C’est une pathologie ultra fréquente et qui, pourtant, est une des plus négligées qui soit.
L’arthrose ne sera pas la vedette du prochain congrès européen de rhumatologie,EULAR, qui a débuté le 11 juin, à Paris
Genou, mains, vertèbres. Il n’y a pas une articulation que l’arthrose ne concerne pas. Ce que nos voisins anglo-saxons appellent ostéoarthrite est une affection en plein essor, en raison du vieillissement de la population d’une part et de l’épidémie de surpoids et d’obésité d’autre part, et là je sais de quoi je parle !
En ce qui concerne le vieillissement, il faut un peu relativiser, les phénomènes arthrosiques apparaissent dès l’âge de vingt ans.
L’arthrose est une destruction articulaire complexe dans laquelle sont impliqués cartilage et os sous-jacent, l’os sous-chondral.Des substances protéiques sont relachées dans la structure articulaire entrainant la mort de certaines cellules et un déséquilibre entre les phénomènes naturels de destruction et de réparation.
Ce phénomène s’accompagne de mécanismes inflammatoires et, bien sûr, de douleurs et de gènes fonctionnelles.
Beaucoup de recherches sont menées pour comprendre la raison qui pousse les cellules osseuses et cartilagineuses s’emballer de la sorte. L’arthrose est donc bien une maladie et n’a rien à voir avec un phénomène de vieillissement naturel des zones articulaires.
Mais aucune de ces recherches n’a abouti à la mise en place de traitements spécifiques.
On dispose bien entendu d’anti-inflammatoires et d’antalgiques pour traiter les symptômes de façon plus ou moins satisfaisante, mais la panacée n’est pas encore là.
Ce qui n’est pas là non plus, c’est une écoute et une prise en charge suffisantes. Pendant trop longtemps et encore parfois aujourd’hui, les personnes souffrant d’arthrose ne bénéficient pas d’une prise en charge adaptée. « C’est normal, c’est l’âge, c’est un signe de longévité » entendent souvent les patients qui deviennent de moins en moins patients d’ailleurs.
On a longtemps dit que l’arthrose n’est pas une maladie alors que les déformations des doigts et des mains par exemple peuvent être aussi handicapantes dans l’arthrose que dans la polyarthrite rhumatoïde.
On a souvent ramené cela également à un préjudice esthétique « Vous ne pouvez plus mettre votre bague, mais ce n’est pas grave ». Si, c’est grave. Ajouter un préjudice esthétique à des douleurs et un handicap n’est pas anodin. La psychologie joue, en effet, un rôle très important dans la gestion de ces affections. C’est d’ailleurs à un certain bien-être psychologique que certains attribuent les bénéfices des cures thermales prescrites aux patients arthrosiques.
Les extraordinaires progrès faits ces dernières années dans la prise en charge et le traitement de la polyarthrite rhumatoïde ont obnubilé l monde de la rhumatologie comme un serpent fascine ses proies !
Voir des gens quasiment invalides pouvoir se mouvoir et retrouver une vraie qualité de vie a poussé nombre de spécialistes à ne plus s’intéresser suffisamment aux autres pathologies dont l’arthrose.
Pourtant, il y a des moyens simples et efficaces de venir en aide aux femmes et aux hommes gênés par cette pathologie. Prenez la rhizarthrose du pouce, cette arthrose qui empoisonne la vie quand on ne peut plus bouger son pouce tant il fait mal. On peut immobiliser l’articulation au moyen d’une orthèse, un petit dispositif tout léger en résine, moulé directement sur la main. Des prothésistes privés le font fort bien sur prescription médicale et ce geste permet de réduire les prises médicamenteuses, voire de s’en passer.
De la même façon, il existe ce qu’on appelle des aides techniques. Ce sont des petits dispositifs qui permettent par exemple de pouvoir aisément tourner le bouton d’une plaque de cuisson ou d’un four micro-ondes. D’autres dispositifs analogues existent pour toutes les situations de la vie courante.
Encore faut-il le savoir et que les médecins le sachent également.
Ce sont les kinésithérapeutes et les ergothérapeutes en milieu hospitalier qui connaissent le mieux ces produits.On trouve aussi certains cabinets d’ergothérapeutes en ville.
La Caisse régionale d’assurance-maladie d’Ile de France (CRAMIF) a un site internet très riche en adresses et informations sur toutes ces aides techniques.
Pour celles et ceux quivivent en région parisienne, la CRAMIF dispose même au sein d’une structure appelée ESCAVIE et située 14bis rue de Tanger à Paris (75020) d’un appartement -témoin où ces aides techniques peuvent être testées en situation.
ces aides techniques peuvent parfois être onéreuses si on en croit les catalogues de magasins sppécialisés dans le matériel médical.
Certaines aides financières sont possibles à condition de déposer un dossier à la Maison départementale du handicap de votre lieu de résidence en France.
Mais gràce à un de ces mystères dont notre administration est friand, les aides financières ne sont plus versées pour les personnes au delà de 60 ans, c’est à dire les plus concernées par ces matériels !
Enfin, il faut saluer l’initiative du service de rhumatologie du CHU Saint-Antoine à Paris (Pr Francis Brenbaum) qui a mis en place une consultation spécialisée dans l’arthrose de la main.
Si cela existe ailleurs, n’hésitez pas à me le signaler, je l’indiquerai aussitôt.
VOIR LE SUJET DIFFUSE LE 12/06/2008 DANS LE JT DE 20h et la démonstration des aides techniques



Le Dr Michael Gnant à la fin de sa conference de presse.





