Archives mensuelles : août 2007

Cancer: congeler des fragments d’ovaire pour être mère un jour

Dans le JT de 20 heures de ce dimanche 25 août ( www.france2.fr puis le JT n vidéo) , vous avez pu voir la belle histoire de cette jeune femme belge, traitée il y a sept ans pour une maladie de Hodgkin, une forme de lymphome, cest à dire une tumeur cancéreuse qui se développe à partir de certains globules blancs, les lymphocytes.

Avant son lourd traitement, par chimiothérapie et radiothérapie, les médecins de l’hôpital Erasme de Bruxelles lui ont proposé de prélever des fragments d’ovaire et de les congeler.
Sept ans plus tard, quand on a été certain que la maladie avait bien été vaincue, ces fragments ont été replacés sur son deuxième ovaire.
Après une première tentative infructueuse et une fausse couche, elle a pu, avec son époux, concevoir un enfant aujourd’hui agé de deux mois. La fillette et sa maman vont bien!

Inégalité des sexes, injustice ? Les jeunes hommes qui sont dans le même cas et pour lesquels on redoute un effet délétère des traitements anticancéreux, se voient proposer de congeler leur sperme afin de pouvoir ensuite avoir des enfants par insémination.

L’exemple le plus fameux et récent est celui des jumelles de Lance Armstrong qui, avant de sombrer dans les bras de sa rockeuse, a conçu ainsi des jumelles avec son épouse.

La technique des prélèvements d’ovaire est beaucoup plus difficile. Pour l’instant, elle n’a donné lieu qu’à quatre naissances. Il y a eu deux autogreffes en Belgique et deux autres naissances en Israel et au Danemark mais cette fois en fécondant les ovocytes en laboratoire avant de lesimplanter dans l’utérus de la mère.

En France, on pratique deja ces prélèvements, mais il n’y a eu aucune grossesse menée à terme.
Cela ne doit pas pour autant décourager toutes les jeunes femmes auxquelles on apprend qu’elles ont un cancer. Hormis les leucémies et les tumeurs touchant l’ovaire, le prélèvement est faisable dans quasiment tous les autres cas.
Il faut donc en parler avec les médecins si ceux-ci n’abordent pas le sujet.

Partagez:

Diabète : les sportifs, le vélo et la pompe à insuline

Des coureurs cyclistes qui se font des injections légalement, ce sera sans doute possible l’an prochain. Mais cette équipe sera un peu particulière, puisqu’elle sera constituée de sportifs diabétiques de type 1, ceux dont l’organisme ne fabrique pas d’insuline.

Elle s’appelle Team Type 1, en français Equipe type 1. Ce nom fait référence à la forme de diabète appelé insulinodépendant.
Dans ce diabète, diagnostiqué souvent chez des enfants très jeunes, l’organisme ne fabrique plus d’insuline. Pour palier la carence des cellules du pancréas, les patients doivent donc avoir recours à des injections quotidiennes d’insuline.

Les coureurs de Team Type 1 sont américains et savent pédaler. Pour preuve ils ont remporté en juin une course-relais à travers les Etats-Unis, Race across America (www.raceacrossamerica.org). Pour aller de Californie jusque dans le New Jersey, soit 4885 kilomètres, l’équipe de 8 cyclistes a mis 5 jours 15 heures et 43 minutes et leur relais a supplanté sept autres équipes de cyclistes « classiques » si j’ose dire. Pour les amateurs ,la carte est en format jpg à la fin du billet.

Equipés de pompes à insuline, ces sportifs sont ainsi protégés des risques de chute brutale du taux de sucre dans le sang, ce qu’on appelle une hypoglycémie et qui entraîne malaises et coma.

Le leader de l’équipe, Phil Southerland, espère arriver à donner un statut professionnel à son équipe d’ici cinq ans avec un objectif : courir le Tour de France.

Ce serait bien sûr un moment important pour tous ceux qui souffrent de diabète de type 1.

Pourtant, il y a déjà eu des cyclistes diabétiques dans le peloton, comme Dominique Garde. Mais il y a eu aussi un grand footballeur anglais, avant-centre de l’équipe nationale, Gary Mabutt. Et l’entraîneur du grand Bjön Borg, Leenhardt Bergelin est également diabétique.

« Mais », me ferez-vous remarquer « l’insuline est sur la liste des substances dopantes dont l’usage est interdit aux sportifs ».
A titre de dopant, sûrement mais quand ce produit permet aux diabétiques de vivre, tout simplement, pas question de parler de dopage !

On est loin des histoires liées à l’usage du salbutamol, médicament qui permet aux asthmatiques de pouvoir dilater le calibre de leurs bronches en cas de gène. Cette molécule est tellement répandue dans le peloton qu’on a l’impression que tous les cyclistes ont développé un asthme d’effort !

Mais l’arrivée d’une telle équipe, même si, répétons-le, des sportifs de haut niveau diabétique existent déjà, aurait vraiment valeur de symbole et d’éducation.

D’abord pour les jeunes diabétiques qui parfois se découragent à l’idée de devoir s’injecter de l’insuline plusieurs fois par jour et qui, pour certains, ont la sensation de ne pas être comme leurs copains.

Education ensuite vers le grand public qui comprendra qu’être diabétique n’empêche pas de mener une vie normale et même exceptionnelle.

Le rôle de sportifs de haut niveau dans la perception d’une maladie par le public est en effet essentiel.
Lance Armstrong tant décrié de ce côté de l’Atlantique est une icône aux Etats-Unis. Il est un « survivant », un homme qui a vécu le cancer, et pas n’importe lequel. Cancer du testicule, métastases au poumon et au cerveau. On lui donnait une probabilité de survie de 20 % au pire moment du diagnostic.

Armstrong a gagné contre le cancer et gagné le Tour de France, sept fois. Les américains atteints de cancer et ceux qui en ont été guéris voient en lui un modèle de guerrier et non le dopé tricheur tel que nous le dépeignons.

Même la très puissante ASCO, l’association américaine d’oncologie clinique a récompensé Armstrong pour le message qu’il délivre.

D’une façon générale, la façon dont des personnalités s’impliquent dans la connaissance d’une maladie quand elles sont personnellement concernées permet d’aider le public à mieux comprendre les enjeux et les difficultés.

Quand Ronald Reagan a eu une coloscopie rechercher des polypes cancéreux, la demande spontanée pour cet examen a progressé de près de 30 % dans le public américain en un an.
De la même façon, la révélation de sa séropositivité au virus Vih par Magic Johnson la star des Lakers de Los Angeles a vu s’envoler l’usage des préservatifs dans les semaines qui ont suivi.

En France, peu de gens célèbres ou de sportifs sont enclins à dévoiler de tels problèmes. Même la disparition de figures emblématiques, je pense à la mort de Lino venture à la suite d’un infarctus. La mort d’un homme dans la force de l’age est un drame évitable dans un certain nombre de cas, à condition de savoir réagir vite, d’appeler à temps les secours et, bien en amont, d’avoir su appliquer des règles de prévention.
Lino Ventura est mort en pleine épidémie de sida.

Mourir d’un infarctus, comme soixante mille personnes avant 65 ans, semblait hélas banal et ne pas mériter de parler de ce fléau

RAAM.jpg

Partagez:

Un docteur est demandé au rayon "consultations"

Imaginez qu’un jour votre supermarché se dote d’un cabinet médical. Pas dans la galerie marchande, mais dans le magasin lui-même et qu’on y fasse des consultations à prix « discount ». Impossible ? Pour l’instant, oui, mais les américains y sont déjà.

Les noms de Walgreens, CVS, Rite-Aid ou Duane-Read ne vous diront sans doute rien si vous n’avez jamais traversé l’Atlantique. Ces noms ce sont ceux de « drugstores » où les américains font leurs emplettes, mais, surtout vont chercher leurs médicaments. Car ces superettes abritent aussi les pharmacies. Depuis quelques mois, un nouveau service est proposé aux clients de ces établissements. A travers les Etats-Unis, plus de 400 drugstores offrent maintenant la possibilité de consulter dans un cabinet médical situé dans le magasin, ouvert sept jours sur sept même tard le soir.

Ce sont des groupes privés qui ont crée ces cabinets de magasin. Dans la plupart de ces cabinets, ce ne sera pas, cependant, un médecin qui vous recevra, mais vous aurez affaire aux « physician assistants » ou aux « nurse practioners » Ces personnels sont des infirmières ayant reçu une formation très poussée et capables de poser un certain nombre de diagnostics. Elles ont même le droit de prescrire des médicaments. D’ailleurs, beaucoup de cabinets de groupe américains et de services d’urgence ont recours à de telles professionnelles parfaitement qualifiées. Il faut bien sûr signaler qu’elles ont toujours la possibilité d’avoir un avis médical en bonne et due forme si elles estiment se trouver devant un cas qui leur pose problème.

La clientèle qui consulte dans ces drugstores vient pour des pathologies pas franchement graves: rhumes, allergies, infections urinaires, maux de gorge. Des pathologies qui ne nécessitent pas d’avoir fait dix ans d’études pour poser le bon diagnostic Résultat, ces cliniques de magasin pratiquent une médecine trois fois moins chère que dans un cabinet habituel. Et dix fois moins cher qu’à l’hôpital Car il faut savoir qu’aux Etats-Unis, vous payez les urgences et, en plus, les honoraires du médecin qui vous voit dans le box des urgences ! Le tout en étant peu ou pas remboursé du tout. Et l’équivalent de 500 euros pour une simple angine, c’est un peu cher. Au delà de ces simples considérations financières, cette pratique montre qu’un certain nombre d’actes de santé peuvent tout à fait être faits par un personnel médical bien entraîné, sans pour autant être médecin. On appelle cela le transfert de compétence. Ainsi, infirmières, sages-femmes, techniciens échographistes peuvent-ils jouer un rôle autre que celui qu’on leur fait jouer habituellement.

On peut ainsi, dans le suivi de patients atteints de maladies chroniques, donner une vraie mission aux infirmières, par exemple. Prenons l’exemple du suivi d’un patient souffrant de diabète de type 2, appelé aussi diabète gras ou de la maturité. Le médecin spécialiste verra son patient deux ou trois fois dans l’année, tout au plus. Mais une consultation infirmière permettra un suivi mensuel, beaucoup plus approprié. L’infirmière pourra vérifier si le traitement est bien suivi et l’adapter au besoin. Si un médicament est mal toléré, plutôt que de laisser le patient abandonner son traitement, l’infirmière pourra demander au médecin de le modifier. Une telle expérience menée à Manchester, en Angleterre a montré que ce type de prise en charge améliorait le taux de sucre des patients, leur taux de cholestérol et réduisait même la mortalité !

Dans un autre domaine, celui de l’ophtalmologie, la plupart des pays qui nous entourent reconnaissent la formation d’optométriste. Ce sont des professionnels, opticiens, qui ont fait deux ans de spécialisation après leurs quatre années d’études. Ils peuvent faire un certain nombre d’examens et de prescriptions de verres correcteurs. Toutefois, la première prescription de lunettes est réservée au médecin spécialiste.

Cela permet de réduire considérablement les délais d’attente pour avoir un rendez-vous chez l’ophtalmologiste. Mais cette idée a du mal à cheminer en France. Pourtant, la pénurie de médecin n’est pas près d’être résolue dans nombre de spécialités. Il faudra donc se décider à autoriser un certain nombre de professions médicales et paramédicales à pratiquer certains actes aujourd’hui dévolus aux seuls médecins. A condition d’assurer un encadrement médical strict et rigoureux, il n’y a aucune raison que ces professionnels ne soient pas capables de rendre un certain nombre de services à partir du moment où leurs compétences auront été définies. Et surtout, pour un coût moindre. Et ce genre d’argument ne devrait pas déplaire à ceux qui doivent juguler les déficits de notre système de protection sociale

 



USA : Des cabinets médicaux dans les supermarchés – Ma-Tvideo France2

Partagez:

DIX MILLE VISITES, MERCI !

Cette nuit, mon blog a accueilli son dix millième visiteur. J’espère que ce que vous y lisez vous apporte des éléments d’information.
Vos commentaires sont plus que jamais les bienvenus

N’hésitez pas non plus à me soumettre des idées de reportage pour loe JT de France 2. Vous pouvez me contacter directement par ce blog ou à l’adresse électronique suivante :
jd.flaysakier@france2.fr

Today is a special day as this blog has welcomed its 10,000th visitor.
I would like to thank all those people who happen to connect to my website and I hope you will come back and visit these pages from time to time.
Please do not hesitate to leave your comments, they are very welcome.

Partagez:

Médicaments et TV : vous reprendrez bien un peu de pub ?

Vous avez parfois du mal à supporter les publicités pour les détartrants WC où les troubles intestinaux à l’heure du repas. Vous n »avez peut-être encore rien vu ! L’industrie pharmaceutique rêve de vous vendre de la pub pour ses médicaments à la télé.

On appelle cela le DTC, en anglais le « direct to consumers » et en français « directement vers le consommateur ».
Cette pratique concerne la publicité pour les médicaments délivrés uniquement sur prescription médicale.
Seuls, deux pays au monde, la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis acceptent la diffusion de spots télévisés vantant les vertus des médicaments sur ordonnance.
Ces spots doivent énoncer aussi les contre-indications et effets secondaires les plus fréquents. Mais, bien évidemment, ces messages sont faits pour faire vendre les médicaments et sont fabriqués de telle sorte que les « bienfaits » sont plus mis en exergue que les inconvénients.

Et l’industrie pharmaceutique n’y va pas avec le dos de la cuiller En 2006, les investissements dans la publicité Tv ont représenté 5,3 milliards de dollars, soit environ 3,86 milliards d’euros, en augmentation de 14 % sur 2005.

Les trois premiers budgets ont concerné deux somnifères et un antidépresseur. Trois molécules lancées sur le marché depuis moins de trois ans.
Et c’est là que le bât blesse. Car ces produits ont, certes, été homologués par les autorités sanitaires américaines, la FDA ou Food and Drug Admionistration (www.fda.gov)
Mais trois ans sur le marché c’est parfois assez court pour voir apparaître des effets secondaires qui vont survenir après que quelques millions d’utilisateurs ont consommé le produit.
Or, il n’y a aucune étude de surveillance après mise sur le marché qui soit diligentée par les autorités de tutelle.
On a vu ainsi ces dernières années des incidents survenir avec certaines molécules pourtant dûment autorisées, mais dont la sécurité à moyen et long terme s’est avérée déficiente. Certains de ces produits, comme le rofecoxib, vendu sous le nom de Vioxx, ont fait l’objet de retrait du marché.

Si l’Europe échappe pour l’instant à ce phénomène, ce n’est pas faute de tentatives répétées des industriels auprès du Parlement européen et de la Commission européenne.
L’argumentation du recours à l’information directe du patient serait celui d’une meilleure information, le patient étant enclin à se renseigner auprès de son médecin ensuite.

Le problème c’est qu’en France comme en Europe, l’information sur les médicaments délivrée aux médecins l’est principalement par l’industrie pharmaceutique. Or, cette industrie n’est pas régie par la loi de 1901 sur les associations à but non lucratif, mais par les règles du marché boursier.

En France par exemple, il existe une seule revue indépendante de l’industrie pharmaceutique, la revue « Prescrire » (www.prescrire.org)

Cette revue et d’autres associations européennes se mobilisent pour bloquer l’action des groupes de pression et des lobbies qui tentent d’imposer une modification des lois réglementant la publicité des médicaments.

Ce n’est pas une tache aisée. Rien qu’aux Etats-Unis, des centaines de personnes sont employées à temps plein par les laboratoires pour surveiller l’activité du Sénat et de la Chambre des représentants, les projets de loi et tout ce qui pourrait menacer leur activité.
Chaque élu est « encadré » par deux lobbyistes en moyenne.

On n’en est pas encore là chez nous, mais le médicament n’est pas un produit banal et même si le détartrant WC ou les couches-culottes pour l’incontinence ne sont pas du meilleur goût au moment du potage, mieux vaut leur laisser les espaces publicitaires que ce promouvoir des somnifères ou des tranquillisants sur nos écrans.

Partagez:

Cannabis : pouvoir dire les choses

Parler des risques liés à la consommation de cannabis était considéré comme une forme de ringardise. Apparemment, l’accumulation des données scientifiques et médicales vont faire de ce thème un sujet à la mode.

La France a beaucoup de mal à parler des dépendances et des abus, qu’ils concernent le tabac, l’alcool où les drogues illicites
Entre les aspects culturels, économiques, marchands, les groupes de pression, les « bobos », les militants, faire passer un message sanitaire devient de plus en plus difficile.

Il suffit de voir ce qui s’est passé avec la mise en place de l’interdiction de fumer dans les lieux publics, le 1er février dernier. On a tout entendu, notamment des couplets particulièrement étonnants sur la décision « liberticide » ! Ne plus enfumer les autres devenait une quasi-atteinte aux droits de l’homme et de la femme aussi, car nos sœurs représentant, proportionnellement, les personnes les plus exposées aux risques du tabac.

Il en est de même avec l’alcool, ou plutôt la consommation excessive d’alcool.
Si j’introduis cette nuance, c’est qu’on sait, aujourd’hui, qu’une consommation modérée d’alcool peut avoir un effet bénéfique sur la santé. Le tout est de s’entendre sur le terme de « modération ».
J’ai le souvenir dans ma jeune vie médicale d’avoir demandé à des patients visiblement « imprégnés » .quelle était leur consommation. « Je ne prends pas d’alcool « me disaient-ils. Mais en insistant, j’apprenais qu’ils buvaient plusieurs bières et verres de vin par jour.
Mais pour eux, ce n’était pas de l’alcool ! L’alcool commençait avec le pastis ou le porto et autre whisky et gin !

La dépendance au tabac et celle liée à une consommation excessive d’alcool entrent dans ce qu’on appelle aujourd’hui les addictions, joli anglicisme aux racines latines qui renvoient à l’esclavage.

Elles rejoignent ainsi les addictions aux drogues illicites.
Une réalité physiologique que beaucoup ont du mal à admettre. Ce parallèle entre les trois types de substances sert les tenants de l’un ou l’autre camp. Rappelons nous le sketch de Coluche ou le père ivrogne reproche à son fils, le fameux Gérard, de fumer du « hakik ».

De la même façon, lorsque des médecins commençaient à tirer le signal d’alarme sur les effets pas obligatoirement toujours euphorisants du joint, on leur rétorquait que l’alcool et le tabac tuaient plus que le cannabis.

Avec le temps, il semble que certains aient fini par découvrir qu’on pouvait s’intéresser aux risques du joint sans pour autant vouloir mettre en prison celles et ceux qui choisissaient ce type de produit.
La présence de tabac mélangé avec la résine, la combustion du papier ont conduit les chercheurs à s’intéresser aux risques liées aux goudrons et autres cancérogènes.

La concentration en principes actifs, notamment le tetrahydrocannabinol ou THC a beaucoup varié aussi au cours du temps.
Les produits qui circulent actuellement sont beaucoup plus concentrés que ce qui se trouvait dans les barrettes que les quadragénaires actuels fumaient dans leur canapé en écoutant les Who et les Rolling Stones.

L’élévation de la concentration, associée à une consommation de moins en moins récréative a aussi amené certaines équipes à s’interroger sur l’association entre la consommation de cannabis et une bascule vers certaines pathologies psychiatriques.
Une association et non pas un lien de cause à effet. Personne ne peut affirmer un lien direct entre cannabis et schizophrénie par exemple. Mais il est certain qu’un adolescent qui s’isole de plus en plus et qui va fumer plusieurs joints par jour est considéré comme étant à risque et doit être surveillé pour éviter de découvrir trop tard qu’il se passe quelque chose.

Enfin, ce qui a beaucoup changé c’est aussi ce qu’on appelle les poly-intoxications, comme une consommation aiguë d’alcool dans le but de rechercher une ivresse associée à la prise de joints.
Ce mode de polytoxicomanie est souvent le fait de jeunes qui ont la mauvaise habitude de conduire sous l’emprise de ces cocktails.
C’est sans doute là que les risques immédiats sont les plus élevés et que la prise de conscience est la plus faible.

La mise en place de tests salivaires lors des contrôles routiers aura sans doute un rôle dissuasif pour certains, mais ne remplacera jamais la mise en place d’une information de santé publique, basée sur des faits, pas sur des idéologies, ni dans un sens, ni dans l’autre.

Partagez: