Archives quotidiennes : 2 juin 2008

CANCER ASCO 2008 : Pancréas, la chimiothérapie permet de doubler l’espérance de vie après chirurgie.

Le cancer du pancréas est souvent reconnu et diagnostiqué à un stade où on ne peut plus faire de geste chirurgical. C’est ce qui en fait un cancer redoutable. iMas l’une des nouvelles importantes du congrès américain de cancérologie c’est que lorsque l’opération est possible, des traitements améliorent considérablement le pronostic de la maladie.

C’est une étude menée par l’équipe du Dr Hanno Riess, de Berlin qui vient apporter un peu d’espoir dans un tableau souvent sombre.

Cette équipe a suivi pendant près de dix ans des patients qui avaient pu être vus suffisamment tôt pour bénéficier d’une opération chirurgicale au cours de laquelle la tumeur cancéreuse avait pu être entièrement enlevée.

Ce cas de figure représente 15 à 20 % des cancers du pancréas.

Une fois opérés, ces patients ont été répartis en deux groupes. L’un de ces groupes n’a reçu aucun traitement particulier, l’autre a reçu un traitement par chimiothérapie, avec le médicament de référence utilisé dans les cancers inopérables la gemcitabine.

Après cinq ans de suivi, on a constaté que le groupe traité par gemcitabine avait une espérance de vie près de deux fois et demie plus élevée que le groupe non traité (21% contre 9 %).

Ces chiffres, pris ainsi de manière brute, sont certes déprimants. Mais il faut bien se rappeler que ce sont des données statistiques concernant des populations et qu’elles ne sont en rien prédictives de ce qui se passe à l’échelle individuelle.

En revanche, voir un tel doublement est particulièrement impressionnant car on estime que ceux qui dépassent ce cap des cinq ans peuvent être considérés virtuellement comme étant guéris.

Ces résultats encouragent les médecins à entreprendre de nouvelles études avec des molécules issues des biotechnologies et qui ont déjà donné des résultats intéressants dans d’autres cancers réputés difficiles à traiter.

De telles avancées sont possibles grâce, évidemment, à ces études longues à mener. des études qui reposent sur l’extraordinaire engagement des patients qui acceptent d’être inclus dans des évaluations cliniques sans être certains d’en tirer un bénéfice obligatoirement.

A la fin de chaque présentation, les médecins n’oublient jamais de leur rendre un hommage hautement mérité.

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CANCER ASCO 2008 : de fil en aiguille, l’acupuncture trouve sa place en cancérologie

Faire cohabiter des techniques de pointe, des traitements innovants et une pratique plurimillénaire, c’est possible et très utile, surtout en cancérologie.

La chirurgie des tumeurs de la tête et du cou est un geste souvent très lourd.
L’accumulation d’une chirurgie qui nécessite de disséquer les muscles de la région de la nuque et de l’épaule , l’ablation des ganglions et la radiothérapie qui touche les glandes salivaires laissent des séquelles à la fois physiques, douloureuses et fonctionnelles.

Parmi les séquelles douloureuses, il y a tout ce qui concerne bien sûr la mobilité de l’épaule et donc du membre supérieur. Ces douleurs sont prises en charge par les kinésithérapeutes et par les spécialistes de la douleur, mais elles sont souvent très invalidantes et peuvent mettre en péril une activité professionnelle.

La radiothérapie a pour effet secondaire indésirable d’irradier les glandes salivaires entrainant une sécheresse buccale, ce que le jargon médical appelle une xérostomie.

Face à des traitements de ces séquelles pas toujours satisfaisants pour le patient, les spécialistes de l’Institut du cancer Memorial Sloane Kettering de New-York ont voulu évaluer l’intérêt de l’acupuncture.

Ils ont donc soumis les patients opérés à des séances de cette médecine traditionnelle chinoise. A l’aide d’un test spécialement conçu pour évaluer les mouvements de l’épaule, l’indice de Constant-Morley, ils ont ainsi pu voir que les patients ayant bénéficié de ces séances étaient nettement améliorés et que la différence avec ceux qui avaient reçu les soins habituels était statistiquement significative.

Même constatation d’amélioration avec les patients souffrant de xérostomie et que les aiguilles ont aidé à mieux saliver ou, du moins, à éprouver moins d’inconfort.

Il est toujours difficile d’appliquer des techniques de mesure « occidentales » et statistiques à des méthodes ancestrales et empiriques. Comment faire un vrai « placebo » dans une étude sur l’acupuncture ? Donner un faux comprimé ce n’est pas dur, faire semblant de planter des aiguilles c’est un peu plus compliqué.

Il y a aussi le fait qu’on s’occupe sans doute plus des patients que l’on traite ainsi et que la diminution de la douleur peut-être le résultat d’un mieux-être et de la sécrétion d’endorphines, ces morphiniques naturels que notre cerveau sait fabriquer.

Mails, il n’empêche que depuis longtemps, la pratique de l’acupuncture est admise dans de nombreux centres traitant des patients cancéreux et que ces derniers apprécient ces traitements qui les aident à combattre bien des désagréments des thérapeutiques lourdes mais salvatrices qui leur sont proposées.

Ce travail supplémentaire mérite donc d’être connu et exploré pour pouvoir aider le plus grand nombre de patients souffrant de cancers de la sphère ORL, c’est à dire de la face, du cou et le la gorge.

Chicago la nuit. Le bâtiment blanc est le Wrigley’s, du nom de l’inventeur du chewing gum.

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CANCER ASCO 2008 : L’EPO pourrait "doper" les cellules cancéreuses

Suivre une chimiothérapie est tout sauf une sinécure. Une fatigue intense, une anémie poussent souvent patients et médecins à recourir à l’érythropoïétine, la fameuse EPO. Mais l’EPO n’est pas un produit anodin, loin s’en faut.

Cela fait déjà un certain temps que des doutes pèsent sur les conséquences d’une utilisation trop intensive et pas toujours nécessaire de l’EPO chez des patients souffrant de cancer.
Des craintes nourries par des résultats d’essais cliniques au cours desquels des patients ont répondu de façon moins efficace à des traitements lorsqu’ils recevaient une certaine quantité d’EPO.

L’hypothèse soulevée par les chercheurs est qu’en plus de stimuler la fabrication de globules rouges, l’EPO peut être un facteur favorisant la croissance de cellules tumorales.

Pour essayer de vérifier cette hypothèse, les spécialistes de l’université de Washington à Seattle ont récupéré des fragments de tumeurs prélevées sur des patients dans le passé pour diagnostiquer leur cancer.

Ils ont alors recherché la trace d’une modification de la façon dont les gènes répondaient selon qu’on avait utilisé ou non de l’érythropoïétine.

Ils ont constaté qu’un certain nombre de mécanismes impliqués dans la prolifération des cellules tumorales étaient en quelque sorte « dopés » par les injections d’EPO.

Fait à une petite échelle en raison des techniques extrêmement sophistiquées à mettre en œuvre, ce travail doit être confirmé par des études plus vastes.

Mais d’ores et déjà il montre qu’il faut manier l’EPO avec parcimonie et ne pas vouloir à tout prix atteindre des taux d’hémoglobine élevés.

De même, lorsque cette hémoglobine baisse, il est conseillé de patienter et de ne pas se jeter sur les seringues.

Il faut donc que s’établisse un dialogue entre les patients et les équipes soignantes, que la notion de grande fatigue soit abordée d’emblée et qu’on cherche comment la gérer au mieux au moindre risque.

Ne pas non plus avoir l’œil rivé en permanence sur les chiffres de la prise de sang. On peut vivre avec dix grammes d’hémoglobine, certes pas aussi confortablement qu’avec quatorze grammes, mais cela ne justifie pas de répéter les injections. Mieux vaut parfois savoir recourir aux transfusions sanguines qui évitent de stimuler à outrance certaines cellules peut-être en cours de transformation

Il serait intéressant de voir ce qui va se passer dans les années à venir pour le monde du sport professionnel, pas seulement les cyclistes, qui ont usé et abusé des injections d’EPO.

Ils pourraient bien, hélas, apporter la preuve de ces recherches expérimentales.

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