Le week-end et le lundi matin, les services d’urgences reçoivent des visiteurs angoissés. Des personnes qui ont eu un rapport sexuel « risquer » et qui viennent chercher de l’aide. Et cette aide existe sous forme d’un traitement d’autant plus efficace qu’il est débuté dans les heures qui suivent l’accident.
Les expositions accidentelles au sang et aux liquides biologiques bénéficient en France depuis plusieurs années de ce qu’on appelle un peu indument une « trithérapie d’urgence ».
Pour les personnels au contact de patients porteurs du virus VIH, mais aussi des virus des hépatites B et C, les plaies lors d’interventions ou de soins, ne sont pas une rareté. Chaque jour, plusieurs dizaines de ces accidents surviennent dans les hôpitaux publics et privés. Une procédure bien établie, mais un peu lourde, existe. Elle est définie par une circulaire.du 2 avril 2003.
Il faut d’ailleurs se souvenir que tout commence par un long lavage de la plaie à l’eau et au savon puis d’une désinfection pendant cinq vraies minutes avec, au choix :
- De l’alcool à 70°
- Du Dakin stabilisé
- De l’eau de Javel
- De la polyvidone iodée en solution dermique (Bétadine®)
- Du Dakin stabilisé
- De l’eau de Javel
- De la polyvidone iodée en solution dermique (Bétadine®)
Ensuite, en fonction de divers paramètres, il y aura mise sous traitement avec trois médicaments différents, une trithérapie, pendant un mois avec des prises de sang de contrôle pendant plusieurs mois après l’accident.
Il faut savoir que le risque « statistique » de contamination est de 0,2 % pour le VIH, 5 % pour le virus de l’hépatite C et de 30 à 40 % pour celui de l’hépatite B.
En ce qui concerne ce dernier virus, il faut signaler que tous les personnels de santé doivent obligatoirement avoir été vaccinés contre le virus de l’hépatite B. Il y a quelques dizaines d’années, avant la mise à disposition de ce vaccin, il y avait chaque année des dizaines de décès liés à des hépatites B fulminantes parmi les patients et les soignants.
Ces traitements d’urgence doivent être mis en place dans les premières heures suivant l’accident et, normalement, tous les hôpitaux ont une procédure d’urgence applicable 24h/24.
Mais ce qui existe pour le sang existe aussi si on a été exposé à un autre liquide biologique éventuellement contaminé, en clair sperme ou sécrétions vaginales.
Les personnes qui ont eu un rapport dont elles estiment qu’il peut être source d’une potentielle contamination peuvent se rendre dans les services d’urgence des hôpitaux. Là on leur fera un bilan, une prise de sang pour voir quel est leur statut vis-à-vis du VIH, séropositif ou non, et on débutera un traitement par principe avant de les référer, si c’est le week-end, vers un service spécialisé dès le lundi.
Le traitement repose sur la prise de deux inhibiteurs nucléosidiques de la reverse transcriptase et d’une antiprotéase.
L’un des traitements les plus répandus est constitué de Truvada® (emtricitabine et tenofovir) et de Kaletra® (lopinavir/ritonavir). Ce traitement n’est pas très bien toléré mais il est efficace.
En effet, bien qu’un certain nombre de personnes ainsi traitées aient été perdues de vue, tous les accidents d’exposition traités par trithérapie pendant un mois n’ont jamais été suivis de « séroconversion », autrement dit aucune personne séronégative pour le VIH avant l’accident n’est devenue séropositive si elle a été traitée dans les toutes premières heures et si elle a pris son traitement pendant quatre semaines.
Bien évidemment, ce traitement d’urgence n’a rien à voir avec la pilule du lendemain. D’abord par sa durée, un mois et non un jour, et par sa moins bonne tolérance.
Il y a donc peu de chances qu’il soit considéré comme une méthode de prévention !








