Archives quotidiennes : 9 novembre 2008

AHA 2008. La prise de vitamines C et E n’a aucun effet pour prévenir les accidents cardiovasculaires

Mauvaise nouvelle pour les accros aux pilules vitaminées. Prendre le de la vitamine C et de la vitamine E ne réduit pas le risque de maladies cardiovasculaires.
 
Elles se vendent comme des petits pains et c’est logique puisque les amateurs les consomment dès le petit déjeuner. Les comprimés de vitamines représentent un marché très important d’autant qu’on les pare de mille vertus.
 
Pourtant aucune étude n’a démontré un rôle positif de ces pilules et ce n’est pas le résultat présenté ce dimanche au congrès de l’AHA qui va changer les choses.
 
Ce sont des médecins américains qui ont payé de leur personne dans une étude menée pendant plus de huit ans.
 
Après avoir servi de cobayes en testant aspirine et beta-carotène pendant près de quinze ans lors de la Physicians’ health study I (étude sur la santé des médecins), ce sont 14641 médecins américains qui sont entrés dans l’étude, deuxième du nom.
 
Répartis en deux groupes, une moitié à reçu de la vitamine E à la dose de 400 unités internationales un jour sur deux et de la vitamine C, 500 milligrammes un jour sur deux également. Ils ont reçu également un complexe polyvitaminé avec des sels minéraux.
 
Le deuxième groupe recevait des placebos.
 
Après dix ans de suivi, les résultats montrent que la prise de vitamines C et E n’a eu aucun effet sur la réduction de mortalité par accident cardiovasculaire chez ces médecins. Rien sur l’infarctus, rien sur les accidents vasculaires cérébraux.
 
Il y a même eu un peu plus d’hémorragies cérébrales dans le groupe recevant les vitamines, un effet déjà connu pour la vitamine E.
 
Il n’y a donc aucun avantage et aucun intérêt à consommer quotidiennement des suppléments vitaminiques en espérant protéger son cœur.
 
Petite curiosité de l’étude, seuls un peu plus de 3 % des médecins de cette étude étaient fumeurs. En France on doit être à au moins à 20 %. Ce qui explique sans doute que les patients aient du mal parfois à être convaincus de la nécessité de cesser de fumer quand ils sentent les relents de tabac sur les vêtements de leur médecin.
 
Imaginez que je me mette à prescrire des régimes.
 
 
Références de l’étude :
 
Howard D. Sasso et al
 
Vitamins E and C in the Prevention of Cardiovascular Disease in Men
 
The Physicians’ Health Study II Randomized Controlled Tri
 
 
JAMA. 2008;300(18):2123-2133 
 
 
 
Présentation à l’AHA :
 
Abstract 167
 
 
J.Michael Gaziano
 
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AHA 2008. Le vaccin antigrippe , un coup de veine contre la phlébite.

Il y a des résultats d’études scientifiques qui, parfois, étonnent quant à leurs conclusions. Ainsi en est-il de la relation entre la vaccination antigrippale et un risque moindre de phlébite.
 
Depuis quelques années, les cardiologues savent qu’il faut absolument vacciner contre la grippe les personnes qui ont eu un accident vasculaire cérébral ou un infarctus du myocarde.
Divers travaux ont en effet montré qu’on réduisait ainsi le risque d’une récidive.
 
Il faudra sans doute bientôt y ajouter les personnes ayant fait une phlébite (obstruction d’une veine par un caillot) ou une embolie pulmonaire si les travaux menés dans onze hôpitaux français se confirment.
 
Présentée ce dimanche 9 novembre au congrès de cardiologie de l’AHA à la Nouvelle Orléans par le professeur Joseph Emmerich (Hôpital européen Georges Pompidou, Paris) cette étude a inclus 727 patients hospitalisés pour une phlébite ou une embolie pulmonaire, comparés à 727 autres patients hospitalisés pour une autre cause.
 
Les auteurs de l’étude se sont aperçus que le fait d’avoir eu une vaccination antigrippale au cours de l’année précédant l’hospitalisation réduisait le risque d’avoir une phlébite de 26 %.
Et cet effet était encore plus important chez les patients jeunes, de moins de 52 ans.
 
Plus important encore, la réduction du risque atteint 59 % chez les femmes utilisant une contraception orale, en termes plus simple la pilule.
 
Pourquoi cet effet protecteur ? Eh bien on ne le sait pas ! Sans doute le fait de ne pas faire de grippe grâce au vaccin empêche-t-il de voir se développer des phénomènes inflammatoires qui touchent les vaisseaux et peuvent participer à la formation de caillots.
 
Mais l’effet protecteur joue sur toute l’année, pas seulement la période où sévit la grippe.
La réponse est donc sûrement plus complexe.
 
Si les résultats de cette étude sont confirmés par une étude américaine actuellement en cours, on pourra proposer à toutes les personnes ayant fait une phlébite de se faire vacciner. On peut espérer ainsi réduire le risque de récidive et surtout éviter des conséquences bien plus graves de la phlébite.
 
Le caillot peut, en effet, migrer et passer dans la circulation pulmonaire. Il va alors provoquer une interruption de l’approvisionnement en sang des tissus pulmonaires et entrainer une destruction plus ou moins importante des poumons.
 
C’est ce qu’on appelle une embolie pulmonaire.
 
Une simple injection annuelle pourrait donc fournir une arme de prévention simple et efficace.
 
 
 
Référence de la présentation :
 
Tienan Zhu et al.
 
Influenza vaccination reduces the risk of venous thromboembolism
 
Abstract 524 consultable sur :
 
 
 

 

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