Archives mensuelles : juin 2008

Rhumatologie EULAR 2008: l’important c’est l’arthrose.

C’est une pathologie ultra fréquente et qui, pourtant, est une des plus négligées qui soit.
L’arthrose ne sera pas la vedette du prochain congrès européen de rhumatologie,EULAR, qui a débuté le 11 juin, à Paris

Genou, mains, vertèbres. Il n’y a pas une articulation que l’arthrose ne concerne pas. Ce que nos voisins anglo-saxons appellent ostéoarthrite est une affection en plein essor, en raison du vieillissement de la population d’une part et de l’épidémie de surpoids et d’obésité d’autre part, et là je sais de quoi je parle !

En ce qui concerne le vieillissement, il faut un peu relativiser, les phénomènes arthrosiques apparaissent dès l’âge de vingt ans.

L’arthrose est une destruction articulaire complexe dans laquelle sont impliqués cartilage et os sous-jacent, l’os sous-chondral.Des substances protéiques sont relachées dans la structure articulaire entrainant la mort de certaines cellules et un déséquilibre entre les phénomènes naturels de destruction et de réparation.
Ce phénomène s’accompagne de mécanismes inflammatoires et, bien sûr, de douleurs et de gènes fonctionnelles.

Beaucoup de recherches sont menées pour comprendre la raison qui pousse les cellules osseuses et cartilagineuses s’emballer de la sorte. L’arthrose est donc bien une maladie et n’a rien à voir avec un phénomène de vieillissement naturel des zones articulaires.

Mais aucune de ces recherches n’a abouti à la mise en place de traitements spécifiques.

On dispose bien entendu d’anti-inflammatoires et d’antalgiques pour traiter les symptômes de façon plus ou moins satisfaisante, mais la panacée n’est pas encore là.

Ce qui n’est pas là non plus, c’est une écoute et une prise en charge suffisantes. Pendant trop longtemps et encore parfois aujourd’hui, les personnes souffrant d’arthrose ne bénéficient pas d’une prise en charge adaptée. « C’est normal, c’est l’âge, c’est un signe de longévité » entendent souvent les patients qui deviennent de moins en moins patients d’ailleurs.

On a longtemps dit que l’arthrose n’est pas une maladie alors que les déformations des doigts et des mains par exemple peuvent être aussi handicapantes dans l’arthrose que dans la polyarthrite rhumatoïde.

On a souvent ramené cela également à un préjudice esthétique « Vous ne pouvez plus mettre votre bague, mais ce n’est pas grave ». Si, c’est grave. Ajouter un préjudice esthétique à des douleurs et un handicap n’est pas anodin. La psychologie joue, en effet, un rôle très important dans la gestion de ces affections. C’est d’ailleurs à un certain bien-être psychologique que certains attribuent les bénéfices des cures thermales prescrites aux patients arthrosiques.

Les extraordinaires progrès faits ces dernières années dans la prise en charge et le traitement de la polyarthrite rhumatoïde ont obnubilé l monde de la rhumatologie comme un serpent fascine ses proies !

Voir des gens quasiment invalides pouvoir se mouvoir et retrouver une vraie qualité de vie a poussé nombre de spécialistes à ne plus s’intéresser suffisamment aux autres pathologies dont l’arthrose.

Pourtant, il y a des moyens simples et efficaces de venir en aide aux femmes et aux hommes gênés par cette pathologie. Prenez la rhizarthrose du pouce, cette arthrose qui empoisonne la vie quand on ne peut plus bouger son pouce tant il fait mal. On peut immobiliser l’articulation au moyen d’une orthèse, un petit dispositif tout léger en résine, moulé directement sur la main. Des prothésistes privés le font fort bien sur prescription médicale et ce geste permet de réduire les prises médicamenteuses, voire de s’en passer.

De la même façon, il existe ce qu’on appelle des aides techniques. Ce sont des petits dispositifs qui permettent par exemple de pouvoir aisément tourner le bouton d’une plaque de cuisson ou d’un four micro-ondes. D’autres dispositifs analogues existent pour toutes les situations de la vie courante.

Encore faut-il le savoir et que les médecins le sachent également.
Ce sont les kinésithérapeutes et les ergothérapeutes en milieu hospitalier qui connaissent le mieux ces produits.On trouve aussi certains cabinets d’ergothérapeutes en ville.

La Caisse régionale d’assurance-maladie d’Ile de France (CRAMIF) a un site internet très riche en adresses et informations sur toutes ces aides techniques.

Pour celles et ceux quivivent en région parisienne, la CRAMIF dispose même au sein d’une structure appelée ESCAVIE et située 14bis rue de Tanger à Paris (75020) d’un appartement -témoin où ces aides techniques peuvent être testées en situation.

ces aides techniques peuvent parfois être onéreuses si on en croit les catalogues de magasins sppécialisés dans le matériel médical.

Certaines aides financières sont possibles à condition de déposer un dossier à la Maison départementale du handicap de votre lieu de résidence en France.

Mais gràce à un de ces mystères dont notre administration est friand, les aides financières ne sont plus versées pour les personnes au delà de 60 ans, c’est à dire les plus concernées par ces matériels !

Enfin, il faut saluer l’initiative du service de rhumatologie du CHU Saint-Antoine à Paris (Pr Francis Brenbaum) qui a mis en place une consultation spécialisée dans l’arthrose de la main.

Si cela existe ailleurs, n’hésitez pas à me le signaler, je l’indiquerai aussitôt.

VOIR LE SUJET DIFFUSE LE 12/06/2008 DANS LE JT DE 20h et la démonstration des aides techniques

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CANCER ASCO 2008 :gorge,poumon,testicule et PET-scanner. Le chaud et le froid pour finir

C’est aujourd’hui que se termine le congrès américain de cancérologie, ASCO 2008. Voic quelques informations pour terminer ces points d’actualité.

La mauvaise nouvelle :le cancer du poumon frappe de plus en plus de non-fumeurs et en particulier les femmes. Dans certains centres, les non-fumeurs représentent même jusqu’ à 33 % des cancers opérés. Ce sont surtout les femmes asiatiques qui sont les plus concernées. Peut-être faut-il y voir une conséquence du tabagisme passif, un pays comme le Japon étant le deuxième marché mondial pour le tabac.

La bonne nouvelle c’est que le pronostic de ces cancers, des adénocarcinomes , est plutôt bon

La mauvaise nnouvelle : le nombre de cancers de la bouche et des voies digestives supérieures liés à une infection par le virus HPV (human papilloma virus) a triplé en trente ans.

Cette famille de virus est également impliquée dans un grand nombre de cancers du col de l’utérus et des lésions vénériennes appelées condylomes acuminés ou, plus prosaiquement des « crètes de coq ».

Comment un virus responsable d’infections génitales peut-il être impliqué également dans les lésions de la bouche et du pharynx ? Je vous laisse déviner.

La bonne nouvelle : ces cancers de l’oropharynx liés aux HPV répondent très bien aux traitements.

La mauvaise nouvelle : le séminome de grade 1 reste la première forme de cancer du testicule et impose toujours l’ablation de la glande, une orchidectomie.

La bonne nouvelle :il semble qu’une fois l’opération réalisée, on puisse ensuite ne faire qu’une seule et unique cure de chimiothérapie pour consolider l’intervention. Ensuite, il faut juste surveiller le patient régulièrement sans aucune autre forme de traitement.

Jusqu’à présent on a recours à des séances de radiothérapie à de nombreuses reprises avec des effets secondaires pas toujours négligeables.

Mais une étude européenne vient de montrer qu’avec une seule cure de carbocisplatine on obtenait les mêmes résultats qu’avec les rayons et qu’on réduisait même le risque de voir apparaitre une tumeur sur le deuxième testicule.

Ces résultats devront quand même être confirmés par un suivi rigoureux.

La mauvaise nouvelle : au sein même des tumeurs des cellules cancéreuse sont capables de fonctionner dans un environnement raréfié en oxygène, ce qu’on appelle une hypoxie.

Cette hypoxie les rend insensibles aux effets des radiothérapies. De plus, cet état leur permet secondairement d’appeler à la rescousse des vaisseaux sanguins qui vont leur envoyer des ramifications pour les nourrir et leur permettre d’aller coloniser d’autres organes.

La bonne nouvelle : on développe actuellement des nouveaux moyens d’imagerie capables d’aller repérer au sein d’une tumeur de quelques millimétres un groupe de cellules dont les réserves en oxygène sont basses.

Cette technnique repose sur des appareils appelés PET-scanners. Pour les utiliser, il faut injecter un produit au patient, produit dont on peut repérer la trace dans l’organisme.

Grace au PET-scanner on voit comment fonctionne tout ou partie d’un organe, comment ses cellules utilisent le sucre par exemple. Les cellules cancéreuses utilisent beaucoup de sucre pour leur fonctioinnement et on peut le voir au PET- scanner

La nouvelle génération d’imagerie utilisera des dérivés de médicaments connus pour se comporter de façon bien précise dans des milieux biologiques pauvres en oxygène.

On pourra donc, à terme, repérer ces cellules hypoxiques, les traiter soit par des médicaments, soit en les détruisant par un « tir » de rayons spécialement guidés vers la bonne cible, en épargnant les tissus sains.

En vous rendant sur le site de l’ASCO, vous pourrez consulter, en anglais, les résumés de toutes les études rapportées ici et des 4300 autres !

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CANCER ASCO 2008 : Pancréas, la chimiothérapie permet de doubler l’espérance de vie après chirurgie.

Le cancer du pancréas est souvent reconnu et diagnostiqué à un stade où on ne peut plus faire de geste chirurgical. C’est ce qui en fait un cancer redoutable. iMas l’une des nouvelles importantes du congrès américain de cancérologie c’est que lorsque l’opération est possible, des traitements améliorent considérablement le pronostic de la maladie.

C’est une étude menée par l’équipe du Dr Hanno Riess, de Berlin qui vient apporter un peu d’espoir dans un tableau souvent sombre.

Cette équipe a suivi pendant près de dix ans des patients qui avaient pu être vus suffisamment tôt pour bénéficier d’une opération chirurgicale au cours de laquelle la tumeur cancéreuse avait pu être entièrement enlevée.

Ce cas de figure représente 15 à 20 % des cancers du pancréas.

Une fois opérés, ces patients ont été répartis en deux groupes. L’un de ces groupes n’a reçu aucun traitement particulier, l’autre a reçu un traitement par chimiothérapie, avec le médicament de référence utilisé dans les cancers inopérables la gemcitabine.

Après cinq ans de suivi, on a constaté que le groupe traité par gemcitabine avait une espérance de vie près de deux fois et demie plus élevée que le groupe non traité (21% contre 9 %).

Ces chiffres, pris ainsi de manière brute, sont certes déprimants. Mais il faut bien se rappeler que ce sont des données statistiques concernant des populations et qu’elles ne sont en rien prédictives de ce qui se passe à l’échelle individuelle.

En revanche, voir un tel doublement est particulièrement impressionnant car on estime que ceux qui dépassent ce cap des cinq ans peuvent être considérés virtuellement comme étant guéris.

Ces résultats encouragent les médecins à entreprendre de nouvelles études avec des molécules issues des biotechnologies et qui ont déjà donné des résultats intéressants dans d’autres cancers réputés difficiles à traiter.

De telles avancées sont possibles grâce, évidemment, à ces études longues à mener. des études qui reposent sur l’extraordinaire engagement des patients qui acceptent d’être inclus dans des évaluations cliniques sans être certains d’en tirer un bénéfice obligatoirement.

A la fin de chaque présentation, les médecins n’oublient jamais de leur rendre un hommage hautement mérité.

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CANCER ASCO 2008 : de fil en aiguille, l’acupuncture trouve sa place en cancérologie

Faire cohabiter des techniques de pointe, des traitements innovants et une pratique plurimillénaire, c’est possible et très utile, surtout en cancérologie.

La chirurgie des tumeurs de la tête et du cou est un geste souvent très lourd.
L’accumulation d’une chirurgie qui nécessite de disséquer les muscles de la région de la nuque et de l’épaule , l’ablation des ganglions et la radiothérapie qui touche les glandes salivaires laissent des séquelles à la fois physiques, douloureuses et fonctionnelles.

Parmi les séquelles douloureuses, il y a tout ce qui concerne bien sûr la mobilité de l’épaule et donc du membre supérieur. Ces douleurs sont prises en charge par les kinésithérapeutes et par les spécialistes de la douleur, mais elles sont souvent très invalidantes et peuvent mettre en péril une activité professionnelle.

La radiothérapie a pour effet secondaire indésirable d’irradier les glandes salivaires entrainant une sécheresse buccale, ce que le jargon médical appelle une xérostomie.

Face à des traitements de ces séquelles pas toujours satisfaisants pour le patient, les spécialistes de l’Institut du cancer Memorial Sloane Kettering de New-York ont voulu évaluer l’intérêt de l’acupuncture.

Ils ont donc soumis les patients opérés à des séances de cette médecine traditionnelle chinoise. A l’aide d’un test spécialement conçu pour évaluer les mouvements de l’épaule, l’indice de Constant-Morley, ils ont ainsi pu voir que les patients ayant bénéficié de ces séances étaient nettement améliorés et que la différence avec ceux qui avaient reçu les soins habituels était statistiquement significative.

Même constatation d’amélioration avec les patients souffrant de xérostomie et que les aiguilles ont aidé à mieux saliver ou, du moins, à éprouver moins d’inconfort.

Il est toujours difficile d’appliquer des techniques de mesure « occidentales » et statistiques à des méthodes ancestrales et empiriques. Comment faire un vrai « placebo » dans une étude sur l’acupuncture ? Donner un faux comprimé ce n’est pas dur, faire semblant de planter des aiguilles c’est un peu plus compliqué.

Il y a aussi le fait qu’on s’occupe sans doute plus des patients que l’on traite ainsi et que la diminution de la douleur peut-être le résultat d’un mieux-être et de la sécrétion d’endorphines, ces morphiniques naturels que notre cerveau sait fabriquer.

Mails, il n’empêche que depuis longtemps, la pratique de l’acupuncture est admise dans de nombreux centres traitant des patients cancéreux et que ces derniers apprécient ces traitements qui les aident à combattre bien des désagréments des thérapeutiques lourdes mais salvatrices qui leur sont proposées.

Ce travail supplémentaire mérite donc d’être connu et exploré pour pouvoir aider le plus grand nombre de patients souffrant de cancers de la sphère ORL, c’est à dire de la face, du cou et le la gorge.

Chicago la nuit. Le bâtiment blanc est le Wrigley’s, du nom de l’inventeur du chewing gum.

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CANCER ASCO 2008 : L’EPO pourrait "doper" les cellules cancéreuses

Suivre une chimiothérapie est tout sauf une sinécure. Une fatigue intense, une anémie poussent souvent patients et médecins à recourir à l’érythropoïétine, la fameuse EPO. Mais l’EPO n’est pas un produit anodin, loin s’en faut.

Cela fait déjà un certain temps que des doutes pèsent sur les conséquences d’une utilisation trop intensive et pas toujours nécessaire de l’EPO chez des patients souffrant de cancer.
Des craintes nourries par des résultats d’essais cliniques au cours desquels des patients ont répondu de façon moins efficace à des traitements lorsqu’ils recevaient une certaine quantité d’EPO.

L’hypothèse soulevée par les chercheurs est qu’en plus de stimuler la fabrication de globules rouges, l’EPO peut être un facteur favorisant la croissance de cellules tumorales.

Pour essayer de vérifier cette hypothèse, les spécialistes de l’université de Washington à Seattle ont récupéré des fragments de tumeurs prélevées sur des patients dans le passé pour diagnostiquer leur cancer.

Ils ont alors recherché la trace d’une modification de la façon dont les gènes répondaient selon qu’on avait utilisé ou non de l’érythropoïétine.

Ils ont constaté qu’un certain nombre de mécanismes impliqués dans la prolifération des cellules tumorales étaient en quelque sorte « dopés » par les injections d’EPO.

Fait à une petite échelle en raison des techniques extrêmement sophistiquées à mettre en œuvre, ce travail doit être confirmé par des études plus vastes.

Mais d’ores et déjà il montre qu’il faut manier l’EPO avec parcimonie et ne pas vouloir à tout prix atteindre des taux d’hémoglobine élevés.

De même, lorsque cette hémoglobine baisse, il est conseillé de patienter et de ne pas se jeter sur les seringues.

Il faut donc que s’établisse un dialogue entre les patients et les équipes soignantes, que la notion de grande fatigue soit abordée d’emblée et qu’on cherche comment la gérer au mieux au moindre risque.

Ne pas non plus avoir l’œil rivé en permanence sur les chiffres de la prise de sang. On peut vivre avec dix grammes d’hémoglobine, certes pas aussi confortablement qu’avec quatorze grammes, mais cela ne justifie pas de répéter les injections. Mieux vaut parfois savoir recourir aux transfusions sanguines qui évitent de stimuler à outrance certaines cellules peut-être en cours de transformation

Il serait intéressant de voir ce qui va se passer dans les années à venir pour le monde du sport professionnel, pas seulement les cyclistes, qui ont usé et abusé des injections d’EPO.

Ils pourraient bien, hélas, apporter la preuve de ces recherches expérimentales.

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CANCER ASCO 2008 : traiter efficacement certains cancers du sein sans chimiothérapie

Traiter un cancer du sein sans avoir recours à une chimiothérapie classique, utiliser pour cela un médicament destiné à renforcer les os et ne presque pas avoir de rechutes, tel est le résultat d’une étude-événement présentée cette fin de semaine à Chicago.

C’est une équipe autrichienne conduite par le Dr Michael Gnant qui a réussi à changer la vie de quelques centaines d’autrichiennes atteintes d’un cancer du sein.

Le Dr Michael Gnant à la fin de sa conference de presse.

Ces femmes n’étaient pas ménopausées et avaient un cancer du sein allant d’une tumeur inférieure à deux centimètres pour les moins atteintes à une masse pouvant atteindre cinq centimètres ou un envahissement de moins de dix ganglions pour les plus touchées. Les cellules cancéreuses portaient des récepteurs indiquant leur sensibilité aux hormones femelles.

Pour entrer dans l’étude, elles ne devaient pas avoir de métastases.

Ces femmes ont été opérées puis ont reçu une injection d’une substance appelée agoniste de la LHRH qui provoque une castration chimique.

Elles ont également reçu un médicament capable de bloquer la production d’hormones, les œstrogènes. C’était soit du tamoxifene, soit de l’anastrazole, substance de la famille des anti-aromatases.

Mais ce n’est pas tout, puisque c’est un autre médicament qui a crée l’événement.

Cette molécule c’est le zoledronate, utilisé habituellement par voie injectable pour traiter des atteintes osseuses graves, secondaires à des métastases par exemple. Il appartient à la famille des biphosphonates.

Sur les 1803 femmes incluses dans l’étude, 899 ont reçu ainsi une perfusion de zoledronate tous les six mois. Pour les 904 autres, il n’y a pas eu d’injection.

Après trois ans de traitement et cinq années de suivi, les médecins autrichiens ont constaté que la période de temps entre la mise sous traitement et l’apparition d’une rechute ou d’une métastase était la même selon que les femmes aient reçu de l’anastrazole ou du tamoxifene.

En revanche, l’histoire était toute différente selon que les femmes aient bénéficié ou non de la perfusion bisannuelle de zoledronate.

Dans le groupe ainsi traité on a constaté beaucoup moins d’événements défavorables, très exactement 34,7 %, que dans le groupe n’ayant pas eu le biphosphonate.

Ces événements allaient de la survenue d’un cancer sur l’autre sein à une extension du premier cancer dans les ganglions de l’aisselle ou bien encore une localisation du cancer à distance et, bien sûr le décès.

Pourquoi ces résultats intriguent-ils les spécialistes ? Parce qu’on se trouve face à un produit dont le lieu d’action est théoriquement l’os. Or, dans cette étude, le zoledronate a joué un rôle dans des phénomènes sans lien direct avec les os.

Cette molécule a montré, en fait, une action visant à bloquer le développement des tumeurs.
On suppose que cette famille de produits peut freiner la croissance des cellules cancéreuses et les empêcher d’adhérer les unes aux autres. On estime également que les biphosphonates empêchent les vaisseaux sanguins d’envoyer des ramifications vers les tumeurs pour les abreuver.

Les résultats de cette étude autrichienne viennent donc conforter ces hypothèses.

Mais, pour autant, il ne faut pas penser qu’on tient là une panacée. Les biphosphonates ne sont pas des produits simples à manier et certains de leurs effets secondaires peuvent être très graves.

Il faudra donc attendre que d’autres travaux confirment ces premiers résultats néanmoins très encourageants car, après cinq ans de suivi, 94 % des femmes n’ont eu aucune rechute ou aggravation et, surtout, 98,2 % sont toujours en vie.

Tout cela, faut-il le rappeler, sans les désagréments et effets toxiques de la chimiothérapie

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