Archives mensuelles : novembre 2008

VIH/SIDA : La trithérapie d’urgence pour les accidents d’exposition au sang et aux liquides biologiques.

Le week-end et le lundi matin, les services d’urgences reçoivent des visiteurs angoissés. Des personnes qui ont eu un rapport sexuel « risquer » et qui viennent chercher de l’aide. Et cette aide existe sous forme d’un traitement d’autant plus efficace qu’il est débuté dans les heures qui suivent l’accident.
 
Les expositions accidentelles au sang et aux liquides biologiques bénéficient en France depuis plusieurs années de ce qu’on appelle un peu indument une « trithérapie d’urgence ».
 
Pour les personnels au contact de patients porteurs du virus VIH, mais aussi des virus des hépatites B et C, les plaies lors d’interventions ou de soins, ne sont pas une rareté. Chaque jour, plusieurs dizaines de ces accidents surviennent dans les hôpitaux publics et privés. Une procédure bien établie, mais un peu lourde, existe. Elle est définie par une circulaire.du 2 avril 2003.
Il faut d’ailleurs se souvenir que tout commence par un long lavage de la plaie à l’eau et au savon puis d’une désinfection pendant cinq vraies minutes avec, au choix :
 
- De l’alcool à 70°
- Du Dakin stabilisé
- De l’eau de Javel
- De la polyvidone iodée en solution dermique (Bétadine®)
 
Ensuite, en fonction de divers paramètres, il y aura mise sous traitement avec trois médicaments différents, une trithérapie, pendant un mois avec des prises de sang de contrôle pendant plusieurs mois après l’accident.
 
Il faut savoir que le risque « statistique » de contamination est de 0,2 % pour le VIH, 5 % pour le virus de l’hépatite C et de 30 à 40 % pour celui de l’hépatite B.
 
En ce qui concerne ce dernier virus, il faut signaler que tous les personnels de santé doivent obligatoirement avoir été vaccinés contre le virus de l’hépatite B. Il y a quelques dizaines d’années, avant la mise à disposition de ce vaccin, il y avait chaque année des dizaines de décès liés à des hépatites B fulminantes parmi les patients et les soignants.
 
Ces traitements d’urgence doivent être mis en place dans les premières heures suivant l’accident et, normalement, tous les hôpitaux ont une procédure d’urgence applicable 24h/24.
 
Mais ce qui existe pour le sang existe aussi si on a été exposé à un autre liquide biologique éventuellement contaminé, en clair sperme ou sécrétions vaginales.
 
Les personnes qui ont eu un rapport dont elles estiment qu’il peut être source d’une potentielle contamination peuvent se rendre dans les services d’urgence des hôpitaux. Là on leur fera un bilan, une prise de sang pour voir quel est leur statut vis-à-vis du VIH, séropositif ou non, et on débutera un traitement par principe avant de les référer, si c’est le week-end, vers un service spécialisé dès le lundi.
 
Le traitement repose sur la prise de deux inhibiteurs nucléosidiques de la reverse transcriptase et d’une antiprotéase.
 
 L’un des traitements les plus répandus est constitué de Truvada® (emtricitabine et tenofovir) et de Kaletra® (lopinavir/ritonavir). Ce traitement n’est pas très bien toléré mais il est efficace.
 
En effet, bien qu’un certain nombre de personnes ainsi traitées aient été perdues de vue, tous les accidents d’exposition traités par trithérapie pendant un mois n’ont jamais été suivis de « séroconversion », autrement dit aucune personne séronégative pour le VIH avant l’accident n’est devenue séropositive si elle a été traitée dans les toutes premières heures et si elle a pris son traitement pendant quatre semaines.
 
Bien évidemment, ce traitement d’urgence n’a rien à voir avec la pilule du lendemain. D’abord par sa durée, un mois et non un jour, et par sa moins bonne tolérance.
 
Il y a donc peu de chances qu’il soit considéré comme une méthode de prévention !
 
 
 
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VIH/SIDA : attention, oui attention avant d’enlever la capote.

En cette veille de la Journée mondiale contre le sida, un petit rappel :  « quasiment nul » ne veut pas dire « zéro » en matière de transmission du virus.
 
L’été dernier, au moment de la conférence internationale de Mexico, on a beaucoup parlé des travaux de l’équipe de Bernard Hirschel, de Genève. Ce chercheur a montré que des hommes séropositifs pour le VIH, qui suivaient correctement leur traitement, qui n’avaient pas d’infections sexuellement transmissibles, IST, et dont la mesure de la charge virale plasmatique montrait une charge indétectable, n’avaient pas contaminé leurs partenaires lors de rapports non protégés.
 
Cette information a été interprétée par certains comme une preuve de la disparition du virus des liquides biologiques dont le sperme.
 
J’avais alors rappelé dans un billet du 08/08/08 qu’une certaine prudence s’imposait quand même.
 
Et, au hasard d’une recherche bibliographique, je suis tombé sur article de la revue AIDS, signé par une équipe du CHU Pitié-Salpêtrière, à Paris.
 
Cette équipe travaille sur la procréation médicalement assistée, PMA, à destination des couples « sérodiscordants », l’un des deux membres du couple étant séropositif pour le VIH, l’autre non, et qu’il existe un désir de procréer.
 
Les médecins ont ainsi examiné le sperme de 145 hommes séropositifs pour le VIH, aucun n’ayant d’IST. Tous avaient une charge virale plasmatique indétectable.depuis six mois au moins.
 
Chez 7 de ces hommes, soit 4,82 %, la recherche du virus dans le sperme, sous forme d’ARN viral, a été positive.
 
Et même en maths modernes, 4,82 n’est pas égal à 0.
 
Il me semblait utile de rappeler ce fait même si j’imagine combien cela doit paraître pénible aux personnes astreintes à vivre une sexualité sous capote.

Référence de l’étude :

Marcelin A.G, Tubiana R et al.

Detection of HIV-1 RNA in seminal plasma samples from treated patients with undetectable HIV-1 RNA in blood plasma.

Research Letters

AIDS. 22(13):1677-1679, August 20, 2008.

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Maladies cardiovasculaires : les generiques au coeur du debat , la suite.

Mardi soir  prochain, la revue JAMA, qui est l’une des plus sérieuses au monde va publier un article qui fera du bruit.

Pour des raisons d’embargo, c’est à dire de date à respecter, je ne peux pas vous parler du contenu de cet article scientifique de façon explicite.

Je peux vous dire qu’il traite de l’efficacité des médicaments génériques comparés aux médicaments de marque dans le traitement des maladies cardiovasculaires.

Les résultats de cette étude ne vont probablement pas faire plaisir à tout le monde,

Mais je ne peux aller plus loin. On en reparlera lundi.

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Défense de l’ environnement : une pétition qui tombe à l’eau

 
C’est sans doute l’un des meilleurs canulars de ces derniers mois. Une association  a réussi à faire signer une pétition pour retirer le monoxyde de dihydrogène de notre environnement. Un produit pourtant vital, si vous lisez la suite !
 
Plus la science avance et plus les peurs grandissent. Nos sociétés s’inquiètent beaucoup des progrès annoncés, souvent à juste titre.
Mais nous avons aussi une sacrée tendance à aimer nous faire peur et à voir l’apocalypse derrière chaque nouvelle annonce.
 
Et les médias raffolent des spécialistes du marketing de la peur, de la même façon qu’ils amalgament aisément mesures et principe de précaution. (Voir un billet prédédent sur ce sujet)
 
C’est pour cela qu’il y a des soupapes salutaires qu’il faut saluer dans ce monde anxiogène.
 
Un groupe, Alerte Environnement, a lancé une pétition pour le retrait immédiat d’un produit , un solvant, qu’on retrouve notamment dans le sang et l’estomac des enfants. Ce produit c’est le monoxyde de dihydrogène.
 
Il est partout dans notre environnement et nous le supportons fort bien..
 
A juste titre, d’ailleurs puisque ce produit a pour formule H2O et qu’il s’agit tout simplement de l’eau !
 
Je vous conseille d’aller sur le site de ce groupe
 et de regarder la vidéo qu’ils ont réalisée en faisant signer la pétition réclamant le retrait immédiat de l’eau.
 
C’est un gag salutaire et, eau oblige,  rafraichissant .
 
 
 
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GREVE DE L’AUDIOVISUEL PUBLIC

Aujourd’hui, l’audiovisuel public est en grève.

Ce blog est un blog d’informations et je ne l’ai jamais utilisé comme une tribune, même si j’y fais parfois quelques remarques pas obligatoirement objectives.

Mais je suis en grève comme nombre de mes collègues. Je crois en effet au service public, quel qu’en soit le domaine d’activité.

Mes expériences à l’étranger et particulièrement aux Etats-Unis, m’ont montré combien il est important que subsiste un service public fort e pas seulement dans le domaine de la santé.

La télévision et la radio sont des instruments d’information de dévertissement mais aussi d’aide à la compréhension du monde dans lequel nous vivons.

Je veux bien reconnaître que ce n’est pas très évident quand on regarde la télé chaque jour ! Mais je ne désespère pas de voir naître une Tv intelligente distrayante et citoyenne.

Mais pour cela il faut avoir les moyens de produire. Or, certains députés semblent vouloir nous donner la portion congruë.

J’espère que celles et ceux qui pensent que le service public mérite d’être défendu sauront comprendre notrre mouvement.

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Cancer du sein : certaines tumeurs pourraient régresser sans traitement.

Certains cancers du sein sont-ils capables de disparaître spontanément ? C’est, en tous cas une hypothèse que soulève une équipe norvégienne dans une étude publiée aujourd’hui dans la revue Archives of internal medicine.
 
Le dépistage du cancer du sein par mammographie tous les deux ans est considéré comme l’un des facteurs ayant amené à une meilleure prise en charge des tumeurs, notamment à un stade plus précoce
 
Mais que dépiste-t-on vraiment ? Sont-ce toujours des tumeurs appelées à devenir très agressives ?
 
C’est une préoccupation permanente en santé publique quand il s’agit de mettre en place un dépistage de masse. Car, outre le fait qu’on veuille atteindre l’efficacité optimale, on veut également éviter d’enclencher à mauvais escient des examens et des traitements souvent agressifs et générateurs d’effets secondaires en traitant des tumeurs qui n’auraient peut-être jamais fait parler d’elles.
 
Pour le dépistage systématique des cancers du sein, tel qu’il est organisé en Europe, sur des femmes de 50 à 74 ans, l’opinion prévaut que c’est une mesure efficace, rentable et qui a permis de réduire la mortalité liée au cancer du sein même si l’ampleur de bénéfice fait l’objet de discussions.
 
Mais certains cancers du sein vus à la mammographie peuvent-ils disparaître sans aucune intervention ? Cette question iconoclaste, une équipe norvégienne la remet d’actualité aujourd’hui par le biais d’une publication.
 
Per -Henrik Zahl et ses collègues de l’Institut de santé publique d’Oslo ont mené une bien troublante investigation.
 
Ils ont comparé deux groupes de femmes, similaires en termes d’âge, 50 à 64 ans.
 
Le premier groupe a suivi un cycle de trois dépistages, une mammographie tous les deux ans.
Le deuxième groupe a été évalué sur une période de six ans, avant que ne soit mis en place le programme national de dépistage et a eu une mammographie au terme de ce suivi.
 
Comme il est logique, l’incidence cumulée des cancers du sein était plus élevée dans le groupe ayant eu trois mammographies que dans celui suivi pendant six ans et qui n’avait pas encore eu d’examen radiologique. On ne trouve que ce qu’on cherche !
 
Ainsi l’incidence cumulée sur 4 ans des cancers du sein invasifs était de 1268 pour 100000, ou 1,268 % dans le groupe mammographie et de 810 pour 100000, soit 0,81 % dans le groupe seulement suivi.
 
Mais le plus étonnant c’est ce qui s’est passé une fois que les femmes suivies pendant six ans ont eu leur cliché mammographique.
 
On aurait pu imaginer que le nombre de cancers soit supérieur dans le groupe des femmes qui n’avaient pas eu de contrôle radiographique régulier. Intuitivement, on imagine que sans mammographie régulière, ces femmes n’ayant pas été surveillées des tumeurs ont pu se développer sans être identifiées.
 
Mais, une nouvelle fois l’incidence cumulée des cancers a été supérieure dans le premier groupe suivi régulièrement par des mammographies biennales, 1,909 % contre 1,564 % pour celles n’ayant eu qu’un cliché au bout des six ans.
 
L’hypothèse avancée par l’équipe norvégienne c’est que certains des cancers apparus chez les femmes suivies pendant six ans sans mammographie ont du purement et simplement régresser.
 
En un mot spontanément disparaître. Une constatation qui avait déjà été faite occasionnellement une trentaine de fois.
 
Quelle conclusion en tirer ? Quasiment aucune. Comme le fait justement remarquer le professeur David Khayat, qui dirige le service d’oncologie médicale du CHU Pitié-Salpêtrière, à Paris «  on sait maintenant que des cancers peuvent sans doute régresser spontanément, mais on ne sait pas lesquels ».
 
En d’autres termes, cela ne remet nullement en cause les politiques de dépistage de masse du cancer du sein qui ont permis de sauver la vie de nombreuses femmes.
 
Mais cela montre aussi, de façon plus générale, qu’il n’y a pas de magie dans le dépistage et qu’il faut savoir bien évaluer ce qu’on fait. Dans d’autres organes, on sait que l’évolution d’une tumeur se fera très lentement et que, parfois, un geste pour l’enlever, aboutira à un résultat pire que si on n’avait rien fait.
 
La médecine, comme la science,  est faite d’hypothèses, pas de dogmes.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
 
Per-Henrik Zahl et al.
 
The Natural History of Invasive Breast Cancers
Detected by Screening Mammography
 
Arch Intern Med. 2008;168(21):2311-2316
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Cancer du poumon : un traitement oral améliore la qualité de vie dans les formes avancées.

Le cancer du poumon reste une redoutable maladie. Les progrès thérapeutiques ne sont pas spectaculaires mais une nouvelle étude montre que la qualité de vie des patients peu être améliorée, ce qui est une réelle avancée.
 
Cette étude internationale, baptisée INTEREST, a été  menée dans 149 centres médicaux de 24 pays. Elle  a concerné 1733 patients.
 
Tous étaient atteints d’un cancer broncho-pulmonaire dit « non à petites cellules » ou CBPNPC, le plus fréquent de ces types de tumeurs.
Ils avaient reçu une première série de chimiothérapie à base de médicaments de référence à base de platine.
 
La maladie ayant avancé soit sous forme d’une reprise locale, soit sous forme de métastases, les patients ont été divisés en deux groupes. Le premier groupe de 710 patients a reçu une chimiothérapie à base de docetaxel, le traitement de référence de deuxième ligne, c’est-à-dire après échec de la première chimiothérapie.
 
Le second groupe a reçu du gefitinib. Ce médicament, contrairement au docetaxel, se prend sous la forme de comprimés, à domicile. Il appartient à la famille des thérapies ciblées. Il agit sur un récepteur, EGFR, qui est présent en excès à la surface des cellules cancéreuses.
 
En bloquant ce récepteur, le gefitinib bloque une séquence « catastrophe » commandée par ce récepteur qui aboutit à une prolifération des cellules cancéreuses.
 
L’effet du gefitinib s’est avéré semblable à celui du produit de référence, le docetaxel.
La survie globale des patients, en particulier, a été comparable dans les deux groupes.
 
Mais c’est en termes d’effets secondaires et en particulier d’effets secondaires sévères que le gefitinib s’est montré mieux toléré que le docetaxel.
 
Il a, certes, causé des atteintes cutanées avec des rashes, forme de démangeaisons, des poussées d’acné et des diarrhées.
 
Mais le docetaxel a provoqué des chutes du nombre de globules blancs, ce qu’on appelle une neutropénie, qui comportent des risques infectieux importants. La fatigue était aussi beaucoup plus sévère avec le docetaxel. Enfin le produit était impliqué dans des cas d’alopécie, c’est-à-dire de chutes de cheveux.
 
Sur trois indices chargés de mesurer la qualité de vie, le gefitinib a été supérieur à chaque fois au docetaxel.
 
Cette étude ne montre hélas pas de différence, nous l’avons dit, en termes de survie globale.
Mais elle montre qu’on peut recourir à un médicament par voie orale aussi efficace qu’un médicament administré par perfusion, avec des effets secondaires a priori moins sévères.
 
Dans ce genre de maladie avancée, alors qu’on n’a pas encore de molécule capable de faire la différence, il est important de pouvoir offrir une qualité de vie supérieure à ce qui existe à défaut d’offrir de la quantité de vie.
 
 
Référence de l’étude :
 
Edward S. Kim et al
 
Gefitinib versus docetaxel in previously treated non-small-cell lung cancer (INTEREST): a randomized phase III trial.
 
Lancet 2008; 372: 1809-1818
 
Voir aussi le commentaire :
 
Michael Cullen, Nicholas Thatcher
 
Gefitinib or docetaxel in advanced non-small-cell- lung cancer.
 
Lancet 2008; 372: 1785-1786
 
 
Note finale : l’étude a été fiancée par Astra-Zeneca qui commercialise le gefitinib ( Iressa®)
 
 
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Generiques : le cinema continue.

C’est reparti pour un tour ! L’efficacité des génériques est mise en cause par certains médecins. Seul problème : ils n’ont aucune preuve scientifique à avancer, juste des impressions.
 
La France est bien une terre d’exceptions, culturelle mais aussi médicale.
Ainsi, nous sommes le seul pays à remettre en cause de façon permanente l’efficacité des médicaments génériques.
 
Rappelons que ces médicaments sont les copies conformes de molécules originales dont le brevet est tombé dans le domaine public, vingt ans après son obtention par une firme pharmaceutique.
 
La molécule copiée doit être « bioéquivalence » c’est-à-dire avoir des caractéristiques pharmacologiques qui se situent dans un écart de plus ou moins 20 %.
 
Mais cette bioéquivalence on la retrouve aussi avec des médicaments de marque en fonction du lieu où ils ont été produits.
 
Ce’ qui change entre le médicament de marque, dit « princeps » et le générique, ce sont les substances qui entourent le principe actif, les excipients.
 
C’est par exemple le parfum d’un sirop antibiotique qui pourra être différent.
 
Mais il y a aussi la couleur de la boite ou le type d’impression du nom. Car l’industrie pharmaceutique brevète tout ce qui peut l’être, histoire de bloquer les génériqueurs.
 
Au bout du compte, c’est le patient qui sera désorienté et gêné, surtout les personnes âgées qui ne reconnaissent plus ni le nom, ni la couleur, ni la forme ni la boite de médicaments.
 
Cela joue-t-il sur l’efficacité du médicament ? A priori non, il n’y a aucune raison qu’il en soit ainsi.
Mais, évidemment, la désorientation provoquée par tous les changements peut gêner l’observance du traitement.
 
Ajoutez à cela l’aspect psychologique qui entoure tout ce qui est médicament et il n’en faut pas plus pour que certains patients estiment être moins bien soignés par ces copies.
 
Aucune étude n’a prouvé à ce jour une efficacité moindre des génériques, mais cela n’empêche pas plusieurs médecins de relayer cette impression des patients, une fois encore sans la documenter.
 
Ces médecins s’expriment dans le numéro du quotidien la Croix du 21 novembre, mais, redisons-le, ils n’ont aucune étude ou information validée à fournir, juste des retours de consultations.
 
Cette montée au créneau des cardiologues contre les médicaments génériques est une nouveauté. Il y avait eu, il y a quelques mois, une action des neurologues mettant en cause les copies d’antiépileptiques.
 
Une enquête de l’Agence des produits de santé, l’AFSSAPS, n’avait trouvé aucun élément allant dans le sens des neurologues. Mais, face à des pathologies comme l’épilepsie, pas faciles à contrôler, l’Agence avait indiqué aux médecins qu’ils pouvaient demander aux pharmaciens de ne pas procéder à la substitution et délivrer le médicament princeps.
 
Le générique est encore balbutiant en France, où il représente 11 % du marché du médicament.
 
En Allemagne et en Angleterre, c’est 50 %. Aux Etats-Unis, dans certaines indications c’est 70 % des délivrances. Et quand on connait la facilité des procédures américaines, on imagine que si ces médicaments étaient inefficaces, ils seraient déjà sortis du marché.
 
Mais il faut croire que la France est définitivement une terre d’exception et que notre métabolisme national ne s’accommode que de produits de marque.
 
C’est sans doute la meilleure explication
Car ceux qui voient, derrière un certain nombre de ces campagnes la main de groupes industriels fâchés par l’arrivée des génériques ont un très mauvais esprit.

Les articles de la Croix

1er aticle

2ème article

3ème article

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Greffer une trachée pour scier la bronche.

Si vous avez suivi le JT de France 2 ce 19 novembre,  vous avez entendu parler de cette « première » médicale à Barcelone où une patiente a bénéficié d’une greffe de trachée..
 
En fait, on a remplacé sa bronche souche gauche qui avait été gravement endommagée à la suite d’une tuberculose.
 
Elle avait été dilatée à l’aide d’un stent, mais on avait du retirer le dispositif au bout de six mois.
La seule solution était de procéder à l’ablation du poumon et de la bronche gauche.
Les équipes espagnoles et britanniques ont alors utilisé la trachée prélevée sur un cadavre. Ils ont provoqué une détersion enzymatique sur 25 cycles pour enlever toutes les cellules et tout élément pouvant avoir un effet antigénique.
Ils n’ont conservé que la matrice, la « charpente » avec des fibres collagènes mais sans aucune autre cellule.
 
A partir de cellules de la moelle osseuse de la patiente, des cellules mésenchymateuses, ils ont recréé des cellules cartilagineuses, qu’on appelle chondrocytes.
 
Ils ont également mis en culture des cellules prélevées sur les voies aériennes de la patientes, des cellules épithéliales ciliées.
Ces cellules tapissent les bronches et leurs cils battent, tels les blés sous le vent, de l’intérieur vers l’extérieur de façon à évacuer mucus et impuretés.
Grâce à un incubateur rotatif tournant à un tour par minute pendant trois jours, ils ont ensemencé la trachée prélevée sur la donneuse.
 
Ils ont pu finalement enlever la bronche souche malade et la remplacer par cette nouvelle « bronche ».
Comme le revêtement cellulaire est constitué uniquement de cellules de la malade elle-même, il n’y a pas de risque de rejet et donc aucunement nécessité de traitement antirejet.
C’est un point important car ces traitements suppriment l’immunité et feraient courir un grand risque à des patients atteints de maladies infectieuses et plus encore à des patients souffrant de cancer.
 
C’est donc une voie thérapeutique nouvelle et prometteuse qui est ainsi proposée.
 
 
 
 Référence de l’article :
 
 www.thelancet.com    Published online November 19, 2008 DOI:10.1016/S0140-6736(08)61598-6
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Grippe : un bon coup de Google.

Une nouvelle arme de surveillance des épidémies de grippe est peut-être née. Son nom : Google.
 
La surveillance de la grippe et des syndromes qui s’en approchent, les syndromes grippaux, fonctionne plutôt bien dans le monde occidental et, en général, sur toute la planète grâce aux réseaux de surveillance mis en place par l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS.
 
 Il y a des centres de référence à travers le monde qui surveillent les deux hémisphères. Au siège genevois de l’OMS, les informations sont traitées et récupérées afin, notamment, de savoir dès février par exemple, comment composer le vaccin qui sera disponible à l’automne.
 
Mais ce qui tarabuste les épidémiologistes c’est, bien sûr, la survenue d’une épidémie de grippe atypique et, notamment, l’émergence d’une « cassure épidémique » c’est-à-dire l’apparition d’une mutation entrainant une épidémie sévère. C’est ce qu’on redoute en particulier avec le virus H5N1 de la grippe aviaire.
 
Le problème c’est que les réseaux de surveillance sont efficaces mais un peu longs à réagir et il pourrait s’écouler une semaine environ avant qu’on identifie un problème grave.
 
Alors des chercheurs du Centre de contrôle des maladies d’Atlanta aux Etats-Unis et des informaticiens du géant Google ont développé un modèle qui pourrait s’avérer un instrument assez formidable.
 
Leur travail est publié ce soir dans la revue Nature.
 
Ils se sont penchés sur les questions posées par les internautes au moteur de recherches dans neuf régions des Etats-Unis.
 
Ils ont ainsi dégagé une liste de 45 thèmes et demandes qu’ils ont jugés être corrélés aux syndromes grippaux.
En travaillant de façon rétrospective sur les années 2003-2008, ils ont comparé la fréquence des thèmes aux données de l’épidémie.
 
La présence de ce bouquet de termes de recherches était très étroitement corrélée aux consultations pour grippe chez les médecins des régions étudiées. On arrive à une corrélation de 97 %.
 
Ce modèle a donc été mis en place pour suivre l’épidémie 2007-2008. Là encore les courbes de prévision publiées une semaine avant les rapports du CDC coïncidaient très étroitement avec les données réelles.
 
On pourrait ainsi disposer d’une méthode de surveillance adaptable aux différents pays et qui permettrait a priori d’avoir des informations au moins une semaine avant  la notification officielle.
 
Bien évidemment, le système n’est pas infaillible. Il peut y avoir de fausses alertes. Le rappel d’un médicament par exemple pour une raison X pourrait générer des recherches sur Google similaires à celles qu’on trouverait en cas d’épidémie.
 
En tous cas le modèle est déjà en place et les données américaines sont en accès libre.
 
 
L’avenir dira si le CDC a poussé un bon coup de Google avec ce système.
 
 
 
 
 
 
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