Archives mensuelles : octobre 2008

Un nouveau parasite identifié

Etre copié peut être parfois satisfaisant pour l’ego. Personnellement, je trouve cela nul.

Un site dénommé continentalnews.fr reproduit intégralement ou après modification des billets de ce blog.

Il y a même un prétendu journaliste qui met son pseudo comme auteur!

Le plus lamentable c’est que le site pilleur a des bannières publicitaires.

Ils gagnent donc de l’argent avec le travail des autres car je ne suis, semble-t-il pas le seul à bénéficier de leurs attentions.

Je pense cependant qu’ils ne pousseront pas l’audace à publier ce billet.

D’un autre côté, quand vous êtes seulement capables de faire du « copier-coller », vous ne lisez sans doute pas tout ce que vous pillez !

Partagez:

Nobel de la paix : le rève, l’illusion et la réalité

Le prix Nobel de la paix a été attribué à Martti Ahtasaari. Un prix logique au vu des missions accomplies par ce diplomate.
Mais, ce qui est étonnant, c’est qu’on puisse s’étonner que le jury d’Oslo n’ait pas couronné Ingrid Betancourt. Une sorte de phénomène de masse qui ne laisse de surprendre.
 
Conférence de presse annoncée dès la veille, communiqué de victoire d’une association envoyé sous embargo plusieurs heures avant l’annonce du prix, visiblement il y avait beaucoup de monde pour croire que le jury norvégien allait attribuer le prix Nobel de la paix à Ingrid Betancourt, libérée il y a quelques mois des geôles des Farc.
 
Au plan psychologique, il est assez étonnant de voir que des centaines de personnes puissent avoir été convaincues simultanément que Mme Betancourt relevait de cette distinction dès cette année.
 
Il n’est nullement question de discuter des souffrances et du calvaire endurés par Ingrid Betancourt pendant les six années passées dans la jungle colombienne.
 
Pour avoir côtoyé pendant de longues années Jean-Louis Normandin, je ne peux être insensible à cette situation.
 
Je rappelle que Jean-Louis a été kidnappé lors d’un reportage à Beyrouth en 1986. Il était alors assistant d’une équipe d’Antenne 2 dont le journaliste était Philippe Rochot, le caméraman Georges Hansen, et le preneur de son Aurel Cornea.
 
Jean-Louis a passé vingt et un mois dans les geôles du hezbollah. Des mois enfermé dans une cave, attaché dans le noir par une chaine à un mur, avec un mètre le rayon de déplacement. Il a vécu plusieurs simulacres d’exécution, des transports dans un cercueil sous le plancher d’un camion au milieu des combats.
 
Il est rentré en 1988 et a repris son activité professionnelle sans autre forme de procès, sans bénéficier réellement d’un accompagnement satisfaisant ni d’une reconnaissance de ce qu’il avait vécu. Il a reçu la légion d’honneur lui aussi en 2008, mais vingt ans après son retour.
 
Ce que je ne comprends pas et ce que je voudrais bien comprendre c’est la raison pour laquelle l’épreuve terrible vécue par Mme Betancourt la qualifierait pour le Nobel de la paix.
 
La couverture médiatique qui a suivi sa libération et tous ses déplacements ensuite a généré une sorte de frénésie et de phénomène de masse qui ressemble un peu à ce qu’on appelait autrefois « hystérie collective » et qu’on nomme aujourd’hui « réaction de stress collective », le terme d’hystérie ayant dans le langage commun une connotation péjorative.
 
Mais il n’empêche qu’il est surprenant de voir ainsi des centaines de personnes, peut-être même des milliers, imaginer que le jury norvégien allait accéder à leurs désirs.
 
Il y avait 197 noms de personnes ou d’organisations sur la liste des candidats, notamment des dissidents chinois ou des défenseurs des droits de l’homme russes. Des candidats dont la vie est aussi un enfer, avec des années de prison, de torture, d’attaques sur leurs familles.
 
Il est certain que tous ces partisans de l’ex-otage des Farc vont vivre comme une frustration, voire une injustice, le choix du jury.
 
Mais comment contester le choix de cette année, l’envergure internationale du lauréat ? Personne ne peut crier au scandale face à ce choix.
 
J’espère que celles et ceux qui voulaient voir triompher Ingrid Betancourt auront compris que leur héroïne ne relevait pas vraiment de cette récompense. La ferveur qui a accompagné son retour, la dimension quasi-mystique de certaines manifestations ont sans doute créé un environnement dans lequel la réalité a laissé la place à autre chose.
 
L’important maintenant c’est de revenir à la réalité, remettre « les pieds sur terre », au risque pour ces militants de vivre dans un monde qu’ils auront du mal à comprendre.
 
 
 
Partagez:

NOBEL : on a oublié quelqu’un

Le feuilleton Nobel continue. Avec cette fois un oublié français.
 
L’omission du nom de Robert Gallo dans la liste des récipiendaires du Nobel de médecine 2008 a été diversement commentée.
Je rappelle simplement que Gallo était le virologiste de référence à l’époque où l’équipe de Pasteur isole son virus et que c’est tout naturellement qu’elle l’envoie chez Gallo pour confirmer sa découverte.
 
Mais depuis aujourd’hui s’est créé un comité pour faire adjoindre le nom de Jean Claude Chermann aux deux lauréats français.
 
Ce combat n’a aucune chance d’aboutir car le prix Nobel ne peut être attribué au maximum qu’à trois lauréats et les trois noms sont déjà connus.
 
Jean-Claude Chermann était chef du laboratoire où se sont faits les travaux de recherche et il est le deuxième signataire de l’article envoyé à la revue Science. C’est cet article, publié le 20 mai 1983, qui annonce la découverte de ce nouveau virus.
 
Signer en deuxième un article est une place très importante et signifie qu’on a collaboré effectivement au travail.
 
On peut donc se demander si l’omission du jury Nobel n’est pas une injustice.
 
Jean-Claude Chermann est parti travailler à Marseille après l’Institut Pasteur. Il a défrayé la chronique à plusieurs reprises avec des annonces un peu à l’emporte-pièce. 
Il a proclamé qu’avec un financement de 2 millions de francs de l’époque, soit 305000 euros, il découvrirait le vaccin contre le virus du sida. Il dirige à présent une société, URRMA R&D, qui travaille sur des prototypes de vaccins dont la mise sur le marché est escomptée, selon les financiers de son groupe, au plus tôt dans dix ans.
 
 Plutôt optimistes ces professionnels, car on sait aujourd’hui que, malgré des centaines de millions d’euros déjà engloutis, le vaccin n’est pas pour demain mais peut-être pour dans vingt ans.
 
Ces erreurs de communication, ces paris manqués n’enlèvent rien au fait que Jean-Claude Chermann a joué un rôle important dans la découverte du virus et qu’il ne serait pas indigne de l’associer à Françoise Barré-Sinoussi et à leur directeur de laboratoire de l’époque, Luc Montagnier.
 
Partagez:

Recherche en biologie : un Nobel qui cache la misère.

L’attribution du prix Nobel de médecine et de physiologie à deux Français est un événement, puisque cela faisait vingt-huit ans que ce n’était pas arrivé.
C’est d’ailleurs là le vrai problème : sommes-nous encore une nation au faite de la recherche ?
 
Un Nobel de médecine en 1965 pour Lwoff Monod et Jacob, un autre en 1980 pour Jean Dausset et depuis rien jusqu’à hier. C’est un bilan maigre, très maigre donc pour la recherche en biologie de notre pays. Alors qu’en physique nous sommes plutôt bien lotis, les sciences de la vie ont rarement eu les honneurs de Stockholm.
 
Cette « sécheresse » traduit bien le désamour des jeunes chercheurs pour les carrières de la biologie.
 
Un manque d’attrait aux causes multiples mais qui est surtout lié à la difficulté de trouver des postes après avoir fait de longues études. Après aussi avoir passé des années à rédiger une thèse de sciences, travail ardu et compliqué. Il faut aussi savoir partir dans un laboratoire d’accueil à l’étranger pendant quelques temps pour acquérir d’autres techniques et d’autres formations.
 
Ces exigences, ces contraintes seraient d’autant plus acceptées que les jeunes chercheurs seraient sûrs de trouver un emploi au bout de ce parcours initiatique. Sûrs peut-être également de pouvoir ensuite rejoindre des sociétés de biotechnologie où ils pourraient développer leurs aptitudes.
 
Mais voilà, la recherche est un des grands points noirs actuels. Il y a les difficultés de l’université à s’adapter à une recherche appliquée à côté de la recherche fondamentale si nécessaire.
Trop souvent encore, certains universitaires regardent les contrats avec le privé comme une sorte de pacte avec le diable.
 
Il faut dire que jusqu’il y a quelques années, les relations entre université et entreprises étaient plus que compliquées. Ainsi, un universitaire qui voulait valoriser sa recherche ne pouvait pas être actionnaire d’une société qui développerait ses travaux.
 
Claude Allègre, alors ministre de l’Education nationale et des universités a changé les textes, permettant à un universitaire de posséder jusqu’à 15 % du capital d’une telle société.
 
Autre problème, la frilosité des financiers vis-à-vis de ces jeunes sociétés qui se lancent sur des marchés très étroits, ce qu’on appelle des « niches ». Le capital-risque, ce que les anglo-saxons appellent venture capital, est moins agressif en France que dans d’autres zones européennes et bien sûr aux Etats-Unis. Là bas, les jeunes sociétés peuvent lever des fonds auprès d’investisseurs sans avoir à entrer sur les marchés boursiers et elles trouvent de vrais investisseurs prêts à mettre des fortunes dans ces « start-up ».
 
Enfin, il y a la frilosité des pouvoirs publics face à certains défis technologiques. L’exemple de la recherche sur les cellules souches en est un bon exemple.
 
Pour des raisons tout bonnement idéologiques, cette recherche a été freinée en France pendant des années. Actuellement elle est permise sous certaines conditions mais de façon temporaire. Rien ne dit que la prochaine révision des lois gouvernant la bioéthique amélioreront les choses. De plus, ces lois étant théoriquement promulguées pour cinq ans, il est difficile de bâtir des projets dont on ne peut affirmer la pérennité.
 
Le développement des biotechnologies génère des milliers d’emplois. Permettre à notre pays de se mettre au niveau de la Grande-Bretagne serait déjà bien ! On en arrive au paradoxe de former pendant des années des scientifiques de haut niveau dans des universités qui, contrairement à d’autres pays, n’exigent pas des frais de scolarités de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Une fois formés grâce à l’argent public, ces jeunes n’auront d’autre solution que de s’exiler pour faire profiter des sociétés privées étrangères de l’investissement de la collectivité française !
 
Nous sommes certainement très nombreux à espérer ne pas devoir attendre encore vingt ans pour entendre le premier lundi d’octobre, le jury du Nobel couronner une découverte bleu-blanc-rouge, dans le monde de la recherche biologique.
 
_______________________________________________________
 
 
Pour 2007 on estime à 800 millions d’euros l’investissement consacré à l’innovation dont la moitié provient des FCPI, fonds communs de placement pour l’innovation.
Ces FCPI permettent à un souscripteur de bénéficier  d’un crédit d’impot de 25 %, plafonné à 3000 euros.
 
Ces fonds sont majoritairement investis dans les sociétés ayant trait aux sciences de la vie et aux technologies de l’information.
 
Depuis leur lancement en 1998, ces FCPI auraient permis de créer 28000 emplois dans ces secteurs innovants.
Mais plusieurs sociétés ont vu leur valeur littéralement imploser lors de l’éclatement de la bulle internet en 2000.
 
 
Partagez:

VIH/SIDA : Le Nobel pour la découvreuse du virus.

L’attribution du prix Nobel à trois spécialistes en virologie est un événement. Scientifique mais aussi politique car le choix du jury suédois et surtout son oubli n’est pas anodin.

Françoise Barré-Sinoussi voit enfin son travail récompensé et porté à la connaissance de tous. Dans le monde scientifique, on savait depuis toujours que c’est elle qui avait isolé et identifié le virus qu’on appelle aujourd’hui VIH pour virus de l’immunodéficience humaine.

Tout z commencé en 1981 quand un groupe de jeunes médecins, Willy Rozenbaum, Jean-Claude Gluckman et David Klatzman s’occupent de patients dont les défenses immunitaires s’effondrent de façon inattendue.

Deux ganglions seront prélevés sur des patients dont on sait le « nom de code »BRU et LAI.

Ce sont ces ganglions qui permettront à Françoise Barré-Sinoussi et à son équipe, après de longues semaines de culture, de constater que certains globules blancs, les lymphocytes T, sont attaqués et tués par un nouveau virus.

L’équipe se rend compte que ce virus appartient à une famille particulière, celle qu’on appelle les rétrovirus. Ces virus ont un programme génétique composé d’ARN et, pour utiliser la machinerie cellulaire des hôtes qu’ils infectent, il leur faut traduire ce message en ADN. Ils découvrent qu’il appartient plus précisément à une famille de virus récemment isolée, les virus HTLV pour Human T-cell leukelia viruses, des virus impliqués notamment au japon dans l’apparition de leucémies.

Mais le virus isolé à Pasteur est totalement différent des autres membres de la famille. Il faut donc confirmer la découverte.

Le spécialiste incontesté des rétrovirus, celui qui a mis au jour cette famille, c’est Robert Gallo. Il travaille à Baltimore aux Etats-Unis.

Le prélèvement arrivera donc dans le laboratoire américain pour confirmer ses caractéristiques. Mais l’histoire va franchement dégénérer quand l’équipe américaine va, en 1984, publier la découverte d’un virus baptisé HTLV III.

Mais ce virus avait une sacrée ressemblance avec le LAV des Pasteuriens. Le problème c’est que l’enjeu commercial était énorme. Car la découverte du virus permettait la mise au point d’un test de dépistage. Un marché colossal avec des retombées phénoménales.

C’est donc une longue bataille juridique qui se livra pendant trois ans avant la signature d’un « armistice » entre Jacques Chirac, alors Premier ministre et Margaret Heckler, la secrétaire d’Etat à la santé  des Etats-Unis.

C’est à cette occasion, également que les deux virus LAV et HTLV III devinrent un seul et même virus VIH ou HIV pour les anglo-saxons.

Le prix Nobel attribué à Françoise Barré Sinoussi est une belle récompense; mais il ne faut pas oublier que sans ces jeunes médecins cités plus haut et qui eurent le réflexe de prélever des ganglions sur des patients atteints de syndromes bizarres pour l’époque, rien n’aurait été possible.

Il faut aussi se rappeler que l’establishment médical parisien traita avec la plus grande incrédulité l’équipe dirigée par Luc Montagnier, voire avec mépris, allant jusqu’à douter des capacités de cette équipe à découvrir le virus avant les américains.

Enfin, il ne faut pas oublier que Robert Gallo est un très grand chercheur, même s’il n’a pas eu, en, l’occurrence un comportement élégant. C’est ce manquement à l’éthique que sanctionne semble-t-il le comité Nobel, en privant Gallo d’une récompense que son activité scientifique antérieure aurait justifié.

Vingt-cinq ans après sa découverte, le virus VIH fait toujours la nique aux chercheurs. Son génie diabolique freine la mise au point de vaccins préventifs et thérapeutiques.

Mais, pour autant, la recherche avance, malgré un désintérêt relatif des financeurs et du public pour une affection qui touche tous les continents, tous les âges et beaucoup  de femmes en âge de procréer.

Le combat est donc loin d’être terminé.

 

Outre Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, il ne faut pas oublier le troisième lauréat, l’Allemand Harald zur Hauser. Il a découvert les papillomavirus humains, ou HPV.

ces virus sont impliqués dnas la génèse des cancers du col de l’utérus, mais aussi de lésions vulvaires et péniennes.

On suspecte aussi un rôle de ces virus dans certains cancers de la gorge et ils sont d’ailleurs de plus en plus fréquemment retrouvés dans ce type de cancer, comme on l’a signalé il y a quelques mois lors du congrès américain de cancérologie.

Les travaux de ce chercheur ont abouti à la mise au point de deux vaccins qui protègent contre 70  % des virus impliqués dans les cancers du col de l’utérus.

 

 

 

Partagez:

CANCER : un combat à mener dans l’ARN.

Des cellules normales au fonctionnement normal et qui ont un programme génétique normal. Pourtant, au bout, ces cellules vont se cancériser. La faute à pas de chance ?
 Non, mais à un mécanisme jusque là ignoré et qui, c’est la bonne nouvelle, peut déjà   être combattu expérimentalement.
 
 
Les milliards de cellules qui constituent notre organisme sont de dures travailleuses. Rien qu’en ce qui concerne notre programme génétique, porté sous forme d’ADN par les chromosomes, elles en recopient chaque jour l’équivalent de la distance de la Terre au soleil, soit cent cinquante millions de kilomètres.
 
Ces cellules fabriquent des protéines, des hormones, des médiateurs, envoient des messages et, surtout, se divisent pour donner des cellules-filles.
 
Toutes ne sont pas concernées par ce phénomène de division mais les élues n’ont pas une vie facile. Chaque étape qui va conduire de la cellule originelle aux deux cellules-filles fait l’objet de contrôles de qualité drastiques.
 
S’il se passe quelque chose, les productions sont arrêtées et la cellule reçoit l’ordre de déclencher un phénomène appelé apoptose. Plus crûment elle est priée de se suicider !
 
Mais si les contrôles sont mal faits, si les gènes chargés du travail sont incompétents parce qu’ils ont subi une mutation, alors c’est la catastrophe.
 
La cellule va se reproduire vite et souvent et surtout devenir immortelle. Ainsi des cellules anormales vont prendre le dessus, quitter leur lieu de résidence habituel pour disséminer dans l’organisme.
 
Le cancer est installé et règne en maitre.
 
 
TOUT A L’AIR NORMAL MAIS …
 
 
 
Mais les travaux d’une équipe italienne, publiés le 1er octobre apportent un nouvel éclairage sur les mécanismes qui conduisent à la cancérisation des tissus.
 
Dans le phénomène qu’ils décrivent et qu’on retrouve dans des cancers du sein, de l’ovaire du rein ou de l’estomac, il n’y a pas d’emballement d’un gene devenu subitement fou, pas plus que de fabrication excessive de récepteurs sensibles aux effets d’hormones.
 
Paradoxalement, tout est normal dans les cellules qui vont pourtant dégénérer. Du moins jusqu’à un certain point.
 
Ce point c’est la rencontre et le mélange fortuit de deux messages génétiques qui n’auraient jamais du se croiser.
 
Parmi les milliers de produits élaborés par nos genes, il y en a deux qui jouent des rôles très différents et qu’apriori, rien ne doit amener à se croiser.
 
Un gene va libérer une instruction pour la cellule sous forme de ce qu’on appelle un ARN messager ou ARNm. Ce message vise à faire fabriquer par la machinerie cellulaire une substance appelée Cycline D1. Cette CD1 va jouer un rôle dans les processus qui conduisent une cellule à se préparer à donner naissance à deux cellules-filles.
 
Un autre gene délivre une autre instruction, toujours sous la forme d’un ARNm pour faire synthétiser TROP-2.
 
Cette protéine joue un rôle essentiel dans les phénomènes d’adhésion entre cellules. A l’état normal, en effet, les diverses cellules qui constituent un organe vont se coller les unes aux autres sans se chevaucher et sans ainsi pouvoir se libérer pour partir, par exemple, dans la circulation sanguine.
 
Cette caractéristique est absente chez les cellules cancéreuses qui ne respectent pas l’architecture du tissu concerné et vont disséminer aisément pour former des métastases dans d’autres endroits de l’organisme.
 
Dans les cellules de cancer de l’ovaire examinées par Salverio Alberti, il n’y avait nullement d’excès de fabrication de cycline D1 ou de TROP-2.
 
Alors pourquoi les cellules étaient-elles devenues cancéreuses ? Tout simplement parce que les ARNm des deux protéines avaient formé une chimère. Derrière ce mot, il faut comprendre que les deux ARNm sont devenus un seul et même ARNm.
 
Les deux messages génétiques se sont aboutés, conduisant à la formation d’une instruction aberrante à partir de deux structures répétons-le normales.
 
Un phénomène méconnu jusque là. Et quand les chercheurs ont reproduit cette chimère en laboratoire et l’ont introduit dans diverses cultures cellulaires, la cancérisation s’est produite.
 
FREINER LA LIBERTE D’EXPRESSION
 
 
Mais cette nouvelle plutôt désagréable a aussi un versant positif. On sait, en effet, déjà expérimentalement rendre « silencieux » ces ARNm débiles.
 
Pour qu’ils exercent leur funeste action, ils doivent passer dans une structure appelée un ribosome. C’est un peu comme la tête de lecture d’un magnétoscope.
 
Or, on sait fabriquer une sorte de copie inverse du message devant être lu. Cette copie inverse va se coller sur l’original et comme le ribosome ne peut lire qu’un brin et non pas deux, le mécanisme d’interrompt. On a « encrassé » la tête de lecture.
 
De nombreux travaux sont en cours à travers le monde pour développer ces ARN capables de réduire au silence les ARNm porteurs d’informations anormales.
 
Le fait que cette chimère Cycline D1-TROP-2 soit impliquée dans plusieurs cancers laisse donc à penser qu’on aura un jour les moyens de bloquer ses effets.
 
En laboratoire, en tous cas, les résultats ont été concluants.
 
 
 
 
Référence de l’étude :
 
Emanuela Guerra et al.
 
A bicistronic cyclin D1-TROP2 mRNA chimera demonstrates a novel oncogenic mechanism in human cancer.
 
Cancer Res 2008.68;19:1-9
 
 
 
Partagez:

Cancer: "Octobre rose", un mois pour se vouer à ses seins.

.

Continuer la lecture

VIH/SIDA : un virus probablement centenaire.

C’est une bien mauvaise nouvelle pour les professionnels du complot et de la conspiration. Une étude publiée dans la revue britannique Nature confirme que le virus HIV est bien né en Afrique au plus tard en 1933.

Pour essayer de savoir quand le virus VIH est apparu chez l’homme à partir d’un virus de chimpanzé, on ne disposait que d’un prélèvement remontant à 1959 et baptisé ZR59, car il provenait d’un patient dont le sida avait été formellement authentifié et qui vivait au Zaïre , devenu aujourd’hui la république démocratique du Congo.

Pays qui avant l’indépendance était connu sous le nom de Congo belge et dont la capitale, Kinshasa s’appelait alors Léopoldville.

A partir de ce prélèvement de 1959, les chercheurs avaient déterminé que le virus était arrivé chez l’homme en Afrique centrale et occidentale vers 1930. L’origine de ce virus était simienne, plus précisément du chimpanzé, espèce pan troglodytes troglodytes.

La contamination semble s’être faite à l’occasion d’actions de chasse, le virus étant alors transmis par l’intermédiaire de plaies sanglantes de l’animal à l’homme.

Cette hypothèse se trouve aujourd’hui renforcée grâce à des travaux publiés dans la revue Nature par une équipe internationale.

Ce sont divers prélèvements récupérés à Kinshasa qui ont permis de faire cette recherche.

Plus précisément un ganglion prélevé en 1960 dans la Léopoldville coloniale chez une femme et conservé depuis dans un milieu spécifique.

Grâce aux techniques récentes de biologie moléculaire, les chercheurs ont pu retrouver dans ce ganglion des ARN viraux, c’est-à-dire le programme génétique du VIH.

Et leurs constatations sont étonnantes. Par une méthode extraordinairement sophistiquée et qui fait appel aux super ordinateurs du centre de recherches nucléaires de Los Alamos, aux Etats-Unis, ils ont pu construire une sorte de calendrier à rebours.

Ils ont ainsi pu, avec une certaine robustesse, obtenir des informations sur ce virus et sur le VIH plus généralement.

Première découverte étonnante : bien que quasiment contemporain du premier isolat ZR 59, cette souche baptisée RDC60 présentait des variations très importantes par rapport à cette souche.

Cela veut dire que quelques dizaines d’années seulement après son « humanisation », le virus VIH avait déjà subi des transformations et des mutations qui expliquent pourquoi il est si dangereux et difficile à combattre, tant ses « visages » sont multiples.

Pour les puristes, ce prélèvement DC60 montre un virus appartenant au sous-groupe A, une branche de la forme primitive du VIH appelée M.

La deuxième information majeure, c’est que grâce à une technique de calcul statistique dans laquelle des dizaines de millions de scénarios sont envisagées et calculés, on retrouve une date d’apparition du VIH qui se situe avant 1933, probablement entre 1908 et 1921. La branche basse de la fourchette le situerait même peut-être dès 1884.

Le virus est donc probablement apparu au Cameroun et dans les régions avoisinantes. Sa progression a été plutôt lente jusqu’à ce que l’économie coloniale fasse se développer des villes de grande taille. Avant 1930, aucune grande cité de la région ne dépassait les dix milles habitants. L’explosion urbaine qui s’est ensuife produite a offert au virus une formidable possibilité d’expansion.

La naissance des voyages aériens, les flux migratoires liés aux raisons économiques ou aux conflits armés ont ensuite brassé des populations et permis une fois d plus la flambée de l’épidémie.

Ce travail scientifique de grande qualité va certainement susciter des commentaires hostiles chez ceux qui, depuis des années, voient dans l’épidémie de sida l’œuvre de laboratoires le plus souvent militaires et américains en général.

Comme le dit la série « X Files » : « la vérité est ailleurs ».

Je conseille donc à ces amis du complot de ne pas lire cet article, particulièrement ardu au demeurant.

Pour les autres, surtout ceux qui peuvent accéder à la revue, je donne, comme d’habitue les références de l’article en bas de page.

Il y a sûrement des centaines de prélèvements faits dans les années 50 dans les grandes villes africaines et qui sont suffisamment bien conservés pour permettre d’aller y rechercher des traces du VIH.

Plus on aura ainsi de sources, mieux on remontera à l’origine de ce virus. Une recherche pas seulement pour l’histoire car on sait que les risques de rencontre entre d’autres virus de singe et du virus humain VIH sont quotidiens dans nombre de zones forestières en Afrique

Comprendre comment se fait la bascule permettra peut-être d’avoir à disposition des systèmes d’alerte pour l’avenir.

Références de l’article

Michael Worobey et al.

Direct evidence of extensive diversity of HIV-1 in Kinshasa by 1960

Nature 2 October 2008, volume 455 P 461-464

doi: 10.1038/nature07390

[[Lire le communiqué de l'Institut national de la Santé américain

Partagez:
Page 2 sur 212