une incapacité respectivement de 8 jours au plus, de huit jours au moins ou permanente. Le vol est puni de 20 ans quand il a été commis avec l’usage ou la menace d’une arme.

Les peines sont encore plus lourdes lorsque le vol est commis en bande organisée.

Vous l’aurez compris, c’est la méthode employée pour le vol qui est important et aucunement le montant du butin. Sur le papier, le vol de 11, 6 millions d’euros a le même coup judiciaire que le vol d’un autoradio ou d’une mobylette. Evidemment à l’audience, le tribunal adaptera la condamnation en vertu de la gravité des faits et de la personnalité de celui qui les a commis. Evidemment, les juges se montreront plus cléments sur la question de maintenir l’intéréssé en prison si ce dernier finit par rendre les 2 millions et demi d’euros qu’il semble avoir mis à l’ombre…..

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Procès à venir -5

Après une saison qui s’est ouverte avec un des procès les plus réticents de ces dernières années, l’affaire Clearstream, voici les prochains rendez-vous judiciaires:

-Jeudi 19 novembre: le tribunal correctionnel de Toulouse rendra son jugement dans l’exposion de l’usine AZF

-Jeudi 11 décembre: le tribunal correctionnel de Nanterre se penchera à nouveau sur le contentieux qui oppose la fille de Liliane Bettencourt, à François-Marie Banier, photographe à qui l’héritière de l’Oréal a versé des dons s’élevant à plusieurs millions d’euros. La justice doit dans un premier temps trancher la recevabilité de la plainte de Françoise Bettencourt-Meyers

-Vendredi 8 janvier: la cour d’appel de Versailles rendra son arrêt sur les comptes piratés de Nicolas Sarkozy. En première instance, le tribunal avait considéré que la constitution de partie civile du plaignant était recevable mais qu’il devait en revanche attendre la fin de son mandat pour reconnaître les éventuels dommages et intérêts auxquels il pourrait avoir droit.

-Jeudi 28 janvier: le tribunal correctionnel de Paris rend son jugement dans l’affaire Clearstream. Le parquet a requis contre D de Villepin 18 mois de prison avec sursis.

-Lundi 2 février: le procès de la catastrophe aérienne du Concorde s’ouvre à Pontoise. Cinq personnes et la Compagnie américaine Continental Airlines sont jugées pendant 4 mois. 113 personnes avaient péri dans ce crash à Gonesse.

-Mardi 3 février: le tribunal correctionnel de Paris rend son jugement dans le dossier de la clinique du sport

-Mercredi 11 février: le tribunal correctionnel de Paris a inscrit ce jour là un dossier Tapie qui se perd dans les méandres judiciaires. Bernard tapie doit être jugé de plusieurs mois pour banqueroute mais les juges du tribunal attendent toujours une décision du tribunal de commerce qui pourrait influer sur le procès.

-Mercredi 11 au vendredi 19 février: le docteur Daniel Cosculluella, psychiatre à Bergerac, est rejugé en appel pour le viol de plusiers de ses patientes. Alors qu’il nie les faits, il a été condamné à Périgueux à 12 ans de réclusion criminelle.

-Lundi 1 mars: ouverture du procès en appel de Jacques Viguier, professeur de doit à Toulouse. Rejugé à Albi, il a été acquitté à Toulouse du meurtre de sa femme qui a disparu du domicile familiale en 2000.

-Mardi 2 mars: le tribunal correctionnel de Grasse juge Daniel Ducruet, ancien mari de la princesse Stéphanie de Monaco, pour atteinte à la vie privée.

-Jeudi 15 au vendredi 30 avril: la Cour de Justice de la République juge Charles Pasqua pour trois dossiers distincts, Sofremi, GEC-Alsthom et le casino d’Annemasse.

En attente d’audiencement:

-Jean-Pierre Treiber doit être jugé par la cour d’assises de l’Yonne pour le double meurtre de Géraldine Giraud et Katia Lherbier.

-Antonio Ferrara et Karim Achoui doivent être rejugés pour l’évasion de la prison de Fresnes.

- En Mai, la cour d’assises de Pontoise doit faire comparaitre le meurtrier présumé de la jeune Anne Lorraine Schmitt, agréssée mortellement dans le RER D en novembre 2007

- Enfin le tribunal de grande instance de Paris va tenter de fixer à l’automne prochain le procès de Jacques Chirac poursuivi pour des emplois fictifs du temps où il était Maire de Paris. Il doit comparaitre aux cotés de 9 autres prévenus dont son ancien directeur de cabinet Michel Roussin et l’ancien syndicaliste Marc Blondel.

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Quand Alliot-Marie fait oublier Dati

Il y a des hasards de calendrier qui peuvent faire sourire. Vendredi dernier, Michèle Alliot-Marie était présente au congrès de l’USM qui fêtait son 35 ème anniversaire. Quand il se déroule à Paris, ce congrès du syndicat de magistrat le plus représentatif se tient dans la 1 ère Chambre de la cour d’appel. Les audiences du procès en appel de la catastrophe de l’Erika se déroulant dans cette salle, l’USM a dû rapatrier ses adhérents dans la 1 ère Chambre civile du TGI. Résultat, la Garde des Sceaux a pris place dans une salle où son nom avait été prononcée plusieurs fois dans les semaines précédentes au cours du procès Clearstream.

Alors que certains auraient bien voulu la voir comparaître à la barre des témoins, démarche qu’ils n’ont d’ailleurs pas déclenchée, pendant plus de deux heures, Michèle Alliot-Marie a pris la place qu’occupait un des assesseurs du Président Pauthe. A-t-elle ainsi eu une pensée pour Dominique de Villepin qui durant 5 semaines était assis au premier rang, là même où vendredi les chefs de juridiction de la cour d’appel écoutaient son intervention?

Si pendant les audiences Clearstream, les oreilles de l’actuel ministre de la justice ont du sifflé, pendant le discours du Président de l’USM, ce sont celles de Rachida Dati qui ont du souffrir. Christophe Régnard a ainsi rappelé que lors du précédent congrès qui se tenait à Clermont-Ferrand, R Dati avait fait faux bond, laissant sa place au secrétaire général de la Chancellerie. « Une lacheté, une faute politique » a laissé tomber Ch Régnard en fixant l’actuel ministre de la justice. Ce dernier s’en est pris également au programme de l’ancienne ministre. « Des réformettes, inutiles, inapplicables ».

Si les magistrats sont visiblement ravis de voir M. Alliot-Marie occuper le poste de Garde des Sceaux, ils ne cachent pas leur méfiance. Ch Régnard dresse avec force et lucidité un constat plutôt sombre. « Le malaise est intense dans les juridictions (…) N’attendez pas un drame (…) C’est une marmite judiciaire (…) La justice française se dégrade (…) Nous ne voyons pas d’issue au bout du tunnel (…) Nous n’en pouvons plus ». Le Président de l’USM révèle également que les magistrats sont de plus en plus nombreux à prendre leur retraite avant l’heure. 

La suppression du juge d’instruction focalise les craintes des magistrats. D’abord ils sont fatiguées par ce qu’ils appellent « un mille-feuille législatif ». Chaque ministre apporte sa réforme, ses nouvelles lois rendant la procédure plus compliquée. Ensuite, ils sont hostiles au fait que l’enquête soit confiée au procureur. « Qui peut croire que le parquet est indépendant ? » lance Ch Régnard.

Dans un discours très politique dont on se dit qu’il aurait pu servir en papier collé lorsque Michèle Alliot-Marie était en charge de la Défense ou de l’Intérieur, la ministre tente de rassurer les congrèssistes. « Le juge de l’enquête et des libertés ne sera pas un juge alibi ». Pour la Garde des Sceaux, il sera une garantie d’une bonne indépendance. Quelques magistrats me feront part après le discours de leur septicisme. « Pour nous, son rôle sera aussi réduit que celui actuellement du juge de la détention et des libertés: un juge tampon en quelque sorte ».

Pour la ministre, notre droit aujourd’hui « est illisible ». « Je souhaite une réécriture de tout le doit pénal ». Un voeu déjà exhausé, sans succès, par ses prédécesseurs.

Les discours de la Garde et du Président de l’USM ont été applaudi chaleureusement. Les magistrats ont même acclamé debout Ch Régnard. « En général, cela se produit à la fin du mandat, moi j’y ai droit au bout d’un an » me confiera ravi l’intéréssé.

L’USM et M Alliot-Marie se sont d’ores et déjà donné rendez-vous pour le prochain congrès à Rennes.

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