Archives quotidiennes : 26 juin 2007

Retravailler après un cancer.

L’amélioration des traitements, le fait que les cures de chimiothérapie nécessitent de moins en moins de rester à l’hôpital, a pour corollaire que les patients traités pour un cancer ont envie de reprendre le travail.
Mais le monde de l’entreprise a encore beaucoup d’efforts à faire pour les accepter.
Pourtant, il existe un moyen très utile et très méconnu de gérer son retour au travail.

Retravailler, revenir sur la planète des vivants. Quand j’ai rencontré cette femme de cinquante ans qui, à trois reprises, a été frappée par un cancer du sein, elle m’a dit combien elle avait eu envie, dès que les choses avaient semblé aller mieux, repartir au boulot.
« Je n’avais pas les moyens de rester en longue maladie et à demi-salaire. Et puis je n’avais aucune raison de ne pas me remettre au travail. A partir du moment où mon cancérologue était d’accord et comme je me sentais bien «.

Cette femme a donc retrouvé son entreprise, mais pas au même poste, car elle a commencé par un « mi-temps thérapeutique ».
Elle a dû ensuite passer d’un emploi technique à un poste administratif.

Ils sont ainsi des milliers, hommes et femmes qui, aujourd’hui, reviennent dans le monde de l’entreprise alors qu’ils sont encore sous traitement. La modification des thérapeutiques, le fait que beaucoup de chimiothérapies se font en « ambulatoire », c’est-à-dire par des séjours de quelques heures seulement à l’hôpital, ont vraiment changé la donne.

Un contexte souvent difficile

Mais ce retour n’est pas toujours simple. Il y a d’abord les peurs. Peur des salariés, ou plutôt appréhension face à un ou une collègue dont on sait que la maladie est souvent qualifiée de « longue et cruelle ».
Peur du patient vis-à-vis du regard des autres, également. « Je n’aimais pas l’image que je donnais de moi » se rappelle mon interlocutrice « j’avais perdu mes cheveux, ils repoussaient à peine et étaient touts gris ».

Mais on s’habitue vite à l’image, ce n’est pas le problème majeur. A en croire la responsable du service social d’un très gros centre de lutte contre le cancer, la difficulté du retour au travail vient souvent des collègues. Dans un contexte de précarité, de flux tendu, de productivité, chacun doit être au maximum. Quand une personne commence à s’absenter une ou deux journées parce qu’elle est fatiguée, ou parce qu’elle a sa chimiothérapie, la charge de travail des collègues augmente d’autant. Comme on ne va pas remplacer le manquant, la répétition des absences va faire parfois monter un climat de moins en moins tolérant vis-à-vis de celle ou de celui qui a eu un cancer.

« N’oubliez pas », souligne cette responsable « on ne peut pas licencier quelqu’un à cause de son cancer. Mais on peut le licencier si ses absences répétées portent tort à l’activité de l’entreprise ».

La visite de pré-reprise

Alors, pour minimiser les risques liés au retour en entreprise, il existe un instrument récent et assez efficace.
C’est la visite médicale dite de « pré-reprise ». Cette visite se fait auprès du médecin du travail. Mais c’est le ou la patiente qui seul€ peut la demander, à condition bien sûr d’en connaître l’existence !
Idéalement, cette visite se passe deux à trois mois avant le moment prévu pour le retour. Le médecin du travail va contacter l’employeur, explorer avec lui les possibilités d’aménagement de poste, d’horaires, une éventuelle reconversion même.
Bien évidemment, le secret médical est absolu et le chef d’entreprise ne doit rien connaître du diagnostic, pas plus que quiconque dans l’entreprise.

L’intérêt de cette pré-visite c’est qu’elle met en jeu une approche pluridisciplinaire. Ergonomes, assistante sociale, psychologue peuvent ainsi collaborer avec le médecin du travail et le patient.

Mais il restera toujours des obstacles, des difficultés et des injustices à affronter. Ainsi les absences pénalisent le patient quant à l’attribution des primes et les longues périodes d’éloignement freinent l’évolution des carrières et du salaire.

Le cancer a été déclaré grand chantier présidentiel en 2002. Le chantier est encore loin d’être achevé.

PS : ce thème sera abordé jeudi 28 juin lors du congrès EUROCANCER qui se tient à Paris.

www.eurocancer.com



Retravailler après un cancer – Ma-Tvideo France2

Retravailler après un cancer – Ma-Tvideo France2
Solange de Nazelle, responsable du service social de l’institut Curie, à Paris, souligne l’importance pour les personnes qui veulent retravailler de demander une visite de "pré-reprise".
Mots-clés : cancer travail medecine Video de jd_flaysakier

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Diabète de type 2 : controverse sur un médicament.

Un de mes vieux maîtres à l’hôpital nous rappelait que « toujours » et « jamais » sont des mots qu’on pouvait prononcer en amour ou en politique, mais jamais en médecine ! L’incertitude est le propre de la vie et l’oublier est particulièrement risqué, surtout lorsqu’il s’agit des effets à long terme des traitements.

C’est une véritable « bombe » que Steve Nissen a fait exploser le 5 juin dernier. Ne recherchez pas son nom sur la liste des terroristes d’Al Qaida, cet honnête citoyen américain est un éminent cardiologue qui exerce son art à Cleveland, dans l’état de l’Ohio. Dans une des revues médicales les plus lues au monde, le New England Journal of Médicine (NEJM), Le Dr. Nissen a mis en cause un médicament prescrit à des millions de personnes souffrant de diabète de type 2, ce qu’on appelle encore le diabète gras ou diabète de la maturité . Ce médicament c’est la rosiglitazone, commercialisée sous le nom d’ Avandia. Dans cet article publié en ligne et accessible sans abonnement (10.1056/NEJMoa072761) sur le site de la revue ( www.nejm.org,) , Nissen affirme que ce médicament accroît de façon non négligeable le risque d’infarctus du myocarde et de décès liés à une cause cardiovasculaire.

On savait que ce médicament faisait prendre du poids et qu’il augmentait le risque de défaillance cardiaque, mais ce risque d’infarctus n’avait jamais été mis en évidence jusque là.

Pour en arriver à cette conclusion, Nissen n’a pas, cependant, mené une étude comparant des patients prenant ce médicament et des patients ne le prenant pas. Il a utilisé une technique dite de « meta-analyse ». Cette technique consiste à retrouver un certain nombre d’études déjà publiées, de les mettre ensemble en fonction de certains critères et d’analyser cette « mage- étude ».

Le problème c’est que cette technique est assez imparfaite puisque cette « compil » ne permet pas d’avoir toutes les informations sur chacune des études et l’analyse peut s’avérer assez imprécise. Il n’empêche que le travail de Nissen a provoqué un énorme trouble dans la communauté médicale, chez les patients et à la Bourse de New York ! Le titre du fabricant, le laboratoire GSK ; a pris une « claque » qui se traduit en une dépréciation de plusieurs centaines de millions d’euros.

Si les résultats de l’analyse de Nissen font l’objet de contestations et pas seulement de la part du laboratoire, ils soulignent une nouvelle fois un vrai problème : celui de la surveillance des effets indésirables des médicaments une fois qu’ils sont sur le marché. Avant la commercialisation d’un médicament, des études rigoureuses menées sur plusieurs milliers de patients permettent de mettre en évidence un certain nombre d’effets néfastes ou dangereux.

Mais ces études n’ont rien à voir avec ce qui se passe dans la vraie vie, d’autant que certains effets ne peuvent apparaître qu’une fois sur cent mille par exemple.

C’est là que la surveillance prend toute son importance. Normalement, tout accident ou incident doit être être signalé aux autorités compétentes par le médecin, le pharmacien, la sage-femme ou l’infirmière. C’est une obligation légale, en France.

Mais il n’est pas toujours facile de savoir si un infarctus peut être relié à la prise d’un médicament anti-inflammatoire par exemple. Or, l’arrivée,il y a quelques années de nouveaux anti-inflammatoires appelés coxibs a montré que ces médicaments pouvaient être à l’origine d’accidents cardiaques lorsqu’ils étaient pris de façon régulière et pendant une période longue, supérieure à dix-huit mois.

Ces événements indésirables avaient été plus ou moins mis en évidence dans des études préliminaires, mais il semble que les données qui auraient permis de tirer le signal d’alarme avaient été « oubliées » dans les dossiers remis aux autorités chargées de donner le feu vert à la commercialisation de l’un de ces produits.

Il faut donc que les industriels du médicament et les autorités sanitaires décident de mener des études en aval de la commercialisation d’un médicament pour détecter d’éventuels incidents et accidents qui auraient pu être ignorés dans les études menant à la mise au point des traitements. De telles études coûtent fort cher et ne sont pas monnaie courante. Pourtant il sera difficile de s’en passer.

Lorsqu’en 1996 par exemple sont arrivées les anti-prot éases, médicaments très efficaces contre le VIH, tout le monde s’est réjoui de la baisse de mortalité des patients infectés par le virus du sida. Mais deux ans plus tard, on s’est aperçu que la prise de combinaisons thérapeutiques, notamment la trithérapie, générait des déordres importants comme l’élévation du taux de cholestérol dans le sang ou l’apparition de diabète.

Plus un médicament est efficace, plus le risque de voir des effets secondaires est réel. Il y a toujours un « prix à payer ». Cela suppose donc que les consommateurs soient mieux informés et que l’information des médecins soit indépendante de l’industrie pharmaceutique autant que faire se peut.

Il n’y a pas de traitement miracle, pas de médicament sans désagrément. Mais on peut minimiser les risques à la condition d’en avoir la volonté.

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