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Sclerose en plaques/ SEP : Les effets interessants d’une greffe de cellules souches sanguines.
S’il est un domaine dans lequel chaque nouvelle étude impose une grande prudence, c’est bien celui de la sclérose en plaques, la SEP. Mais mêmes préliminaires, de nouveaux résultats expérimentaux publiés aujourd’hui dans la revue Lancet Neurology, méritent d’être signalés.
Ce sont 11 femmes et 10 hommes âgés de 20 à 63 ans (moyenne d’âge 33 ans) qui ont été inclus dans une étude menée à Chicago.
Toutes e tous avaient une SEP diagnostiquée depuis plusieurs années et qui étaient dans la phase non progressive de la maladie avec des poussées allant de 2 à 5 au cours des douze derniers mois précédant leur entrée dans l’étude.
Ils avaient tous reçu, sans succès un traitement à base d’interféron beta pendant six mois.
Ils ont donc été inclus dans une étude dite de phase I/II., notion très importante car cet essai n’avait pas pour but de les traiter mais de mesurer l’éventuelle toxicité et la sécurité d’un traitement à base d’une greffe de cellules souches hématopoïétiques Ce sont les cellules qui fabriquent les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes.
Après injection de substances pour stimuler la production de ces cellules souches par la moelle osseuse, les patients ont eu un prélèvement sanguin et les cellules recueillies ont subi divers traitements pour les rendre non toxiques.
Chaque patient a ensuite reçu une transfusion contenant ses propres cellules ainsi « travaillées » en laboratoire.
Le but de la manœuvre était de faire en sorte que ces cellules souches produisent une nouvelle lignée de globules blancs qui soient non agressifs pour les tissus nerveux de chaque personne atteinte de SEP, Ces globules blancs devaient, en particulier, supplanter ceux du patient qui s’attaquaient à la gaine de myeline, le fourreau qui entoure les fibres nerveuses.
Cette technique est plus « douce » que la greffe traditionnelle de moelle osseuse (et non pas épinière comme on l’entend trop souvent !) qui nécessite des traitements visant à supprimer préalablement les défenses immunitaires du patient. Des traitements très lourds et non dénués d’effets secondaires parfois graves.
Au cours des 37 mois qu’a duré l’étude il y a eu quelques incidents, un patient a eu une diarrhée infectieuse, deux ont souffert de zona et deux ont eu une complication sérieuse liée à un des produits utilisés dans la phase préparatoire, l’alemtuzumab.
Mais les résultats globaux au bout de ces trois ans sont encourageants, le test qui sert à mesurer le degré de handicap lié à la maladie a été amélioré d’un point.
Aucun patient n’a vu son score régresser, même les cinq patients du groupe qui ont eu une rechute et qui ont pu récupérer de cette poussée après une nouvelle cure de traitement immunosuppresseur.
Seize des vingt et un patients n’ont donc eu aucune poussée pendant trois ans.
Redisons-le, cette étude ne voulait et ne pouvait pas montrer que la transplantation de cellules souches hématopoïétiques autologues, c’est-à-dire du propre patient, était un traitement possible de la SEP.
Cette étude s’adressait à des patients plutôt jeunes avec une maladie dans une phase non progressive.
Mais les résultats montrent que le traitement a été plutôt bien toléré, qu’il n’y a pas eu d’accident gravissime (l’alemtuzumab a été remplacé en cours d’étude).
Un certain nombre de critères du bilan neurologique fait dans la surveillance de la SEP ont évolué favorablement sous traitement.
Cela veut dire qu’il va falloir maintenant passer à la vitesse supérieure, c’est-à-dire un essai dit de phase III.
Il faudra recruter beaucoup de patients, les diviser en deux groupes, l’un recevant ce protocole, l’autre bénéficiant des traitements couramment administrés dans la SEP.
Et, au bout de longs mois, toujours trop longs pour ceux qui attendent, on saura a priori si cette nouvelle technique de traitement à base de cellules souches collectées dans le sang des patients permet de stabiliser la SEP. Voire, disent les auteurs de l’étude, faire régresser des déficits neurologiques.
Mais, disons-le encore, la réponse va prendre encore des mois et des mois.
Référence de l’étude :
Richard K Burt et al.
Autologous non-myeloablative haemopoietic stem cell transplantation in relapsing-remitting multiple sclerosis: a phase I/II study.
Lancet Neurology
Published OnlineJanuary 30, 2009DOI:10.1016/S1474-4422(09)70017-1
Arthrose : les genoux en pincent pour la chondroitine sulfate.
Si, comme moi, vous souffrez d’une arthrose du genou, une solution se dessine peut-être.
Solution partielle, certes, mais pour une fois qu’il y a une bonne nouvelle !
C’est une équipe française, sous la conduite d’André Kahan, professeur de rhumatologie au CHU Cochin à Paris, qui a suivi 622 patients recrutés en Europe et aux Etats-Unis, pendant deux ans.
Ces patients ont reçu soit un médicament à base de chondroitine sulfate 4 et 6. soit un placebo.
Ces patients ont eu une évaluation radiologique de leur articulation à l’enrôlement, puis à 12, 18 et 24 mois.
Au terme de l’étude, les chercheurs français ont constaté tout d’abord une diminution de la douleur dans le groupe recevant le traitement actif, diminution surtout marquée dans la première année. Est-ce un effet du traitement ou le remodelage de l’articulation qui a entrainé la diminution des douleurs ? Difficile de trancher définitivement.
En revanche, au plan radiologique, la réduction de l’espace entre le fémur et le tibia, ce qu’on appelle un « pincement », survenait moins fréquemment chez les patients recevant le sulfate de chondroitine que chez ceux recevant le placebo.
Cette moindre atteinte articulaire est un signe intéressant, mais il faudra encore d’autres études et sur des durées plus longues pour asseoir définitivement la place de ce sulfate de chondroitine dans la prise en charge des genoux arthrosiques.
Les auteurs apportent une précision de taille dans cette étude : ils ont utilisé un produit délivré sur ordonnance et estiment donc que leurs résultats ne peuvent donc pas être généralisés aux produits en vente libre à base de glucosamine-chondroitine.
C’est bien dommage car j’en avais rapporté deux énormes flacons de mon dernier voyage aux Etats-Unis. Mais je vais peut-être lancer une étude sur ce complément alimentaire avec un volontaire, votre serviteur et sans placebo.
Après tout, au point où j’en suis.!
Référence de l’étude :
Andre Kahan et al.
Long-Term Effects of Chondroitins 4 and 6 Sulfate on Knee Osteoarthritis
Arthritis & Rheumatism, February 2009.60 (2):524 - 533
Cancer : un premier médicament innovant non remboursé dans certains cas.
Au début du Plan Cancer, en 2005, il avait été dit que les molécules innovantes seraient accessibles à tous. Quatre ans plus tard, la France montre qu’elle pouvait, comme nombre de pays occidentaux, mettre certaines restrictions à l’accès aux médicaments chers et innovants.
Jusqu’il y a quelques mois, la France était une exception en Europe et même parmi les autres grands pays. Tout patient atteint d’un cancer pouvait, si son cancérologue le jugeait utile, recevoir, sous certaines conditions, les molécules les plus innovantes du marché, quel que soit l’endroit où il était suivi.
Cette aubaine était assortie d’une contrepartie : ne laisser traiter des cancers que par des centres ayant une activité suffisante. L’activité minimale annuelle par établissement public ou privé est fixée à 30 interventions par an pour la chirurgie des cancers du sein, digestifs, urologiques et thoraciques et à 20 interventions par an pour la chirurgie des cancers gynécologiques, ORL et maxillo-faciales. Il n’y a pas de seuil minimal pour la chirurgie des autres types de cancer.
A titre d’exemple, une évaluation datant de trois ans indiquait que tous établissements confondus, 93 % des cliniques et hôpitaux français opéraient moins de 10 cancers de l’oesophage par an.
Des seuils édictés pour s’assurer que les centres auront l’expertise suffisante pour bien traiter les patients et, ainsi, utiliser ensuite à bon escient les nouvelles molécules. Des molécules fort coûteuses, trente à cinquante mille euros par an pour la plupart des molécules.
De plus, les autorisations étaient conditionnées à la conformité avec un certain nombre de critères de qualité, comme la mise en place d’une réunion de concertation pluridisciplinaire, une RCP.
Il est en effet inacceptable qu’un médecin seul, ou un chirurgien, décide seul de la conduite d’un traitement anticancéreux. Cela doit se faire dans un contexte où oncologue, radiothérapeute et chirurgien confrontent leurs opinions.
Mais ces mesures n’entreront en vigueur qu’au 1er janvier 2011.
Les autorisations pas encore en place d’un côté et la fin du « tout est accessible » de l’autre.
UNE PREMIERE FRANCAISE
En effet, pour la première fois, un médicament anticancéreux se voit autorisé de prescription dans une pathologie précise mais officiellement non remboursé.
Cette molécule c’est l’erlotinib (TARCEVA®), une « thérapie ciblée » de la famille des inhibiteurs de la tyrosine kinase. Ces molécules viennent bloquer spécifiquement certains sites sur les cellules cancéreuses, respectant les cellules normales.
L’erlotinib est un médicament dont la prescription est autorisée dans le cancer broncho-pulmonaire à certains stades de la maladie. Dans ce cadre il est pris en charge par l’Assurance maladie.
Cette molécule a été ensuite étudiée pour prendre en charge les patients atteints de cancer du pancréas avancé, en association avec le médicament de référence, la gemcitabine (GEMZAR®).
Une étude canadienne a comparé cette prescription conjointe à la prescription de gemcitabine seule.
Les divers critères de comparaison entre les deux groupes, survie globale, survie sans progression (ce sont les termes techniques universels) sont en faveur du traitement combiné.
Mais ces différences sont minimes. Il y a ainsi un critère appelé « médiane de survie ».
Ce critère se mesure en unité de temps, mois ou année. La médiane est le point qui signifie que la moitié des patients n’est plus là, ou, si on le voit de façon plus optimiste, cela peut se lire comme « à X mois après le début du traitement, 50 % des patients sont toujours vivants ».
Dans l’étude canadienne par exemple, la médiane était de 6,24 mois pour les patients recevant erlotinib et gemcitabine et 5,91 mois pour les patients recevant la gemcitabine seule.
Quand on calcule ne jours le gain médian, il est d’une dizaine de jours entre les deux groupes. Diverses études ont montré des médianes variant de 11 à 26 jours.
Rappelons qu’il s’agit d’une médiane et que 50 % des patients ont, au moins, dans une maladie très avancée, gagné au moins tous ces jours et, peut-être pour certains des mois voire plus.
Mais la moitié des patients traités a malheureusement disparu en ne gagnant que quelques jours de vie également.
L’autre problème, c’est que cette famille de molécules a des effets secondaires parfois très lourds et que la quantité de vie ajoutée se fait parfois au prix d’une qualité de vie très diminuée, pouvant même, dans certains cas, porter atteinte à la dignité du patient.
Le laboratoire qui fabrique l’erlotinib a donc demandé, au vu des essais cliniques de phase 3, une extension de l’autorisation de mise sur le marché, la fameuse AMM.
LE ‘OUI MAIS’ DES AUTORITES DE SANTE
Les autorités compétentes ont revu les données et ont décidé d’étendre l’AMM pour le cancer du pancréas sous certaines conditions, c’est-à-dire à un stade avancé de la maladie. lorsqu’existent des métastases.
Mais, et c’est une grande première en France, elles n’ont pas accordé la prise en charge de ce médicament par l’Assurance- maladie, justifiant cette décision par le fait qu’elles estimaient insuffisant le service médical rendu, un critère qui conditionne le remboursement.
Libre donc au cancérologue de le prescrire, mais c’est au malade de le payer directement. soit 1900 euros environ pour un mois de traitement, à la dose de 100 mg par jour.
Dans les faits, il est plus que probable qu’aucun patient atteint d’un cancer du pancréas avancé n’a jamais payé ce médicament de sa poche. Et pour cause.
Comme nous l’avons dit, l’erlotinib est autorisé et remboursé pour les patients atteints de certains cancers broncho-pulmonaires avancés.
Or, sur l’ordonnance que fait le médecin spécialiste, il n’y a aucune indication de diagnostic. Le pharmacien délivre donc le médicament au patient et le tour est joué.
J’imagine qu’à ce stade de lecture, certains d’entre vous font déjà des bonds face à cette « première ».
Mais il faut savoir que dans plusieurs pays équivalents au notre, il y a déjà un certain temps que plusieurs de ces nouvelles molécules connaissant un sort identique. En Grande-Bretagne, par exemple, une agence officielle, le National Institute for Clinical Excellence, le NICE, a ainsi rejeté l’accès à certaines de ces molécules dans le système national de santé. Le Nice estime que le coût de ces thérapeutiques apporte un bénéfice faible, voire pas de bénéfice du tout pour un coût jugé exorbitant pour la société.
Et il serait trop facile d’évacuer cette question et l’attitude anglaise d’un simple revers de manche méprisant.
Une société a –t’elle le droit d’évaluer des traitements onéreux, très onéreux même et d’estimer que le bénéfice est inexistant et la dépense inutile ? C’est un vrai débat de société.
Car, à titre collectif, la question peut se poser. Pourquoi accepter de passer sous les fourches caudines des laboratoires et enregistrer ces molécules à des prix aussi élevés quand le gain de vie médian est de deux semaines ?
Mais, au plan individuel, comment refuser à un patient un médicament certes cher, dont on sait également qu’il aura peut-être des effets secondaires très lourds, mais qui peut lui permettre de vivre des semaines, voire des mois supplémentaires ?
C’est un vrai débat, entre qualité et quantité de vie, entre décision individuelle et collective. Un débat que je ne crois pas voir éclore un jour tant les passions seraient exacerbées, les anathèmes prononcés rapidement et la caricature de part et d’autre plus que probable.
Et pourtant, c’est une vraie question citoyenne qui mériterait qu’au moins, on en parle.
Référence de l’étude :
Malcom J. Moore et al.
Erlotinib Plus Gemcitabine Compared With Gemcitabine Alone in Patients With Advanced Pancreatic Cancer:
A Phase III Trial of the National Cancer Institute of Canada Clinical Trials Group
J Clin Oncol 2007. 25;15:1-8
Agence Européenne du médicament :
VIH/SIDA : Les Africains se soignent mieux que les Americains.
Les idées reçues sont une plaie, particulièrement dans le domaine de la santé. Ainsi, on estimait que donner des traitements contre le virus VIH en Afrique ne servirait à rien ou presque. Belle erreur, puisque les Africains se soignent , quand ils ont accès aux traitements, bien sûr !
Plus de 90 % d’adhésion au traitement antiviral contre le VIH, une observance supérieure à ce qu’on observe aux Etats-Unis. Où sommes-nous ? Pas en Europe, mais en Afrique. Incroyable, impensable même aux yeux de nombreux observateurs qui se posaient bien des questions quand on a commencé à imaginer fournir enfin des traitements antiviraux aux pays subsahariens minés par l’épidémie liée au VIH.
Mais une étude menée en Tanzanie, en Ouganda et au Nigeria montre qu’on a bien raison de faire confiance aux populations locales pour se prendre ne mains. Et la clé du succès repose sur un modèle original, le « capital social », une forme d’engagement bilatéral entre personnes infectées par le virus et ceux qui les soignent ou les accompagnent.
L’étude publiée dans la revue en accès libre PLoS Medicine a été conduite au moyen d’entretiens directs et individuels avec les patients traités, mais aussi avec les professionnels de santé locaux et les « partenaires de traitement » des patients.
Ces « partenaires » sont des proches des patients, souvent des membres de la famille, chargés de rappeler aux patients le moment de prendre leur traitement. Ils peuvent même parfois assister directement à la prise du traitement. Ils sont bénévoles.
Les auteurs ont également visité les différents lieux de prise en charge des patients pour évaluer l’éloignement et les divers types de services et de conseils offerts.
Les entretiens ont concerné 158 patients, 49 « partenaires » et 45 professionnels de santé, médecins, infirmiers mais aussi pharmaciens.
Les enquêteurs ont pu ainsi constater que la relation forte tissée entre les patients d’une part et les « partenaires » et professionnels de santé d’autre part avaient eu pour effet de générer des mécanismes particulièrement intéressants.
Une sorte de « marché » passé entre ces acteurs a ainsi permis de mesurer une adhésion au traitement supérieure à 90 ù, des chiffres bien supérieurs à ceux constatés dans le monde occidental.
Non livrés à eux-mêmes, soutenus socialement, engagés moralement, les patients ont tout fait pour prendre leur traitement et se rendre aux consultations dans les cliniques et dispensaires.
Et, en Afrique, cela peut se traduire par plusieurs heures de marche dans chaque sens.
On a ainsi constaté que pour avoir l’argent nécessaire à l’acquisition des médicaments et à la réalisation des examens, les patients empruntaient de l’argent, ou allaient jusqu’à le mendier si nécessaire. De la même façon, les « partenaires » peuvent parfois emprunter de l’argent à des proches ou des relations pour aider le patient dont ils ont la responsabilité morale.
Ce qui est terrible, dans cette étude c’est de voir que les patients poussent la compliance jusqu’à se passer de nourriture pour être sûrs de ne pas manquer de médicaments. Or, le traitement antiviral suppose, pour être efficace, d’être administré à des personnes qui ne soient pas malnutries.
Mais, dans ces trois régions africaines, les choix étaient souvent dramatiquement simples. Quand il fallait payer l’école des enfants et qu’il restait un peu d’argent, les patientes, car l’étude a concerné majoritairement des femmes, choisissaient de ne pas se nourrir et d’acheter les médicaments.
Cette étude montre donc que dans des régions aussi diverses culturellement et ethniquement que le Nigeria, la Tanzanie et l’Ouganda, la mise en place d’un réseau social puissant aide les personnes vivant avec le VIH à se soigner et à se conformer aux exigences de leur traitement.
Il existe une volonté farouche de vivre, malgré les difficultés, la stigmatisation, l’abandon souvent dont sont principalement victimes les femmes africaines.
Mais on voit aussi les énormes difficultés, au-delà du supportable, qu’elles endurent. Des distances déjà longues et encore plus pénibles quand on doit les faire à pied les jours où on est malade, la faim au ventre parce que les programmes alimentaires ne suivent toujours pas les programmes thérapeutiques.
Comme pour le paludisme ou la tuberculose, il n’y a pas de fatalité africaine et la volonté de vivre des populations concernées est indéniable.
Il ne peut y avoir de développement sans la santé et c’est donc en investissant dans la santé de ces populations qu’on les aidera à se développer économiquement.
Mais la santé ce ne sont pas que des médicaments et le programme présenté dans cette étude montre à quel point les relations interpersonnelles sont des facteurs essentiels de réussite.
Référence de l’étude :
Norma C.Ware et al
Explaining adherence success in sub-Saharan Africa: an ethnographic study.
PLoS Med 6(1): e1000011.
doi:10.1371/journal.pmed.1000011
DROGUE : des overdoses en série en Ile de France.
Pour celles et ceux d’entre vous qui êtes à un titre quelconque en relation avec des usagers de drogue par voie intraveineuse, je livre le communiqué de la Direction générale de la santé qui vient de nous parvenir.
Apparemment, un produit toxique circule dans le nord de l’Ilde de France et mieux vaut que cela se sache.
Mauvaise science et experts médiatiques , la suite : petit exemple concret.
Le 7 janvier dernier, j’écrivais ici un billet sur les« marchands de peur ».
Ces « experts » ont un nombre de passages médiatiques inversement proportionnel aux nombres de publications cientifiques qu’ils ont rédigées sur leur sujet de prédilection.
Parfois un petit lien vaut mieux que de longues disgressions. Aussi vous proposé-je de cliquer ICI et de lire cet article. je l’ai découvert avec beaucoup de retard, près de quatorze mois.
Mais il est assez édifiant.
Vos commentaires seront les bienvenus.
Hopitaux : Les medecins des hopitaux de Paris tancent le professeur Juvin.
Il y a quelques jours, j’évoquais ici même le caractère plutôt hasardeux des déclarations faites par un médecin du CHU Beaujon au Journal du Dimanche du 11/01/09.
La Commission médicale d’établissement (CME) de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris a réagi également à ces propos.
La CME est le parlement médical de l’hôpital et ici, en l’occurrence celui des 40 établissements dépendant de l’AP-HP.
Une telle prise de position est suffisamment rare pour être signalée.
Je vous conseille également d’aller lire les commentaires du billet cité plus haut..
Fibromyalgie, suite : un nouveau traitement homologué mais c’est aux Etats-Unis.
INFORMATION DU 14/01/09
Le minalcipran, antidépresseur de la famille des inhibiteurs selectifs de la recapture de la serotonine et de la noradrénaline (ouf!) vient de recevoir l’autorisation de mise sur le marché des autorités sanitaires américaines dans le traitement de la fibromyalgie.
Les lecteurs intéressés pourront trouver ici le résumé de l’essai clinique pivot Cet essai randomisé en double aveugle a comparé pendant 15 semaines les effets du minalcipran donné à la dose quotidienne de 100 mg, ou 200 mg par rapport à un placebo.
Pour les non anglophones, je précise que la molécule a montré une efficacité certaine sur la douleur et sur l »état général des patientes, surtout à la dose de 100 mg.
Mais les effets secondaires ont été assez fréquents .
Fibromyalgie : une petite prime aux antidéprime.
C’est une énigme médicale que la médecine a longtemps négligée. La fibromyalgie est une pathologie complexe mais des solutions semblent pouvoir aider les patients comme le montre une étude publiée aujourd’hui aux Etats-Unis.
C’est sans doute une des affections les plus intrigantes qui soit. Des personnes qui n’avaient pas de pathologie particulière se retrouvent peu à peu plongées dans un cauchemar.
Des douleurs diffuses très invalidantes, une sensation terrible de fatigue, des points hyperdouloureux à la pression.
Et surtout face à ces personnes un entourage qui ne comprend pas et des médecins qui soit ignorent la pathologie, soit ne veulent y voir qu’un tableau psychiatrique dominé par un tableau dépressif.
Pourtant la fibromyalgie est reconnue comme maladie outre-Atlantique et, en France, l’Académie de médecine a rendu un rapport demandant à ce qu’on se penche sérieusement sur cette affection.
D’ailleurs c’est un rhumatologue français, le professeur Marcel-Francis Kahn qui a été l’un des premiers à décrire cette pathologie sous le nom de SPID, un syndrome douloureux multiple et diffus.
Contrairement à d’autres maladies, il n’y a pas un ou des signes précis qui définissent la fibromyalgie. On l’appelle un syndrome parce qu’elle est faite d’un ensemble de symptômes.
Ainsi, les médecins disposent d’une grille avec un certain nombre de caractéristiques et il faut qu’un certain nombre de ces caractéristiques soient identifiées au cours de l’examen pour que le diagnostic soit posé.
Il n’y a pas non plus de traitement spécifique dont l’efficacité soit démontrée.
Mais ce n’est pas pour autant qu’on ne traite pas ces patients, notamment grâce à des antidépresseurs.
Car il faut savoir que les antidépresseurs ne servent pas qu’à traiter la dépression. On les utilise notamment dans le cadre de la prise en charge de la douleur.
C’est pour évaluer ces pratiques que des chercheurs allemands de l’université de Sarrebruck ont conduit ce qu’on appelle une méta-analyse.
Cela consiste à reprendre un certain nombre d’études, dix-huit en l’occurrence, et de mettre ces divers résultats « ensemble » pour voir ce que donnent les résultats ainsi cumulés.
Cette technique n’est pas sans reproches et il faut toujours regarder les résultats avec circonspection, mais bien conduite, une méta-analyse apporte quand même des informations utiles.
Winfried Häuser et ses collègues ont donc regardé ce qui se passait avec diverses familles d’antidépresseurs, les « tricycliques’(ATC) les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (IRSS), les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN) et les inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO).
De leur analyse il ressort que ce sont les « vieux » antidépresseurs tricycliques qui donnent les résultats les meilleurs en ce qui concerne la diminution des douleurs, la diminution de la sensation de fatigue et l’amélioration de la qualité de sommeil.
Les autres familles ont eu des effets moindres, mais réels sur l’état dépressif et l’amélioration de la qualité de vie.
Mais, bien sûr et les patients fibromyalgiques le savent, ces traitements aident mais ne sont en aucun cas une cure définitive de leur pathologie. Ils ne sont pas dénués d’effets secondaires parfois sévères.
C’est pourquoi avant d’initier un tel traitement, il est nécessaire de prendre le temps de discuter des bénéfices et des inconvénients. On pourra ensuite choisir l’antidépresseur le mieux adapté au type de résultat que l’on souhaite obtenir.
Et il faudra évaluer régulièrement le traitement et éventuellement le corriger.
A côté de cette prise en charge grâce aux antidépresseurs, des équipes travaillent à traquer les causes de la fibromyalgie. Il y a beaucoup d’hypothèses et les causes sont sûrement intriquées.
Ce n’est probablement pas demain que ces recherches aboutiront mais il est important que la médecine montre et dise qu’elle s’intéresse enfin à cette pathologie tout à fait atypique mais qui empoisonne la vie de centaines de milliers de personnes.
Référence de l’étude :
Winfried Häuser et al.
Treatment of Fibromyalgia Syndrome With Antidepressants
A Meta-analysis
JAMA. 2009;301[2]:198-209.
Hypertension : les chiffres baissent quand la temperature exterieure monte.
Les traitements de l’hypertension artérielle doivent être adaptés selon les saisons car l’été on est un peu moins hypertendu que l’hiver. Une notion qu’une nouvelle étude française renforce et que les médecins et les patients, surtout les plus âgés, devraient bien avoir en tête.
Les hypertendus le savent bien : pour contrôler leurs chiffres de pression artérielle, ils doivent prendre continuellement leur traitement, sans sauter de jour.
Mais ce traitement ne doit pas être prescrit une fois pour toutes de façon immuable, car les chiffres tensionnels ne sont pas figés dans le marbre.
Et, depuis plusieurs années, des études montrent qu’au cours de l’année, ces chiffres varient. Nous l’avions d’ailleurs rapporté ici même.en novembre 2007.
Une équipe d’épidémiologistes français vient d’en apporter une nouvelle démonstration dans un article publié ces semaines dans la revue américaine Archives of Internal Medicine.
Cette étude, dite des « trois villes » a inclus 8801 personnes dont la moyenne
D’âge était de 74,3 ans, et vivant à Bordeaux, Dijon et Montpellier.
La pression artérielle de ces volontaires a été mesurée aux quatre saisons, chaque mesure se faisant après cinq minutes de repos et assis. Deux mesures par séance étaient effectuées et les chercheurs ont gardé la valeur moyenne.
Et ils ont constaté que selon le moment de l’année les chiffres variaient aussi bien pour la pression artérielle systolique (PAS) que pour la diastolique (PAD), ce qu’on appelle aussi la maximale et la minimale.
Ainsi on a constaté en hiver une PAS moyenne de 149 (pour les puristes en mm Hg, millimmêtres de mercure pour les autres !) et de 144 en été, soit 5 mm Hg de différence.
Et cet écart était encore plus important quand on comparait les mesures moyennes correspondant aux 20 % des températures les plus basses et les 20% les plus élevées.
Il passait en effet de 150,1 à 142,1. Et l’effet était encore plus grand parmi les sujets de plus de 80 ans.
Ces résultats montrent donc qu’il est important de bien surveiller les personnes de 65 ans et plus traités pour hypertension. D’abord parce qu’on sait qu’en les maintenant à des niveaux corrects de pression artérielle on protège leur cerveau du risque de détérioration mentale et d’altération d’un certain nombre de fonctions, ce que le vocable médical appelle la démence.
Mais ils montrent aussi qu’il faut savoir ajuster les traitements en fonction de la période de l’année et que l’été, par exemple, l’effet de certaines médications risque de se trouver amplifié du fait des conditions climatiques. Abaisser trop une pression artérielle chez un sujet âgé et fragile est dangereux car les artères n’ont pas la souplesse requise pour jouer au yoyo. On court ainsi le risque de voir un cerveau insuffisamment irrigué avec la possibilité de malaises et de chutes.
Cela est d’autant plus vrai qu’on a recours à des médicaments diurétiques qui vont accroitre la déshydratation et entrainer une hypovolémie, c’est-à-dire un remplissage moindre des vaisseaux sanguins.
Or, l’été, et la canicule d’août 2003 en a été une funeste démonstration, les plus fragiles ne sont pas les mieux suivis.
Il faudrait donc sans doute recommander que les personnes âgées traitées par antihypertenseurs bénéficient par quelque moyen que ce soit d’une surveillance de leur tension artérielle plusieurs fois au cours des périodes chaudes, c’est-à-dire au delà de 22°C.
Et ajuster le traitement si nécessaire.
Une démarche que les patients devraient d’ailleurs suggérer à leur médecin traitant s’il n’y pense pas d’emblée.
Référence de l’étude :
Alperovitch Annick et al.
Relationship between blood pressure and outside temperature in a large sample of elderly individuals.
The Three City study
Arch Intern Med. 2009; 169 (1): 75-80.








