Archives mensuelles : août 2008

Assurance-maladie : comment s’engraisser gràce au tulle gras

L’Assurance-maladie et les pouvoirs publics disent vouloir chasser les abus pour réduire le déficit de la Sécu. Mais depuis quatre ans, il y a un abus qu’ils tolèrent apparemment et ce ne sont pas les usagers qui sont en cause, mais les industriels.

C’est une compresse de tulle, faite de viscose. Elle mesure dix centimètres sur dix centimètres et elle est enduite de vaseline. Il y a 1,7 gramme de vaseline par compresse et une boite contient dix compresses.

Il y a quelques années, ce même tulle gras contenait en plus du baume du Pérou Il s’appelait « Tulle gras Lumière » .La boite valait 3,45 euros, était considérée comme un médicament, donc prise en charge à 35 % par l’assurance-maladie. La TVA était celle des médicaments, à 2,1 %.

En 2004, les fabricants ont retiré le baume du Pérou de la composition du tulle gras vaseliné, cette substance pouvant provoquer des allergies.

En même temps, cette spécialité a quitté la nomenclature administrative des médicaments pour entrer dans celles de la LPPR (liste des produits et prestations remboursables), une liste qui comprend divers pansements et produits.

Ces produits ont donc un prix de remboursement fixé administrativement et un prix de vente qui n’a rien à voir avec ce prix.

Le taux de remboursement est de 65 % du prix « remboursable » environ 15 euros, qui, je le répète, n’est pas le prix que vous allez payer pour une boite de Vaselitulle ou de Tulle gras Solvay.

Car le prix de vente est passé de 3,45 euros à 30,49, euros. Vous lisez bien : TRENTE EUROS ET QUARANTE NEUF CENTIMES.

Le même produit, le baume du Pérou en moins, pour un prix multiplié quasiment par 9 !

Dans ce produit, il y a environ 0,13 euro de vaseline par compresse. Chaque compresse vaut plus de 3 euros.

Cela fait le mètre carré de tulle viscose à 300 euros !

Et cela dure depuis quatre ans, avec plus de quinze euros laissés à la charge du patient pour soigner des plaies sévères, notamment des escarres.

Ce tour de passe-passe des industriels n’a pas fait réagir les pouvoirs publics, ni les responsables de l’Assurance-maladie, pourtant si prompts à chasser les abus.

Dernier petit détail, la TVA sur ce produit est passé de 2,1% à 19,6 %.
Cette manipulation a donc aussi bénéficié aux caisses de l’Etat,

Mais ne sombrons pas dans le populisme ou la paranoïa. Ce n’est sûrement pas la seule raison qui explique que perdure une situation plutôt lamentable !

PETITE CURIOSITE :

Sur le site allemand de comparaison des prix www.dooyoo.de, le Vaselitulle est proposé, selon les vendeurs, entre 7,62 et 10,31 euros pour une boite de dix compresses, soit trois fois moins cher qu’en France.

LENTEMENT MAIS PAS SUREMENT

En 2004, gràce à Serge Rader, un pharmacien offensif, j’avais déja traité ce sujet dans le JT de France 2. A la suite de la diffusion du reportage, le ministre de la santé de l’époque, Philippe Douste-Blazy, m’avait dit qu’il fallait absolument revoir cette situation qu’il estimait anormale.

Depuis rien n’a changé, sauf les ministres !

Lire l’éditorial de la revue Prescrire publié en Octobre 2004 (Prescrire Oct. 2004 ; 24,254 :662)

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Infection à CMV : un dépistage systématique des femmes enceintes ne serait pas efficace actuellement.

Le dépistage de l’infection par le cytomégalovirus n’est pas proposé aux femmes enceintes en France. Une association voudrait que cela change. Mais en l’état actuel, ce dépistage n’apporterait rien de plus.

Ce sont deux affections qu’on pourrait qualifier de « jumelles ». La toxoplasmose et l’infection à cytomégalovirus, ou CMV, ont beaucoup de points communs. La moitié de la population rencontre le parasite ou le virus sans trop sans rendre compte et c’est souvent à l’occasion d’examens sanguins qu’on s’aperçoit qu’on a des anticorps, preuve que l’organisme a rencontré et vaincu l’intrus.

Mais il y a au moins un moment de la vie où ces deux infections revêtent un tout autre caractère, c’est la grossesse. Ce n’est pas la femme enceinte qui court un risque, mais l’enfant qu’elle porte. Et le passage du parasite ou du virus sera d’autant plus redoutable qu’il s’effectuera dans les tous premiers mois de la grossesse.

A l’occasion du congrès européen de parasitologie, vous avez pu lire sur ce blog, il y a quelques jours, une information concernant la toxoplasmose pour laquelle existent un dépistage anténatal et même un dépistage dès l’examen prénuptial.

VOIR LE BILLET SUR LA TOXOPLASMOSE

En ce qui concerne le CMV, les choses sont différentes. Le taux de femmes enceintes qui contractent le virus pendant la grossesse est de 1 % de celles qui n’étaient pas protégées, soit environ 4000 cas par an.

L’infection congénitale à CMV est un peu plus fréquente que pour la toxoplasmose, puisque dans un cas sur deux l’enfant sera contaminé alors que pour la toxoplasmose c’est dans un tiers des cas que cela se produira.

Mais, dans 90 % des cas, l’infection à CMV sera sans aucune suite.
Cela veut dire, cependant, que bon an mal an environ 200 enfants naissent avec des séquelles liées à l’infection par le CMV.

Ces séquelles sont souvent auditives, notamment des surdités progressives, mais il y a aussi des atteintes cérébrales pouvant conduire à des infirmités motrices cérébrales, les IMC.

Jumelles mais différentes

La grosse différence avec la toxoplasmose congénitale c’est la possibilité d’action thérapeutique.
Dans le cas de la toxoplasmose, on dispose d’antibiotiques qui peuvent permettre de traiter le fœtus dans le ventre de sa mère, même si les résultats ne sont pas sûrs à cent pour cent.

Pour l’infection à CMV, en l’état des choses actuellement, il n’y a aucun médicament qu’on puisse administrer au fœtus en cas de maladie congénitale.

L’échographie peut, en effet, dépister des anomalies évocatrices de l’infection. On peut voir un foie et une rate trop gros, ce qu’on appelle une hépato splénomégalie, ou une taille trop petite de la tête, une microcéphalie. L’enfant peut aussi présenter un retard de croissance intra-utérin.

Ces signes vont conduire à faire es examens à la recherche de l’infection. Mais les choses se compliquent alors.

Les produits utilisés dans les formes adultes de la maladie, comme le ganciclovir ou le foscarnet ne peuvent être données à la femme enceinte au risque d’induire de graves malformations chez l’enfant.

Des études sont en cours avec des médicaments comme le valaciclovir ou bien des immunoglobulines G renforcées en anticorps anti-CMV, mais aucune de ces études n’est actuellement terminée.

On se trouve donc dans une situation où, contrairement à la toxoplasmose, la pratique du dépistage systématique ne peut conduire à aucune action thérapeutique. Seuls des signes échographiques de gravité peuvent amener à se poser la question d’une interruption médicale de grossesse.

C’est la raison pour laquelle aucun pays au monde ne propose actuellement de dépistage anténatal du CMV, même si des familles ayant vécu la naissance d’enfants atteints militent pour un tel dépistage.

VOIR LE SITE D’ELIANE WACH (et son commentaire du 28/08/08 à la suite du billet sur la toxoplasmose)

En mains propres

Alors, si une femme enceinte n’est pas immunisée naturellement contre le CMV, que peut-elle faire pour se protéger ? Comme pour la toxoplasmose, respecter un certain nombre de règles d’hygiène tout le long de la grossesse.

La règle d’or ce sont les mains propres, des mains qu’il faut savoir laver ou, mieux, désinfecter régulièrement avec les solutions hydro alcooliques qu’on trouve désormais en pharmacie et parapharmacie, ce qu’on surnomme le « savon sans eau ».

Il faut apporter un soin particulier aux relations avec les enfants en très bas âge, en particulier dans le cadre de la vie en collectivité.

Comme je l’ai dit plus haut, heureusement neuf bébés sur dix ayant contracté le virus dans le ventre de leur mère n’en auront aucune séquelle. Mais ils vont continuer à excréter ce virus au moins pendant un an après leur naissance, dans les urines et la salive.

Donc une femme enceinte au contact d’un nourrisson devra se laver les mains avant et après l’avoir changé, ne pas partager une cuiller avec lui par exemple, éviter les « poutous baveux ».

Mais le CMV peut aussi se transmettre par voie sexuelle. Donc si c’est papa qui change le petit ou s’il est amené professionnellement à s’occuper d’enfants en très bas âge, il faut que lui aussi s’astreigne aux mêmes règles d’hygiène concernant le lavage des mains et le non partage des couverts que sa femme, tout le long de la grossesse.

Ces conseils d’hygiène et de prévention sont, d’après plusieurs études, assez efficaces pour prévenir le risque infectieux.

Ce qu’il faut, c’est, qu’à l’instar de la toxoplasmose, les professionnels de la grossesse et en premier lieu les sages-femmes, en parlent aux futures mères.

Une pétition sera déposée au début septembre auprès de la ministre de la santé réclamant un dépistage du CMV chez la femme enceinte.
Quitte à heurter les personnes à l’origine de cette démarche et je leur en demande pardon d’avance, rien, scientifiquement, ne permet de dire qu’un tel dépistage systématique serait efficace et utile tant que des traitements ne seront pas au point.

Il faut donc se battre pour l’information, pour que cette affection soit mieux connue, mieux prévenue en attendant le jour où on pourra enfin la soigner chez le fœtus.

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Paludisme : l’anophèle est dans les nouvelles.

L’hospitalisation à Nice de deux jeunes français souffrant de paludisme sans avoir quitté le territoire national génère une certaine attention.. Mais cette curiosité ne doit pas faire oublier la réalité du paludisme.

L’hypothèse qui prévaut serait celle d’un « paludisme d’aéroport ». Le moustique vecteur du parasite, l’anophèle femelle, serait arrivé dans un avion et aurait piqué ces deux personnes alors qu’elles séjournaient dans un hôtel situé non loin de Roissy.

De tels cas sont rares, mais pas impossibles.

Il y a quelques années, le 6 septembre 2000,j’avais raconté dans le journal télévisé de France 2, l’histoire d’un mécanicien au sol d’Air France qui, en assurant la maintenance d’un avion en provenance d’Angola, avait été piqué par un moustique .

Il avait développé un paludisme lui aussi.

Les avions sont, théoiquement, désinfectés au décollage. Certains d’entre vous ont sans doute déjà vu le personnel de cabine traverser l’habitacle avec des bombes aérosol qui sont d’ailleurs consignées pour être vérifiées à l’arrivée en france par les autorités sanitaires.

La soute à bagages doit bénéficier du même traitement.

Mais, il peut y avoir un ou des moustiques qui échappent à la bombe. Le problème qui se pose pour eux c’est qu’ils ne sont pas préparés à vivre sous nos climats.

Alors comment font-ils ?

L’une des hypothèses est qu’ils se réfugient dans les moteurs des véhicules, en particulier les nombreux bus qui sillonnnent les pistes et les parkings. Ils s’échapperaient alors le temps de faire leur « repas sanguin » et de mourir de froid ensuite.

Mais, répétons-le, ces cas sont rares et ne doivent pas masquer la réalité du paludisme.

C’est une maladie qui frappe ailleurs que chez nous, qui tue un million et demi de personnes par an. Une maladie qui touche des millions d’enfants en bas age et qui en tue cinq cent mille par an avant l’age de 5 ans.

Et le paludisme d’importation, celui qu’on diagnostique ici est souvent contracté par des travailleurs migrants ou leurs enfants. A l’occasion de congés ou de retour provisoire au pays d’origine, ces personnes contractent le parasite faute de s’être suffisamment protégés.

Il faut donc se rappeler qu’en dehors de ces rares cas « autochtones », le paludisme est un fléau des pays pauvres pour lequel l’aide internationale a bien du mal à se bouger.

Pourtant, les moyens de lutte simples existent, comme les moustiquaires imprégnées par exemple. Il y a aussi des ONG qui font un remarquable travail d’éducation auprès des villageois.

Enfin, pour traiter les crises, l’accès palustre, une combinaison médicamenteuse , l’ASAQ, mise au point conjointement par l’ONG suisse DNDI et le laboratoire Sanofi-Aventis permet d’avoir un traitement simple et peu onéreux à disposition, un dollar pour l’adulte et un demi-dollar pour l’enfant.

Le paludisme « plombe » l’avenir de l’Afrique. On ne peut pas imaginer de développement dans des régions où les travailleurs ne sont pas en bonne santé. Aucun investisseur ne s’intéressera à une région dont la main d’oeuvre risque d’être sur le flanc de faàon importante et fréquente.

C’est pour cela qu’il faut aider tous ceux qui veulent faire reculer le paludisme pour que l’Afrique puisse enfin acceder au développement dont elle a tant besoin.

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Tabac :une politique anti-tabac efficace ne doit pas mégoter

Bannir la cigarette c’est dépenser moins en tabac mais aussi moins en soins médicaux. C’est ce que montre une étude californienne particulièrement bien construite.

C’est en 1989 que les pouvoirs publics à Sacramento décidèrent de mettre en place le California tobacco control program ou CTCP, un programme destiné à lutter contre la consommation active et passive de tabac.

Le programme avait une ambition simple. Pas de tergiversation ni d’état d’âme. Le but était d’entrainer une modification de la norme sociale.

Il fallait faire en sorte de créer un environnement social et un contexte légal dans lequel le tabac allait devenir moins acceptable, pas du tout bienvenu et moins accessible. Le but étant d’agir à la fois sur les fumeurs et sur ceux qui étaient en passe de le devenir.

Pas de population spéciale ciblée, notamment les jeunes. L’attaque était frontale et massive !

Les auteurs de l’étude ont donc comparé la Californie à 38 états américains qui étaient dépourvus de lois anti-tabac comparables, sur la période 1980-2004.

Grâce à une méthode statistique complexe, ils ont pu incorporer un certain nombre de facteurs, comme le coût du programme anti-tabac, les dépenses liées à l’achat de cigarettes, les dépenses de santé par individu.

Sur la période 1989-2004 ; les auteurs constatent une économie de 59 milliards d’euros en dépenses médicales individuelles en Californie. Plus le programme avance dans le temps, plus les économies sont conséquentes pour atteindre 7,3 % pour l’année 2003-2004.

Les économies ainsi réalisées en matière de dépenses de santé représentent 50 fois l’investissement fait dans le programme anti-tabac. Un résultat particulièrement impressionnant au plan économique !

Durant cette période 1989-2004, la vente de cigarettes a chuté de 3,6 milliards de paquets.

Si ce programme, au lieu d’avoir été lancé sous la forme d’une attaque frontale et massive, avait ciblé les jeunes par exemple, il aurait fallu sans doute plusieurs dizaines d’années pour voir venir les bénéfices.

Ces mesures globales ont donc un effet rapidement vérifiable en réduisant la consommation de tabac, en protégeant les non-fumeurs du tabagisme passif et en générant des économies en matière de dépenses de santé. Un résultat qui bénéficie à la collectivité.

Ce qui prouve une fois de plus qu’en matière de lutte contre le tabagisme, il n’y a aucune raison de mégoter.

Références de l’étude :

James M. Lightwood et al.

Effect of the California Tobacco Control Program on Personal Health Care Expenditures

PLos Medicine August 2008;volume 8, issue 5: e178

L’article publié dans la revue PLos Medicine est accessible gratuitement en ligne

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Un docteur est demandé au rayon "consultations" la suite

Il y a un an, je racontais ici le phénomène nouveau que représentait l’ouverture aux Etats-Unis de cabinets médicaux dans les drugstores.

Dans ces magasins, équivalents de nos supérettes, mais où l’alimentaire est peu présent, on trouve déjà beaucoup de médicaments en libre-service et une pharmacie.

Certaines chaines ont développé aussi des cabinets de consultation à prix réduit pour les USA.

Un an plus tard, ce sont près de 950 cabinets qui ont ainsi été implantés.

Mais tout ne roule pas sur des roulettes. plusieurs de ces cabinets censés être occupés par des médecins ne sont pas, de fait, pourvus de praticiens.

Deux états, la Californie et Rhode Island ont donc lancé des enquêtes et d’autres états devrient suivre. D’autant que certaines chaines sont soupçonnées d’utiliser ces cabinets uniquement pour faire gonfler le chiffre d’affaires des pharmacies qu’elles abritent.

Le business de la santé est décedement bien étrange.

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Antidépresseurs : David Servan-Schreiber lance encore un appel

La revue Psychologies, fondée par Jean-Louis Servan-Schreiber, publie dans son numéro de septembre un texte de David servan-Schreiber et de 14 autres psychiatres dénommé, en toute modestie, comme un « appel de 15 grands médecins ».

Comme le texte sur les téléphones portables du même auteur, cet appel n’apporte aucun élément scientifique nouveau et ne fait que constater la grande, voire trop grande consommation, de psychotropes dans notre pays.

Relayé ce dimanche par un journal appartenant au groupe de presse propriétaire de la revue « Psychologies », cet appel va, sans doute, connaître un certain succès dans la presse.

J’avais déja évoqué cette question et sa complexité dans un billet en janvier dernier.

J’ajouterai simplement deux ou trois choses.
Les uateurs prônent un recours à d’autres voies thérapeutiques qu’ils disent scientifiquement prouvées.
Mais, dans le contexte actuel, recourir aux psychothérapies relève assez souvent du luxe.

Il faut déja trouver un thérapeute disponible dans un délai raisonnable , être sûr qu’il a la compétence et la formation adéquates. Il faut aussi savoir si cette thérapie sera prise en charge par l’assurance-maladie, ce qui n’est pas toujours le cas, loin s’en faut. Pas plus, d’ailleurs que les dépassements d’honoraires souvent conséquents.

D’autre part, il serait important que l’enseignement des étudiants en médecine et que la formation permanente des médecins comprennent des sessions au cours desquelles on apprend à reconnaitre les signes de la dépression.

Car, paradoxalement en France, cette maladie est sous-diagnostiquée alors que les médicaments antidépresseurs sont surprescrits.

Enfin, il est sûrement plus aisé de s’attaquer médiatiquement à la surprescription médicamenteuse qu’à essayer d’analyser ce qui pousse les gens à aller chez leur médecin chercher une aide « chimique » à leur mal-vivre.

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Toxoplasmose et grossesse : une vigilance de neuf mois

C’est l’un des ennemis les plus redoutables des femmes enceintes malgré une taille ne dépassant pas quelques millièmes de millimètres. Le toxoplasme est un parasite mais aussi une bombe à retardement tant les dégâts qu’ils causent peuvent être tardifs chez l’enfant.

Paris accueille cette fin de semaine les spécialistes européens de parasitologie, une discipline médicale qui s’occupe aussi bien du paludisme que des mycoses ou encore des affections liées aux poux.

Mais l’une des activités quotidiennes d’un laboratoire de parasitologie, c’est de dépister une affection appelée toxoplasmose et dont l’agent responsable est un être unicellulaire long de 3 à 5 microns, c’est-à-dire des millièmes de millimètres, et qui a une forme d’arc, d’où son nom : toxon en grec, c’est l’arc et plasma la forme. (Un petit historique est mis en fin de billet).

Le parasite est excrété dans les selles de certains animaux, le chat en particulier. Le parasite va ensuite être présent dans les sols et sera ingéré par d’autres animaux ou l’être humain à partir d’aliments souillés.

Environ trois cent mille personnes contractent chaque année une toxoplasmose, la plupart sans le savoir. L’infection entraine parfois la survenue d’une fièvre, de ganglions, des douleurs musculaires et surtout une grande fatigue qui peut persister très longtemps.

Des signes assez proches de ceux de la mononucléose infectieuse et les médecins essaient toujours face à un tableau clinique fébrile avec ganglions de savoir s’il s’agit d’une de ces deux affections.

Mais la toxoplasmose n’est pas toujours une affection banale. Lorsqu’elle touche des personnes aux défenses immunitaires effondrées, elle peut être très dangereuse et provoquer des abcès cérébraux par exemple. On l’a constaté maintes fois chez les personnes porteuses du virus VIH avant l’arrivée des trithérapies.

Certaines souches, notamment en Amazonie, peuvent aussi atteindre des sujets sains et en pleine forme et donner de graves atteintes pulmonaires. On l’a constaté par exemple chez des militaires partis faire des stages de survie dans la forêt en Guyane française.

Ces cas sont heureusement peu fréquents et si la toxoplasmose reste un sujet d’actualité c’est que cette parasitose est un danger pour les femmes enceintes ou, plutôt pour l’enfant qu’elle porte.

Chaque année 5 femmes enceintes sur mille contractent le parasie, soit, environ 3500 femmes. Un tiers des femmes transmettent via le placenta la maladie au foetus.La toxoplasmose congénitale, 400 à 1000 cas par an, fait courir des risques sérieux au fœtus et à l’enfant même plusieurs années après la naissance.

Le risque est celui d’atteintes cérébrales, avec des crises convulsives mais surtout celui d’atteintes oculaires. L’atteinte de la rétine, une choriorétinite, peut évoluer lentement vers la cécité, plusieurs années après la naissance.

C’est pour éviter cela que la toxoplasmose fait l’objet d’une surveillance particulière pendant la grossesse. Son dépistage est inclus dans le bilan sanguin de l’examen prénuptial.
Il est répété dès le début de la grossesse. Si la femme a un taux d’anticorps jugé protecteur, cela signifie qu’elle a déjà& rencontré le parasite et qu’elle s’est immunisée contre lui. C’est le cas de 50 % de la population en France, un chiffre qui baisse constamment depuis quelques années.

Pour celle dont l’examen revient négatif, il va falloir observer des règles de vie bien précises au cours des neuf mois de la grossesse.
Cela commence par une prise de sang mensuelle pour rechercher toute trace d’une nouvelle infection, ce que le jargon médical appelle une séroconversion.

Ensuite, il faut adopter certaines mesures d’hygiène strictes et ne pas y déroger.

Commençons par le chat. C’est la source principale de toxoplasme et il faut donc, quand on est enceinte, prendre certaines précautions avec le matou. Eviter si possible de s’occuper de la litière, par exemple, ou alors le faire avec des gants.

On peut caresser le chat, mais ne pas l’embrasser et éviter de se faire griffer par lui. Ne pas lui donner de viande crus manipulée avec les mains, mais de la viande en boite.

Et, impérativement, se laver les mains soigneusement, de préférence avec une solution hydro-alcoolique, après tout contact avec l’animal.

Pour la nourriture, les règles sont là aussi simples mais strictes. Légumes et fruits doivent être soigneusement lavés et toute trace de terre éliminée.

Pour la viande, adieu le bleu le saignant et, bien sûr, le cru. On cuit plus qu’à point.

Il ne faut pas qu’à la coupe, apparaisse un jus rosé.

Prudence toute particulière avec le mouton qui doit être très cuit, pas de gigot rosé. Les ovins abritent le parasite avec une fréquence non négligeable.

Pas de viande cuite au micro-onde, car la cuisson est inégale.
Pas de barbecue sauf à manger des parties très bien cuites et attention aux salaisons.

Ces conseils et recommandations concernent, je le répète, celles qui ne sont pas immunisées contre le toxoplasme.

Evidemment ce n’est pas très amusant, même plutôt contraignant, mais dites-vous que cela ne durera que neuf mois et que le bébé vous en sera reconnaissant.

Et pour vous venger, le jour de la naissance, demandez au père de vous apporter un tartare.

Un petit historique pour le centenaire de la découverte du parasite.

Le parasite responsable de la toxoplasmose a été découvert en 1908 à Tunis et à Sao Paulo.

A la suite d’une épidémie de laboratoire chez un rongeur, le Gondi, Charles Nicolle et L. Manceaux en 1908 à l’Institut Pasteur de Tunis isolèrent un protozoaire de forme arquée. Ils nommèrent donc le parasite Toxoplasma gondii. L’origine grecque du mot vient de toxon (arc) et plasma (forme). Cette découverte sera présentée le 26 octobre 1908 par Laveran, à l’Académie des Sciences de Paris.

A peu près au même moment, A. Splendore trouve ce parasite à la suite de la mort de lapins de laboratoire, à Sao Paulo. La publication de ces résultats se fera le 16 juillet 1908.

L’institut national de veille sanitaire (INVS) a consacré le 8 avril 2008 un numéro du Bulletin épidemiologique hebdomadaire, le BEH, aux infections congénitales.

Deux articles sont consacrés à la toxoplasmose.

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Chirurgie digestive : le chewing-gum pour boucher le trou de la Sécu.

Mâcher du chewing-gum peut être bon pour la santé. Mieux encore, ce peut être excellent pour aider à combler le trou de l’assurance-maladie si l’on en croit des travaux anglais publiés aujourd’hui.

On nomme cette sensation très désagréable un « iléus ». C’est un blocage intestinal qui suit une intervention sur la partie basse du tube digestif. Plus rien ne passe, pas même le moindre gaz. Le ventre est distendu et l’inconfort est majeur.

Cela vous est peut-être arrivé si vous avez eu à subir une intervention sur le colon et vous avez eu droit à la rituelle question du chirurgien « Vous avez pété aujourd’hui ? » Question triviale mais posée pour le bien du malade. La reprise des flatulences signe la levée de l’obstacle et la toute prochaine reprise du transit.

Cette situation où rien ne passe est très pénible pour le patient et pénible pour les comptes de la Sécu car il est hors de question de faire sortir un patient tant que subsiste l’iléus.

Comment faire pour améliorer les choses ? La réponse est peut-être assez simple si l’on en croit la compilation de cinq études réalisée par une équipe du St Mary’s hospital de Londres.

Reprenant ces études impliquant au total 158 patients, l’équipe londonienne a regardé ce qui se passait lorsqu’on proposait aux patients opérés de l’intestin, dès le lendemain de l’intervention, de mâcher pendant 5 à 45 minutes du chewing-gum sans sucres. à raison de trois mastications par jour.

En analysant les résultats, ils ont constaté que les mâchouilleurs libéraient leurs premiers gaz 0,66 jours plus tôt que ceux qui n’avaient pas eu droit à la barre de gomme.

Mine de rien, quand on souffre et qu’on a le ventre distendu, gagner deux tiers de jours ce n’est pas négligeable. Ce sont 16 heures de souffrance et d’inconfort en moins.

Quant à la reprise des mouvements de l’intestin, le péristaltisme, le groupe qui mâchait l’a constaté en moyenne 1,10 jour avant l’autre groupe.

Pour ce qui est de la durée de séjour, la différence globale entre les deux groupes n’était pas significative.

Mais si on exclut de l’analyse les patients ayant subi la pose d’une stomie, c’est-à-dire un anus artificiel, au cours de l’intervention, les résultats sont très différents.

Dans ce cas, la durée moyenne de séjour était raccourcie de 2,46 jours chez les adeptes de la gomme de sapotillier.

Ces bénéfices sont sans doute dus au fait que mâcher du chewing-gum est ressenti par l’organisme comme un « leurre alimentaire ». Il n’y a pas de prise d’aliments mais la sécrétion de salive, d’enzymes pancréatiques et d’hormones gastro-intestinales fait croire au système nerveux autonome qui régit les mouvements intestinaux qu’il y a l’arrivée imminente du bol alimentaire.

Répétons-le, il s’agit d’une méta-analyse et non pas d’une étude originale. Ce qui veut dire que les enseignements tirés de ce travail méritent qu’on conduise maintenant une vraie étude selon les critères scientifiques habituels, c’est-à-dire avec deux groupes de patients et des investigateurs ne sachant pas qui reçoit quoi.

En attendant que cette étude soit lancée, on peut déjà imaginer quels pourraient être les bénéfices récoltés. Le séjour moyen après ablation de tout ou partie du colon peut aller de 13 à 26 jours. Et le prix de journée dépasse les 400 euros. Une plaquette de chewing-gum coûte quelques centimes d’euros.

Il y a des économistes de la santé qui vont se prendre peut-être à rêver : pouvoir effacer une partie du déficit de l’assurance-maladie à coup de gomme.

Mais de la gomme à mâcher.

Références de l’étude :

Sanjay Purkayasth et al.

Meta-analysis of Randomized Studies Evaluating Chewing Gum to Enhance Postoperative Recovery Following Colectomy

Arch Surg. 2008;143,8:788-793.

Site web : www.archsurg.com

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DOPAGE : Un médicament contre le cancer du sein pour avoir des gros muscles.

C’est sans doute l’une des histoires de dopage les plus ahurissantes de ces dernières années. Un athlète belge a utilisé un médicament anticancéreux pour augmenter son taux d’anabolisants.

Hassan Mourhit est un coureur belge de demi-fond spécialiste du 1500 mètres. Il n’est pas aux JO de Pékin, mais il a quand même droit à avoir son nom dans les journaux.
Ce coureur vient en effet de se faire prendre dans un contrôle anti-dopage et il a reconnu avoir pris le produit retrouvé dans ses urines.

Et c’est là qu’on a envie de hurler, car le produit utilisé par ce sportif d’outre-Quiévrain est « simplement » un médicament utilisé pour traiter des femmes atteintes de cancer du sein, l’anastrazole.

Quel rapport entre cancer du sein et dopage me direz-vous ? L’anastrazole est un médicament qui appartient à la famille des antiaromatases. Ces molécules sont utilisées chez les femmes ménopausées souffrant d’un cancer dit « hormonodépendant ». Le but est de bloquer la fabrication d’œstrogènes par les divers tissus de l’organisme et donc de limiter l’imprégnation des cellules cancéreuses par ces hormones.

Mais les œstrogènes sont l’étape finale de la chaine qui mène du cholestérol aux hormones sexuelles. Et quelle est l’étape précédant la synthèse des œstrogènes ? Ce sont les androgènes, dont la testostérone et l’androstenedione.

Il y a donc un médecin ou un personnage se prétendant tel qui s’est dit qu’en donnant ce médicament à Hassan Mouhrit, ce dernier augmenterait sa production d’androgènes anabolisants en bloquant la transformation de ces hormones mâles en hormones femelles.
Car il faut savoir, tant pis pour les machos, que les hommes fabriquent également des hormones femelles.

Les antiaromatases sont une vraie avancée dans la prise en charge des cancers du sein, mais ils ont des effets secondaires, notamment sur la minéralisation de l’os, qu’ils fragilisent.

Un imbécile a donc choisi de doper un sportif non averti avec un anticancéreux qui, de plus, pouvait générer des fractures chez un athlète de demi-fond dont les os subissent des contraintes du fait des chocs du pied sur la piste.

Que l’athlète soit puni est normal, mais il faut retrouver le prescripteur de ce produit et lui appliquer également les sanctions relatives à l’usage d’un médicament hors de ses indications.

C’est, en tous cas, une histoire belge qui n’a vraiment rien d’amusant.

Petite note de bas de page :

L’anastrazole figure sur la liste des produits interdits chez les sportifs de sexe masculin.

Il y a quelques mois, le catch professionnel américain et en particulier la WWE, société qui organise et régit nombre de combats ont été secoués par un scandale de dopage..

Plusieurs des catcheurs de cette organisation ont utilisé de l’anastrazole, commandée directement sur internet auprès d’une pharmacie en ligne.

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BOTULISME : LES RESULTATS METTENT LE PLAT MEXICAIN EN CAUSE. RAPPEL DE TOUS LES PRODUITS.

ATTENTION : si vous avez chez vous un plat de « fajitas au poulet » ou des  » enchiladas au poulet » de la marque COMPANEROS et QUELLE QUE SOIT LA DATE LIMITE DE CONSOMMATION ou le NUMERO DU LOT, ne les consommez pas.

Les examens pratiquées au Centre national de référence du botulisme, à l’Institut Pasteur, confirme que c’est le plat ingéré par les deux femmes qui est à l’origine de leur intoxication grave.

Dans un premier temps, il a vait été demandé de ne pas consommer ce produit quand le lot indiqué sur la boite était 08/190.

Au vu de ces résultats, la consommation de ce plat doit être arrêtée, quelle que soit la date limite et le numéro du lot.

Les enquêtes sanitaires permettront sans doute de mieux comprendre où se situe le point de départ de la contamination.

Voici une partie du texte du communiqué de presse des ministères concernés.

CONFIRMATION DE BOTULISME D’ORIGINE ALIMENTAIRE
ET EXTENSION DU RETRAIT/RAPPEL DES PRODUITS

Le Centre national de référence a informé ce jour les autorités sanitaires et vétérinaires que les échantillons de plat mexicain « enchiladas au poulet» de la marque « Companeros », prélevés suite à l’hospitalisation ce week-end de deux personnes d’une même famille, présentent une très forte toxicité liée à la présence de toxine botulique. Ces deux personnes sont toujours dans un état préoccupant mais stable.

Par conséquent le professionnel concerné en accord avec les autorités sanitaires et vétérinaires procède au retrait et au rappel de l’ensemble des produits de type « enchiladas » et « fajitas » de la marque Companeros quelle que soit la date limite de consommation

Les produits portant le numéro de lot 08/190 avec une date de consommation au 7 août 2008 ne sont donc pas les seuls lots concernés par ce retrait/rappel.

Les autorités sanitaires rappellent que les produits concernés ne doivent en aucun cas être consommés, ni conservés. Ils ne doivent cependant pas être jetés mais rapportés sur le lieu de vente pour permettre des analyses.

Le botulisme est dû, le plus souvent, à l’ingestion d’une toxine produite par la bactérie Clostridium botulinum. Il n’y a pas de transmission interhumaine. Le délai entre la consommation du produit contaminé et l’apparition des troubles digestifs ou visuels est en moyenne de 6 à 36 heures (maximum 15 jours).
L’apparition, dans les 48h suivant la consommation de ces produits, de douleurs abdominales, de vomissements, de troubles digestifs ou de troubles de la vision doit conduire à consulter rapidement un médecin.

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