Archives mensuelles : juin 2008

Formation des médecins : information et communication sont dans un bateau.

L’information destinée aux médecins et, de fait, au grand public devrait être libre de toute considération commerciale. Mais, apparemment, il y a encore du chemin à faire.

Du 8 au 13 septembre prochain se dérouleront les Entretiens de Bichat qui, comme ne l’indiquent pas leur nom, se déroulent à l’hôpital Pitié-Salpêtrière de Paris et pas à l’hôpital Bichat.

Ces entretiens sont censés représenter un moment où les médecins généralistes peuvent parfaire leur formation permanente en venant écouter un certain nombre de conférences.
Le programme est copieux et varié. Mais ce n’est pas faire injure aux organisateurs de dire que cet événement n’a pas le caractère majeur et le lustre d’antan.

Les moyens d’informations des médecins se sont diversifiés et , surtout, ils trouvent près de chez eux ou auprès de la faculté où ils ont été formés, des spécialistes et des sessions de formation qui ne leur imposent plus de « monter » à Paris pour savoir bien soigner.

Mais ce qui ne change pas au cours du temps, et quel que soit le lieu, c’est cette intrication un peu étrange, voire dérangeante, entre information et communication.

Les responsables des Entretiens de Bichat ont déjà adressé aux journalistes le programme de la manifestation de septembre et en parcourant l’opuscule, on découvre une série de tables-rondes programmées sur des thèmes « grand public ».

Prenons l’exemple du 8 septembre à 11h30. On apprend qu’une universitaire du Sud-est de la France parlera du sujet : « Catéchines du thé vert et contrôle du poids ».

Les catéchines sont des substances dont on a montré qu’elles étaient associées à un effet protecteur concernant le risque cancéreux dans des populations chinoises.

Mais là, on parle de perte de poids. Rien d’illégitime donc à ce que des médecins généralistes puissent être informés de ce thème et les journalistes également.
Mais, plus étonnamment, on voit en bas de page que cette table ronde est organisée avec » le soutien » du comité scientifique d’un grand nom du thé.

Le même jour, à quasiment la même heure, on parlera d’un nouveau vaccin contre le papillomavirus, impliqué dans la majorité des cancers du col de l’utérus.
Là aussi cette présentation bénéficie du « soutien » du laboratoire fabricant du vaccin.

Et le lendemain une autre présentation « Que boivent les français ? » sera l’occasion d’entendre des experts parler de l’évolution de nos comportements et devinez quoi ? Un grand fabricant de boissons américain qui s’est également lancé dans le business de l’eau minérale apporte son « soutien » à cette table-ronde.

Ne nous voilons pas les yeux, personne n’est tout blanc ou tout noir, mais, en quoi, y a–t-il besoin d’associer un fabricant de thé à une communication sur le thé ou un fabricant de boissons gazeuses à une table-ronde a priori scientifique ?

Est-ce pour couvrir les frais d’organisation et de voyages des intervenants ? Peut-être.
En tous cas, je trouve que cela fait planer un très léger doute quant à l’objectivité des informations délivrées au cours de ces réunions.

Je fais sans doute un procès d’intention injustifié, mais alors qu’on m’explique cet étrange télescopage.

Dans les grands congrès scientifiques la règle, désormais, est que chaque orateur commence par les « disclosures ». En français cela signifia qu’il dit de qui il a touché de l’argent sous forme d’honoraires ou de crédits de recherche. Au moins les choses sont dites.

J’encourage vivement les organisateurs des entretiens de Bichat à adopter une telle politique.
C’est toujours mieux de dire les choses.

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Cancer du poumon : un "vaccin" cubain pas encore révolutionnaire

L’annonce par les autorités cubaines du lancement du  » premier vaccin  » contre le cancer du poumon est une nouvelle intéressante mais qui réclame la plus extrême prudence. On est loin, en effet, de la révolution.

Première précision et elle est de taille : il ne s’agit pas d’un vaccin au sens où on l’entend communément, c’est-à-dire un moyen de prévenir une maladie. C’est, en fait, une immunothérapie, c’est-à-dire un traitement administré chez des patients déjà malades et chez lesquels on souhaite ranimer les défenses naturelles pour qu’elles attaquent la tumeur.

Le cancer dont souffrent les patients traités à Cuba est un cancer du poumon dit « non à petites cellules » ou CPNPC. Dans cette forme tumorale, les cellules de défense de l’organisme sont quasiment rendues inopérantes en raison de la sécrétion de certaines substances qui les « anesthésient ». Il est donc tentant d’essayer de les stimuler.

Il y a donc plusieurs essais en cours à travers le monde, reposant sur des protéines présentes dans les cellules tumorales et dont on se sert, conjuguées à une autre substance généralement, pour « agresser » le système de défense et lui faire comprendre qu’il se passe quelque chose.

Ainsi, le « vaccin  » cubain comporte-t-il deux éléments, d’abord une protéine fabriquée en quantité anormalement élevée par les cellules cancéreuses et appelée EGF receptor ou récepteur du facteur de croissance épidermique. La seconde protéine provient d’une bactérie, le meningocoque, et a été fabriquée par Escherichia Coli, le fameux colibacille. C’est en envoyant ce signal bactérien qu’on espère obtenir la reconnaissance du second produit.

En mars 2008, les chercheurs cubains ont publié les résultats d’un essai de phase 2 dans la revue américaine Journal of Clinical Oncology.
Cet essai a été fait sur un très petit nombre de patients, quatre-vingts au total, qui avaient tous reçu une chimiothérapie auparavant.

Un groupe a été traité par le « vaccin », l’autre a reçu le traitement habituel.
Cet essai avait pour but de mesurer un certain nombre de paramètres biologiques et de voir quelle était la réponse immunitaire de l’organisme, comment les cellules de défense se comportaient.
La réponse immunitaire, c’est-à-dire la production par l’organisme d’anticorps contre EGF a été obtenue chez 51,3% des patients vaccinés.

Le taux de ce même facteur EGF a diminué de façon importante chez 64 % des vaccinés.
Pour les patients ayant ces deux bons résultats, les auteurs ont noté qu’il existait une tendance à une survie supérieure à celle des malades non vaccinés.

Mais pas de résultat statistiquement significatif permettant de conclure de façon formelle à l’efficacité de la préparation.

Dans le sous-groupe des patients âgés de moins de 60 ans, la survie du groupe traité a été significativement augmentée.

Le problème de cette étude c’est qu’elle concerne un faible nombre de patients et que les résultats ne permettent donc pas de crier victoire à partir de ces seules données.
Pour affirmer les résultats, il faut passer au stade suivant, ce qu’on appelle une étude de phase 3 qui requiert de très nombreux patients, des centaines, voire des milliers.

Ces études sont généralement menées dans le cadre de coopérations internationales avec des protocoles stricts et des comités scientifiques internationaux également.

Pour l’instant, l’étude de phase 3 menée par les chercheurs cubains est strictement cubaine.

Mais divers autres essais, utilisant des composés différents sont en cours à travers le monde.
On teste des vaccins thérapeutiques à base de Belagenpumatucel-1, L-BLP 25, MAGE-3.des essais qui devraient $être terminés dans les deux années à venir.
Pour l’instant, les résultats intermédiaires ne permettent pas de tirer les mêmes conclusions que celles annoncées à la Havane.

D’autres molécules entrent aussi dans le champ de l’évaluation, GVAX, B7.1, EP2101, l5235, et le vaccin télomerase GV1001.

Enfin, il ne faut pas oublier que le développement des thérapies ciblées permet de disposer déjà de molécules capables d’attaquer les cibles EGF. C’est le cas du cetuximab, par exemple. Mais ce médicament ne fonctionne que chez des patients qui ne sont pas porteurs d’une mutation génétique touchant un gène particulier, le gène KRAS

En conclusion, donc, les nouvelles venues de Cuba sont intéressantes. Mais l’annonce d’une mise sur le marché d’un produit insuffisamment évalué ne peut pas être satisfaisante.

Donner des espoirs sans pouvoir les fonder scientifiquement n’est pas la meilleure façon de prendre en charge les patients.

La science cubaine est d’un très haut niveau, mais les circonstances régionales font que cette science a du mal à vivre hors de certaines influences politiques et que les effets d’annonce ne sont pas obligatoirement la meilleure façon de prouver ce qu’on avance.

Référence de l’étude :

Elia Neninger Vinageras et al.

Phase II Randomized Controlled Trial of an Epidermal Growth Factor Vaccine in Advanced Non–Small-Cell Lung Cancer. JCO 2008 ; 26,9 : 1452-1458.

Résumé accessible en ligne gratuitement.

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Soins palliatifs : l’extraordinaire travail des bénévoles.

Les spécialistes des soins palliatifs se sont réunis à Nantes du 19 au 21 juin. Depuis l’annonce, le 12 juin dernier, du plan pour la fin de vie, on parle beaucoup d’argent. Mais on oublie ces acteurs extraordinaires que sont les bénévoles.

Longtemps, trop longtemps, les parents pauvres de notre système de santé, les unités de soins palliatifs bénéficient actuellement de beaucoup d’attention. Il est grand temps de les aider à la fois financièrement, mais aussi en les dotant de personnels formés et en leur reconnaissant une vraie place au cœur de l’activité de soins.

Nombre d’hôpitaux ont refusé et refusent encore l’idée d’avoir une unité de soins palliatifs en leur sein. Certains « annexent » un service situé hors les murs et vers lequel on dirigera les patients en fin de vie.

Mais il arrive que ce service soit loin de l’hôpital, plusieurs kilomètres, et mal desservi par les transports en commun. On donne ainsi aux familles l’impression qu’on a exilé leur proche dans l’antichambre de la mort.

Cet isolement est préjudiciable pour les familles mais aussi pour les futurs médecins et autres personnels soignants en formation dans les hôpitaux.

Il y a, en effet, beaucoup à apprendre dans une unité de soins palliatifs au plan humain, ce qui n’est pas toujours le cas des services de soins classiques où les conditions de travail très tendues et la place des moyens techniques d’imagerie et de diagnostic ont appauvri le rapport au patient.

Dans ces unités de soins palliatifs on redécouvre l’importance d’un geste simple, le toucher. Prendre la main de celle ou de celui qui est alité, lui faire sentir qu’il existe, avoir des gestes lents, lui parler en le regardant dans les yeux sans hurler, en l’appelant par son nom pas « mamies » ou « la petite mère ».

On apprend aussi à travailler ensemble, pas seulement entre médecins, mais avec une équipe pluridisciplinaire où chacun est important et apporte sa pierre à l’édifice.

Mais il y a aussi des intervenants inhabituels dans un service de soins, ce sont les bénévoles.

LA RICHESSE DES BENEVOLES

Ces bénévoles sont des milliers en France à venir, à tour de rôle, consacrer une demi-journée de leur temps, une fois par semaine, aux patients de ces unités.

Ce sont majoritairement des femmes, elles sont même quatre fois plus nombreuses que les hommes.

Ces bénévoles sont recrutées par des associations après des entretiens faits pour éliminer celles et ceux qui se tromperaient de chemin en allant dans de tels services. Ces entretiens servent aussi à démasquer, autant que faire se peut, des personnes membres de groupes sectaires qui espèrent trouver auprès de malades affaiblis des recrues faciles à capter ou à gruger en leur vendant du « miracle ».

Une fois ce cap passé, les bénévoles vont pouvoir venir apporter leur regard extérieur et la présence du « dehors » à des patients souvent coupés du monde depuis longtemps, des patients qui, pour certains, vivent dans un isolement terrible. Les familles n’existent plus ou ont décidé de ne plus venir et la bénévole sera souvent la seule visiteuse sans blouse blanche à passer la porte.

Le rôle des bénévoles est particulièrement ingrat. Contrairement à d’autres activités, ils ne sont pas dans le « faire ». Etre à la Banque alimentaire ou aux Restos du cœur par exemple, c’est distribuer des repas, participer à des collectes. Dans les unités de soins palliatifs, on demande au bénévole d’écouter, Seulement d’écouter, pas d’engager la conversation, pas de s’imposer ; répondre si le patient parle, mais prudemment, ne pas l’entrainer sur certains terrains comme la famille par exemple.

Cela peut paraitre difficile, frustrant, mais savoir écouter est une réclame une discipline et une force de caractère assez remarquables.

Les bénévoles sont bien évidemment liés par le secret professionnel, mais ils sont amenés parfois à entendre des choses que les malades n’ont pas dit au médecin, au reste de l’équipe soignante ou même à leurs proches.

Ces informations, quand, répétons-le, elles n’enfreignent pas une certaine confidentialité, permettent à l’équipe soignante de mieux prendre en charge une angoisse anormalement importante ou des états difficiles à expliquer.

La mère de famille qui s’inquiète du devenir de son enfant une fois qu’elle ne sera plus là, des difficultés financières, sont autant de problèmes que les patients peuvent estimer ne pas être du ressort des médecins. Ils en parleront plus aisément avec cette bénévole, habillée comme eux, qui est là seulement s’ils ont envie de la voir et qui appartient au même monde qu’eux.

J’ai découvert ce monde des bénévoles en 1992 alors que je tournais un magazine pour « Envoyé spécial ». C’était à Toronto, au canada dans une superbe maison acquise par la communauté homosexuelle de Toronto dans le cadre d’un projet appelé Casey House. Dans cette maison, à une époque où existait seulement l’AZT, des hommes jeunes venaient mourir du sida souvent loin de leurs proches auxquels ils avaient caché leur homosexualité et leur maladie.

PRENDRE LA MAIN UNE DERNIERE FOIS

J’avais découvert alors des dizaines de personnes, beaucoup de femmes déjà, souvent dans la quarantaine et qui venaient accompagner la fin de vie de ces jeunes hommes qui leur étaient totalement étrangers mais dont elles devenaient, pour quelques jours ou quelques semaines, si proches.

J’ai vu, il y a quelques jours à l’hôpital d’Haubourdin, dans le Nord, une de ces femmes bénévoles. Une mère de famille qui a choisi, il y a cinq ans, de donner de son temps pour faire un bout de chemin à côté de ceux dont la vie s’enfuit.

Elle m’a dit qu’elle n’avait pas le sentiment d’être utile mais, au contraire, d’apprendre des tonnes de choses auprès de ces gens. Apprendre les vraies valeurs de la vie.

J’ai beaucoup de respect pour ces bénévoles. Je ne sais pas si je serais capable d’aller ainsi donner du temps dans des unités de soins palliatifs. Pourtant ces bénévoles sont un rouage essentiel, une richesse comme le disent les équipes soignâtes. Richesse pour les patients et richesse pour les équipes qui peuvent ainsi se remettre parfois en question.

Malheureusement, les associations ont un peu de mal à trouver du monde pour assurer la relève de celles et ceux qui passent la main après des années de bénévolat. Pourtant, nous sommes à une époque où notre société demande à la médecine de régler tous les problèmes qui se posent, Après le drame vécu par Chantal Sébire, il y a quelques mois, on a vu des demandes se multiplier pour que la médecine délivre la « potion » finale.

Ces bénévoles montrent que la société peut aussi ne pas se désintéresser de la fin de vie et ne pas en faire qu’une simple question de médicaments ou de produits qu’on surdose.

Ces femmes et ces hommes viennent accompagner ceux qui arrivent au bout du chemin simplement, humainement.

Si vous désirez savoir comment on devient bénévole, voici deux adresses très informatives:

l’Union nationale des associations de soins palliatifs

la Société française des soins d’accompagnement et de soins palliatifs.

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Pollution urbaine : le diesel est un vrai crève-coeur.

Payer le gazole cher, cela fait mal au coeur, dit-on. Mais rouler au gazole fait aussi mal au cœur et aux artères, des passants cette fois.

C’est l’Institut national de veille sanitaire (INVS) qui vient aujourd’hui ajouter une pierre à un édifice bien solide déjà. Le rôle de la pollution urbaine dans la survenue d’accidents cardiovasculaires entrainant une surmortalité a fait l’objet de nombreuses études, dont certaines ont été relatées ici en novembre 2007.

L’étude PSAS (programme de surveillance air et santé) étudie les liens à court terme entre la pollution atmosphérique urbaine et la mortalité dans neuf villes françaises : Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Le Havre, Strasbourg et Toulouse).

Le document publié sur le site de l’INVS concerne la période 2000-2004 et une population totale d’environ onze millions d’habitants.

Cette étude montre le risque que fait courir la pollution par ce qu’on appelle les particules fines et grossières. Les fines ont une taille inférieure à 2,5 microns, soit 2,5 millièmes de millimètres, ou, encore, un trentième de la taille d’un cheveu.

Elles sont produites principalement par la pollution automobile. Les filtres utilisés actuellement ne peuvent pas les bloquer.
Ces particules sont tellement fines qu’elles descendent non seulement au plus profond des bronches et des poumons mais encore elles passent dans la circulation sanguine.

Leur présence dans les artères déclenche un phénomène inflammatoire qui va, à son tour, provoquer des cascades de réactions entrainant une obstruction progressive du calibre des artères et, finalement une interruption du flux circulatoire aboutissant à l’infarctus.

Il existe aussi des particules plus grosses dont la taille est inférieure à 10 microns et dont l’origine est plutôt industrielle.

Dans l’étude de l’INVS, lorsque le taux de ces deux types de particules augmente de 10microgrammes par mètre cube d’air (un millionième de kilogramme), on constate une surmortalité par cause cardiovasculaire de 2,2 % le jour et la veille du jour où est constaté le pic de pollution.
Un même phénomène, plus faible puisque de 0,9 % est constaté pour les pics d’ozone.

Mais il y a un élément qui a du mal à figurer dans les études, c’est le rôle délétère du dioxyde de soufre, le SO2. Ce polluant est une des rançons des moteurs diesel, qui représentent près de la moite du parc automobile français.
Dans diverses études dont celle publiée par une équipe conduite par Pierre Boutouyrie, pharmacologue à l’hôpital européen Georges Pompidou à Paris, c’est ce gaz qui provoquait les modifications artérielles les plus préjudiciables.

Or rien n’est prévu dans les systèmes de filtres pour bloquer les émissions de ce dioxyde de soufre et un silence pesant règne sur ce type de polluant, comme si désigner le rôle des véhicules roulant au gazole pouvait déranger certains.

L’industrie privilégiée par rapport à la santé ? Je ne veux pas y croire, on ne l’a jamais vu.

Je précise que la phrase qui précède est une boutade, on ne sait jamais

site de l’INVS : www.invs.sante.fr

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Des nutritionnistes à la frontière du mauvais goût.

Bruno Masure, qui officia sur France 2 naguère, a dit que la télé rend fou. Il semble, du moins, que la gloriole télévisuelle fasse perdre une partie de leur bon sens à certains si j’en crois l’appel que j’ai reçu il y a quelques jours.

C’est à la suite d’un billet consacré sur ce blog à la floraison vernale des livres de régime que j’ai reçu ce fameux appel.
Mon interlocutrice m’annonçait la création d’une sorte de « Sainte alliance » de nutritionnistes, prêts à faire fi de leurs intérêts éditoriaux concurrents pour offrir au peuple un discours fédérateur.

J’en saluai l’augure quand mon interlocutrice me désarçonna littéralement en m’annonçant une idée qui avait germé chez certains de ces spécialistes.

Ils voulaient proposer qu’on ajoute une option au bac et pas n’importe laquelle. Pas de révision nécessaire, rien à apprendre par coeur. Pour gagner des points, le candidat n’aurait qu’une cose à faire et à montrer : avoir un indice de masse corporelle, ou IMC, ne sortant pas de la limite maximale considérée comme la frontière du surpoids, soit 25 l’année du bac.

L’IMC est un indice qui se calcule en divisant le poids exprimé en kilogrammes par le carré de la taille , en mêtres.
Exemple : un garçon de 1,75m qui pèse 60 kg a une IMC de :60/(1,75×1,75) = 19,6.

Grossir n’est pas obligatoirement un choix et en dehors d’une mauvaise hygiène de vie, il peut y avaoir des prises de poids liées à des états pathologiques. On sait également que l’environnement et les conditions socioéconomiques défavorables peuvent favoriser la prise de poids.

Mais cela ne semble pas heurter ce groupe de médecins à en croire mon interlocutrice. Elle était surprise que je prononce le terme de « discrimination ».

Donner des points en plus à quelqu’un sur des critères physiques et ne pas en donner à d’autres semble, a priori, une idée géniale et très « tendance » pour ces spécialistes du plateau-repas et du plateau d’émissions télévisées confondus.

Quand j’évoque cette conversation autour de moi, mes interlocuteurs ont peine à me croire. « Faudra-t-il se faire vomir avant la pesée si on dépasse un peu » m’a demandé un de mes amis , féru de courses hippiques ?

J’espère qu’il n’y aura pas, dans un cabinet ministériel, une oreille complaisante pour trouver cette idée intéressante.

Sinon, je suis certain que la HALDE, la Haute autorité en charge de tout ce qui touche aux discriminations saura ramener sur terre les auteurs de cette proposition qui ne doivent plus bien se rappeler ce que ce genre de mesure évoque dans la mémoire collective.

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UN AN DE BILLETS !

Cela fait un an que ce blog existe. Il a débuté le 19 juin 2007. Depuis, j’ai alimenté assez régulièrement le bébé en espérant ne pas trop le gaver, de même que mes lecteurs !

Vous êtes , si j’en crois les statistiques, un peu plus de deux cents à venir chaque jour lire ces billets.
Je vous en remercie, en particulier celles et ceux qui ont mis cette adresse dans leur blog personnel.

Je suis toujours étonné par les réactions passionnelles et, parfois, un peu « pathologiques » que certains textes peuvent générer.

Mais je suis un Monsieur Jourdain de la Toile et cela me ravit toujours.

Vos opinions et vos commentaires sont toujours les bienvenus. Je fais en sorte de tous les mettre en ligne, sauf quand ils enfreignent certaines limites ou revêtent un caractère commercial.

Merci encore pour votre fidélité et j’espère que vous continuerez souvent à passer la porte de ce blog.

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Téléphone portable, suite mais sûrement pas fin : une communication très concurrentielle.

Il fallait s’y attendre : l’initiative portée par David Servan-Schreiber et à laquelle dix-neuf scientifiques se sont joints a fait jaser. C’était évidemment le but de ce grand spécialiste de la communication, téléphonique en l’occurrence puisque l’appel lancé dans le Journal du dimanche avait trait aux portables.

On aura beaucoup dit de choses sur cet appel. Rappelons qu’il n’apporte aucune information scientifique nouvelle mais qu’il souligne, une nouvelle fois, un certain nombre de mesures de précautions à prendre face à des risques potentiels qu’aucune étude n’a permis actuellement de quantifier.

Il est fort probable, d’ailleurs, qu’il sera impossible d’obtenir des réponses définitives même lors de la conclusion définitive de la grande étude INTERPHONE.

Comme je l’ai dit récemment , la rareté des tumeurs cérébrales fait qu’il faut étudier une population très nombreuse pour voir apparaître d’éventuelles anomalies et il faut que ces anomalies soient « logiques » et correspondent à des effets théoriquement attribuables à l’émission de champs électromagnétiques.

La controverse n’est pas éteinte, loin s’en faut.

Mais ce qui est intéressant aujourd’hui c’est l’occupation du terrain dans le domaine des risques environnementaux et leur association à la survenue de cancers.

La recherche environnementale est un des grands parents pauvres de la cancérologie.
Il faut dire qu’on est dans un domaine souvent caricatural et hautement manichéen. D’un côté des industriels et, souvent, des autorités sanitaires, qui trouvent que tout va bien. De l’autre des associations ou des groupes parfois un peu « étranges » et qui trouvent que tout va très mal. Or, en France, nous avons une propension à être touchés par un phénomène que j’appellerai le « syndrome de Robin des Bois ». Je m’explique : par principe, celui qu’on considère être le « petit », fussent ses arguments peu fondés ou scientifiquement contestables, aura raison face au « gros », l’industriel ou le scientifique. Attention, je ne mets pas ces derniers sur la même ligne. Avoir reçu une aide financière de l’industrie pour développer un projet scientifique n’est pas, comme le hurlent certain, une flétrissure qui vous disqualifie à vie. Un scientifique peut rester parfaitement objectif.

Certains de ceux qu’on nomme « chercheurs indépendants » sont indépendants justement parce que leur aura ou leur compétence fait qu’il ne vient à personne de s’adresser à eux pour certaines recherches spécialisées. Le « savant maudit » ou le « chercheur indépendant » fascine médias et certaines associations, mais n’aident pas vraiment à l’avancée de la connaissance.

Donc, un vide quasi sidéral dans le domaine de la recherche environnementale avec, pour ajouter à l’imbroglio, des erreurs manifestes de communication comme ce rapport sur les causes du cancer en France, publié par divers organismes, en septebre 2007 et qui négligeait de façon idiote l’impact des causes environnementales. Une négligence expliquée par la pauvreté des études, mais, ce fait aurait mérité justement d’être signalé et déploré plutôt que d’être balayé d’un trait de plume.

Comme la nature a horreur du vide, certains membres du corps médical ont décidé, depuis quelques années, d’occuper ce créneau du risque environnemental, quitte à diffuser des messages étonnamment contradictoires avec d’autres préoccupations majeures de santé publique. Dire par exemple, que le tabac n’explique pas tous les cancers du poumon c’est vrai.
Mais mettre en avant la responsabilité quasi-exclusive de l’environnement et minimiser le risque lié au tabac, soit pour le fumeur soit pour celles et ceux qui inhalent passivement cette fumée, c’est une vraie faute en matière de santé publique. On ne doit pas organiser un match entre les risques pour exister.

La recherche sur ces risques environnementaux est très compliquée, je le répète, tant des facteurs divers se télescopent. Avancer prudemment ce n’est pas essayer de cacher la vérité comme certains paranoïaques du web le laissent entendre. La science vit d’hypothèses, pas de dogmes et le syndrome « X Files » qui voudrait qu’on nous cache tout et que la vérité soit « ailleurs » permet de dire tout et n’importe quoi.

Pour finir sur ce sujet et avant de lire la série de commentaires qui ne manqueront pas de m’accuser d’être le porte-parole de tout un tas de lobbies (moi aussi je deviens paranoïaque),
Je voudrais vous proposer la lecture de deux textes.

L’un émane de l’Académie de médecine qui, pour la première fois, a fait une mise au point sur les informations diffusées. Ce genre de mise au point, fréquent dans les pays anglo-saxons est rare, chez nous, provenant d’une institution officielle.
Ce caractère institutionnel n’en fait ni un texte sacré ni un document à rejeter d’office. Je crois, au contraire qu’il faut le lire et le « critiquer » au sens positif du terme.
Je dirai, pour ma part, que c’est un premier exercice et que tout le monde est perfectible. Je ne parle là pas du style, mais de la façon dont les arguments sont développés.
Vos commentaires seront les bienvenus.

Le second document émane de l’association ARTAC. Son président ne figure pas dans la liste de David Servan-Schreiber. C’est une information fondamentale à connaître pour mieux en apprécier la lecture. Vous constaterez qu’on vit dans un monde apparemment extrêmement dangereux, même si les études ne sont pas encore toutes là pour confirmer ces craintes, voire ces menaces.

Je n’ajouterai qu’un commentaire: l’ARTAC voit dans l’appel de DSS la confirmation de travaux qu’elle défend. Or, l’appel ne contient aucune recherche ou étude nouvelle. Donc que peut-on trouver là comme confirmation ?

REACTION DE L’ACADEMIE NATIONALE DE MEDECINE[

REACTION DE L’ARTAC

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Téléphone portable : un appel et de la communication.

Comme beaucoup d’entre vous j’ai entendu ce soir l’appel de David Servan-Schreiber, DSS pour les intimes, concernant les risques potentiel liés au téléphone portable.

Je connais certains des signataires dont une épidémiologiste brillante, Annie Sasco. je ne doute donc pas de la sincérité de leur engagement et de leur appel non pas au principe de précaution mais à des mesures de précautions, ce qui est différent, le principe de précaution ayant une définition juridique bien précise. J’y avais d’ailleurs consacré un billet le 3 janvier dernier.

Appeler à la prudence paraît une mesure de bon sens, même si les données épidémiologiques ne permettent pas d’impliquer la téléphonie mobile de façon absolue dans la génèse de tumeurs malignes du cerveau.

Il faut dire que ce sont des cancers extrémement peu fréquents et que ce ne sont pas des études sur mille, voire cinq mille utilisateurs, qui permettront de trancher.

On pouura, gràce à l’étude actuellement en cours et baptisée INTERPHONE, savoir si les personnes atteintes de tumeurs avaient un usage du portable différent d’une population témoin, ‘est à dire sans cancer. Mais les études rétrospectives posent toujours des problèmes. Si vous êtes dans le groupe « cancer » vous aurez sans doute tendance à vous rappeler un usgae du portable sans doute différent de la réalité et supérieur à ce qu’il a été vraiment.

Tout cela pour dire que c’est bien d’avertir de façon posée et de donner des conseils de prudence applicables et réalistes.

Ce qui m’a le plus étonné, tous médias confondus, c’est que la seule chose dont on puisse être cependant certains vis à vis des portables c’est que DSS connaît par coeur le nom de onsite internet. Il l’a répété à peu près quatre ou cinq fois par média ce soir. Au point qu’un esprit malveillant aurait pu se demander si l’important c’était l’appel ou l’adresse du site.

Quel talent ce DSS !

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Arthrose des mains : des petites astuces pour mieux vivre



Arthrose des mains: des petites astuces. pour mieux vivre – Ma-Tvideo France2
Arthrose des mains: des petites astuces. pour mieux vivre – Ma-Tvideo France2
Arthrose des mains: des petites astuces. pour mieux vivre

Mots-clés : mains astuces arthrose Video de jd-flaysakier

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Diabéte : un père diabétique pas vraiment à la fête.

Un père diabétique peut-il bénéficier d’un droit de visite élargi ?
Non, semble estimer , en première instance, un juge de Niort.

Le père fait appel, un appel audiencé le 30 octobre prochain.

La loi interdit de critiquer les décisions de justice et je respecte toujours la loi.

je fais donc deux remarques totalement indépendantes de la décision : j’ignorais que le cursus de l’Ecole nationale de la magistrature, l’ENM de Bordeaux, incluait des notions de médecine et d’endocrinologie.

Je pense que le plus sage, quand on doit prendre une décision, est de s’entourer d’avis qualifiés. En matière de suivi des diabétiques, il ne manque pas de spécialistes .

Voici le texte du communiqué de l’Association française des diabétiques.

Un père diabétique se voit refuser une extension de son droit de visite

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