L’autre 11 Septembre

Hier, la plupart des médias a rappelé les événements du 11 septembre 2001 de New York et de Washington. Il en sera ainsi chaque année pendant des décennies. Aux Etats Unis comme dans nombreux autres pays. La France n’échappera pas non plus à ce devoir de mémoire.

Mais certains de nos compatriotes ont, ce jour là, leurs esprits tournés ailleurs. Vers un autre 11 septembre. Tout aussi dramatique et plus ancien. Une blessure qui remonte désormais à 40 ans. Ce jour là, une caravelle de la compagnie Air France décolle de l’aéroport d’Ajaccio. Un vol régulier, ordinaire en apparence. L’avion qui transporte 95 personnes, membres d’équipage compris, ne se posera jamais à Nice comme prévu. Il s’est abimé en mer au large du cap d’Antibes. Quelques dizaines de corps seulement seront repêchés en mer. Quelques débris de l’avion seront remontés à la surface. Les boites noires ne livreront jamais la totalité de leur secret. La bande se révelant indéchiffrable. Seuls restent les derniers mots du commandant de bord: « J’ai des ennuis, nous demandons l’atterrissage… »

L’enquête administrative et l’instruction judiciaire ont conclu à un accident technique. Un incendie à l’origine indéterminée à l’intérieur de la cabine se serait propagé très rapidement et aurait provoqué la chute de l’appareil.

Une version à laquelle ne croit pas les familles des victimes. Elles l’ont encore rappelé hier lors d’un rassemblement devant la stèle qui a été érigé près de l’aéroport de Nice. Depuis 40 ans, elles s’accrochent à une autre hypothèse. Le vol Ajaccio-Nice aurait été touché par un missile non armé, un missile provenant d’un tir d’exercice.  » Nous avons eu accès pour la première fois au dossier d’instruction. Nous y avons trouvé une carte militaire maritime prouvant qu’il y avait des manoeuvres en cours dans la zone traversée par la caravelle le jour de l’accident » avance Mathieu Poli, Président de l’association des victimes. Avec ses deux frères, il a perdu ses parents dans la catastrophe. Or depuis 40 ans, la version officielle consiste à dire que le 11 septembre 1968, il n’y a eu aucun tir de cette sorte près de Nice. Saisie d’une demande, Michèle Alliot-Marie, alors Ministre de la Défense, rappelait que le Centre d’Essai de la Méditerranée de l’Ile du Levant n’avait tiré aucun missile entre le 26 juillet et le 23 septembre ». Alors a-t-on cacher la vérité au nom de la raison d’Etat? La justice nicoise a-t-elle été complice de ce secret et de ce mensonge? C’est la thèse en tout cas développée dans un ouvrage publié cette semaine par deux journalistes: Jean Michel Verne et Max Clenet.

Saisi lui aussi par les familles, le Procureur de la République de Nice, Eric de Mongolfier, avait du leur annoncer l’année dernière qu’il lui était impossible juridiquement de requérir la réouverture d’une information judiciaire. Aujourd’hui encore, le collectif des familles envisage de porter plainte avec constitution de partie civile. 40 ans plus tard, l’Etat a toujours la même version. Le missile est un fantasme. 40 ans plus tard, la justice aura désormais toujours la même réponse: les faits sont prescrits.

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Un mariage après la mort

On ne pourra pas reprocher à Rachida Dati de rester dans son bureau de la place Vendôme en attendant les dossiers. La semaine dernière, elle a enchaîné un aller et retour à Bruxelles, une visite au quartier des mineurs de Fleury-Mérogis, un débat avec Elisabeth Guigou, un déplacement au centre éducatif fermé de Beauvais, un passage à la maison centrale de Saint Martin en Ré. Si l’on y ajoute ses confidences pour annoncer l’arrivée en 2009 d’un heureux événement dans se vie de femme, on peut dire que sa rentrée a été rondement menée.

Un emploi du temps qui ne l’a pas empêché de demander à son cabinet de veiller avec attention aux demandes éventuelles de mariages posthumes émanant de conjointes de soldats décédés en Afghanistan à la fin du mois d’août. C’est une disposition prévue par l’artiche 171 du Code Civil. Seul le Président de la République est habilité à autoriser une telle union, à la condition que le décédé ai préalablement accompli des formalités officielles prouvant son consentement.

Cette union posthume autorisée par la loi est assez rare en Europe. En France, elle date du 31 décembre 1959. Elle a vu le jour après la catastrophe du barrage de Malpasset près de Fréjus qui avait provoqué la mort de plus de 400 personnes. Parmi elles, un jeune homme qui devait se marier 15 jours plus tard. En 1960, grâce à cette nouvelle loi, le Général de Gaulle autorisait une jeune fille à porter le nom de son amoureux mort le 2 décembre 59.

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A deux jours près

A l’heure où les projecteurs des médias américains sont braqués sur la campagne présidentielle, relevons cette information qui nous provient de Washington. Vingt deux juges ont pris leur plume pour adresser une supplique au gouverneur du Texas. Le 10 septembre prochain, un dénommé Charles Dean Hood, agé de 39 ans, doit être exécuté. Il y a 18 ans, il en avait alors 21, il a été condamné à mort pour un double assassinat. Or le 12 septembre, un juge a programmé une audience pour examener un dernier recours. Ce jour là, la justice américaine doit se pencher sur un élément nouveau. Au moment du procès en 90, le procureur et la juge entretenaient, selon un témoignage à vérifier, une relation amoureuse. C’est évidemment un événement périphérique à l’affaire, mais cette supposée connivence entre magistrats peut entraîner le doute sur un verdict de culpabilité rendu par un jury populaire. Pour l’heure, ces 22 juges, parmi lesquels un ancien ministre de la justice de Bill Clinton et un procureur chargé de l’affaire du Watergate, demandent au gouverneur du Texas de sursoir à l’exécution. En un mot, une histoire de coeur va-t-elle sauver la tête d’un condamné à mort?

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