Archives quotidiennes : 19 novembre 2008

Greffer une trachée pour scier la bronche.

Si vous avez suivi le JT de France 2 ce 19 novembre,  vous avez entendu parler de cette « première » médicale à Barcelone où une patiente a bénéficié d’une greffe de trachée..
 
En fait, on a remplacé sa bronche souche gauche qui avait été gravement endommagée à la suite d’une tuberculose.
 
Elle avait été dilatée à l’aide d’un stent, mais on avait du retirer le dispositif au bout de six mois.
La seule solution était de procéder à l’ablation du poumon et de la bronche gauche.
Les équipes espagnoles et britanniques ont alors utilisé la trachée prélevée sur un cadavre. Ils ont provoqué une détersion enzymatique sur 25 cycles pour enlever toutes les cellules et tout élément pouvant avoir un effet antigénique.
Ils n’ont conservé que la matrice, la « charpente » avec des fibres collagènes mais sans aucune autre cellule.
 
A partir de cellules de la moelle osseuse de la patiente, des cellules mésenchymateuses, ils ont recréé des cellules cartilagineuses, qu’on appelle chondrocytes.
 
Ils ont également mis en culture des cellules prélevées sur les voies aériennes de la patientes, des cellules épithéliales ciliées.
Ces cellules tapissent les bronches et leurs cils battent, tels les blés sous le vent, de l’intérieur vers l’extérieur de façon à évacuer mucus et impuretés.
Grâce à un incubateur rotatif tournant à un tour par minute pendant trois jours, ils ont ensemencé la trachée prélevée sur la donneuse.
 
Ils ont pu finalement enlever la bronche souche malade et la remplacer par cette nouvelle « bronche ».
Comme le revêtement cellulaire est constitué uniquement de cellules de la malade elle-même, il n’y a pas de risque de rejet et donc aucunement nécessité de traitement antirejet.
C’est un point important car ces traitements suppriment l’immunité et feraient courir un grand risque à des patients atteints de maladies infectieuses et plus encore à des patients souffrant de cancer.
 
C’est donc une voie thérapeutique nouvelle et prometteuse qui est ainsi proposée.
 
 
 
 Référence de l’article :
 
 www.thelancet.com    Published online November 19, 2008 DOI:10.1016/S0140-6736(08)61598-6
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Grippe : un bon coup de Google.

Une nouvelle arme de surveillance des épidémies de grippe est peut-être née. Son nom : Google.
 
La surveillance de la grippe et des syndromes qui s’en approchent, les syndromes grippaux, fonctionne plutôt bien dans le monde occidental et, en général, sur toute la planète grâce aux réseaux de surveillance mis en place par l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS.
 
 Il y a des centres de référence à travers le monde qui surveillent les deux hémisphères. Au siège genevois de l’OMS, les informations sont traitées et récupérées afin, notamment, de savoir dès février par exemple, comment composer le vaccin qui sera disponible à l’automne.
 
Mais ce qui tarabuste les épidémiologistes c’est, bien sûr, la survenue d’une épidémie de grippe atypique et, notamment, l’émergence d’une « cassure épidémique » c’est-à-dire l’apparition d’une mutation entrainant une épidémie sévère. C’est ce qu’on redoute en particulier avec le virus H5N1 de la grippe aviaire.
 
Le problème c’est que les réseaux de surveillance sont efficaces mais un peu longs à réagir et il pourrait s’écouler une semaine environ avant qu’on identifie un problème grave.
 
Alors des chercheurs du Centre de contrôle des maladies d’Atlanta aux Etats-Unis et des informaticiens du géant Google ont développé un modèle qui pourrait s’avérer un instrument assez formidable.
 
Leur travail est publié ce soir dans la revue Nature.
 
Ils se sont penchés sur les questions posées par les internautes au moteur de recherches dans neuf régions des Etats-Unis.
 
Ils ont ainsi dégagé une liste de 45 thèmes et demandes qu’ils ont jugés être corrélés aux syndromes grippaux.
En travaillant de façon rétrospective sur les années 2003-2008, ils ont comparé la fréquence des thèmes aux données de l’épidémie.
 
La présence de ce bouquet de termes de recherches était très étroitement corrélée aux consultations pour grippe chez les médecins des régions étudiées. On arrive à une corrélation de 97 %.
 
Ce modèle a donc été mis en place pour suivre l’épidémie 2007-2008. Là encore les courbes de prévision publiées une semaine avant les rapports du CDC coïncidaient très étroitement avec les données réelles.
 
On pourrait ainsi disposer d’une méthode de surveillance adaptable aux différents pays et qui permettrait a priori d’avoir des informations au moins une semaine avant  la notification officielle.
 
Bien évidemment, le système n’est pas infaillible. Il peut y avoir de fausses alertes. Le rappel d’un médicament par exemple pour une raison X pourrait générer des recherches sur Google similaires à celles qu’on trouverait en cas d’épidémie.
 
En tous cas le modèle est déjà en place et les données américaines sont en accès libre.
 
 
L’avenir dira si le CDC a poussé un bon coup de Google avec ce système.
 
 
 
 
 
 
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AHA 2008: JUPITER et son univers impitoyable.

L’étude JUPITER a été évoquée ici à deux reprises récemment. Cette étude tendait à montrer une diminution des accidents et de la mortalité cardiovasculaire chez des personnes dont le taux de cholestérol était normal.
 
Pour être inclus dans l’étude, ces personnes  devaient  avoir une caractéristique  biologique particulière : un taux de C-reactiv protéine ou CRP supérieur à 2 grammes par litre.
 
Mais pas n’importe quelle CRP, une CRP, il fallait que ce soit une CRP dite ultra-sensible.
Dans les résultats de l’étude, tout le monde n’a vu qu’une chose : le médicament employé, la rosuvastatine.
Pourtant l’étude n’avait pas uniquement pour but de faire vendre ce produit.
 
La recherche voulait montrer que doser la CRP ultrasensible chez des personnes apparemment sans aucun facteur de risques pouvait s’avérer utile pour repérer des sujets susceptibles de faire un accident cardiovasculaire.
Pour l’instant cet examen n’est pas encore passé dans la routine, même s’il est réalisable en laboratoire. Petit détail, comme il est dit « hors nomenclature », il n’est pas remboursé par l’assurance maladie et à la charge de la personne à laquelle il aura été prescrit.
 
Mais le point le plus intéressant, c’est que cet examen est protégé par un brevet et que le codétenteur du brevet s’appelle Paul Ridker.
 
Et Paul Ridker est l’auteur principal de l’étude JUPITER.
 
Ce n’est certes qu’un détail, mais c’est amusant à souligner !
 
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