Archives mensuelles : décembre 2007

Arche de Zoé : faire le bien ou croire bien faire ?

Le verdict de la Cour criminelle tchadienne est donc tombé ce soir, condamnant à huit ans de travaux forcés les six Français membres de l’Arche de Zoé, ou de Children Rescue, si l’on en croit leurs blousons.

Cette décision de justice plonge des familles dans la détresse. Elle va aussi susciter des commentaires dans tous les sens.

Je connais suffisamment mal ce dossier pour ne pas porter de jugement. J’avoue cependant avoir éprouvé un malaise certain face à l’attitude et aux déclarations du leader de cette équipe et de sa compagne, que je n’ai pas sentis enclins au doute et plutôt forts de leur certitude.

J’éprouve, en revanche, une certaine tristesse en pensant à Philippe Van Winkelberg, ce médecin de famille de Castellane. Il ne s’agit pas d’une réaction corporatiste, mais d’une vraie compassion.
Voila un homme, médecin dans une commune, qui a choisi de quitter son cabinet sans doute imprudemment, pour suivre le président de l’association.
Quitter son cabinet quand on a une profession libérale cela veut dire ne plus gagner sa vie. C’est une décision lourde, autrement plus difficile et courageuse à prendre que de demander un congé humanitaire, car pendant ce temps-là, tous les frais, cotisations et charges courent. Et la famille doit continuer à vivre.
Pardon de souligner cet aspect matériel des choses, mais je pense que cela fait aussi partie du courage nécessaire à entreprendre une mission.

Pour ce qui est de l’histoire elle-même, ma crainte c’est qu’elle rende encore plus difficile la tâche des organisations sérieuses sur le terrain. Elles risquent de devenir soit la cible facile de pouvoirs locaux vivent mal le fait qu’elles fassent le travail que ces pouvoirs devraient faire. Elles risquent aussi de se faire racketter pour pouvoir continuer à travailler.

Car faire un travail efficace sur le terrain n’est pas évident. Il suffit d’écouter ce qui se disait ces derniers jours au sujet des aventures de cette Arche de Zoé. Pour nombre de personnes, il parait parfaitement logique d’aller en Afrique chercher des enfants et les ramener ici, sans se demander si la vie qu’on va leur offrir sera meilleure puisque matériellement plus confortable.

Nous avons tendance à penser que nous détenons la vérité et que notre modèle ne peut que convenir à tout le monde.

J’étais ainsi avant de partir travailler en Afrique, il y a plus de vingt-cinq ans, pétri de certitudes et de mon bagage médical. J’allais sauver toute la population du village où j’allai vivre.

Il m’aura fallu deux ou trois jours pour redescendre sur terre et comprendre que les valeurs des habitants de ce village sénégalais n’étaient pas les mêmes que les miennes, mais étaient tout autant respectables.

Ma première nuit au village a été rythmée par le bruit des tambours et des chants traditionnels, douze heures durant. Au lendemain de cette nuit blanche, je me suis enquis auprès de mon infirmier des raisons de cette manifestation. « On célèbre les funérailles d’un chef important » me dit-il. Et quand je demandai la date du décès, il me répondit « C’était il y a une quinzaine d’années ». Quinze ans et le souvenir d’un grand homme ne s’teignait pas.

Chez nous, la mort d’un vieillard n’est pas un événement comme l’a montré le drame de la canicule en 2003.
A l’inverse, la mort d’un enfant était vécue douloureusement par la mère, mais avec fatalité par les proches car, à l’époque, trois enfants sur dix n’atteignaient pas l’âge d’un an dans ce village. Je suis devenu ivre de rage quand j’ai vu mourir une petite de huit mois que l’infirmier m’avait amenée trop tardivement. Et c’est le chef du village qui m’a dit de rester calme.
Il n’y avait pas d’insensibilité de sa part, juste la constatation d’une situation hélas quotidienne, mais qui m’était totalement intolérable, nourri que j’étais de ma formation hospitalo-universitaire.

Au fil du temps, avec les voyages, les reportages, les missions en Afrique, j’ai rencontré un certain nombre de personnes qui croyaient faire de l’humanitaire, mais qui, en réalité, étaient en train de racheter leur âme. Car faire une bonne action c’est bien, mais quand elle est ponctuelle, qu’elle crée un besoin qui ne sera pas pris en charge ensuite, a-t-elle été utile ?

Une de mes consœurs, citant le Talmud, me rappelle à chaque fois que « sauver un homme c’est sauver l’humanité ».
Elle n’a pas tort.
Mais j’avoue que je trouve cent fois plus intéressantes des initiatives comme celle que mènent les ONG qui décident de permettre aux enfants de rester sur place, dans leur village ou près de leurs proches, de leur culture, de leur mode de vie. Des initiatives comme celles de Plan international par exemple, ou ACF, qui fiancent des projets éducatifs et sanitaires sur place, sans vouloir transporter des enfants à des milliers de kilomètres, ajoutant le déracinement à la misère.

Il y a plein de projets simples, efficaces, a priori peu spectaculaires mais tellement plus riches de résultats que certaines opérations médiatiques.

Attention, loin de moi l’idée de condamner le travail fait par des associations qui viennent former des spécialistes dans des pays en voie de développement ou qui permettent à des enfants d’être opérés en France grâce à l’aide et à la générosité des familles d’accueil.

Mais je me dis que nombre de malformations cardiaques dans ces pays sont la conséquence d’angines bactériennes non traitées. Des angines qui seraient combattues efficacement par des cures d’antibiotiques très peu chers.

Pourquoi alors ne met-on pas en place des programmes d’éducation destinés aux instituteurs par exemple. En formant les maîtres des villages ruraux à reconnaître certains symptômes et avec l’aide d’infirmiers, on pourrait combattre ainsi efficacement ces infections et diminuer de façon considérables les pathologies cardiaques qu’elles entrainent.

C’est évidemment une action peu spectaculaire, peu médiatique, peu susceptible de mobiliser sponsors et vedettes du showbiz.

C’est cela sa grande faiblesse.
L’humanitaire a souvent besoin de paillettes. Mais parfois cela se paie cher, très cher.

J’espère que Philippe Van Wynkelberg sera gracié par le président tchadien.

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Cellules souches : les fantasmes d’un généticien

Pourquoi, lorsqu’ils ignorent un sujet, certains scientifiques se sentent-ils obligés de dire des bêtises ? Parce qu’ils passent à la télévision, pardi !

Je viens de regarder sur la chaine parlementaire « Public Sénat » une émission consacrée à ce qui va bouger dans le monde des sciences en 2008.
Bien évidemment, l’une des participantes évoque les promesses des cellules souches, dont on attend beaucoup même si on ne voit toujours rien venir.
Et soudain devant ms yeux ébahis et mes oreilles incrédules, je vois un autre invité, professeur de génétique, mais pas médecin ni spécialiste des thérapeutiques humaines dire la bêtise.

Mettant en cause une supposée absence de réflexion éthique des biologistes impliqués dans la recherche sur ces cellules souches, ce généticien, d’un ton sentencieux déclare, à quelque chose près :

D’accord on pourra faire un cœur avec ces cellules souches. Mais un cœur ne suffit pas. Il faudra faire une cage thoracique et pourquoi ne pas aller plus loin et faire ce qui va autour

Pour ceux qui n’auraient pas compris, cela veut dire que ce scientifique des plantes craint qu’on clone des humains.

Le problème c’est qu’avec les cellules souches qu’on pourrait un jour diriger vers la fabrication de tissu cardiaque, personne n’imagine faire un cœur entier !
Ce qui est escompté c’est de pouvoir obtenir quelques centimètres carrés de tissu myocardique capable de remplacer la portion d’un ventricule gauche détruite par un infarctus. Faire comme une pièce de tissu qu’on met sur un vêtement déchiré et non refaire tout le vêtement. D’autant que cet « empiécement » sera capable d’envoyer des signaux permettant de refaire des vaisseaux et de synchroniser le travail des cellules.

Personne n’imagine donc reconstruire un organe entier, pas plus qu’un foie ou un cerveau.
Personne sauf ces marchands de peur qui ont compris qu’en tenant des discours fantasmatiques ils s’assurent des passages médiatiques.

Mais voila, quand on est à la télévision, fût-ce sur une chaîne du câble et de la TNT, qu’on est présenté comme professeur de génétique et qu’on sort une énormité, le mal est fait.

Il y a quelques années j’avais donné une définition de l’expert « médiatique « :

c’est celui qui a une opinion d’autant plus arrêtée qu’il s’éloigne de son champ de compétences.

Je remercie ce généticien de m’avoir permis une nouvelle fois de vérifier l’exactitude de mon énoncé !

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Douleur : soulager à fleur de peau

C’est un traitement de la douleur très ancien que les hôpitaux sont en trin de redécouvrir. Il nécessite peu de choses : simplement toucher les patients avec les mains. Simple, non ?

Le massage, vingt minutes chaque soir pendant cinq jours. Voilà la nouvelle arme anti-douleur que des médecins américains ont administrée à quelques centaines de patients ayant subi une chirurgie lourde, nécessitant soit une ouverture de la cage thoracique, soit une incision de la paroi abdominale d’au moins huit centimètres.

Ce sont six cent cinq patients qui ont ainsi participé à l’étude dans deux hôpitaux américains de l’administration des Anciens combattants (Veterans administration) à Ann Arbor dans le Michigan et Indianapolis.

Un tiers des patients a reçu les soins antidouleurs habituels. Un autre tiers a reçu la visite, pendant vingt minutes et durant trois ou quatre jours, d’un masseur-kinésithérapeute avec lequel il discutait à bâtons rompus mais sans qu’il n’y ait de gestes réalisés.

Le dernier tiers des patients a bénéficié d’un massage quotidien du dos pendant vingt minutes, le soir entre six et huit heures.

C’est dans ce dernier groupe que les résultats sur la douleur ont été les plus importants dans les quatre premiers jours.

Par rapport aux autres groupes, on a vu chez ces patients diminuer certains paramètres de façon très significative. L’intensité douloureuse a diminué, ainsi que la sensation d’inconfort et de gène liée à cette douleur. Mais l’anxiété aussi a été réduite comparée aux deux autres groupes.

Il s’agissait d’un massage classique, sans forcer, par des techniques d’effleurement, sans adjonction d’un produit quelconque.

Cette méthode n’est, en fait, pas si nouvelle que cela. Il y a bien longtemps, dans les services des hôpitaux, l’on prodiguait déjà des massages à but antalgique.
L’arrivée des médicaments et la pénurie de personnel a fait qu’on a peu à peu oublié ces méthodes pour confier cette mission aux drogues diverses dérivées de la morphine et autres antalgiques.

Et pourtant, ce moment de toucher et de contact est plus qu’un geste technique. Dans ces situations douloureuses le patient se sent diminué affaibli, abandonné parfois. Le fait de solliciter son sens tactile, de lui apporter un peu de chaleur humaine, de lui donner l’occasion de parler hors de tout contexte technique avec quelqu’un venu lui faire du bien et non l’agresser est la bonne façon d’agir sur les composantes de la douleur et de prendre en compte sa souffrance.

DES ESTHETICIENNES QUI SOIGNENT L’AME

Ce rôle apaisant du toucher ne fonctionne pas qu’en chirurgie.
Les soins esthétiques peuvent aussi participer de la prise en charge de patients affaiblis physiquement ou psychiquement.
L’une des premières à l’avoir compris, c’est Renée Rousière.
Cette femme a crée à Tours, il y a plus de trente ans, le CODES. C’est un cours d’esthétique à vocation humanitaire et sociale. Ce centre, situé au CHU de Tours a été le premier à former des socio-esthéticiennes, diplôme aujourd’hui reconnu à l »échelon national.

Des esthéticiennes professionnelles viennent ici acquérir une formation qui va les amener à travailler avec des personnes hospitalisées dans des services de cancérologie, mais aussi de psychiatrie, sans oublier les services classiques pour peu que l’hôpital soit assez « ouvert » à ces démarches. Les soins dis pensés sont gratuits et les esthéticiennes vont vers les malades. Nul besoin, a priori, d’avoir une cabine d’esthétique

Ces socio esthéticiennes permettent à es femmes et à des hommes de se réconcilier avec l’image de leur corps, de se réapproprier leur personnalité, de s’évader d’un quotidien pas toujours rose. D’ailleurs, en parlant d’évasion, elles interviennent de plus en plus en milieu carcéral. Mais elles aident aussi des chômeurs à retrouver l’envie d’affronter le marché du travail.

Quelques crèmes, un peu de musique, beaucoup d’écoute et des gestes lents et doux sur le visage. Cela suffit pour que des patients se sentent mieux.
J’ai testé, c’st vraiment très bien !

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Référence de l’étude :

Acute Postoperative Pain Management Using Massage as an Adjuvant Therapy
A Randomized Trial

Allison R. Mitchinson, MPH, NCTMB; Hyungjin Myra Kim, ScD; Jack M. Rosenberg, MD;
Michael Geisser, PhD; Marvin Kirsh, MD; Dolores Cikrit, MD; Daniel B. Hinshaw, MD.

Arch Surg. 2007;142(12):1158-1167

Adresse du CODES :

CODES
CHU BRETONNEAU – 2, bd Tonnellé – 37044 TOURS CEDEX 1

TEL : 02 47 47 47 47 Poste 7-40.30 – FAX : 02 47 64 71 22

codesformation@wanadoo.fr

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Cancer et études scientifiques :parler de lien de cause à effet est souvent un abus de langage

On lit souvent, trop souvent même, qu’une étude aurait montré un lien de cause à effet entre telle substance ou telle exposition à un phénomène et la survenue d’une pathologie, un cancer par exemple.

Pourtant, l’épidémioloie, la science qui régit de telles études ne parle quasiment jamais de lien de cause à effet mais d’association. Et il ne s’agit pas que d’une simple nuance ou d’une question de traduction.

Si vous le voulez bien, reprenons l’exemple du billet précédent qui traitait d’une étude montrant que la consommation importante de viande rouge et de produits carnés augmentait le risque de survenue de cancer du colon et du rectum.
S’il y avait un lien de cause à effet, chaque gros mangeur de viande serait concerné. Or, le risque est majoré de 20 % pour ls gros mangeurs par rapport à ceux qui consomment peu de viande.
Car, hélas, ne pas consommer de viande ne met pas à l’abri pour autant de la survenue d’un tel cancer.

C’est pour cela qu’on par le d’une « association » et non pas d’un lien causal. Car on s’aperçoit que les gros consommateurs de viande rouge vont aussi avoir tendance à manger beaucoup de féculents, de céréales raffinées, d’avoir une prise énergétique en calories très importante favorisant le surpoids. Autant de facteurs qui jouent aussi un rôle dans la survenue d’un cancer.
La viande rouhe n’est donc qu’un élément de plus, mais pas un élément suffisant.

dans cette même étude, on retrouve un risque majoré de cancer du poumon. mais , comme chacun sait, la cigarette est un facteur prépondérant dans la survenue d’un cancer pulmonaire et on ne peut négliger ce facteur.

Autre exemple : une étude israélienne publiée le 6 décembre dans l’American Journal of Epidemiology a concerné l’usage du téléphone portable et la survenue de tumeurs de la glande parotide, une glande située près de l’oreille, d’où son nom ( para et otis). dans une petite partie de la population étudiée et dans dans circonstances particulières, on voit apparaître un risque plus élevé de
tumeurs parotidiennes.
doi:10.1093/aje/kwm325

Mais là encore, on ne peut pas parler de lien de cause à effet, car dans ces tumeurs, il y a des tumeurs bénignes et de rares tumeurs malignes et le risque est très faible.

Si l’étude avit montré que tous les utilisateurs de ce groupe développaient le même type de tumeur, là on aurait pu évoquer la causalité.

C’est ce qui s’est passé il y a plus de trente ans dans une usine de manufacture de pneus. des ouvriers exposés à une substance, le monochlorure de vinyl (MVC) avaient développé une tumeur rarissime du foie un cancer appelé hépatoangiosarcone. Ces quatre cas de cancer orientaient quasiment obligatoirement vers une cause unique tant ce type de tumeur est rare . la survenue de ces 4 cancers dans le même cadre industriel permettait de parler de lien de cause à effet.

Cette facilité ou cette volonté qu’on met à parler de lien causal au lieu d’association a des effets pervers.
D’abord cela participe du « marketing de la peur », cette tendance qu’ont certaines personnes à se faire les annonciateurs de l’Apocalypse. En jouant ainsi sur les peurs, ces héros du malheur se créent une notoriété souvent usurpée et freinent tout débat ultérieur et toute possibilité d’enrichir la connaissance .

Ensuite, cela peut « rafraichir » des ardeurs de recherche et de développement de produits ou techniques nouvelles.
Ainsi, l’industrie du vaccin est-elle encore aujourd’hui très en retard car les grands groupes ne veulent plus beaucoup investir dans un domaine où les procès se multiplient.

Une sorte de lien de cause à effet, cette fois !

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Cancers du colon et du poumon : la viande rouge sur le gril

Manger trop de viande rouge et de produits industriels à base de viande n’est pas une très bonne idée si on souhaite se préserver de certains cancers.

Une nouvelle étude, particulièrement bien construite en apporte une preuve difficilement contestable

Samedi prochain, quand j’irai faire mes courses sous les halles de Tours, mon copain Philippe le boucher va sûrement me jeter un œil noir. Enfin seulement si la pesse parle beaucoup de l’étude dont je vais vous présenter les résultats ici et dont je vous donnerai les références exactes en fin de billet.

De quoi s’agit-il donc ? D’un long travail, plus de huit ans, pour mesurer la relation qui peut exister entre certaines habitudes alimentaires et la survenue de cancers.
Des épidémiologistes américains de l’Institut national de la santé (NIH) ont suivi ainsi près de 500 000 personnes âgées de 50 à 71 ans au moment de leur recrutement dans cette étude en 1995 et 1996.
Ces personnes ont, à intervalles, réguliers, rempli des questionnaires sur leurs habitudes alimentaires, des questionnaires très détaillés, les interrogeant en particulier sur leur consommation de fruits, de légumes, de viande rouge, de jambon, de saucisses, de bacon, de volaille.

Au cours de ces huit années de suivi, les responsables de l’étude ont identifié la survenue de 53396 cancers.
Ils ont alors repris les questionnaires alimentaires des personnes concernées et ils ont constaté que la consommation en grande quantité de certains aliments était associée avec un risque plus élevé de développer certains cancers.
Cette consommation élevée concernait la viande rouge et les produits élaborés à base de viande, comme les saucisses, le jambon, le bacon, les plats industriels à base de viande.

Les gros consommateurs de ce type d’aliments ont montré un risque plus élevé (20 %) que les autres de développer un cancer du colon et du rectum et un cancer du poumon (16 %). Dans une moindre mesure, ces gros consommateurs avaient également plus de risque de développer un cancer du foie ou de l’œsophage.

A ce point de l’histoire, je dois apporter un élément d’information important. Il n’y a, dans cette étude aucune démonstration d’un lien de cause à effet entre consommation importante de viande et cancer. On parle ici d’association et ce n’est pas la même chose. Association cela veut dire qu’il y a un rôle favorisant d’une consommation importante sur la survenue des tumeurs, mais ce rôle n’est en aucun cas suffisant ou la cause unique de la maladie.

Ce point étant précisé, que montrent les résultats ? D’abord que les cancers digestifs sont d’abord des cancers du rectum, la partie terminale de l’intestin. Cela est dû en particulier à la présence de bactéries favorisant la fermentation et l’apparition de substances de dégradation des produits carnés qui sont des cancérogènes connus.

L’autre point surprenant c’est cette élévation du risque de cancer du poumon. Il n’est pas évident a priori de voir un rapport entre l’ingestion de viande et une tumeur pulmonaire. Faut-il y voir l’influence des méthodes de cuisson ? On sait que griller une viande, notamment au barbecue, favorise la fabrication d’hydrocarbures polycycliques aromatiques, un nom barbare pour désigner des composés tels le benzène.

Mais sans doute n’est-ce pas la seule explication et je vais enquêter plus avant sur cette affaire.

On pourrait objecter aux auteurs que les gros mangeurs de viande sont peut-être des gros fumeurs et que leurs résultats auraient pu être faussés par ce biais. Mais ces chercheurs sont des gens très brillants et ils ont pensé à cette éventualité.
Grace à des méthodes statistiques qui permettent de tenir compte de ces paramètres dans les calculs, ils montrent qu’en contrôlant ce « facteur cigarettes », les gros mangeurs de viande sont plus à risque que les consommateurs les plus faibles. Ils reconnaissent, cependant, que l’action du tabac ne peut pas être complètement négligée.

Mais cette étude n’est pas source seulement de mauvaises nouvelles, puisque, grâce encore à un calcul savant, les auteurs nous indiquent qu’en réduisant leur consommation les gros mangeurs de viande rouge et de produits carnés peuvent réduire leur risque de voir apparaître un cancer colorectal ou pulmonaire. Un cancer sur dix pourrait être évité si la consommation de ces produits était abaissée aux alentours de 12 grammes pour 1000 calories. Comme notre prise énergétique quotidienne est de 2500 calories (on doit dire d’ailleurs kilocalories), cela équivaudrait à ne pas dépasser quotidiennement une consommation carnée de 30 grammes.

Avec un tel chiffre, c’est sûr, je me fâche avec mon copain Philippe, le boucher. !

Il ne faut pas oublier que cette étude est américaine, que les modes de cuisson, notamment les barbecues, ne sont pas obligatoirement les nôtres. En ce qui concerne les méthodes de préparation des produits industriels, notamment la charcuterie, la législation européenne est également très stricte sur les « sels rougisseurs » riches en nitrites, des substances précurseurs des nitrosamines, cancérogènes connus.

Mais il n’empêche que depuis des années, beaucoup d’études vont dans le même sens et montrent qu’une consommation trop importante de viande rouge peut jouer un rôle dans la survenue d’un cancer colorectal.

La viande est un aliment important et, sauf si on est végétarien, personne ne prônera le fait d’y renoncer.
Mais il faut savoir la consommer avec modération, peut-être un peu moins souvent mais en se faisant plaisir avec des morceaux de qualité.

J’espère que tu ne m’en voudras pas trop, Philippe.

Voici donc les références de l’étude.
Elle est publiée dans une revue appelée PLoS Medicine accessible gratuitement en ligne.

http://dx.doi.org/10.1371/journal.pmed.0040325

On trouvera dans cette même revue un editorial faisant le point sur la connaissance des mécanismes impliquant la consommation de viande dans la survenue de cancers

http://dx.doi.org/10.1371/journal.pmed.0040345

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Grossesse après cancer du sein : une étude pour mieux comprendre

C’est la plus belle revanche sur la maladie qu’on puisse imaginer : mener une grossesse près avoir eu un cancer du sein. Elles sont plusieurs centaines chaque année à connaître ce moment.

Pour mieux savoir comment cela se passe et quelles sont les attentes et les obstacles affrontés, une équipe pluridisciplinaire lance aujourd’hui une étude sur la grossesse après un cancer du sein.

Le cancer du sein touche environ quarante mille femmes chaque année en France. C’est la première tumeur maligne chez la femme. Les progrès considérables tant en matière de dépistage que de traitement ont totalement modifié le pronostic de cette maladie.

Un médicament comme le trastuzumab, commercialisé sous le nom d’Herceptine a été, par exemple, une vraie révolution dans la prise en charge des femmes qui ont un cancer du sein dans lequel la tumeur fabrique trop de récepteurs HER2. Cela concerne environ un cancer sur cinq.

Les chimiothérapies aussi ont permis de vraies avancées, même si leurs effets secondaires restent lourds.

Une des conséquences de ces progrès c’et que des femmes aujourd’hui n’hésitent plus, après un certain délai, à concevoir un enfant. On estime qu’environ 7 % des femmes traitées pour cancer du sein vont mener ensuite une grossesse.

Bien sûr, cela se fait dans un cadre précis avec un suivi médical strict et en laissant passer un délai après l’arrêt du traitement, délai qui dépend de la nature des produits et moyens utilisés pour traiter le cancer.

Les résultats des diverses études internationales sont très rassurants quant u devenir de la grossesse et à l’état de santé de l’enfant.

Mais le phénomène reste encore assez nouveau et il y a beaucoup de zones d’ombre, notamment n ce qui concerne l’aspect affectif. Pourtant, ces grossesses après cancer du sein vont devenir de plus en plus fréquentes et c’est pour mieux cerner les difficultés que l’association francophone de l’après cancer du sein, l’AFAS, recherche quelques milliers de femmes concernées par la question pour leur adresser un questionnaire.

Ce groupe recherche donc des femmes qui ont été enceintes, même si, malheureusement la grossesse a échoué. Les spécialistes s’intéressent notamment à la relation des femmes avec le corps médical, savoir quel a été leur parcours, leur vécu.

Si vous avez connu cette situation, vous pouvez appeler gratuitement un numéro vert.

Ce numéro c’est le : 0800 770 736

Cette étude est très importante pour améliorer la prise en charge et le suivi de toutes ces femmes qui veulent montrer que donner la vie c’est la meilleure façon de vaincre son cancer.

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Forts en maths pour être médecins : peut-être un mauvais calcul.

Nos écoliers sont mauvais élèves en science. Nous sommes même à la traine en Europe si on en croit l’OCDE, l’organisation de coopération et de développement économiques.

L’étude PISA 2006, qui est un programme international d’évaluation des élèves a été menée dans 57 pays et auprès de 400000 jeunes de 15 ans. Nous y occupons une peu glorieuse 32ème place .

L’évaluation peut être consultée sur le lien suivant:

http://www.oecd.org/dataoecd/30/17/39703267.pdf

Le moins qu’on puisse dire c’est que notre pays n’en ressort pas la tête haute ! Il se confirme que pour les mathématiques et les sciences, nous frisons le bonnet d’âne, même si cet attribut n’est plus porté aujourd’hui.

Cette enquête est d’ailleurs pleine de paradoxes, car les jeunes à travers le monde disent dans leur majorité (72%) que leur principale inquiétude vient de la dégradation de l’environnement. Mais à peine un sur cinq (21%) envisage de faire une carrière scientifique !

Alors qu’on nous rebat les oreilles à tous bouts de champ avec le « principe de précaution «, souvent employé en lieu et place de « mesures de précaution », on se demande où on pourra trouver les futurs experts capables de concevoir et de mener les études nécessaires à prouver l’innocuité ou, au contraire, la nocivité de certaines substances.

Cette inappétence pour les sciences est assez dramatique car elle permet à de faux spécialistes, à des gourous et autres manipulateurs d’opinion et de faits de convaincre aisément des populations incapables de discerner le vrai du faux.

Il ne s’agit pas de faire de chaque citoyen un prix Nobel de physique, ni un génie des maths, mais il faut au moins donner au plus grand nombre des éléments pour les aider à comprendre certains mécanismes, a accepter de raisonner dans le doute et à partir d’hypothèses plutôt que de vivre de certitudes. Le monde qui nous entoure n’est pas parfait, surtout au plan biologique et il n’y a pas de vérité éternelle ni de dogme.

Notre faon d’enseigner les disciplines scientifiques n’aide pas non plus à développer la réflexion. Actuellement, on a « bon ou faux » à un problème. On réussit ou on rate. Mais on ne s’occupe pas beaucoup du chemin qui a mené au résultat, on n’analyse pas le raisonnement employé pour comprendre où a pu se situer l’erreur.

Si je parle de cette situation, c’est qu’elle a une conséquence indirecte sur notre santé.
Il faut en effet savoir que l’accès aux études de médecine se fait après une sélection sévère, baptisée « numérus clausus ».
On décide de combien on aura besoin de médecins à un horizon de 20 ans et on admet donc, après concours, un certain nombre d’étudiants en fin de première année.
Le taux d’admissions représente à peine 10 % des inscrits.
Depuis des années, ce système favorise de façon outrancière les bacheliers ayant eu le bac série S avec mention. Malheur donc aux littéraires et aux réfractaires aux équations avec calcul d’intégrales et autres exclus de l’espace non-euclidien. Autant de notions et de connaissances apparemment fondamentales pour approcher et comprendre le mal-vivre de son prochain !

Le phénomène nouveau de cette sélection c’est qu’on voit de plus en plus de jeunes forts en maths qui, arrivée la période de l’entrée à l’hôpital, craquent ! Formés à un mode de raisonnement précis, où le doute n’existe pas, ils découvrent des gens malades, donc pas dans la norme, qui ne se résument pas à un chiffre de cholestérol ni à la quantité d’urines des 24 heures. Et on voit ainsi des « grosses têtes » désemparées, vouloir se tourner vers un exercice de la médecine sans avoir de contact direct avec les malades.
Pendant ce temps, des étudiants ayant eu une formation plus littéraire ou attirés par les sciences humaines se sont vu refuser l’entrée en faculté de médecine car pas assez bons en maths.

On va donc en arriver à former des médecins de plus en plus savants et de moins en moins humains.
Aux Etats-Unis, les études médicales ne durent pas sept ou huit ans, comme ici, mais quatre ans. Il n’y a pas de concours, mais une admission sur dossier après trois années de « college », l’équivalent de nos années de licence.
Et avoir fait dans son cursus de la psychologie et suivi un cours de sociologie ne vous pénalise pas, au contraire.

Au temps jadis, les mathématiciens étaient aussi philosophes. Aujourd’hui on est spécialiste dans son domaine et rares sont ceux qui se penchent à la fenêtre pour savoir ce que l’autre fait.

Je crois qu’il faut redonner à l’enseignement des sciences toute sa place dans la société. C’est un enjeu démocratique comme je l’ai dit plus haut afin d’éviter de laisser le champ libre aux professionnels de la peur.

Mais il faut éviter le « tout scientifique » faire entrer le monde des sciences humaines dans les facultés de médecine et de sciences, rappeler combien douter est important et que la certitude tue le raisonnement.

Comme le disait si bien ce médecin originaire de Chinon, François Rabelais « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

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Douleur : les patients se prennent aussi en charge

J’ai choisi aujourd’hui de donner la parole à Claude. Cet internaute s’occupe d’une association de patients qui combat la douleur. Il xiste des sociétés savantes médicales su ce sujet,mais il me semblait intéressant de montrer que des patients peuvent aussi , dans ce domaine, se prendre en charge.

Voici son témoignage:

Il y a bientôt 2 ans, je me suis retrouvé, suite a accident de travail, avec une double fracture du pied. Je me suis battu pendant cette période contre la douleur provoqué par cet accident, les médecins m’ont diagnostiqué une algoneudystrophie de la jambe droite se développant jusqu’à la hanche.

Apres plusieurs hospitalisations et traitement (calcitonine, etc.…), la seule solution qu’il me restait était me faire implanter un neurostimulateur médullaire. Ce système permet « d’atténuer » la douleur sous forme d’envoi d’électricité dans la partie douloureuse de ma jambe. Pendant cette période, j’ai fait connaissance ,avec des personnes qui comme moi étaient stimulées et qui mon beaucoup aide a me relever a revivre et surtout a assumer le fait que je ne serais plus aussi « costaud » qu’avant,

Et oui car la neurostimulation a aussi ses défauts, mais d’un autre coté ceux-ci sont masqués par le fait de pouvoir remarcher presque sans douleurs. Maintenant que je vais mieux, je me suis rapproché des personnes qui m’ont soutenu et je suis entré dans l’association « Association Francophone pour Vaincre les Douleurs » crée par Martine qui après plusieurs opérations et combats contre la douleur a pris la décision de venir en aide aux patients et a réussi a s’entourer de personnes malades et valides sur un plan national afin de venir en aide aux personne qui comme nous souffre au quotidien

Je pense que les douleurs ne doivent pas être une fatalité et qu’une association comme l’AFVD peut a son niveau faire aussi évoluer les mentalités . Lors des congres de la SFETD (Société française d’étude et de traitement de la douleur), je me suis aperçu que les professionnels de la médecine, que j’ai rencontrés, sont demandeurs de notre action, c’est-à-dire venir en aide aux personnes atteintes de douleurs chroniques, de les renseigner et bien sur de leur faire partager notre expérience et nos contacts.

Les unités antidouleurs se développent de plus en plus et nous avec nos petits moyens, mais surtout avec notre force d’entraide, nous sommes prêts aujourd’hui à aider les médecins, infirmières et bien sur patients dans ce combat qui doit permettre que la douleur soit vraiment pris en compte comme une vrai maladie et je pense que seul une association de patients pour les patients peut y parvenir .

Je vous propose aussi de venir nous rejoindre en temps que membres, partenaires ou mécènes, si vous êtes un professionnel de la médecine (médecin, infirmier, etc.) ou simplement si vous êtes un patient ou un ami de patient venez aidés à Vaincre les douleurs
Vous pouvez nous joindre :

www.carolaurstimulelec-combatmartine.com/4594/index.html

Association Francophone des Victimes de la Douleur Un site est en cours de création,

http://www.association-afvd.com.

Ou par mail : association-afvd@orange.fr
Claude (Responsable de communication AFVD)

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