Archives quotidiennes : 4 janvier 2009

Froid : un degré de moins égale des morts en plus.

On a beaucoup parlé des effets dramatiques de la canicule, en 2003, et de l’excès de mortalité entrainé par cette vague de chaleur. Mais cela ne doit pas faire oublier que le temps froid fait aussi payer un tribut aux plus fragiles, notamment les personnes âgées comme vient de le démontrer la publication d’une étude paneuropéenne.
 
C’est en utilisant les données recueillies entre 1990 et 2000 dans quinze villes européennes qu’a été conduite l’étude PHEWE (Assessment and Prevention of Acute Health Effects of Weather Conditions in Europe). Les données ont été collectées entre 5 ans et 11 ans selon les villes.
 
Les chercheurs ont colligé les données concernant les morts naturelles toutes causes confondues, les décès par maladie cardiovasculaire, les décès liés à un accident vasculaire cérébrale ou à une pathologie respiratoire.
 
Les températures étaient relevées d’octobre à mars. La température médiane la plus basse était de -5,3°C pour Helsinki et de 11,1°C pour Barcelone.
 
Les chiffres concernant le dioxyde d’azote étaient également considérés, avec ; là encore de grands écarts entre Londres (44 microgrammes/m3)  et Valence, en Espagne (148,1 microgrammes /m3).
 
Les conclusions de l’étude indiquent que pour chaque baisse de température de 1°C lors de la période octobre-mars, la mortalité s’accroissait de :
 
1,35 % toutes causes confondues
 
1,72 % pour les maladies cardiovasculaires
 
1,25 % pour les accidents vasculaires cérébraux
 
3,30 % pour les causes respiratoires.
 
Je précise pour les habitués des études épidémiologiques que les intervalles de confiance à 95 % ne franchissent jamais la valeur nulle sauf pour les AVC et sont très étroits autour de la valeur calculée.
 
Ce sont les groupes les plus âgés qui ont souffert de la mortalité la plus élevée. Cette mortalité était d’autant plus élevée qu’on se trouvait dans des villes au climat habituellement doux.
Les chercheurs ont, en outre, constaté que la rémanence de l’effet s’étendait sur 23 jours.
 
Autre conclusion de ce travail, il s’agit bien d’une surmortalité et non pas d’un déplacement, exactement comme ce qui s’est passé en 2003.
 
Au moment où nous entrons dans des périodes de froid assez prononcé, il n’est pas inutile de rappeler ces données et il faut souhaiter que les pouvoirs publics diffusent des messages de prudence envers les personnes atteintes de pathologies chroniques, notamment cardiovasculaires et respiratoires.
 
 
 
Villes de l’étude : Athènes, Barcelone, Budapest, Dublin, Helsinki, Ljubljana, Londres, Milan, Paris, Prague, Rome, Stockholm, Turin, Valence, Zurich.
 
 
Référence de l’étude :
 
Analitis A et al.
Effects of cold weather on mortality: Results from 15 European cities within the PHEWE project.
Am J Epidemiol 2008; 168: 1397-1408
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Décès d’un nourrisson : les erreurs qui tuent et les mots qui blessent.

 Vouloir ne rien cacher d’un accident à l’hôpital , c’est louable. Mais gérer une crise ne s’improvise pas. Dans des moments difficiles ou tragiques, il y a des choses qu’on n’a nullement envie d’entendre de la part d’un officiel.

 
Nouveau drame dans un hôpital, avec ce décès d’un enfant de six mois. On apprend qu’il pesait six kilos seulement et qu’il était nourri par voie parentérale en attendant qu’on puisse tenter une greffe de l’intestin grèle.
 
Une pompe électrique chargée de délivrer les solutions nutritives a été mal réglée avec un débit multiplié par dix.
 
L’administration a reconnu l’erreur et même expliqué les causes du drame. C’est un point positif.
 
Mais quand le directeur de l’hôpital explique que l’infirmière était grippée mais qu’elle est venue malgré tout prendre son poste un 1er janvier «  peut-être pas dans un état normal » on se dit que ceux qui ont oublié la grippe ont pu croire qu’il parlait d’un état secondaire au réveillon. Phrase bien malheureuse et juste capable de détériorer l’image de l’hôpital public.
 
Et quand il termine en disant « Nous demandons à la famille d’accepter nos excuses », là on frise un peu l’indécence, par maladresse évidemment.
 
On peut présenter ses excuses à la famille, s’associer à sa peine, comprendre sa douleur, dire combien on est malheureux de cette erreur.
 
Mais en aucun cas on ne peut demander à une famille qui vient de perdre un enfant dont la courte vie a déjà été un supplice, d’accepter des excuses pour une erreur humaine dont l’enquête dira si elle aurait pu être évitée.
 
Je ne suis pas un professionnel de la communication et je n’ai pas une passion énorme pour certains « gourous » qui veulent apprendre aux cadres et aux dirigeants à s’exprimer selon des techniques qu’ils monnayent très cher.
 
Mais dans de telles situations de crise, on ne peut pas dire les choses de façon maladroite.
 
En voulant être à tous prix transparent, on arrive, parfois à passer à côté de choses élémentaires mais essentielles, comme le poids des mots.
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