Archives mensuelles : décembre 2008

Les huiles de poisson protègent le coeur, mais pas des palpitations.

Vous vous apprêtez à manger du saumon fumé pour le réveillon. Bonne idée pour votre cœur, même si cela ne vous protégera pas du risque de palpitations, selon une étude canadienne.
 
Tous les touristes européens qui fréquentent les drugstores américains ne peuvent pas les manquer. D’énormes flacons contenant des centaines de gélules emplies d’huile de poisson sont ainsi proposées à la vente.
 
Ces gélules sont, comme tous les produits proposés dans ces rayons, censées avoir un effet protecteur sur les troubles cardiaques. Cet effet bénéfique serait lié à la présence de deux substances, des acides gras, dits polyinsaturés de type oméga-3.
 
Ces corps gras sont l’acide docosahexaénoique ou DHA et l’acide eicosapentaénoique ou EPA.
 
C’est en 1976 qu’une étude montrant un faible taux d’accidents vasculaires dans les populations Inuit du Groenland déclencha l’engouement pour ces deux acides gras. L’industrie pharmaceutique en fit rapidement des gélules et plusieurs études à travers le monde tentèrent de retrouver chez le commun des mortels des bénéfices analogues à ceux constatés dans les populations du grand Nord.
 
Des épidémiologistes canadiens viennent donc de revoir 12 études qui ont concerné au total 32779 patients.
 
De leur analyse il ressort que la prise de gélules contenant ces « huiles de poisson », en fait des acides gras synthétiques, a un effet protecteur certain dans un cas : ces produits réduisent la mortalité liée à des causes cardiaques de 20 % environ.
 
Mais ces corps gras ne sont pas efficaces pour réduire la mortalité toutes causes confondues. Sans effet également pour prévenir la survenue d’arythmies, ces pathologies au cours desquelles le cœur de met à battre de façon irrégulière, souvent rapidement.
 
La plus connue des arythmies c’est la fibrillation auriculaire, une anomalie qui génère un risque non négligeable de la constitution de petits caillots susceptibles de migrer vers les artères cérébrales et d’entrainer un accident vasculaire cérébral.
 
Le problème de cette analyse, disent les auteurs, c’est que les doses d’EPA et de DHA variaient énormément entre les études revues.
 
Ils estiment donc que ces produits n’ont d’intérêt que dans le but de réduire la mortalité par accident cardiaque et en proposant de façon un peu arbitraire un dosage quotidien de 465mg d’EPA et de 386mg de DHA.
 
Mais il est possible, et même certain qu’une consommation régulière de poisson ait le même effet que ces gélules. Et il n’est pas utile d’investir des fortunes chez le poissonnier.
 
La traditionnelle boite de sardines est parée de vertus analogues à ces gélules.
 
Enfin, pour demain, le saumon fumé peut remplacer les boites.
 
 
Référence de l’étude :
 
Hernando León et al.
Effect of fish oil on arrhythmias and mortality: systematic review
 BMJ 2008; 337 a2931
 
 
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Lits de reanimation : un manque de places dramatique.

La mort d’un patient pris en charge par le SAMU de l’Essonne et qui n’avait pas trouvé de lit dans les hôpitaux de Paris et de la région parisienne montre qu’entre l’affichage officiel et la réalité de terrain, il y a quelques différences.
 
«  Cela fait un bout de temps qu’on n’offre plus à certains malades les soins optimaux que leur état requiert pourtant en urgence ».
 
Cette phrase terrible, c’est un grand professionnel de l’urgence qui me l’a confiée ce matin alors que je l’interrogeais au sujet du décès d’un patient le week-end dernier.
 
C’est dans la nuit du 27 au 28 décembre que s’est produite cette triste histoire. Un homme de soixante ans, en détresse respiratoire a été pris en charge par le SAMU 91.
 
Ce patient nécessitait une prise en charge dans un service de réanimation mais, pour son malheur et malgré 27 services contactés par les médecins régulateurs, aucune place n’était disponible à Paris, ou en Ile de France.
 
Quand une place se libère enfin, au CHU Lariboisière à Paris, à 06h30 le dimanche matin, le patient est transféré et meurt à son arrivée.
 
Rien ne permet de dire si une hospitalisation plus précoce aurait sauvé le patient, mais la question n’est pas là.
 
Il y a un affichage officiel qui dit qu’aucun service de réanimation n’est fermé. La réalité est tout autre.
Car, certes, les services sont ouverts, mais un certain nombre de lits au sein de ces services sont fermés notamment en ces périodes de fêtes.
 
On réduit la voilure en ces périodes parce que l’activité chirurgicale est réduite, notamment pour ce qu’on appelle la chirurgie « froide », celle qui concerne des interventions prévues et non urgentes.
 
Mais tous les hôpitaux n’ont pas la possibilité de disposer de deux services distincts, l’un de réanimation médicale, l’autre de réanimation chirurgicale.
 
Et il y a aussi la difficulté permanente de trouver du personnel pour ces services, des professionnels hautement qualifiés et qui savent gérer des patients « lourd ».
 
Le résultat de tout cela c’est que, par exemple, dans la nuit du 28 au 29 décembre il n’y avait aucune place disponible dans les services de réanimation à Paris, dans les Hauts-de Seine où le service de l’hôpital de St-Cloud était carrément fermé. Pas de place non plus dans l’Essonne, la Seine-et-Marne, les Yvelines, le Val d’Oise et le Val-de-Marne.
 
Pire encore, les solutions habituelles de repli étaient impossibles car il y avait zéro place à Troyes, Reims, Auxerre, Sens, Amiens et Montargis.
 
Les services de réanimation sont des structures qui coûtent cher en soins et personnels. Il est donc tentant pour les administrateurs des hôpitaux de fermer quelques lits en pensant sauver quelques deniers.Le nouveau mode de tarification à l’activité, la T2a, met une pression certaine sur les directeurs d’hôpitaux qui vont , pour certains, ne pas hésiter à fermer des lits et à ne pas remplacer des personnels pour tenir les objectifs.
 
Mais le problème c’est que ces services accueillent des patients dont la dégradation de l’état de santé est souvent impossible à prévoir. Autant on peut « vider » un service de médecine ou de chirurgie à l’approche de vacances, autant il est impossible de faire de la place en « réa ».Comment prévoir l’imprévisible ?
 
Et cette pénurie de lits est hautement préjudiciable aux malades. car, les heures perdues par les coordinateurs à chercher de la place c’est autant de retard à une prise en charge adéquate. Même bien traité dans un box d’urgences, un patient relevant de la réanimation perd des chances par rapport à son hospitalisation dans un service adéquat.
 
Même s’ils ne se répandent pas tous dans la presse, nombreux sont les médecins réanimateurs et urgentistes qui sont confrontés quotidiennement à des problèmes dramatiques de prise en charge des patients.
 
On peut accuser le bouillant président de l’Association des médecins urgentistes de France, de faire de l’agitation politique.
 
Mais la réalité est têtue et dire que l’hôpital public ne manque pas de moyens résiste très mal à la confrontation avec la réalité.
 
 
Petite précision de bas de page :
 
Depuis ce matin, on parle de « malaise cardiaque ». ce patient diabétique a , en fait, été victime d’une détresse respiratoire, grande urgence nécessitant un placement en réanimation.
Les accidents cardiaques et la nécessité d’une dilatation coronaire sont intervenus secondairement.
La place de ce patient n’était donc pas dans un service de soins intensifs cardiaques, comme le pensent certaines personnalités, mais bien dans un service de réanimation médicale.
Or, il n’y avait aucune place vacante à l’heure où ce patient avait besoin d’être admis dans une telle structure.
 
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Le drame de St Vincent de Paul :Des commentaires banalement simplistes

Quand un avion s’écrase ce n’est jamais après un « banal « décollage ou un « simple » atterrissage. Mais quand survient un accident d’anesthésie, par exemple, c’était au cours d’une opération pour une « simple  appendicite ».
 
La mort tragique de cet enfant, la veille de Noël au CHU St Vincent de Paul à Paris aura, une nouvelle fois, permis d’entendre répéter qu’il avait été hospitalisé pour une simple angine, voire une banale angine.
 
J’ignore le dossier et son contenu, je ne peux ignorer la détresse des parents, ni celle de la soignante qui vit un drame elle aussi.
 
Je ne ferai que deux remarques qui ne veulent heurter personne. Je ne crois pas qu’on hospitalise un enfant s’il s’agit d’une simple angine et je ne crois pas non plus que, dans ce cas, on pose une perfusion pour une banale affection de la gorge.
 
Cela ne change rien au drame, mais il y a des adjectifs qualificatifs dont l’emploi abusif me hérisse.
 
 
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Trois médecins à consulter sans modération

  

Après vous avoir dit tout le bien que je pensais d’un blog tenu par un cardiologue, permettez-moi de vous indiquer d’autres visites intéressantes, à mon avis.
 
Le premier blog sur lequel je vous conseille d’aller régulièrement est celui d’un homme étonnant, Eric Lotz.
Ce médecin est urgentiste et il a fait pendant très longtemps des évacuations sanitaires, des « EVASAN » comme  on dit dans le jargon. Il narrait fort adroitement ses aventures. Puis après une candidature infructueuse auprès de l’ESA, l’Agence spatiale européenne et l’espoir envolé de devenir spationaute, Eric a postulé avec succès pour être le médecin de Concordia.
 
Concordia est située dans l’Antarctique, pas loin du Pôle Sud. Cette station créée en 1995 est cogérée par la France et l’Italie et les scientifiques hébergés là-bas travaillent sur divers thèmes comme la glaciologie, la physique de l’atmosphère, le géomagnétisme, la sismologie, la biologie humaine.
 
Si cette aventure vous passionne, allez donc lire son  blog     et n’hésitez pas à lui envoyer un petit message pour les fêtes.
 
 
Ma deuxième recommandation concerne le blog d’un médecin généraliste. Je ne le connais pas, mais j’aime aller lire ce qu’il raconte. C’est son vécu quotidien, simplement, sans emphase, sans leçon de morale. Pas le genre à écrire « C’est moi le meilleur et les autres n’y connaissant rien ».
 
J’y retrouve certaines choses que j’ai vécues quand je remplaçais des médecins à Château-la- Vallière, dans ma Touraine natale voici bientôt trente ans ! Comme quoi, malgré les progrès, Internet et tout le reste, la relation entre le patient et le médecin de famille garde un fond immuable. Et ce blog  nous montre que l’Administration reste souvent égale à elle-même mais sans poujadisme de la part de l’auteur.
 
Par rapport aux écrits de certains « Monsieur Propre » de la médecine, c’est un peu d’air frais et le blog mérite qu’on abuse de sa consultation.
 
Troisième visite sur le blog du Petit Docteur. Il y a plein de videos et de documents politiquement pas corrects du tout et qui rappellent que le médecin est un acteur de la vie sociale et un témoin de la vie de ses patients toutes classes sociales confondues.
Là encore, une bouffée d’air frais.
 
 
En ces périodes de fêtes, je sais que ce mot n’a pas obligatoirement la même résonance pour tout le monde.
 
Alors, j’adresse un amical salut à celles et ceux qui sont malades ou sels ou qui n’ont pas de raison d’être dans un état d’esprit festif.
 
J’espère que quelqu’un aura une pensée ou un geste pour vous.
 
 
 
Petite anecdote de fin :
 
Durant mes études de médecine, un de mes condisciples nous faisait beaucoup rire en nous parlant d’une commune Rouperroux-le-Coquet. Nous croyions tous que ce nom était inventé. Puis, du temps où j’officiais à Télématin et où je citais à l’envi ce nom, un habitant de cette commune m’a envoyé une carte postale pour me prouver que le lieu était bien réel.
Et, début décembre, à l’occasion d’un reportage dans la région mancelle, devant mes yeux ébahis, nous avons traversé Rouperroux-le-Coquet. j’étais comme un môme devant son cadeau. Trente ans après je me retrouvais dans ce lieu dont m’avait si souvent parlé le grand Patoche, trop tôt disparu.
 
Un petit salut amical aux habitants de cette commune au si joli nom !
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Cardiologie : la génétique à l’assaut des caillots

Adapter les traitements non plus en fonction de la pathologie mais du patient est un objectif qui se réalise lentement mais sûrement. Nouvel exemple avec un médicament très utilisé en cardiologie, le clopidogrel. On va pouvoir savoir chez qui il risque de ne pas être efficace.
 
Eviter de donner un médicament à un patient parce qu’il va être inefficace et peut-être toxique est une démarche idéale dont rêvent tous les médecins.
Déjà, depuis quelques temps, certains traitements utilisés en cancérologie peuvent bénéficier de cette approche dite « personnalisée ». La présence d’une mutation génétique particulière va rendre, par exemple, le médicament cetuximab inefficace chez des patients atteints de cancers colorectaux.
 
L’exploration du patrimoine génétique par des méthodes ultra-rapides et utilisant ce qu’on appelle des micropuces a permis d’explorer non pas des mutations géniques, mais des variations. Les gènes ne sont pas modifiés lourdement. Mais ce sont des modifications ponctuelles qui surviennent dans l’architecture de base.
 
Base est le mot approprié, d’ailleurs car ces modifications concernent justement les quatre bases constitutives de l’ADN, A, T, G et C, l’adénine, la thymine, la guanine et la cytosine.
Les anglo-saxons parlent de SNP (prononcer Snip) pour « single nucleotide polymorphism ».
En français on dit « polymorphisme nucléotidique simple ».
 
Ces SNP, qui sont, répétons le, des variants et non des mutations, peuvent avoir des implications importantes dans la façon dont notre équipement génétique va traiter certaines substances naturelles ou médicamenteuses.
 
Une modification du gène va entrainer une modification de la protéine synthétisée à partir de ce gène. Et quand il s’agit d’enzymes chargées de transformer les médicaments entrant dans l’organisme, un modèle non conforme n’est pas anodin.
 
Il suffit d’un rien, en effet, pour qu’un médicament ne soit pas dégradé sous une forme active par exemple, mais emprunte une voie de transformation qui va le rendre inopérant.
 
Et dans la quasi-majorité des cas on ne peut pas savoir cela à l’avance. Résultat : on donne le médicament, il est inefficace, voire dangereux.
 
C’est pour cela que la recherche de ces SNP et leur relation à certains médicaments connait un succès croissant. D’ailleurs, certains laboratoires commercialisent le médicament et le test qui va avec !
 
La nouvelle étude publiée par une équipe française aujourd’hui dans le New England Journal of Medicine, le NEJM, va sans doute apporter beaucoup d’enseignements aux cardiologues.
 
Elle concerne un médicament très prescrit et assez coûteux, le clopidogrel, commercialisé sous le nom de Plavix®.
 
 Ce produit est un antiagrégant plaquettaire, c’est-à-dire une substance ayant pour but d’empêcher la constitution de caillots.
On l’associe à l’aspirine dans les suites d’infarctus du myocarde par exemple et chez les patients ayant subi une dilatation des artères coronaires suivie de la pose d’un stent, ces petits ressorts grillagés censés maintenir ouvertes les artères débouchées.
 
Les auteurs ont constaté que le clopidogrel voyait son activité d’autant plus compromise que la variation touchait les deux gènes en même temps, c’est-à-dire les gènes portés par le chromosome d’origine paternelle et d’origine maternelle.
Plusieurs variants ont ainsi été identifiés, mais l’un d’ente eux, en particulier, appelé CYP2C19, quand il est concerné de façon bilatérale, augmente par plus de 3,5 fois le risque d’un nouvel accident cardiovasculaire chez des patients ayant en particulier subi une dilatation des artères coronaires par voie percutanée.  C’est la technique qui consiste à piquer dans le pli de l’aine pour introduire  une sonde montée par l’artère fémorale jusque dans les artères coronaires.
 
Ce type de patients reçoit l’association aspirine-clopidogrel systématiquement, le Plavix pouvant être donné pendant un an.
 
Or, il arrive qu’on constate que malgré cette protection des caillots se forment à l’origine de nouveaux infarctus, d’accidents vasculaires cérébraux, de thrombose du stent, donc d’une nouvelle obstruction.
 
Actuellement on multiplie les bilans sanguins pour suivre le traitement et des examens hautement sophistiqués sont même disponibles depuis peu.
 
Le problème c’est que si l’aspirine ne coûte quasiment rien, ce n’est pas le cas du clopidogrel. Ce produit coûte 2,20 euros par jour, soit 27 fois plus cher que l’aspirine.
 
D’ailleurs une seconde étude publiée le même jour dans la même revue montre que la variation unique et non double touchant le gène CYP2C19 entraine une considérable réduction d’effet du clopidogrel également.
 
On peut donc espérer que l’application des tests génétiques permettra bientôt de savoir d’emblée si un patient va ou non répondre correctement à la prescription de clopidogrel.
 
Des outils permettant de prévenir la formation de caillots auront donc de vrais débouchés.
 
 
 
 
 
Références des études publiées en ligne et accessibles librement :
 
 
 
Tabassome Simon et al.
 
Genetic Determinants of Response to Clopidogrel and Cardiovascular Events
 
 
 
Jessica L. Mega,
 
Cytochrome P-450 Polymorphisms and Response to Clopidogrel
 
 
 
 

SPECIAL COPINAGE :

Je conseille aux férus de cardiologie de visiter le site de Lawrence Passmore, le célèbre blog Grangeblanche.

Il met en ligne de belles démonstrations imagées et il les raconte avec talent. A mle faire regretter de n’avoir jamais été très brillant en cardiologie. 

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Diabete de type 2 : les bienfaits d’un régime à la noix.

  
 
 
 
 
Les lentilles avaient permis, dans la Bible, d’échanger un droit d’ainesse. Dans certains régimes, elles ne permettent pas d’échanger son diabète mais d’en diminuer les effets, selon une étude canadienne. Et les noix diverses apportent aussi leurs bienfaits.
 
Les diabétiques de type 2 savent combien il est difficile de s’alimenter correctement en ayant en tête en permanence le risque de chahuter les apports en sucre et de voir tomber la sanction lors du dosage de la fameuse HbA1c, l’hémoglobine glyquée, celle qui traduit tous les trois mois les conditions d’observance du régime.
 
Une équipe canadienne a donc voulu mesurer sur 210 personnes diabétiques traitées par médicaments les effets de deux régimes. La valeur de départ de l’HbA1c était comprise entre 6,5 et 8 %.
L’un de ces régimes comportait des aliments à faible index glycémique, l’autre des aliments très riches en fibres.
 
L’index glycémique, c’est la capacité qu’a un aliment de provoquer l’apparition de glucose dans le sang ce qui entrainera une sécrétion réactionnelle d’insuline. Cet index va de 0 à 100. L’idéal, chez le diabétique est donc de donner des aliments à faible index.
 
Ainsi, pêle-mêle, la liste des aliments du premier groupe comportait des pâtes, du riz à peine bouilli, des haricots des pois, des lentilles, des noix et noisettes, même du beurre de cacahuète.
On y trouvait aussi des céréales du petit déjeuner à base de lin et de boulgour et du pain à la farine de lin, de quinoa ou de seigle.
 
 
Du côté du régime à haute teneur en céréales, c’était du riz brun, du plain complet, des pommes de terre avec la peau, des épinards, des carottes, de la mangue  des céréales au petit-déjeuner
 
 Ces deux régimes ont été ainsi poursuivis pendant six mois.
 
Au bout de l’étude, la valeur de l’hémoglobine glyquée a été diminuée de 0,18 % dans le groupe « céréales » et de 0,50 % dans le groupe « index glycémique faible ». Une diminution modeste mais statistiquement significative.
 
Le taux de HDL cholestérol, ce qu’on appelle communément le « bon »cholestérol a augmenté de 17 mg/l dans le groupe « index faible » alors qu’il diminuait de 2 mg/l dans le groupe « fibres ». Un résultat sans doute lié en partie à la consommation des noix sous formes diverses.
 
Au total donc, pas de miracle mais un léger mieux. Il faut cependant noter que certains de ces produits sont assez difficiles à trouver de ce côté de l’Atlantique, comme les céréales « Red River » utilisées dans le régime « index faible ».
 
Quant aux produits à base de quinoa, notamment les pains, leur prix est relativement élevé et dans ces temps difficiles, il n’est pas toujours évident de se procurer des produits un peu chers.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
David J.A Jenkins et al. 
Effect of a Low–Glycemic Index or a High–Cereal Fiber Diet on Type 2 Diabetes. A Randomized Trial
JAMA. 2008;300(23):2742-2753
 
 
 
 
 
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Grossesse et cancer : plutôt de bonnes nouvelles.

La survenue d’un cancer au cours de la grossesse est un événement peu fréquent. Mais la tendance à avoir des enfants de plus en plus tard justifie qu’on s’intéresse à cette éventualité. Et les nouvelles sont plutôt bonnes.
 
L’âge de la première grossesse ne cesse de reculer dans nos sociétés. En France, l’âge moyen est désormais, selon l’INSEE de 29,8 ans.
 
En Norvège, plus de la moitié des grossesses concernent des femmes entre 30 et 49 ans.
C’est ce qui a conduit une équipe de ce pays à se pencher sur le devenir des femmes enceintes chez lesquelles un cancer a été diagnostiqué.
 
Un événement rare mais non négligeable. Dans cette tranche d’âge les tumeurs les plus fréquemment rencontrées sont des cancers du sein, du col de l’utérus, de l’ovaire, de la thyroide, des mélanomes, des lymphomes et des leucémies.
 
La Norvège est un pays qui possède un registre de tous les cancers diagnostiqués depuis 55 ans.
 
Il possède aussi un registre national des naissances depuis 1967. Il était donc assez simple pour les chercheurs de retrouver tous les cas concomitants de cancers et de grossesse et de pouvoir les comparer à des femmes dont la grossesse n’avait pas été affectée par un tel problème.
 
Ils ont étudié la période 1967-2002 et comparé la survie des femmes ayant eu un cancer découvert lors de la grossesse ou de l’allaitement à celle de femmes non concernées par le cancer.
 
L’analyse a concerné 42511 femmes et les résultats sont plutôt rassurants.
La grossesse ou l’allaitement n’ont eu aucun impact sur l’évolution du cancer en termes de survie.
 
Il y a toutefois un bémol, et de taille.
 
Il concerne les femmes atteintes d’un cancer du sein ou de l’ovaire diagnostiqués au cours de l’allaitement. Le risque de décès était alors double de celui des femmes indemnes de cancer.
 
Ce n’est pas l’hypothèse d’une trop forte imprégnation hormonale que retiennent les auteurs mais plutôt celle d’un retard au diagnostic lié à la difficulté d’interpréter des images radiographiques d’un sein en période de lactation.
 
Mais cette étude comporte aussi une autre très bonne nouvelle qui concerne cette fois les femmes ayant eu un cancer et qui entreprennent une grossesse ensuite.
 
Elles sont peu nombreuses, environ 5 ù de toutes celles ayant eu un cancer et, en fonction du site, les nombres diffèrent. Ainsi seul 1 % des femmes ayant eu un cancer du sein ont eu une grossesse une fois guéries, alors que cette proportion est montée à 21 % pour celles ayant eu un cancer de la thyroïde.
 
Mais ce qui est étonnant c’est qu’il existe un « healthy mother effect », ce qu’on pourrait traduire par un « effet mère saine », une sorte de sélection naturelle qui fait que ces femmes, toutes causes de décès confondues, ont une probabilité de décès deux fois moindre que les autres femmes.
 
En quelque sorte des super-résistantes, des « survivors » comme on les appelle outre-Atlantique.
 
Il est bon de rappeler qu’une étude est en cours en France qui concerne des femmes ayant eu une grossesse après un cancer. On peut lire les détails sur ce blog.
 
Un numéro vert gratuit, le 0800 770 736 est également à la disposition des femmes intéressées par cette étude.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
Stensheim H et al

 

Cause-Specific Survival for Women Diagnosed With Cancer During Pregnancy or Lactation:
J Clin Oncol.2008; 0: JCO.2008.17.4110v1
 
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Hypertension arterielle : patients, médecins et laboratoires ont des progrès à faire

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Aujourd’hui, c’est la journée nationale de lutte contre l’hypertension.
 
 
Les journalistes sont assaillis de dossiers de presse venant d’agences de relations publiques dont certaines espèrent ainsi voir le médicament de leur client cité à l’antenne.
 
Plus généralement, l’hypertension artérielle est un vrai casse-tête, puisque les américains l’appellent la « tueuse silencieuse ». C’est, en effet, souvent après un accident cardiovasculaire qu’on s’aperçoit que la personne était hypertendue.
 
Il faut dire qu’on peut vivre avec des chiffres tensionnels élevés sans trop s’en apercevoir, surtout si on ne prête pas attention à des signes frustes, comme des vertiges, des maux de tête matinaux, des oreilles qui bourdonnent ou qui sifflent et des saignements de nez, l’épistaxis des médecins.
 
Mais, attention. On ne doit pas mesurer n’importe comment sa tension. La pression artérielle se prend après cinq minutes de repos strict, allongé.
Et des chiffres anormaux doivent faire l’objet de vérifications à au moins deux reprises.
 
On parle d’hypertension artérielle quand la pression maximale, la systolique est supérieure à 140 (140 mm de mercure dans le tube gradué ou sur le cadran du tensiomètre et 90 pour la minimale, ou diastolique.
 
La pression artérielle varie au cours de la journée et, parfois, il est utile de la mesurer dans diverses conditions de travail ou de repos.
On appelle cela une MAPA, une mesure ambulatoire de la pression artérielle.
Un brassard à tension est mis en place autour du bras et se gonfle et se dégonfle toutes les vingt minutes dans la journée et, en général, toutes les heures la nuit.
 
On a ainsi un bon reflet de la situation et on peut notamment voir si les artères arrivent à se relaxer nuitamment.
 
Une fois le diagnostic fait, il faut savoir que le traitement sera généralement donné à vie.
C’est là que le médecin doit être pédagogue et persuasif. Il y a, en effet, un certain nombre d’effets secondaires avec les médicaments utilisés, plus ou moins pénibles ou psychologiquement tolérables.
 
En prévenant le patient, le médecin peut ainsi éviter que ce dernier laisse tomber son traitement. Et cela arrive bien plus souvent qu’on ne le pense comme le montre une étude publiée aujourd’hui dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire.
 
Cette étude, Mona Lisa montre que 26,5 ù des hommes et 44,5 % des femmes pris en charge pour hypertension ont des chiffres tensionnels sous contrôle.
 
L’industrie pharmaceutique a aussi une part de responsabilité dans cette mauvaise observance en ne proposant pas assez de traitements en prise unique.
 
Globalement donc, chacun a des progrès à faire pour abaisser les chiiffres des conséquences de l’hypertension ignorée ou négligée.
 
 
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Nobel : Voici pourquoi, M. Chermann, Pasteur n’a pas eu non plus le Nobel.

Article actualisé le 30/06/2010

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Santé des navigants : les radiations ionisantes attaquent l’ADN des pilotes de ligne.

Le métier de pilote de ligne fait souvent rêver. Pourtant ce métier n’est pas une promenade de santé au sens le plus littéral du terme, notamment à cause de l’exposition des pilotes aux rayonnements cosmiques. Des rayonnements qui font courir un risque de cancer.
 
La décision prise il y a quelques semaines d’allonger la durée de travail des personnels navigants avait provoqué la colère des professionnels concernés.
 
Sur ce blog, j’avais consacré un article aux effets sanitaires pour les personnels navigants des vols à haute altitude et des décalages horaires perturbant les sécrétions hormonales.
 
Une nouvelle étude, publiée dans la revue Occupational and environmental medicine  (OEM)  et publiée le 11 décembre 2008 va sûrement donner un peu plus de grain à moudre à ceux qui s’inquiètent de cet allongement de la durée de vie professionnelle des pilotes de ligne.
 
Les auteurs, qui appartiennent à l’Institut national de la santé des Etats-Unis et à la société américaine du cancer se sont donc intéressés aux effets des rayonnements cosmiques auxquels sont exposés les pilotes.
 
Pour cela, ils ont composé deux groupes. D’un côté donc, des pilotes de ligne de grandes compagnies aériennes américaines, 83 hommes âgés de 37 à 55 ans.
De l’autre, cinquante enseignants de l’université située dans la même ville que celle où résident les pilotes.
 
Les deux groupes sont comparables en termes d’âge, de statut social, de corpulence, de consommation de tabac et d’alcool. 78 % des pilotes avaient un passé de pilotes militaires.
 
Les deux groupes ont eu une prise de sang. Les chercheurs ont alors analysé le contenu des globules blancs présents dans les échantillons.
 
Ils se sont précisément intéressé à l’ADN contenu dans le noyau de ces cellules, un ADN constitutif des 23 paires de chromosomes.
 
Par des techniques très sophistiquées, ils ont « peint » les chromosomes. Le but était de chercher des modifications, ce qu’on appelle des translocations.
 
Il s’agit de petites cassures sur un ou plusieurs chromosomes. Ces cassures peuvent être « équilibrées » s’il s’agit d’un échange de matériel entre deux chromosomes.
Mais la translocation peut aussi aboutir à un ajout d’un bout de chromosome sur un autre.
 
La translocation est un phénomène anormal et qui va aboutir à la mort des cellules qui en sont atteintes. Car ces translocations mettent en contact des genes dont la collaboration peut aboutir à la formation d’un cancer. Tant que le système de surveillance est opérationnel, ces anomalies ne sont pas tolérées par notre organisme. Mais, parfois, la vigilance est moindre et ce sont les cellules cancéreuses qui dépassent le système de protection.
 
C’est ce qui se passe, par exemple, dans la leucémie myéloïde chronique où on retrouve un échange de matériel entre deux chromosomes.
 
Globalement, la comparaison des translocations entre les deux groupes ne montre pas de différences significatives.
Mais quand on ne s’intéresse qu’aux pilotes, la biologie apporte des résultats assez particuliers et qui doivent retenir l’attention.
 
On s’aperçoit, en effet, que la fréquence des translocations s’accroit avec le nombre d’années de pilotage, six pour cent par année supplémentaire et quand on classe ces années par tranche de dix ans, la fréquence augmente de 81 % par tranche décennale.
 
La fréquence des translocations est 2,6 fois plus élevée dans le groupe ayant le plus d’heures de vol par rapport à celui qui en à le moins.
 
Les personnels navigants et les pilotes en particulier sont exposés à des radiations cosmiques   qui, avec des avions qui volent de plus en plus haut, ont des effets non négligeables. Ce sont des rayonnements de type neutrons, des rayons gamma, mais aussi alpha et des protons.
 
On a constaté, dans plusieurs études, un excès de mélanomes malins chez les pilotes, qui n’est pas du, comme le pensent certains beaux esprits, aux séances prolongées de bronzage autour des piscines d’hôtels.
 
Certaines autres tumeurs, notamment des leucémies, ont été mises en évidence en excès également.
 
Mais, hormis les mélanomes, les autres résultats sont assez inconsistants, en raison des faibles nombres de sujets impliqués dans les études.
 
Même imparfaite, même faite sur un nombre peu élevé de sujets, cette étude indique encore une fois le besoin de mieux surveiller celles et ceux qui sont exposés aux rayonnements ionisants lors de leur exercice professionnel.
 
Paradoxalement, la mise aux normes européennes va entrainer chez nous le passage de deux à une seule visite médicale annuelle.
 
Il faut donc espérer que les études épidémiologiques dans ce sens vont finir par décoller.
 
 
 
 
Référence de l’étude :
 
L C Yong et al.
 
Increased frequency of chromosome translocations in airline pilots with long-term flying experience
Occup Environ Med 2008. doi:10.1136/oem.2008.038901
 
 
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