Archives mensuelles : juillet 2007

Cancer: les inégalités nord-sud

Le vaccin contre les papillomavirus, responsables de la majorité des cancers du col de l’utérus, va être pris en charge par l’Assurance maladie. Bonne nouvelle pour les femmes françaises. Mais ce vaccin devrait surtout être employé dans les pays pauvres et là rien n’est fait pour qu’il y soit vendu à un prix acceptable. Le cancer est-il une maladie soignable ou possible à prévenir seulement dans les pays riches ?

A 145 euros la dose et avec trois doses nécessaires pour avoir un effet protecteur, le vaccin contre les papillomavirus ( HPV) vivait des moments difficiles en France. Mais les autorités sanitaires ont fini par accepter qu’il soit pris en charge. Ce vaccin immunise contre 70 % des virus HPV retrouvés dans les cancers du col. Il est donc utile, mais ne garantit pas une protection absolue et surtout, ne remet pas une seconde en cause le rôle fondamental du dépistage par frottis.
Ce dépistage n’est pas fait de façon satisfaisante en France, car les femmes les plus à risque, en particulier celles dont les conditions de vie sont les plus difficiles économiquement, n’en bénéficient pas suffisamment.
Globalement on fait assez de frottis pour surveiller toutes les femmes, mais quand on rentre dans le détail, on voit que la moitié des femmes qui auraient besoin de ce dépistage en sont exclues !

Le cancer du col de l’utérus diminue en fréquence dans nos pays, même s’il provoque chaque année près de 2000 décès en France, dont près de 80 % auraient pu être évités.

Mais dans les pays pauvres où les femmes ont souvent des partenaires multiples, en raison notamment d’une prostitution de survie, c’es à dire pour pouvoir avoir de quoi faire au moins un repas, le cancer du col fait des énormes ravages.
Et là, pas question d’aller chez sa gynécologue car ces spécialistes travaillent essentiellement dans les beaux quartiers des capitales et à usage d’une élite qui peut s’offrir leur prestation.

Difficile aussi de trouver dans les dispensaires des femmes médecins ou infirmières formées à la pratique du dépistage et des labos pouvant lire les examens.

C’est dire combien ces nouveaux vaccins contre le HPV seraient utiles dans ces pays, mais 145 euros la dose c’est environ un mois et demi de salaire, quand on a un travail !

Comment donc imaginer que ces vaccins arrivent dans ces pays qui en ont tant besoin sans une action conjointe de l’Organisation mondiale de la santé et des industriels ?

Autre exemple, le cancer primitif du foie, qu’on appelle adénocarcinome hépatique. Peu fréquent chez nous, il est très répandu en Afrique et en Asie car c’est le résultat de l’évolution sur plusieurs années de la contamination par les virus des hépatites B et C.

Grâce à la vaccination contre l’hépatite B, de nombreux pays ont pu diminuer le nombre de cas de cancers du foie. Mais il en reste malheureusement.
Début juin, à Chicago, des médecins de Barcelone ont montré qu’un médicament, le sorafénib, vendu sous le nom de Nexavar, polongeait la vie des personnes atteintes de ce cancer
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Petit détail, un an de traitement coûte environ 50 000 euros ! Quel Africain peut imaginer accéder à ce médicament ?

Depuis quelques années, le monde occidental a décidé d’aider les pays en voie de développement à lutter contre le paludisme, la tuberculose et le sida. Il était grand temps de se réveiller et, même si on est loin des objectifs prévus, les choses bougent et les prix des traitements ont déjà bien diminués.

Mais le cancer ne passionne apparemment pas les grands bailleurs de fonds et les organisations internationales.

Pourtant, dans ces pays pauvres, les affections cancéreuses existent.
Il suffit de se promener dans une artère des grandes capitales d’Afrique de l’Ouest.
L’air y est souvent difficilement respirable tant la pollution est importante, notamment en raison de la circulation de véhicules importés d’Europe et qui ne passeraient pas le contrôle technique chez nous. Ajoutez à cela l’utilisation d’essence frelatée. Et pour couronner le tout, une consommation de tabac importante puisque les manufacturiers ont choisi depuis longtemps de se rabattre sur les pays pauvres dont les législations anti-tabac sont quasiment inexistantes.

Faute d’études épidémiologiques, on ne peut savoir quel est le poids des maladies cancéreuses dans ces pays, mais tous les spécialistes s’accordent pour dire qu’il est totalement sous-estimé.

Les fabricants du vaccin contre le HPV sont américains, anglais et français. Lequel des trois aura l’idée et le courage de proposer ce vaccin aux femmes des pays pauvres à des prix décents ?
Puisque la France est leader dans le projet UNITAID, financé en partie par une taxe sur les billets d’avion, peut-être verra-t-on notre pays et ses industriels donner une nouvelle fois le bon exemple ?

N’oublions pas, comme le disait Aragon que la femme est l’avenir de l’homme.

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Infirmières bulgares: le prix de la vie humaine c’est un demi- superpétrolier !

Le drame des enfants libyens contaminés par le virus du sida et le drame des six personnes faussement accusées d’en être la cause permet de résoudre enfin un vieux dilemme : quel est le prix de la vie humaine ?

Il aura donc fallu 468 millions de dollars, soit 341 millions d’euros pour que les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien, désormais bulgare lui aussi, puissent échapper à la plus injuste des condamnations.

Un observateur froid et dénué de tout sentiment ferait remarquer qu’avec une telle somme on a payé pour la non-exécution de ces six malheureuses personnes l’équivalent de 6 324324 barils de pétrole au cours de 74 dollars le baril.
Toujours aussi froid, notre observateur, sachant que le baril représente 159 litres et que le pétrole a une densité de 0,9 environ, conclurait que cette somme équivaut donc à 905000 tonnes de pétrole environ, soit l’équivalent de trois supertankers.

Plus sérieusement, cette terrible histoire montre combien la science, fut-elle pratiquée par les meilleurs, est impuissante face à la politique.
Car les plus grands spécialistes en matière de virologie et plus particulièrement dans le domaine du VIH, le virus du sida, ont travaillé sur les prélèvements sanguins obtenus chez les enfants libyens.

Ils ont pu déterminer avec une extrême précision que le virus impliqué dans ces dramatiques contaminations datait tout au plus de 1998, c’est-à-dire un an avant que les infirmières et le médecin arrivent dans l’hôpital.
Mais rien n’y aura fait. La science n’a pas grand poids en général, et encore moins quand la volonté de désigner des coupables est si forte.

Il est évident que ces enfants ont été contaminées par un manque flagrant d’hygiène comme on peut encore en voir dans certains pays, où, par exemple, le matériel n’a d’usage unique que le nom.
Il est également indiscutable que beaucoup de ces enfants n’ont pas reçu suffisamment tôt les soins que nécessite leur état.
La douleur des parents et la douleur de ces enfants ne peut en aucun cas être négligée. Elle mérite le respect et que soient mis en œuvre tous les moyens pour apporter à ces petites victimes ce dont on dispose de mieux pour atténuer les effets de la maladie aujourd’hui.

Cruellement frappées, les familles ont cherché des responsables, comme le font à travers le monde tous les parents dont les enfants contractent une affection au pronostic très grave.
Le contexte local a fait qu’il était impensable, pour les autorités, de dire la vérité des faits.

Mais nos démocraties ne sont pas totalement à l’abri de situations certes moins dramatiques, mais tout aussi problématiques quand les données scientifiques ne vont pas dans le même sens que ce qu’attendant victimes et opinion publique.
Le lien de cause à effet entre un geste donné, et une dégradation de l’état de santé nécessite souvent de longues et difficiles études épidémiologiques qui, très rarement, permettent de conclure à une causalité. Ce fut le cas par exemple lors de la survenue de formes très rares de cancer du foie, des angiosarcomes, chez des ouvriers exposés au monochlorure de vinyle, le MVC.
Mais le plus souvent, on a du mal à montrer une relation directe et on parle plutôt d’association. L’exposition à tel produit est associée au risque de développer une maladie X.

Cela ne veut pas dire que les chercheurs refusent de voir un lien de cause à effet, mais qu’ils considèrent qu’il peut exister d’autres facteurs qui permettent d’expliquer la survenue de la maladie en plus de l’exposition proprement dite.

On sait, par exemple, qu’il existe des prédispositions génétiques qui font que deux personnes exposées à la même dose de pesticides pendant la même durée ne courent pas le même risque de développer une maladie neurologique.

Mais un juge ou une commission chargée de statuer sur une demande d’indemnisation genre peuvent décider que le lien de cause à effet existe, malgré ce que dit l’état de la science aujourd’hui,

La science vit d’hypothèses, de doute et de remise perpétuelle en question des théories.
Dans notre société avide de certitudes, c’est plutôt inconfortable !

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L’expert, les bretelles et la ceinture.

A la notable exception des jeux de hasard, tels le Loto ou Euromillion, nous autres Français n’aimons pas particulièrement le risque sous quelque forme que ce soit. Nous voulons des certitudes, même là où elles n’existent pas, d’où la remarquable prolifération d’experts en tous genres, en particulier dans les médias.

Comme je l’évoquais déjà dans un billet précédent (« diabète de type 2 : controverse sur un médicament »), l’un de mes vieux maîtres en médecine avait l’habitude de nous rappeler que « toujours » et « jamais » étaient des termes qu’on pouvait seulement utiliser en amour et en politique, mais pas en médecine ou en biologie.
Traduits en termes de probabilités « toujours » et « jamais » c’ce sont 100 % et 0 %.
Or, aucune mesure dans le domaine biologique ne peut atteindre ce degré de certitude. Ce n’est pas la maladresse des opérateurs qui est en cause, c’est la nature elle-même. De fait, chaque expérience, chaque mesure se fait sur un échantillon, jamais sur la population entière. Quand bina même on mesurerait le taux de telle substance dans le sang de dix millions de personnes, on serait loin des six milliards d’habitants de la planète.

Il ne faut donc jamais oublier que nous travaillons et vivons dans un monde où l’uniformité n’existe pas, hormis peut-être dans les races pures d’animaux de laboratoire !
Le mode est fait de variations entre les êtres, même au sein d’un même individu.
Votre taux de globule blancs, par exemple, mesuré à deux moments distincts de la journée, pourra parfaitement varier alors que vous êtes le même. Mais ces cellules ont diverses tâches qui les retiennent dans des compartiments de l’organisme en fonction des besoins !

Même les fameuses empreintes génétiques dérivées de l’ADN ne donnent jamais un résultat à 100 %. Certes, le nombre de 9 derrière la virgule est impressionnant, mais il y a toujours une possibilité d’erreur ou des variations biologiques qui font qu’on n’atteint pas la perfection absolue.

La pluie et le beau temps

Le meilleur exemple et le plus courant c’est celui des prévisions météo. Dans les pays anglo-saxons, notamment en Angleterre et aux Etats-Unis, depuis toujours on vous annonce qu’il y aura 60 % de probabilité de pluie le lendemain, jamais qu’il pleuvra.
Chez nous, la prévision commence, depuis quelque temps, à intégrer cette notion de probabilité en parlant d’un indice de confiance de 3/5 ou de 4/5 par exemple, soit 60 ou 80 %.

Que se passe-t-il donc quand, face à une question de santé publique ou à un risque épidémique par exemple, une décision doit être prise ?
A chaque fois, il y a un grand nombre de données incertaines ou incomplètes, ce qui rend la décision d’autant plus compliquée à prendre.

Il faut donc réduire autant que faire se peut le degré d’incertitude en glanant l plus d’informations possibles. C’est là qu’interviennent les experts.
Le rôle de l’expert est d’apporter de la connaissance pour réduire justement la marge d’incertitude, en sachant qu’on n’aura jamais une réponse idéale et simple. Il y a toujours un « prix à payer » dans une prise de décision.

Sans aucun doute

Mais, en aucun cas, l’expert n’est là pour produire de la certitude, Il n’a pas de talents divinatoires. Et c’est là que le bât blesse dans notre société. Notre pays n’a pas une vraie culture scientifique et veut du « risque zéro ». Les fabricants d’électroménager ou d’automobiles vous vendent du matériel à risque zéro, pourquoi ne serait-ce pas ainsi avec le reste ? Un médicament, un vaccin, une opération « zéro défaut » avec « contrat de confiance » ce n’est pas hélas pour demain. D’ailleurs le risque nul en industrie n’est pas un risque « zéro ». Sans entrer dans un cours de statistiques, le but recherché est d’obtenir une fiabilité supérieure à 99, 99 %, mais jamais d’attendre les 100 %.

Mais cela n’empêche pas notre société de vouloir quand même de la certitude et cela a permis la création d’un vrai marché, celui des « experts médiatiques ». Ces gens savent tout sur tout et surtout « produisent « de la certitude. Ils sont « tous terrains », et leur opinion est d’autant plus définitive qu’ils s’éloignent de leur champ de compétence.

Des passages répétés à la télévision ou dans les journaux leur permettent d’asseoir une réputation souvent pas totalement justifiée ou d’avaliser des recherches assez contestables, mais qu’ils n’auront pas à faire vérifier par la communauté scientifique puisque les médias les auront adoubées.

Le plus gênant dans cette affaire, c’est que certains magistrats ont parfois recours à ces experts « vus à la télé » pour des dossiers sensibles et vont leur demander leur avis sur des dossiers difficiles. On peut alors légitimement se demander si ce choix est judicieux et équitable.

Apprendre à douter, savoir vivre sans certitude a priori n’est pas obligatoirement une tare.
L’incertitude est inconfortable, certes, ais elle permet de progresser et de s’ouvrir à des connaissances.
Mai cela n’est pas facile, nécessite parfois beaucoup de courage et face au rouleau compresseur des medias et de l’opinion publique, les décideurs choisissent d’aller souvent vers la solution la moins risquée, qui n’est pas obligatoirement la meilleure ni la plus efficace.

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Dopage: pourquoi les vaches courent-elles moins vite que le TGV ?

Il y a quelques jours, un athlète français a subi un contrôle antidopage positif pour la testostérone, la principale hormone mâle, l’anabolisant par essence. Excuse invoquée par le sportif : il avait pris des compléments alimentaires. Mais les hormones ne font pas, a priori, partie des aliments que nous consommons !

Bien évidemment, les compléments ingurgités par et athlète n’ont rien d’alimentaire.
Mais c’est l’alibi que les fournisseurs de ces sportifs utilisent pour leur faire avaler ces substances censées être « naturelles » et donc dénuées de risques, selon eux.

Mais voilà, s’il suffisait de consommer des extraits de plantes pour acquérir une musculature de compétition, il y a bien longtemps que les vaches doubleraient les TGV à la course. Or, bien qu’abonné SNCF, je n’ai pas encore constaté ce phénomène sur la ligne que je fréquente régulièrement !

Et pour cause. Ces compléments sont, certes, à base de plantes. Mais pas tous . L’un des produits les plus vendus dans les rayons des drugstores américains par exemple, indique dans sa formule le terme « orchis ». Inutile de vous jeter sur des ouvrages de botanique pour rechercher de quelle fleur il s’agit. Mieux vaut consulter un ouvrage sur les animaux de la ferme. Car ce terme désigne des extraits de testicule de taureau ! Et que fabrique cet organe ? Des hormones mâles, bien sûr, des anabolisants !

Autrement dit, certains de ces produits, annoncés comme « diététiques » sont coupés avec des hormones, nandrolone ou androstenedione, qui sont, en fait les vrais responsables d’une légère augmentation de la masse musculaire.

Des méthodes qui s’apparentent ni plus ni moins qu’au trafic de stupéfiants ! D’ailleurs les réseaux d’approvisionnement sont souvent les mêmes. Une étude menée dans des salles de gymnastique de New-York avait montré que, parmi les clients les plus consommateurs de ces produits, près de 60 % avaient aussi eu recours à la cocaïne et à l’héroïne.

Le monde sportif vit mal la suspicion qui se porte sur lui et il est évident que certains athlètes ne savent pas vraiment ce qu’ils prennent.
Mais ce qui est certain c’est qu’il y a un vrai travail à faire dans leur entourage pour écarter des « préparateurs » ou des « soigneurs » autoproclamés et dont le statut est plus proche de celui des dealers.

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Grippe aviaire: comment y laisser le minimum de plumes.

La mort de trois cygnes en Moselle, liée au virus H5N1, a fait remonter le niveau de vigilance face au risque sanitaire que ce virus fait peser sur les animaux d’abord, sur les humains ensuite.

Cette grippe aviaire c’est un peu comme pour Sœur Anne : on la guette et on ne voit rien venir. Alors une partie de l’opinion et certains intellectuels voient dans ces précautions et les exercices sanitaires une forme d’exagération.

Il n’y a pourtant là aucune exagération. Bien au contraire, la façon dont est gérée cette menace potentielle est plutôt exemplaire en termes de santé publique.

Quelles sont les données ? On sait, statistiquement, qu’une menace de grippe particulièrement virulente menace la planète. Cette pandémie sera liée à l’apparition d’un virus dont l’origine sera un oiseau et qui aura acquis suffisamment de caractères « humains » pour pouvoir nous contaminer.
De tels épisodes ont déjà existé en 1918, 1957 et 1968-69.
On sait que le foyer de départ sera l’Asie, en raison de la très grande promiscuité entre les oiseaux et volailles, les porcs et les hommes. Le cochon sert de « mixer » aux virus aviaire et humain, pour laisser ressortir un virus recombiné « humanisé ».
La facilité de déplacement, le fait qu’on puisse incuber cette grippe pendant plusieurs jours sans avoir de fièvre augmentent les risques de dissémination.
Ajoutez à cela des autorités locales pas toujours adeptes de la transparence et tout est réuni pour qu’un jour les choses se passent plutôt mal.
Seul problème, on ne sait pas quand cela se produira, tout le monde espère que ce sera le plus tard possible !

Mais comme la menace est connue, autant s’y préparer. C’est, en effet, la première fois qu’on peut voir venir une crise sanitaire et mesurer notre degré de préparation. Quand le sida a explosé dans le début des années quatre-vingts, personne n’a vraiment compris ce qui se passait pendant des mois. Une fois l’ampleur de l’épidémie constatée, il a fallu des années pour faire passer les messages de prévention et faire comprendre aux médias et aux populations ce qui se passait.
Avec la crise de l’encéphalopathie spongiforme bovine, l’ESB ou crise de la « vache folle », nous nous sommes également réveillés au milieu du cauchemar.
Il n’est donc pas vain de voir où sont les défauts de notre cuirasse et d monter des scénarios pour mesurer les réponses et adapter les stratégies.
Il y a quelques mois, une revue américaine « Health Affairs » a réalisé un sondage à Singapour, Taiwan, Hong-Kong et Atlanta, aux Etats-Unis. Le but était devoir quelle serait l’acceptation par les populations du port du masque et de la quarantaine en cas d’épidémie.
On a constaté que le message passait correctement à 90 % dans les populations asiatiques, mais que dans le monde occidental, à peine la moitié des personnes interrogées disaient être prêtes à se soumettre à des mesures d’hygiène et de restriction de circulation.

Il y a donc un vrai travail d’information à développer et mieux vaut le faire à froid qu’à chaud en plein milieu d’une crise.

Mais cela ne doit pas pour autant générer de psychose inverse et déclencher une crise économique envers la production de volaille.
En ce qui me concerne, j’ai déjà réservé un poulet pour dimanche.

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Les bienfaits des séries comme "Urgences"

C’est reparti pour « Urgences », la série américaine qui fut, à son lancement un véritable événement. Son créateur n’est autre, en effet que Michael Chrichton, l’auteur de « Jurassic Park ». Chrichton est psychiatre de formation. Bien qu’ayant été formé à Boston, il a choisi de situer l’action de la série à Chicago, au Cook County Hospital.

Et ce n’est pas un hasard, car, à Chicago, cet hôpital est un des rares à accepter tout le monde, quels que soient ses revenus. Les autres hôpitaux de la ville sont privés. On vous soigne si vous pouvez apporter la preuve que vous avez les ressources suffisantes.
Sinon, on vous administre les soins de base, on stabilise votre état en as d’urgence et, hop !, dans une ambulance pour le Cook County !

Il y a quelques années, une étude avait montré que la mortalité dans cet hôpital était le triple de celle des autres établissements de la ville, puisqu’il recevait non seulement les patients qui lui étaient adressés mais aussi ceux rejetés des autres endroits !

Avec le temps, les séries médicales se sont multipliées. Il faut dire que la vraie dernière grande aventure c’est la maladie. On est allé dans l’espace, sur la lune, au fond des mers et dans tous les déserts.
L’hôpital reste quasiment la dernière « terra incognita ». C’est un lieu où se mêlent la vie, l’amour sous toutes ses formes, et la mort.

« Urgences », comme certaines séries jsur la justice, est une façon de sensibiliser le public américain aux anomalies et aux inégalités du systême, de façon intelligente, sans trop de « pathos » ni de côté grandiloquent.

Mais la force des séries américaines c’est qu’elles savent aussi introduire des messages de santé publique dans leurs scénarios. D’ailleurs certaines universités travaillent de concert avec les ateliers d’écriture des studios de télévision pour faire passer des messages. Ce fut le cas sur le dépistage du sida, sur la nécessité de ne pas boire quand on conduit, sur le rôle de certains médicaments. Dans un autre genre, dans les séries policières, jamais un flic ne démarre sa voiture sans être attaché.

Sur certaines chaines locales, après la diffusion d’un épisode, un programme court de quelques minutes reprend l’un des thèmes évoqués et développe une vraie éducation à la santé.

Les séries américaines tant décriées, n’ont donc pas que des défauts !

Petit retour en arrière avant de conclure sur un sujet abordé ici il y a quelques jours. Je vous parlais de cette « contestation » des génériques qui commençait à poindre. Il semble que le phénomène prenne une certaine ampleur et tourne carrément à la campagne de désinformation.
Des médecins indiquent sur leur ordonnance qu’ils refusent que le pharmacien substitue un générique au produit qu’ils ont prescrit. Le motif invoqué noir sur blanc est « parce que moins efficace ».

Cette affirmation est étrange venant de professionnels de la santé. La plupart des médicaments génériques sont fabriquées par les mêmes usines que les molécules originales et obéissent aux mêmes règles légales, notamment en matière de contrôle de la quantité de produits actifs.

Les autorités sanitaires que j’ai consultées ne signalent aucun problème récent de malfaçon ou de tricherie.

Il se passe certainement quelque chose qui relève de la rumeur et dont il serait intéressant de savoir qui a intérêt à la nourrir.

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