Archives quotidiennes : 6 novembre 2007

Le Diesel n’est pas l’ami de nos artères. Cardiologie AHA 2007

La pollution n’est pas bonne pour le cœur et les vaisseaux.

On le savait déjà grâce à un certain nombre d’études menées notamment par les équipes du CHU de Dijon

Cardiologues et neurologues de la capitale bourguignonne ont montré qu’il existait une corrélation entre le niveau de pollution urbaine et la survenue d’infarctus et d’accidents vasculaires cérébraux.

Mais ces études, dites observationnelles, peuvent toujours faire l’objet de critiques, tant les facteurs sont nombreux dans la survenue d’accidents cardiovasculaires.

Une étude présentée à Orlando au congrès de cardiologie et une publication d’une équipe française, toutes les deux sur des volontaires sains, mettent en évidence de façon irréfutable les risques que la pollution, particulièrement celle liée aux émissions des moteurs Diesel, font courir à notre cœur et à nos vaisseaux.

Andrew Lucking et ses collègues à Edimbourg ont construit une artère endommagée par une plaque de cholestérol prête à se fracturer, comme on en trouve chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires. Ils ont fait passer du sang de volontaires sains dans cette artère. Ce sang a été exposé à des émissions venant de moteurs Diesel. Et au bout de deux heures, les chercheurs ont vu se former dans ce vaisseau des caillots composés de cellules sanguines, les plaquettes accolées à des globules blancs. Tout ce qu’il faut pour faire un infarctus ou un accident vasculaire cérébral.
Le Dr Lucking ne sait pas si ce sont les gaz du Diesel ou les particules émises par ces moteurs qui sont en cause. Mais ce qui est sûr c’est que cette pollution représente un risque réel pour les personnes fragiles et dont les artères sont en mauvais état.

Une équipe française, sous la conduite du Professeur Pierre Boutouyrie de l’INSERM a réalisé un travail allant dans le même sens.
Ils ont pu mesurer le flux sanguin et la capacité de dilatation des vaisseaux chez des volontaires sains exposés là encore à la pollution urbaine.

Leurs travaux sont publiés dans la prestigieuse revue « Hypertension. ( Hypertension. 2007;50:970-976.) et on constate que les gaz retrouvés dans l’air urbain pollué jouent sur la circulation du sang en altérant la fonction de la paroi des gros vaisseaux. Les particules émises par les gaz d’échappement vont agir sur les petits vaisseaux en les faisant se dilater exagérément, interférant ainsi avec une bonne distribution du sang dans les divers tissus de l’organisme.

En France aujourd’hui une voiture sur deux est équipée d’un moteur Diesel. Il va devenir difficile devant l’accumulation de tant d’évidences de ne rien faire ou dire. Il faudra trouver les moyens d’informer les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires même si les seuils destinés à la population générale ne sont pas atteints. Les
nformer à défaut de pouvoir les protéger

PS : l’article de Pierre Boutouyrie et al. est accessible à l’adresse

http://hyper.ahajournals.org/cgi/content/full/50/5/970

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Coeur défaillant cherche infirmière spécialisée. Cardiologie AHA 2007

L’imagerie populaire veut que les infirmières fassent chavirer les cœurs. Mais si l’on en croit une étude néerlandaise présentée lors du congrès américain de cardiologie, les infirmières sont les meilleures amies des cœurs défaillants.

L’insuffisance cardiaque est une pathologie en pleine expansion en France. Le muscle cardiaque affaibli par un infarctus ou par une hypertension perd de ses qualités. Il a de plus en plus de mal à pomper le sang et à le distribuer dans l’organisme. S’en suivent des œdèmes, des malaises et des hospitalisations à répétition.

Il y a bien sûr des traitements médicamenteux, mais il y a aussi des règles d’hygiène de vie à suivre pour les patients.

Comment s’assurer qu’ils les ont bien comprises et qu’ils les appliquent ? En demandant à des infirmières spécialement formées pour ce type de pathologie de suivre ces patients à l’hôpital mais aussi à leur domicile.
Attention, je vois d’ici venir les esprits chagrins. Ces infirmières n’ont pas pour vocation de remplacer les médecins qui suivent et traitent ces patients. Leur rôle est différent, amis fondamental.

L’étude hollandaise a ainsi consisté à créer trois groupes de patients. Le premier était suivi de façon « classique » : ils voyaient leur médecin.

Le deuxième groupe a reçu des conseils concernant la surveillance du poids, la limitation en apport de sel et de liquides.
Ces patients ont pu consulter tous les trois mois une infirmière spécialisée à l’hôpital et l’appeler autant que nécessaire.

Le troisième groupe a été particulièrement chouchouté. Visite avec l’infirmière au moins une fois par mois aussi bien à l’hôpital qu’avec des déplacements de l’infirmière à domicile. Conseils également d’une diététicienne, d’un kinésithérapeute et d’une assistante sociale.

L’expérience a duré 18 mois et a montré que ceux qui suivaient le mieux les conseils et les règles d’hygiène de vie étaient bien sûr les membres des deux groupes aidés par une infirmière spécialisée.
Les patients du groupe « chouchouté » étaient même 90 % a bien prendre médicaments et respecter les règles de vie.

Cela se traduit bien sûr par moins de risque d’aggravation et donc moins d’hospitalisation. Une qualité de vie améliorée et une quantité de vie sûrement augmentée quand on aura tous les résultats de l’étude.

Plusieurs études à travers l’Europe ont montré les bienfaits résultant de l’implication d’infirmières spécialisées dans le suivi de patients atteints de pathologies chroniques. Ces professionnelles de santé jouent un rôle tout à fait différent des médecins bien que leurs connaissances leur permettent d’alerter ces derniers en cas de mauvaise adhérence au traitement.

Ce qui est très important c’est qu’elles vont « hors les murs ». Elles sortent de l’hôpital et voient comment vivent les patients et c’est souvent déterminant pour comprendre pourquoi un traitement va être suivi ou non. C’est une notion que connaissent bien les infirmières libérales qui suivent les patients à domicile.

Mais, comme je l’ai déjà écrit dans ce blog, les médecins français trainent des pieds pour accepter ce partage des taches qu’on appelle « transfert de compétences ». Un peu de corporatisme, un peu de fierté, un zeste de méconnaissance des capacités de l’autre, voila le cocktail français qui fait que nous sommes incapables de mettre sur pied de telles stratégies.

Dommage car les patients en profitent visiblement et en terme de coûts, laisser des patients chez eux, réduire le risque d’hospitalisation, c’est rentable pour tout le monde et donc pour chacun d’entre nous.

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Hypertension /HTA: l’hiver plus que l’été et peut-être un vaccin. Cardiologie AHA 2007

Comme promis, voici quelques nouvelles du congrès américain de cardiologie qui se déroule jusqu’au 7 novembre à Orlando, en Floride.

Parmi les centaines de travaux publiés pendant ce congrès, j’ai fait un choix arbitraire, comme tous les choix. Commençons donc par l’hypertension artérielle, l’HTA comme disent les médecins et les initiés ! La nouvelle la plus « neuve » mais aussi la plus aléatoire c’est la mise au point d’un vaccin pour traiter les hypertendus.

Vous ne rêvez pas. Une firme suisse de biotechnologie, Cytos, développe en ce moment un vaccin qui a déjà été testé sur 72 patients. Ce vaccin a pour but d’apprendre à l’organisme à bloquer l’effet d’un tout petit composé que nous fabriquons normalement, l’angiotensine 2.

Cette substance joue un rôle très important dans l’HTA et, d’ailleurs, de nombreux médicaments sont déjà utilisés pour bloquer son effet. Comme c’est une substance naturelle, l’organisme n’a aucune raison de l’empêcher d’agir. Pour pouvoir transformer cette angiotensine 2 en substance « étrangère » et donc susceptible d’être détruite, les chercheurs helvètes l’ont « collée » sur une protéine qui ressemble à un bout de virus, mais qui est inoffensive.

Le produit est administré en trois injections sous-cutanées, ses effets durent quatre mois environ aux doses actuellement testées. Les premiers résultats sont encourageants, le vaccin entraine en particulier une baisse de la tension entre 5 heures et 8 heures du matin, période critique où se produisent une grande partie des infarctus du myocarde et des accidents vasculaires cérébraux.

Dans huit ans on pourra donc imaginer se faire faire une piqûre trois fois par an plutôt que de prendre ses comprimés quotidiennement. A ce sujet, à peine un tiers des hypertendus prend régulièrement son traitement et c’est une grave erreur de la part des autres de ne pas en faire autant.

Au rythme des saisons

Deuxième étude intéressante, celle menée par les services de santé des Anciens combattants américains, la Veterans administration.

Les spécialistes de cette institution ont voulu savoir si la tension des personnes qu’ils suivent est la même quelle que soit la période de l’année. Et, oh surprise !, ils se sont aperçus que la tension aussi suivait les saisons.

En étudiant les dossiers de 443632 patients, ils ont constaté que l’hiver, la pression artérielle pouvait monter jusqu’à presque 8 % de plus qu’en été. On savait déjà depuis longtemps que le froid jouait un rôle sur la tension mais cette étude a concerné des régions froides comme l’Alaska et des endroits où l’hiver n’existe pas comme Porto-Rico. Et du sud au nord, ils ont retrouvé la même différence. Les hypothèses sont incertaines. On évoque le rôle de l’ensoleillement, de la durée de la journée, de la longueur d’onde de la lumière, d’, peut-être le rôle de la mélatonine. Cette substance fabriquée par une partie du cerveau appelée épiphyse, intervient dans de nombreux phénomènes biologiques.

De façon pratique, cela veut dire que les médecins qui suivent des hypertendus doivent être au courant de ces variations et que le contrôle de la tension doit se faire à plusieurs reprises dans l’année et non pas une seule fois. Pour celles et ceux d’entre vous qui avez un appareil d’autocontrôle, notez vos mesures au cours de l’année et dites-moi si vous avez constaté la même chose.

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