La présentation du plan « Santé, patients, territoires » aujourd’hui par la ministre de la santé est l’occasion de mettre en exergue l’expérience unique du CHU de Limoges dans la prise en charge des patients âgés.
On ne le sait pas toujours mais la région Limousin est, en termes démographiques, une curiosité. C’est la région la plus vieille d’Europe. Quand on calcule le rapport des plus de 65 ans sur les moins de 20 ans, la région est à 0,58 alors que la France est à 0,40.
Cette singularité est utilisée comme laboratoire car cette situation sera celle de la France dans 20 ans.
C’est dans ce contexte que le CHU de Limoges a développé une prise en charge très originale des personnes âgées qui arrivent en urgence à l’hôpital. Elles sont assez nombreuses puisque l’an dernier, sur 39000 entrées, 20 % concernaient des personnes de plus de 75 ans et 3,5 % des personnes âgées de plus de 90 ans.
Une fois le patient vu par les urgentistes, une équipe mobile de gériatrie se rend à son chevet.
Cette équipe comporte un médecin gériatre, une infirmière et une assistante sociale.
Cette prise en charge spécialisée fait que, dès l’arrivée du malade, on s’enquiert de ses conditions de vie, de son degré d’autonomie, des assistantes éventuellement déjà en place et des besoins et des attentes du conjoint par exemple.
Ce travail a pour but de préparer la sortie dans les meilleures conditions. Une sortie qui doit être la plus rapide possible car l’hospitalisation de personnes âgées est toujours un moment risqué.
C’est la moindre facilité à s’adapter à un nouvel environnement et à gérer le stress de l’hospitalisation qui fragilise nos ainés. Le risque est donc de les voir déprimer, d’être désorientés mais aussi d’acquérir des complications liées à l’alitement. Ce peuvent être des phlébites ou des infections bronchiques.
L’unité de post-urgence de Limoges accueille donc autant que faire se peu le malade après le passage aux urgences. Il est alors dans un service spécialisé capable de prendre en charge la pathologie qui a nécessité l’hospitalisation, mais de gérer aussi toutes les pathologies qui peuvent déjà exister chez des sujets âgés.
Les examens sont organisées afin de perdre le moins de temps et de minimiser les déplacements.
La durée moyenne de séjour est de 4 jours environ seulement et près de sept patients sur dix
Peuvent ensuite réintégrer leur domicile.
Si ces sorties sont aussi rapides c’est que les assistantes sociales ont entrepris une évaluation des patients dès leur arrivée dans le service. Enquête auprès du patient, des proches, mise en œuvre des sources d’aide.
Une ergothérapeute va même, pendant le séjour hospitalier, se rendre au domicile du patient pour voir si la situation nouvelle créée par l’hospitalisation nécessite des aménagements du domicile.
Si tel est le cas, le CHU de Limoges propose alors une deuxième innovation.
Comme les aménagements et surtout leur financement peuvent prendre du temps, un passage temporaire dans une maison de retraite est proposé. Ces hébergements se font le plus possible près du lieu de vie d la personne, afin de permettre aux proches et aux amis de retisser le lien social.
Cette solution évite les hospitalisations à rallonge et le passage dans les unités de soins de suite quand il n’y a plus nécessité d’une médicalisation importante.
Les évaluations économiques sont en cours mais on peut imaginer qu’elles seront en faveur de ce système évidemment moins couteux en personnel qu’un séjour à l’hôpital, fût-ce en moyen séjour.
Mais c’est surtout au plan humain que les choses changent. Le patient âgé est traité comme tout autre patient dans l’hôpital avec une prise en charge spécialisée. Son statut est valorisé et on protège et préserve son autonomie. On évite surtout d’aggraver une dépendance et on aide aussi l’accompagnant à souffler et à trouver des solutions d’aide dont il n’avait peut-être pas connaissance.
Cette complémentarité médicale et sociale est un modèle que nombre d’établissements devraient adopter dans les années à venir pour le bien de tous et en premier lieu de nos ainés qui méritent ce respect qu’on leur refuse encore trop souvent.
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Une note de bas de page :
Nous avions prévu un reportage sur l’expérience du CHU de Limoges.
Il a été tourné au début du mois.
Nous avons malheureusement appris que le patient qui nous servait de fil rouge est décédé depuis le tournage.
Pour des raisons bien compréhensibles et par respect pour son épouse, nous avons décidé de ne pas diffuser ce sujet.








