La pollution n’est pas bonne pour le cœur et les vaisseaux.
On le savait déjà grâce à un certain nombre d’études menées notamment par les équipes du CHU de Dijon
Cardiologues et neurologues de la capitale bourguignonne ont montré qu’il existait une corrélation entre le niveau de pollution urbaine et la survenue d’infarctus et d’accidents vasculaires cérébraux.
Mais ces études, dites observationnelles, peuvent toujours faire l’objet de critiques, tant les facteurs sont nombreux dans la survenue d’accidents cardiovasculaires.
Une étude présentée à Orlando au congrès de cardiologie et une publication d’une équipe française, toutes les deux sur des volontaires sains, mettent en évidence de façon irréfutable les risques que la pollution, particulièrement celle liée aux émissions des moteurs Diesel, font courir à notre cœur et à nos vaisseaux.
Andrew Lucking et ses collègues à Edimbourg ont construit une artère endommagée par une plaque de cholestérol prête à se fracturer, comme on en trouve chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires. Ils ont fait passer du sang de volontaires sains dans cette artère. Ce sang a été exposé à des émissions venant de moteurs Diesel. Et au bout de deux heures, les chercheurs ont vu se former dans ce vaisseau des caillots composés de cellules sanguines, les plaquettes accolées à des globules blancs. Tout ce qu’il faut pour faire un infarctus ou un accident vasculaire cérébral.
Le Dr Lucking ne sait pas si ce sont les gaz du Diesel ou les particules émises par ces moteurs qui sont en cause. Mais ce qui est sûr c’est que cette pollution représente un risque réel pour les personnes fragiles et dont les artères sont en mauvais état.
Une équipe française, sous la conduite du Professeur Pierre Boutouyrie de l’INSERM a réalisé un travail allant dans le même sens.
Ils ont pu mesurer le flux sanguin et la capacité de dilatation des vaisseaux chez des volontaires sains exposés là encore à la pollution urbaine.
Leurs travaux sont publiés dans la prestigieuse revue « Hypertension. ( Hypertension. 2007;50:970-976.) et on constate que les gaz retrouvés dans l’air urbain pollué jouent sur la circulation du sang en altérant la fonction de la paroi des gros vaisseaux. Les particules émises par les gaz d’échappement vont agir sur les petits vaisseaux en les faisant se dilater exagérément, interférant ainsi avec une bonne distribution du sang dans les divers tissus de l’organisme.
En France aujourd’hui une voiture sur deux est équipée d’un moteur Diesel. Il va devenir difficile devant l’accumulation de tant d’évidences de ne rien faire ou dire. Il faudra trouver les moyens d’informer les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires même si les seuils destinés à la population générale ne sont pas atteints. Les
nformer à défaut de pouvoir les protéger
PS : l’article de Pierre Boutouyrie et al. est accessible à l’adresse








