Archives quotidiennes : 7 octobre 2007

Mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et malade

Petit retour en arrière sur deux billets de ce site.

Le 23 juillet dernier, j’écrivais sur les inégalités Nord-Sud en matière de cancer en prenant l’exemple du vaccin contre le virus HPV. Ce vaccin commercialisé notamment chez nous pour la modique somme de 450 euros environ les trois doses, protège contre 70 % des virus impliqués dans la survenue d’un cancer du col de l’utérus.
Le problème c’est que plus de 80 % de ces cancers touchent les femmes des pays pauvres, qui ne pourront jamais s’offrir un tel vaccin.

Les laboratoires Merck, fabricant du premier vaccin commercialisé vient d’offrir trois millions de doses à destination des femmes de ces pays. Cela permettra de vacciner un million de femmes, si le système fonctionne normalement.
C’est encore trop peu et il faudra bien que les organismes internationaux et les gouvernements imposent aux géants de l’industrie pharmaceutique une obligation de « donnant-donnant », c’est à dire des prix élevés pour les pays riches en échange de prix très bas pour les pays pauvres.

Le cancer est la prochaine bombe à retardement qui menace tous les pays du sud. Cette question est actuellement occultée par les problèmes liés au paludisme et à l’épidémie liée au VIH/sida.
Mais il faudra vite s’y interesser. Ces pays ne peuvent pas aspirer à un quelconque développement économique si leurs populations ne sont pas en bonne santé.

Autre nouvelle qui « interpelle » comme on dit : l’industrie pharmaceutique américaine a dépensé 4,8 milliards de dollars, soit 3,4 milliards d’euros en 2006 en publicité directe pour les médicaments. J’avais évoqué cette pratique le 14 août dernier dans un billet « médicaments et TV ».
Les USA sont l’un des deux pays au monde où on peut faire de la publicité directement dans les journaux, la radio et la TV pour des médicaments prescrits sur ordonnance.
Certains lobbies souhaitaient voir le Parlement européen autoriser la même pratique, mais ils ont provisoirement échoué.
Bien entendu, ces publicités sont loin d’être totalement informatives et oublient souvent les effets secondaires et les contre-indications.

Dans le même temps, le président Bush a opposé son veto à un texte de loi voté par la Chambre des représentants et qui proposait de fournir gratuitement les médicaments aux enfants dont ls parents étaient économiquement défavorisés.
Comme quoi il vaut mieux être ricche et en bonne santé que pauvre et malade. Coluche avait raison.

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