Le calendrier des procès à venir -10

 
 L’année judiciaire 2011 sera très politique avec les procès de l’ancien Chef de l’Etat et d’un ancien premier ministre. En attendant ces deux rendez-vous importants, voici quelques audiences à inscrire sur vos tablettes.
 
Jeudi 25 novembre : Des policiers sont jugés par la 14ème chambre correctionnelle de Bobigny pour des violences perpétrées le 14 octobre 2008 à Montfermeil. Ces violences avaient été filmées.
 
Jeudi 25 novembre : Une audience se tiendra devant la 15ème chambre correctionnelle de Nanterre pour examiner la nouvelle citation directe adressée par M° Metzner contre M.Banier et autres. Le Parquet général de Versailles devrait ensuite demander le dépaysement de cette nouvelle procédure.
 
Vendredi 26 novembre : Procès à Créteil d’une mère de famille qui avait oubliée dans sa voiture sa fillette de 16 mois. Cette dernière a été retrouvée décédée.
 
Vendredi 26 novembre : Jugement du procès fait à Paris par un historien au producteur et scénariste de « Séraphine » pour plagiat.
 
Lundi 29 novembre : Procès en appel à Paris de l’affaire dite du « Sentier II »
 
Lundi 29 novembre : Ouverture à Albertville d’un procès dit de la dioxine. Plusieurs prévenus doivent répondre des nuisances provoquées par les rejets d’un vieil incinérateur de déchets.
 
Jeudi 2 décembre : Jugement concernant Jean Marie le Pen poursuivi pour « injures raciales ».
 
Vendredi 3 décembre : Procès à Lille de l’ancien maire Pierre Mauroy et de Lyne Cohen-Solal, adjointe au maire de Paris pour un emploi fictif présumé.
 
Lundi 6 décembre : Jugement dans l’affaire du crash du « Concorde » à Pontoise.
 
Lundi 6 décembre : Ouverture à Paris d’un procès où seront jugés par contumace 14 anciens responsables de la junte chilienne.
 
Mercredi 8 décembre : Alain Pélugat est rejugé dans l’affaire de l’Arche de Zoé. Il est le seul à avoir fait appel de sa condamnation à 8 ans de travaux forcés qui avaient été commuée en 8 ans de prison à Créteil.
 
Jeudi 9 décembre : Le tribunal civil de Paris se penche à nouveau sur la demande de Jean Philippe Rouchon d’être reconnu comme un membre de la famille Michelin.
 
Lundi 13 décembre : Ouverture à Pontoise du procès du meurtrier présumé d’Anne Lorraine Schmitt dans le RER D en novembre 2007. Pour l’accusation, l’individu a agit en état de récidive légale.
 
Lundi 13 décembre : Le tribunal de police de Nantes rend sa décision sur une contestation de PV pour le port d’un niquab au volant
 
Vendredi 17 décembre : Arrêt de la chambre de l’instruction de Versailles sur le renvoi ou non aux assises d’un des fils de Philippe de Villiers pour vois à l’encontre d’un de ses frères.
 
 
Lundi 10 janvier 2011 : Redémarrage du procès de Jean Michel Bissonnet et de ses complices présumés pour le meurtre de son épouse. Le procès avait été renvoyé suite à la défection de ses avocats après la révélation d’une tentative de subornation de témoins.
 
Mardi 18 janvier: Procès des agresseurs de Bruno Weil, tentative de meurtre à caractère homophobe deavant les assises de Créteil.
 
Mercredi 19 janvier : Procès en appel à paris de l’affaire « Angolagate » avec Falcone, Gaydamak, Pasqua et Marchiani.
 
Jeudi 20 janvier : Nouveau procès des détenus de Guantanamo après une cassation de leur relaxe.
 
Vendredi 21 janvier : Le tribunal correctionnel de Paris rend son jugement contre l’ex-PDG de Vivendi Universal, Jean-Marie Messier. Le parquet avait requis une relaxe dès le premier jour du procès.
 
Lundi 7 mars : Début du procès de Jacques Chirac désormais jugé pour 28 emplois fictifs. 9 autres prévenus sont à ses cotés sur le banc des prévenus.
 
Mercredi 9 mars : Procès de l’association qui gérait un immeuble vétuste dans le procès pour la mort lors d’un incendie de 17 locataires.
 
Jeudi 17 mars : Procès en diffamation opposant Didier Porte à Arthur.
 
Mardi 22 mars : Procès en diffamation opposant Pierre Perret au Nouvel Observateur.
 
Lundi 28 mars : Le cardiologue allemand Dieter Krombach comparait pour le meurtre de la jeune Kalinka Bamberski. Le père de cette dernière est soupçonné d’être l’auteur de son enlèvement qui a permis son arrestation en France.
 
Vendredi 29 avril : Procès du député communiste Maxime Gremetz pour violences contre un conseiller régional socialiste.
 
Lundi 2 mai : Après la cassation de sa seconde condamnation, Yvan Colonna est rejugé pour la troisième fois pour l’assassinat du préfet Erignac.
 
Lundi 2 mai : Dominique de Villepin, Imad Lahoud et Jean Louis Gergorin sont rejugés dans l’affaire Clearstream. Nicolas Sarkozy ne sera pas représenté à l’audience. Le Chef de l’Etat a retiré sa constitution de partie civile après le jugement.
 
Jeudi 5 mai: Arrêt de la cour d’appel de Paris dans l’affaire de l’Hormone de croissance.
 
Lundi 20 juin : Olivier Besancenot comparait à Nanterre avec 15 autres postiers pour séquestration au sein de la Direction départementale de la Poste.
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Hormone de Croissance: l’avocat général ne veut pas d’une seconde relaxe

 
Bruno Sturlese, avocat général à la cour d’appel de Paris sait qu’il est autant écouté par les prévenus que par les parties civiles. Ainsi tout au long des 2 heures et demi de son réquisitoire, le magistrat va s’efforcer de se démarquer du jugement qui a été rendu en janvier 2009. Un jugement de relaxe qui ne veut pas voir une seconde fois prononcé par les juges d’appel. « La première instance a été un rendez-vous manqué avec la vérité » a dit déclaré en préambule.
 
Analyse juridique, scientifique et humaine de ce dossier qui avec le temps s’est vu réduit à la portion congrue. D’un coté, le nombre de décès a augmenté pour atteindre aujourd’hui 120. De l’autre, deux des prévenus sont morts à la fin de la procédure. L’un durant le délibéré des premiers juges. L’autre avant le procès en appel.
 
Dans ce second procès, trois prévenus, relaxés en première instance, ne sont poursuivis que sur le volet civil du dossier. En vue pour eux d’éventuels dommages et intérêts à verser aux parties civiles.
 
Deux prévenus sont rejugés au pénal. Fernand Dray, 88 ans, ex directeur du laboratoire de l’Institut Pasteur et Elisabeth Mugnier, 61 ans, une des responsables de la collecte des hypophyses.
 
Pour l’avocat général, le premier a « gravement manqué à l’esprit des bonnes pratiques ». « Vous n’êtes pas un exécutant mais un décideur » assène le magistrat à l’encontre du vieil homme qui prend des notes. Puis l’avocat général poursuit : «  Je soutiens qu’il connaissait le risque de contamination », ce que conteste énergiquement M° Henri Leclerc, son avocat à la sortie de l’audience. Pour son « manque de rigueur, de recul, de vigilance et d’humilité », le magistrat requiert 3 ans avec sursis, contre 4 ans avec sursis requis en première instance.
 
Contre la seconde, il réclame entre 6 mois et 12 mois avec sursis (un an au premier procès). « Elle s’est livrée à une course à l’hypophyse privilégiant le rendement quantitatif au détriment des protections sanitaires ».
 
Ce procès intervient 30 ans après les faits. Après une procédure longue, sans fin pour les deux parties, défense et victimes. « Avant d’être condamné, vous êtes déjà sanctionné par ce marathon judiciaire humiliant et stigmatisant » lance Bruno Sturlese à l’encontre de Fernand Dray. A la suspension d’audience, une mère d’un enfant mort à l’âge de 13 ans nous déclare qu’elle ne souhaite pas voir ses deux prévenus en prison. « Seulement qu’ils soient considérés comme coupables » nous dit-elle.
 
Pour le représentant de l’accusation, le jugement de condamnation doit avoir une autre valeur. « Un signal clair et dissuasif » à l’encontre de la communauté scientifique et médicale. Faisant allusion aux récents événements du médicament « Merdiator », l’avocat général insiste sur ses mots. « Les catastrophes sanitaires ne sont pas derrière nous ».
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Michèle Alliot-Marie ne veut plus voir les jurés et Michel Mercier en veut plus

 
Pour MAM, la justice serait-elle devenue des affaires étrangères ?
 
Après avoir donné son accord de principe pour venir témoigner au procès des complices présumés de Youssouf Fofana jugés en appel à Créteil, l’ex Garde des Sceaux se dit désormais réticence au nom de la « séparation des pouvoirs ». La lettre dans laquelle elle évoque sa nouvelle position date du 15 novembre. Au lendemain du remaniement.
Outre son changement de portefeuille, on ne comprend pas bien pourquoi ce retournement. Ce que pouvait faire un ministre de la justice deviendrait-il impossible quand on occupe un autre poste au gouvernement ?
 
On ne sait comment cette nouveauté a été accueillie par le président de la cour d’assises. L’une des avocates du dossier, connue pour son franc-parler, M° Françoise Cotta, n’a pas caché sa surprise. « On est dans la grande inconséquence(…) Il faut savoir si la cour a été réunie pour deux mois pour satisfaire à de simples raisons politiques ».
 
On ne saura pas avant le 29 novembre si Olivier Leurent, le président des assises, décide de faire comparaître l’ex ministre de la justice devant les jurés.
 
Des jurés soumis à forte épreuve. Alors que les faits concernant Ilan Halimi ont été abordés, des photos et des enregistrements sonores leur ont été présentés ces derniers jours. A tel point que mardi l’un d’entre eux a été pris de malaise et a du être remplacé par un juré suppléant.
 
Quant au successeur de MAM, Michel Mercier, à peine arrivé à la Chancellerie, il s’est retrouvé aujourd’hui face aux magistrats lors du congrès annuel de l’USM.
 
Alors qu’on ne parle plus de la suppression du juge d’instruction, le nouveau chantier est l’arrivée des citoyens dans les tribunaux correctionnels et aux cotés des juges d’application des peines.
 
Le nouveau Garde des Sceaux qui promet une concertation à partir de janvier 2011 a sa petite idée. Il limiterait leur intervention en correctionnel que pour les délits graves et en appel.
 
Jugés pas seulement aux assises, les français et les politiques y sont majoritairement favorables. Les magistrats opposés. Ils mettent en avant la complexité juridiques des dossiers envisagés et le cout financier qu’une telle mesure représente. 76,88 euros par jour et par juré en guise d’indemnité journalière. Le précédent ministre de la justice envisageait de supprimer les jurés populaires aux assises par mesure d’économie. Aujourd’hui, ils sont devenus incontournables.
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