Le vaccin contre les papillomavirus, responsables de la majorité des cancers du col de l’utérus, va être pris en charge par l’Assurance maladie. Bonne nouvelle pour les femmes françaises. Mais ce vaccin devrait surtout être employé dans les pays pauvres et là rien n’est fait pour qu’il y soit vendu à un prix acceptable. Le cancer est-il une maladie soignable ou possible à prévenir seulement dans les pays riches ?
A 145 euros la dose et avec trois doses nécessaires pour avoir un effet protecteur, le vaccin contre les papillomavirus ( HPV) vivait des moments difficiles en France. Mais les autorités sanitaires ont fini par accepter qu’il soit pris en charge. Ce vaccin immunise contre 70 % des virus HPV retrouvés dans les cancers du col. Il est donc utile, mais ne garantit pas une protection absolue et surtout, ne remet pas une seconde en cause le rôle fondamental du dépistage par frottis.
Ce dépistage n’est pas fait de façon satisfaisante en France, car les femmes les plus à risque, en particulier celles dont les conditions de vie sont les plus difficiles économiquement, n’en bénéficient pas suffisamment.
Globalement on fait assez de frottis pour surveiller toutes les femmes, mais quand on rentre dans le détail, on voit que la moitié des femmes qui auraient besoin de ce dépistage en sont exclues !
Le cancer du col de l’utérus diminue en fréquence dans nos pays, même s’il provoque chaque année près de 2000 décès en France, dont près de 80 % auraient pu être évités.
Mais dans les pays pauvres où les femmes ont souvent des partenaires multiples, en raison notamment d’une prostitution de survie, c’es à dire pour pouvoir avoir de quoi faire au moins un repas, le cancer du col fait des énormes ravages.
Et là, pas question d’aller chez sa gynécologue car ces spécialistes travaillent essentiellement dans les beaux quartiers des capitales et à usage d’une élite qui peut s’offrir leur prestation.
Difficile aussi de trouver dans les dispensaires des femmes médecins ou infirmières formées à la pratique du dépistage et des labos pouvant lire les examens.
C’est dire combien ces nouveaux vaccins contre le HPV seraient utiles dans ces pays, mais 145 euros la dose c’est environ un mois et demi de salaire, quand on a un travail !
Comment donc imaginer que ces vaccins arrivent dans ces pays qui en ont tant besoin sans une action conjointe de l’Organisation mondiale de la santé et des industriels ?
Autre exemple, le cancer primitif du foie, qu’on appelle adénocarcinome hépatique. Peu fréquent chez nous, il est très répandu en Afrique et en Asie car c’est le résultat de l’évolution sur plusieurs années de la contamination par les virus des hépatites B et C.
Grâce à la vaccination contre l’hépatite B, de nombreux pays ont pu diminuer le nombre de cas de cancers du foie. Mais il en reste malheureusement.
Début juin, à Chicago, des médecins de Barcelone ont montré qu’un médicament, le sorafénib, vendu sous le nom de Nexavar, polongeait la vie des personnes atteintes de ce cancer
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Petit détail, un an de traitement coûte environ 50 000 euros ! Quel Africain peut imaginer accéder à ce médicament ?
Depuis quelques années, le monde occidental a décidé d’aider les pays en voie de développement à lutter contre le paludisme, la tuberculose et le sida. Il était grand temps de se réveiller et, même si on est loin des objectifs prévus, les choses bougent et les prix des traitements ont déjà bien diminués.
Mais le cancer ne passionne apparemment pas les grands bailleurs de fonds et les organisations internationales.
Pourtant, dans ces pays pauvres, les affections cancéreuses existent.
Il suffit de se promener dans une artère des grandes capitales d’Afrique de l’Ouest.
L’air y est souvent difficilement respirable tant la pollution est importante, notamment en raison de la circulation de véhicules importés d’Europe et qui ne passeraient pas le contrôle technique chez nous. Ajoutez à cela l’utilisation d’essence frelatée. Et pour couronner le tout, une consommation de tabac importante puisque les manufacturiers ont choisi depuis longtemps de se rabattre sur les pays pauvres dont les législations anti-tabac sont quasiment inexistantes.
Faute d’études épidémiologiques, on ne peut savoir quel est le poids des maladies cancéreuses dans ces pays, mais tous les spécialistes s’accordent pour dire qu’il est totalement sous-estimé.
Les fabricants du vaccin contre le HPV sont américains, anglais et français. Lequel des trois aura l’idée et le courage de proposer ce vaccin aux femmes des pays pauvres à des prix décents ?
Puisque la France est leader dans le projet UNITAID, financé en partie par une taxe sur les billets d’avion, peut-être verra-t-on notre pays et ses industriels donner une nouvelle fois le bon exemple ?
N’oublions pas, comme le disait Aragon que la femme est l’avenir de l’homme.








