Archives mensuelles : janvier 2008

Diabète : des cyclistes professionnels diabétiques dans le peloton

Le 24 août dernier j’ai consacré un billet à des sportifs diabétiques, des cyclistes américains .
Depuis décembre 2007, ces cyclistes ont franchi le pas.

Ils ont désormais une équipe cycliste professionnelle engagée dans le circuit continental, en quelque sorte la deuxième division du cyclisme, celle qui suit le Pro tour.

Voici l’équipe :
les noms en gras sont des coureurs diabétiques de type 1, c’est à dire ayant besoin de s’injecter quotidiennement de l’insuline.Leur age et leur nationalité sont notés également.

ABRAHAM, Emile; 34; Trinidad & Tobago

ALDAPE CHAVEZ, Moises; 27; Mexique

ANTHONY, Jesse; 23; USA

BROOKS, Ben; 29; Australie

CALABRIA, Fabio; 21; Australie

CHADWICK, Glen; 32; Nouvelle -Zelande

ELDRIDGE, Joe; 26; USA

HARGRAVE, Tim; 23; Nouvelle -Zelande

HOLT, Dan; 27; USA

JONES, Chris; 29; USA

KOBZARENKO, Valeriy; 31; Ukraine

MACGREGOR, Ian; 25; USA

MILNE, Shawn; 27; USA

SOUTHERLAND, Phil; 26; USA

WILSON, Matt; 31; Australie

Une équipe amateur entièrement formée de diabétiques est également née dans cette même organisation.

L’insuline fait partie des produits interdits d’utilisation pour les sportifs et figure sur la liste du Comité olympique international, et de l’Union cycliste internationale.

Mais, comme un certain nombre de substances interdites, l’insuline peut être utilisée chez des sportifs en compétition sous certaines conditions. Il faut, en particulier, qu’un médecin spécialiste atteste de la véracité du diabéte et du besoin d’injection d’insuline.
Le dossier médical sera transmis à l’Agence mondiale antidopage qui donne ou non le feu vert. En cas de litige c’est le Tribunal arbitral du sport qui tranche.

Sur le site de l’Agence mondiale antidopage, un document résume d’ailleurs toutes les conditions d’usage des substances officiellement interdites.

Il sera intéressant de voir ces cyclistes évoluer dans le peloton. Un bel exemple pour les jeunes diabétiques qui souvent passent par des moments de déprime en refusant de se traiter. Ils verront ainsi que le diabété permet de vivre même en sportif de haut niveau.

le billet du 24/08/07 :

http://blog.france2.fr/mon-blog-medical/index.php/2007/08/24/58074-diabete-des-coureurs-pour-lexemple#tb

Le document sur les conditions d’utilisation de substances prohibées (en anglais uniquement)

http://www.wada-ama.org/rtecontent/document/medicalinformationtue2007.pdf

L’insuline est traitée de la page 15 à la page 18

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Diabéte de type 2 : un sommeil pas du tout réparateur

Une mauvaise qualité de sommeil explique peut-être pourquoi le nombre de personnes souffrant de diabète de type 2 va croissant.

Un sommeil réparateur. Qui n’en rêve pas, une bonne nuit, se lever reposé, frais prêt à attaquer la journée en souriant. Pourtant un tel sommeil n’est pas si fréquent de nos jours et une mauvaise qualité de sommeil peut jouer de vilains tours. Le sommeil n’est plus réparateur mais destructeur.

Lorsqu’en effet une partie de notre sommeil est perturbée, une série de régulations hormonales se font incorrectement, particulièrement l’action de l’insuline. Cette hormone joue un rôle fondamental dans le métabolisme du glucose. Quand l’insuline est inefficace, apparaît alors le risque de diabète de type 2.

Pour comprendre un peu mieux ce qui se passe, petit rappel sur le sommeil.
Dormir c’est un peu comme laver du linge ! Rassurez-vous, je ne fais usage d’aucune substance prohibée en écrivant.
Je veux dire par là qu’on dort non pas d’un seul tenant, mais par cycles successifs de 90 minutes chacun environ.

Chaque cycle se décompose en plusieurs parties.
Il y a d’abord deux phases, l’une d’endormissement, la deuxième dite de sommeil léger.
Puis arrivent deux p phases de sommeil dit « profond ».
Enfin on entre dans le sommeil paradoxal, phase au cours de laquelle se situent les rêves. Le corps est immobile alors que les mouvements des yeux sont très rapides et dans tous les sens.

Cette phase appelée REM (rapid eye movement, mouvement rapide des yeux) est considérée comme la phase la plus « réparatrice », comme un moment de restauration des fonctions.
C’est particulièrement vrai sur les phénomènes de consolidation de la mémoire.

Durant cette phase, le cerveau va utiliser moins de glucose, la libération d’hormone de croissance est stimulée, et la libération de cortisone naturelle freinée.

Autant de mécanismes qui participent de la régulation du glucose dans l’organisme.

Partant du principe que cette phase de sommeil est importante pour réguler le glucose, une équipe de chercheurs de l’université de Chicago a travaillé avec des volontaires jeunes et sains, qui ne souffraient d’aucune pathologie particulière.

Chez ces neufs volontaires, les chercheurs ont réussi à supprimer la phase de sommeil paradoxal pendant trois nuits consécutives.

Ils ont alors constaté de vraies perturbations dans la régulation du glucose par l’organisme.
L’insuline voyait par exemple son effet décroître, les tissus sur lesquels elle agit normalement devenant de plus en plus insensibles à son action.

Or la résistance à l’insuline est le mécanisme qui conduit à l’apparition du diabète de type 2.
Aucun mécanisme compensatoire ne permet de corriger l’insensibilité à l’insuline.

Ces travaux viennent donc expérimentalement confirmer plusieurs études qui mettaient en évidence le rôle du sommeil comme facteur de risque de survenue du diabète de type 2.

On sait aussi que chez les sujets obèses, dont je fais partie, cette phase de sommeil REM est très perturbée et représente donc un facteur de risque supplémentaire dans l’apparition de ce type de diabète.

Il est donc important de pouvoir prendre certaines mesures hygiéno-diététiques préventives quand il est encore temps, notamment essayer de perdre du poids.

Je n’arrête pas d’essayer !

La référence de l’étude est :

Slow-wave sleep and the risk of type 2 diabetes in humans

Esra Tasali et al.

www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.0706446105

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Téléphone portable : friture sur la ligne entre principe et mesures de précaution

C’est un classique du genre. Le téléphone portable et ses dangers potentiels.

Aujourd’hui après un communiqué distribué par la Direction générale de la Santé concernant l’usage par les enfants des appareils de téléphonie mobile, les titres des journaux radio et télé parlent de « danger ». On évoque aussi le « principe de précaution ».

Je joins à ce billet le texte du communiqué très pondéré et donnant l’état actuel des connaissances. Vous pourrez ainsi lire ce qui est écrit et comparer avec ce qui en a été rapporté et interprété.

Profitons donc de ce début d’année pour faire un peu de pédagogie. Le terme « principe de précaution » venu du droit rural et environnemental est désormais inscrit dans notre Constitution. Mais sa définition internationale pose toujours problème. Car il existe une vraie confusion entre le principe et les « mesures « de précaution.

En gros, il y a un affrontement entre ceux qui pensent qu’on doit se donner les moyens de démontrer l’existence d’un danger éventuel et ceux qui veulent un arsenal de mesures visant à assurer une protection du type « bretelles et ceinture », c’est-à-dire en imposant tellement de conditions que plus rien ne peut être démontré, puisque mieux vaut tout arrêter.

Je vous propose en fin de ce billet deux textes. L’un est le résumé d’un article de référence sur cette question du principe de précaution. Ecrit par Olivier Godard. L’autre est la définition que retient l’Union européenne.

En ce qui concerne la téléphonie mobile on se trouve devant une question loin d’être simple à trancher. Depuis plusieurs années, les études scientifiques se multiplient. Parmi ces études, toutes n’ont pas une méthodologie satisfaisante ou n’ont pas inclus assez de sujets pour mesurer des effets souvent peu fréquents.

Les tumeurs cérébrales, par exemple, font partie des cancers parmi les moins fréquents et déceler un effet associé au téléphone suppose d’avoir des populations étudiées énormes. C’est difficile à réunir, extrêmement couteux à réaliser et il faut être sûr de pouvoir collecter correctement toutes les données nécessaires.

L’OMS par le biais du Centre international contre le cancer, basé à Lyon, mène une telle étude. D’autres travaux ont déjà été publiés, mais il ne se dessine pas un profil clair et net permettant d’associer la survenue d’une pathologie donnée, bénigne ou maligne, avec l’usage du téléphone portable. Il faut donc continuer à travailler, à étudier et surtout à exiger des études bien menées.

Ces dernières années, des scientifiques ou se présentant comme tels, ont mené des travaux souvent expérimentaux, toujours sur l’animal, voire sur les œufs embryonnés, avec des résultats toujours catastrophiques et qui ont trouvé des oreilles favorables auprès de journalistes sans grande culture scientifique mais avides du « marketing de la peur ». Avec près de cinquante millions d’utilisateurs, cette question de la téléphonie mérite de la sérénité, du sérieux et du bon travail, pas des coups d’esbroufe.

Le principe de précaution comme norme de l’action publique, ou la proportionnalité en question

Olivier Godard

Revue économique 2003- 6 (Vol. 54) page 1245 à 1276

L’introduction du principe de précaution en France a donné naissance à deux conceptions antagonistes. La première, correspondant à la définition légale et à la doctrine européenne, promeut une prévention précoce mais proportionnée de risques potentiels. La seconde, portée par des ONG et relayée par l’usage courant en situation de crise, demande la preuve de l’innocuité et vise asymptotiquement l’éradication des risques par l’accumulation de mesures précautionneuses. Cette situation a entretenu une confusion entre deux idées : agir de façon précoce, sans attendre des certitudes scientifiques, et agir de façon plus précautionneuse. L’article dresse un tableau des conceptions en présence puis montre en quoi la « règle d’abstention » n’est pas défendable, même lorsqu’on atténue ses exigences. Il montre ensuite comment une mauvaise structuration du problème de décision crée un artefact par lequel la précocité dans le temps scientifique induit mécaniquement une inflation des risques via l’aggravation des dommages potentiels perçus. Pour s’en prémunir, il faut s’en tenir à deux garde-fous : instituer la prise en compte des avantages potentiels au même titre que les dommages potentiels ; proportionner les actions de prévention à la plausibilité scientifique des hypothèses de risque de façon à donner de moindres effets pratiques aux conjectures non étayées qu’aux hypothèses confortées par un faisceau d’éléments scientifiques.

Définition de l’Union européenne

L’application du principe de précaution permet aux autorités sanitaires d’agir dans les cas où les données scientifiques sont insuffisantes, peu concluantes ou incertaines, mais où, selon des indications découlant d’une évaluation scientifique objective et préliminaire, il y a des motifs raisonnables de s’inquiéter des effets potentiellement dangereux pour la santé découlant d’un phénomène, d’un produit ou d’un procédé. Son application peut être nécessaire pour maintenir le niveau de protection choisi en matière de santé. Par ailleurs, il permet aux personnes naturelles ou juridiques concernées de contrôler, si nécessaire au moyen d’actions en justice, l’exercice de la prise de décision dans la gestion des risques potentiels. Enfin, le principe de précaution permet de déplacer la charge de la preuve sur le fabricant d’une substance ou d’un aliment pour démontrer la sécurité des produits destinés à être commercialisés. Ces trois fonctions de base du principe de précaution sont complémentaires et lui donnent une portée qui dépasse largement celle de la protection de l’environnement.

Communiqué de la Direction générale de la Santé

Téléphones mobiles : santé et sécurité

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TABAC: le mauvais combat des récalcitrants

L’entrée en vigueur de la loi interdisant de fumer dans les lieux publics est donc effective, avec un jour de retard. l’occasion d’entendre et de lire dans la presse des propos édifiants de la part d’opposants à cette mesure. Décidément, la santé publqie est un dur combat.

Que n’aura t-on dit ? « Liberticide » « entrée en résistance »  » ordre moral ». Tout cela pour une cigarette ! Au moment où la France rejoint un certain nombre de pays européens dans une décision de bon sens, ne pas exposer des citoyens à un produit cancérogène à leur insu, des « héros » de la liberté s’éveillent. Et comme le monde médiatique est peuplé de fumeurs et de fumeuses, stylos et micros complaisants volent au secours des nouveaux frustrés.

Pardonnez moi ce ton vif , mais il paraît assez incroyable de ne pas vouloir comprendre qu’un produit à l’origine de 60 000 décès par cancer et de nombreux accidents acrdiovasculaires qui vont gâcher la vie de gens jeunes, puisse voir sa consommation limitée.

Le risque est reconnu depuis les années 50 et le travail de deux épidémiologistes anglais, Doll et Peto, mais qu’impote. A côté de cela, souvenons nous de la folie qui traversa notre pays au moment de la crise de la vache folle. Des parents étaient prêts à retirer leurs enfants des cantines si on leur servait du boeuf, mais n’avaient rien à dire si les mêms adolescents avaient le clope au bec à la sortie du collège. Par chance, l’épidémie d’ESB semble derrière nous et aura fait environ vingt malheureuses victimes, pas 60 000 morts chaque année.

On sait qu’une femme enceint qui fume prend le risque de faire naître un enfant prématuré, de faible poids et qui devra commencer sa vie dans un service de réanimation . Pourtant près d’un tiers des femmes qui viennent consulter pour la première fois au cours de la grossess sont fumeuses, et dans certaines région fançaises on monte à 60 % .

Je faisais remarquer ces risques à une femme qui en était toujours à deux paquets et demi au 7ème mois. 3 Eh bien tant mieux si la grossesse dure moins longtemps » me répondit-elle quand j’évoquai le risque de prématurité et pour le petit poids de naissance la réponse fut « Comme ça il passera plus facilement ».

Mais les mêmes vont hurler à la port si elles travaillent dans un batiment dans lequel il y a de l’amiante.

La mesure prise pour les établissements comme les bars et restaurants vise à protéger le personnel de ces établissements. c’est la même logique qui amena à supprimer les places fumeurs dans les avions. Une décision partie des Etats-Unis. A l’époque, des mesures faites sur le personnel de cabine lors de vols d’une côte à l’autre, soit cinq heures envirion, montraient que hôtesse travaillant en classe fumeurs sur un New-York Los Angeles avait dans le sang l’équivalent de cinq à sept cigarettes.

la même étude fut faite en France à l’époque des premiers TGV sur le réseau Sud-Est. Des contrôleurs qui travaillaient sur unParis-Montpellier qui se faisait lui aussi en cinq heures à l’époque, avaient également l’équivalent de cinq cigarettes quand on mesurait le taux de cotinine, un dérivé de nicotine dans leur sang et leurs urines

De quel droit peut-on exposer quelqu’un à un risque potentiellement mortel ? On ne l’accepte pas dans le monde du travail où l’usage de substances nocives est très strictement réglementé et où on impose des équipements et des normes d’aération par exemple.

Alors pourquoi laisser un barman ou un serveur en salle se prendre de la fumée pendant des heures?

J’ai du mal à voir où est l’atteinte à la liberté du client dans cette affaire et encore plus de mal à voir dans ceux qui enfreindront la loi des descendants de Jean Moulin et des FFI.

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Tabac : l’oeil au trou noir

Voulez vous une bonne raison d’arrêter de fumer ? Vos yeux. Explication ci-dessous

C’est une pathologie très sérieuse et, comme le disent les médecins, très invalidante. La DMLA, dégénérescence maculaire liée à l’âge, est une cause de cécité de plus en plus fréquente, qui vient gâcher la vie de nombreuses personnes à partir de la soixantaine. Et comme la longévité ne cesse de progresser, ce handicap va aller croissant.

Cette affection entraine une perte de la vision centrale en raison de dépôts fibreux et d’hémorragies sur la partie centrale de la rétine en raison de l’infiltration ans cette zone de vaisseaux sanguins nouvellement formés et très fragiles.

On s’en aperçoit souvent quand on regarde ne fenêtre par exemple et quand on a l’impression de voir « danser » l’encadrement en bois ou en alu. Et quand on regarde un visage, on a l’impression de voir un trou noir au centre, un peu comme si on regardait une photo dont le centre aurait été brûlé par un mégot de cigarette.

Cette DMLA semble être plus fréquente chez certaines personnes dont le patrimoine génétique comporte des expressions particulières de certains gènes, comme le montre une étude publiée dans la revue PLoS Medicine et dont je vous donne le lien n fin de ce billet.

Attention, cette différence génétique explique en partie la maladie mais n’en est pas la seule explication.

Les auteurs de l’article ont eu l’excellente idée de comparer deux groupes de personnes, l’un atteint, l’autre pas, par la DMLA. Et ils ont cherché, outre ces modifications géniques, à savoir si le fait de fumer était un facteur favorisant.

Grâce à un modèle statistique, ils montrent que sans la cigarette, un tiers des cas de DMLA pourrait être évité, 33 %, rien que cela.

Evidemment, quand on a vingt ans on se soucie fort peu de savoir comment on sera quarante ans plus tard. Mais en attendant d’avoir des tests permettant de savoir si on est porteur des modifications géniques, on peut se dire, si on est fumeur, que le fait d’arrêter permettra sans doute de préserver sa vue plus tard.

Et fumer cela coûte déjà les yeux de la tête.

L’accès gratuit à l’étude peut se faire par le lien suivant :

Hughes AE, Orr N,
Patterson C, Esfandiary H, Hogg R, et
al. (2007) Neovascular age-related
macular degeneration risk based on
CFH, LOC387715/HTRA1, and
smoking. PLoS Med 4(12): e355.
doi:10.1371/journal.pmed.0040355

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