Archives quotidiennes : 27 octobre 2008

Coeur artificiel : une recherche et des avancées palpitantes.

Le cœur artificiel est une sorte de quête du Graal. Car remplacer cet organe qu’est le cœur par une machine s’avère une gageure. Mais les choses avancent et la France est sur un chemin encore long mais très prometteur grâce à l’alliance d’un fonds d’investissement et d’une société fille d’un géant de l’aéronautique.
 
Le professeur Alain Carpentier est un inlassable inventeur. Il y a quarante ans, il a mis au point les premières valves artificielles. Depuis il n’a cessé d’améliorer les techniques de chirurgie cardiovasculaire, notamment les prothèses valvulaires ou la chirurgie assistée par robot.
 
Mais son grand combat, depuis vingt ans, c’est le cœur artificiel, un objet capable d’être implanté dans une poitrine humaine et d’accomplir les fonctions physiologiques d’un cœur, notamment adapter son rythme et son débit à l’effort, ce que les « cœurs de remplacement » actuels ne savent pas faire.
 
Mais le rêve d’Alain Carpentier et de milliers de patients souffrant d’insuffisance cardiaque est peut-être en train de prendre un tournant décisif.
 
Aujourd’hui, 27 octobre était en effet dévoilé officiellement le prototype de cœur artificiel de la société Carmat, qui développe les recherches de Carpentier.
 
Cœur artificiel, le terme n’est pas galvaudé, car ce prototype n’est pas seulement, comme ce qui existe sur le marché actuellement, une assistance ventriculaire gauche. Là les deux ventricules droit et gauche sont représentés.
 
Cela est un avantage considérable car, en cas d’effort, l’électronique embarquée va permettre de moduler l’activité des motopompes placées dans le cœur, comme le ferait le système nerveux dans le cas d’un cœur normal.
 
Le plus étonnant c’est que ce prototype est le petit cousin des avions et des satellites.
 
Tous les matériaux employés et l’électronique embarquée viennent de ces industries. Car le défi technologique est le même que pour un satellite.
 
Quand l’engin est en orbite à 36000 kilomètres en orbite autour de la Terre, il n’y a pas moyen d’y toucher. Seule la télémétrie est concevable et la fiabilité du matériel doit être de 100 %.
 
Quand le cœur sera implanté quelques centimètres derrière les côtes, il ne sera pas question non plus d’aller y toucher !
 
Il est conçu pour durer 5 ans au moins, soit près de 250 millions de battements sans aucune erreur !
 
Cette aventure est née de la rencontre du Pr Carpentier et de Jean-Luc Lagardère, qui était le patron d’EADS.
 
Mais, aujourd’hui, l’aventure continue au sein d’une entreprise, CARMAT SAS qui est majoritairement fiancée par un fonds d’investissement, TRUFFLE. C’est le Dr Philippe Pouletty, qui est un des plus actifs entrepreneurs dans le monde des biotechnologies, qui a relevé le défi, la banque OSEO a également apporté son soutien.
 
Sans Philippe Pouletty, le projet aurait certainement connu un développement à l’étranger.
Désormais et malgré le défi posé par la situation économique, il faut assurer un financement pérenne au projet.
 
C’est la seule façon d’espérer voir dans les deux ans à venir un premier cœur artificiel battre dans la poitrine d’un patient.
 
 
 
 
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Sclérose en plaques : l’alemtuzumab n’est pas un miracle.

La présentation de résultats d’essais cliniques dans des pathologies telles la sclérose en plaques suscite toujours beaucoup d’émois. Une évaluation des effets de l’alemtuzumab n’a pas échappé à la règle. Pourtant les effets secondaires sérieux ne font pas de ce produit un choix thérapeutique évident en première intention.
 
Des rechutes moins fréquentes qu’avec l’interféron beta-1, des images par résonance magnétique qui montrent une amélioration, une gène moindre comparée à l’interféron, il est évident que l’essai britannique comparant l’alemtuzumab à l’interféron beta-1 ne pouvait que générer des espoirs.
 
Mais et le « mais » n’est pas négligeable, il s’agit tout d’abord d’un essai de phase 2 sur 334 patients. Or, pour avaliser les résultats d’une évaluation thérapeutique, on doit passer en phase 3 et inclure plusieurs milliers de patients.
 
Mais il y a un autre point non négligeable qui explique que les spécialistes aient quelques réticences vis à vis de l’alemtuzumab, ce sont les effets secondaires.
 
Il faut d’abord rappeler que l’évaluation a été interrompue à la suite de la survenue chez les patients traités par ce produit d’un accident très grave, un purpura thrombopénique d’origine immunologique. L’un des patients en est mort. Cet accident correspond à une destruction des plaquettes sanguines, cellules indispensables à la coagulation et dont la destruction peut entrainer des hémorragies massives.
 
On a donc constaté 3 % de cas de purpura chez les patients traités avec cette molécule contre 1 % chez ceux recevant l’interféron. Mais les maladies auto-immunes de la thyroïde ont concerné 23 % du groupe traité par alemtuzumab contre 3 % pour le groupe interféron. Quant aux infections, là encore les résultats sont en défaveur de l’alemtuzumab, 66 % contre 47 %.
 
Il faudra donc comprendre ce qui se passe et avoir des indicateurs de risque solides afin d’éviter des complications qui se sont révélées très lourdes pour certains patients et mortelles dans au moins un cas.
 
D’ailleurs les auteurs de l’étude posent eux-mêmes la question de l’opportunité d’exposer des sujets jeunes dont le handicap est somme toute peu important à un produit dont les effets secondaires peuvent s’avérer très sévères.
 
Il faut donc se méfier des interprétations et des extrapolations rapides qui feraient de l’alemtuzumab le médicament tant attendu dans la sclérose en plaques.
 
Dans l’état actuel des connaissances, il trouvera sans doute sa place un jour mais bien après les thérapeutiques actuellement utilisées.
 

 

Références de l’étude :

Alemtuzumab vs. Interferon Beta-1a in Early Multiple Sclerosis
The CAMMS223 Trial Investigators
N.Engl J Med ;359,17:1786-1801
 
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