Archives quotidiennes : 3 février 2008

VIH/SIDA CROI:2008 : un mystère appelé prépuce

BOSTON (photo JDF)

Prévention de l’infection, nouveaux traitements, vaccins, une première journée avec des bonnes et des moins bonnes nouvelles.

La 15ème conférence sur les rétrovirus, la CROI, apporte, comme chaque année ses espoirs et ses désillusions. Une façon de plus de constater, s’il en était besoin, que le VIH est un virus diaboliquement intelligent.

Les bonnes nouvelles d’abord avec la confirmation des résultats très encourageants des études menées sur la circoncision en Afrique de l’est, en particulier dans la région de Rakai en Ouganda. Deux études présentées aujourd’hui ont mesuré les effets de l’ablation chirurgicale du prépuce sur la transmission du virus HIV, du virus HSV2 responsable de l’herpès génital et d’un certain nombre d’infections génitales.

L’étude sur la transmission du virus HSV2 a consisté à suivre pendant 24 mois, deux groupes d’hommes, 1400 circoncis au début de l’étude et 1387 circoncis deux ans plus tard.
Aucun d’entre eux n’avait de marqueur biologique de la présence du virus de l’herpès génital.
Au bout des deux ans, on a constaté que le risque de contracter ce virus était plus faible dans le groupe circoncis que dans le groupe non circoncis, une différence de 25 %.

Mais l’étude ne s’est pas arrêtée aux hommes, puisqu’elle a considéré aussi les épouses.
Après un an de suivi, les chercheurs ont constaté que chez les femmes dont le partenaire était circoncis, on notait une baisse des infections vaginales conséquente : 50 % de moins pour les infections à trichomonas, 25 % pour les ulcères génitaux dont la cause principale est l’herpès et 20 % pour les vaginoses bactériennes.

Des résultats loin d’être anodins car toutes ces infections, en particulier l’infection par le virus HSV 2, sont autant de facteurs favorisants eu égard à l’infection par le virus VIH, comme l’a souligné Aaron Tobian coordonnateur de cette étude.

Dr Aaron Tobian

Petite déception cependant au milieu de ces résultats encourageants, une étude menée sur des femmes dont les maris séropositifs pour le virus HIV a montré que la circoncision ne les protégeait pas de la transmission du virus. Un résultat allant plutôt à l’inverse des premières études d’observation.
Maria Wawer, ( Johns Hopkins university, Baltimore USA) estime que ces résultats médiocres sont à mettre sur le compte d’une reprise trop précoce des rapports sexuels après la circoncision. Le temps de cicatrisation est long, plus de trente jours en moyenne dans les populations concernées, et le Dr Wawer estime qu’il faudra conseiller aux hommes circoncis de s’abstenir de tout rapport non protégé pendant six à huit semaines après l’opération.

Dr. Maria Wawer

Elle pense aussi que ces résultats montrent l’importance de procéder aux circoncisions chez les adolescents africains, à un âge où ils sont quasiment tous séronégatifs.

Le prépuce devient l’objet de toutes les attentions. Des travaux en cours semblent indiquer que ce revêtement cutané joue un rôle en abritant des agents bactériens et viraux qui favorisent la contamination par le VIH. L’atmosphère de moiteur et l’existence de microcavités favorisent la présence des germes. La structure particulière de la peau à cet endroit, notamment lla présence de kéraatine, fournit un abri au virus de l’herpès génital HSV 2 La circoncision aurait pour effet de faire disparaître ces zones fragiles et de diminuer la présence d’ulcérations génitales qui favorisent les coïnfections par le virus HSV2 et le VIH

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