Archives mensuelles : mars 2009

ACC09-Cardiologie. Prevention: Polycap la pilule qui est cap’ de se mettre en cinq

TOUS LES ARTICLES SUR LE CONGRES DE L’ ACC 2009  SONT DANS LA CATEGORIE CARDIOLOGIE

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ACC09-Cardiologie. Prévention des phlébites : JUPITER a de la veine

En novembre 2008, la publication de l’étude JUPITER a fait autant beaucoup de bruit. Dans cette étude, on avait donné un médicament à titre préventif à des personnes apparemment en bonne santé et sans facteurs de risque cardiovasculaires évidents.
JUÏTER frappe à nouveau à Orlando, mais cette fois ce ne sont pas les artères qui sont concernées, mais les veines.
 
Un taux de LDL-cholestérol, le « mauvais », bas (inférieur à 1,3g/l), pas de facteurs de risques évidents et pourtant plus de 17000 personnes ont reçu un traitement par rosuvastatine, un médicament de la famille des statines, dont le but est d’abaisser le taux de cholestérol dans le sang. Prévue pour durée cinq ans, cette étude a été interrompue au bout de 23 mois tant les résultats étaient spectaculaires. La mortalité dans le groupe traité était inférieure de 55 % à celle du groupe non traité.
 
Ce résultat avait alors été attribué non pas à la baisse du LDL-cholestérol, mais à celle d’une protéine, marqueur d’inflammation, appelé CRP ultra-sensible.
 
L’étude a beaucoup fait parler d’elle pas seulement à cause de ses résultats, mais parce qu’elle posait plus de questions qu’elle ne donnait de réponses, comme on a pu le lire sur ce blog.
 
D’autre part, le principal auteur de l’étude est impliqué dans le cadre d’un brevet dans les retombées financières du test de dépistage de cette protéine, ce qui assombrit un peu le paysage.
 
Cela étant, les analyses de l’étude JUPITER continuent. Et des données nouvelles apparaissent, qui concernent cette fois non plus nos artères mais nos veines.
 
Présentés ce dimanche à Orlando au congrès de l’ACC et publiés en même temps dans la revue « New England Journal of Medicine », les résultats concernant la survenue des thromboses veineuses, qu’on appelle aussi phlébites, et des embolies pulmonaires lancent à nouveau un pavé dans la mare.
 
Il s’agit de l’analyse de la même étude que celle présenté en novembre dernier, sur 17802 patients dont la CRP était supérieure à 2g/l et le LDL-cholestérol inférieur à 1,3 g/l.
Ces patients recevaient une dose quotidienne de 20 mg de rosuvastatine.
 
A l’arrêt prématuré de l’étude, on a constaté 60 phlébites dans le groupe non traité et 34 dans le groupe traité. Statistiquement, cela représente une réduction de risque de 43 %.
Il s’agissait, répétons-le, d’un traitement préventif chez des personnes qui n’avaient jamais fait ce genre d’accident thromboembolique, ni d’embolie pulmonaire.
 
La question c’est pourquoi la protection artérielle conférée par les statines s’applique aussi à la pathologie veineuse.
 
Il y a des mécanismes inflammatoires dans les deux cas, l’athérosclérose est une maladie inflammatoire et les phlébites ont également cette composante.
 
Mais le caillot artériel et le caillot veineux n’obéissant pas aux mêmes mécanismes de formation.
 
Les auteurs de l’étude vont donc examiner très soigneusement les prélèvements sanguins stockés lors de l’étude pour étudier un à un les divers facteurs impliqués dans les phénomènes de coagulation sanguine.
 
La deuxième Question  très pratique, rejoint celle qui s’était posée lors de la publication de novembre.
 
Faut-il donner à titre préventif un médicament à une dose élevée à des personnes qui n’ont apparemment aucune pathologie en espérant prévenir la survenue d’accidents vasculaires ?
 
Pour ce qui concerne l’étude de novembre sur le risque artériel, il n’y a toujours pas de réponse. Abaisser le taux de CRP est possible par des mesures d’hygiène de vie qui, bien suivies, permettraient d’obtenir des résultats sans doute assez satisfaisants sans médicament.
 
Il est probable que pour ce qui concerne la prévention des phlébites, les médecins ne se jettent pas non plus sur les ordonnanciers pour prescrire à tout va la rosuvastatine.
 
Il semble donc assez urgent d’attendre qu’on ait avancé suffisamment dans l’analyse des mécanismes sous-tendant ces études avant de mettre des millions de personnes sous traitement préventif et pas franchement économique.
 
Référence de l’étude :
 
Robert J. Glynn et al.
 
A randomized trial of rosuvastatin in the prevention of venous thromboembolism.
N Engl J Med 2009. 160.
Published at www.nejm.org March 29, 2009 (10.1056/NEJMoa0900241)
 
 
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ACC09-Cardiologie. santé cardiaque : un seul commandement, soyez couche-tôt.

Si vous ne voulez pas avoir l’âge de vos artères, un seul conseil : n’imitez pas Cendrillon et couchez vous tôt.
 
On sait depuis quelques années que dormir six à sept heures par nuit est important pour la santé de notre cœur et de nos vaisseaux. Des mesures de la pression artérielle, du taux de cholestérol, du poids, du tour de taille et de l’indice de masse corporelle ont montré les vertus réparatrices du sommeil.
 
Mais une étude japonaise dévoilée aujourd’hui à l’ACC apporte un élément supplémentaire.
 
Yu Misao et ses collègues ont suivi ainsi 251 employés de sexe masculin, des hommes de moins de 61 ans en bonne santé et qui ne prenaient aucun traitement à visée cardiovasculaire ou pour traiter un diabète
 
Ils ont eu un examen médical complet avec diverses prises de mesures : poids, taille, tour de taille, pression artérielle systolique et diastolique.
On leur a dosé également le taux de HDL et de LDL-cholestérol, le taux de triglycérides, la glycémie à jeun, l’hémoglobine HbA1c.
 
Une mesure de la rigidité artérielle a également été faite grâce à la technique de l’indice tibio-brachial (en savoir plus
 
Les hommes ont été divisés en trois groupes selon qu’ils dormaient moins de 6 heures par nuit, entre 6 et 7 heures ou plus de 7 heures.
 
L’étude a confirmé que dormir plus longtemps était une bonne chose au regard des risques cardiovasculaires.
 
Mais elle a montré aussi qu’au sein de chacun des trois groupes, ceux qui se couchaient après minuit voyaient augmenter certains de leurs risques, comme le poids, le tour de taille, le LDL-cholestérol, et les auteurs ont constaté une tendance également à l’élévation des chiffres de la pression artérielle aussi bien systolique que diastolique.
 
Les couche-tôt avaient également un indice tibio-brachial moins élevé, donc des artères plus relaxées.
 
Si les auteurs de l’étude n’ont pas d’hypothèse ferme à avancer quant à ces modifications délétères dues à un coucher tardif, ils spéculent sur le fait que le fait de rester debout plus longtemps génère des comportements, alimentaires en particulier, nuisibles à l’hygiène de vie.
 
Demander au patient comment il dort doit donc faire partie des données qu’un médecin à intérêt à connaître.
 
Cendrillon avait perdu un carrosse, les habitués des mises au lit tardives risquent de perdre un peu de leur santé chaque jour, et de lasser ainsi leur princesse ou leur prince charmants.
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ACC09-Cardiologie. Fibrillation auriculaire :Watchman, un petit dispositif pour remplacer les anticoagulants.

La conférence du Collège américain de cardiologie (ACC) débute aujourd’hui à Orlando, en Floride.

Vous pourrez lire ici les informations sur les études présentées lors de cette conférence.Les articles seront archivés, ensuite, dans la catégorie « cardiologie ».

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Urgences : une fermeture en série…télévisée.

Vendredi 3 avril, vers quatre heures du matin heure de Paris, ce sera fini. Les Urgences fermeront définitivement. Après quinze saisons, la série télévisée située à Chicago s’arrête.NBC diffusera le dernier épisode de la saison 15.
Une série qui aura participé à l’information des patients et des malades qui s’ignorent.
 
 
 
Le Cook county hospital est sans doute l’un des hôpitaux les plus célèbres au monde puisque, depuis quinze ans, il sert de cadre à la série « Urgences » dont le nom original est « ER » pour « emergency room » c’est-à-dire la salle des urgences !
 
La série est tournée à Hollywood, mais l’hôpital, le vrai, est à Chicago. C’est quasiment le seul hôpital public de la ville et il accueille toutes celles et ceux qui ont une couverture sociale équivalente à notre CMU ou à l’assurance-maladie des retraités. Il accueille aussi les patients que les onze hôpitaux privés de la ville rejettent, car insolvables.
 
Une des forces de la série aura été de bien faire sentir cette situation, de montrer ce que peut être une santé à deux, voire trois vitesses. Le pays qui consacre la plus grosse part au monde de sa richesse nationale à la santé laisse quarante millions de personnes sans protection.
 
Cette pédagogie aura été la grande caractéristique d’Urgences. Elle a incité des millions de téléspectateurs à faire certains tests de dépistage, des examens médicaux qu’ils n’auraient peut-être pas fait autrement. Le test de dépistage du VIH en premier lieu, mais pas seulement.
 
La série a aussi permis à des personnes de découvrir des pathologies ou des facteurs de risque favorisant certaines maladies.
 
Tous les épisodes dans lesquels étaient impliquées des femmes enceintes, par exemple, généraient dès le lendemain des appels chez les gynécologues-obstétriciens. Et c’est important qu’une femme enceinte soit sensibilisée, par exemple, aux risques liés à une élévation de la tension artérielle au cours de la grossesse. Le médecin peut bien sûr en parler, le dire et le répéter.
 
Mais un épisode bien écrit dans lequel, à cause d’un mauvais suivi d’une femme enceinte et d’une hypertension artérielle, apparaît une complication grave appelée pré-éclampsie, est mieux qu’un long discours. Dans cet épisode de la deuxième saison, le Dr Greene sauvait l’enfant mais pas la mère.
 
Les producteurs racontent que les standards téléphoniques des services de maternité ont été pris d’assaut dès le lendemain de la diffusion par des femmes qui voulaient en savoir plus.
 
« Urgences » aura ainsi sensibilisé les téléspectateurs à nombre de sujets de santé, de santé publique, d’économie de la santé. Mais elle aura également parlé du drame du Darfour ou de la situation en République démocratique du Congo, l’ex Zaïre, avec un épisode situé dans la ville de Kisangani, l’ancienne Stanleyville.
 
Dans un pays où on pense que l’Europe est un pays et où 51 villes s’appellent Paris, c’était une vraie gageure de sensibiliser l’auditoire aux drames du continent africain, des populations déplacées et ballotées par la guerre et la misère. Il faut donc, là encore, saluer les producteurs de cette série.
 
Des producteurs qui auront aussi su montrer le handicap et la différence. Même sil m’en coûte en tant que fan du Dr House, je dois bien avouer que l’actrice qui incarnait le Dr Kerry Weaver avait une béquille bien avant le médecin déjanté de l’hôpital du New-Jersey.
 
Actrice parfaitement valide, Laura Innes a devance Hugh Laurie dans la marche avec une béquille, suite à une dysplasie de la hanche, apprendra t’on dans le feuilleton.
 
Mais il y a eu aussi l’évocation de la surdité avec l’enfant du Dr Benton et le dilemme entre la possibilité d’appareiller ou de ne rien faire.
 
Enfin, il ne faut pas oublier les personnages de Carter, le jeune médecin issu d’une famille riche mais qui s’intéresse aux pauvres et que des millions de femmes ont sans doute rêvé de consoler de façon maternelle s’entend.
 
D’autres millions de mères ont du également rêver, en amenant leur enfant chez le pédiatre, de se retrouver nez à nez avec le sosie du Dr Ross, l’inoubliable George Clooney.
Manque de chance, en France, la majorité des pédiatres sont des femmes !
 
En France, les séries médicales n’ont jamais eu le brio des séries américaines. Les plus anciens se rappellent peut-être « Médecins de nuit » écrite par un certain Bernard Kouchner, et qui narrait les tribulations des précurseurs de SOS médecins. Les encore plus anciens se souviennent sans doute de la jeune infirmière sur son Solex, cheveux aux vents, car le casque n’était pas obligatoire à l’époque.
 
Chaque soir, Janique Aimée, le producteur devait aimer les contrepèteries, allait vers la clinique où opérait le beau chirurgien dont elle était, bien sûr, amoureuse.
 
Mais c’était plus « soft » que Grey’s anatomy où les chirurgiens arrivent à opérer entre deux rapports sexuels !
 
La force des séries américaines, et d’Urgences donc, c’est que ce sont des dizaines de scénaristes qui travaillent en même temps. Et ces scénaristes sont en liaison avec les grandes écoles de santé publique américaines, Harvard, Johns Hopkins etc., pour identifier les messages à faire passer dans les épisodes.
 
Chez nous, on s’y met doucement. On apprend ainsi que la ministre de la santé a demandé aux scénaristes de « Plus belle la vie » d’introduire ainsi des scènes et des dialogues permettant de sensibiliser les spectateurs à des questions de santé publique.
 
C’est important car la télévision est un moyen d’éducation important, même si cela ne paraît pas évident à tout le monde.
 
Il y a plus de téléviseurs dans les ménages français que de baignoires. C’est ennuyeux pour l’hygiène corporelle et mentale de nos concitoyens, mais ce peut être aussi une chance si on sait bien utiliser cette situation !
 
 
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IMPORTANT A SAVOIR

Ce blog prolonge les informations données dans les JT de France 2. Il présente également des études scientifiques nouvelles.
Il n’a aucunement vocation à se substituer à la relation entre le patient et son médecin.
Ce blog est libre de toute publicité.

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Homosexualité : le rôle de certains psy laisse bien perplexe.

Cela fait de très longues années que le débat agite les sociétés occidentales. L’homosexualité, masculine ou féminine, est-elle une maladie et, de ce fait relèverait-elle d’un traitement ? Certains psychothérapeutes anglais semblent encore le croire.
 
Trois chercheurs en santé mentale londoniens se sont demandés quelle pouvait être l’attitude de psychothérapeutes et de psychiatres face à des consultants gays ou lesbiennes venant leur demander de les traiter pour « retourner » vers l’hétérosexualité Tous ces thérapeutes étaient dument qualifiés et membres de sociétés savantes ou de groupement professionnels ayant pignon sur rue.
 
Un questionnaire a été envoyé à 1848 d’entre eux et, en retour, 1328 réponses ont pu être analysées.
 
Seuls 55 professionnels, soit 4 % de l’échantillon, ont reconnu avoir pris en charge des patients pour un traitement psychothérapique dont le but était de leur faire quitter leur orientation sexuelle.
 
Mais 222 autres psy, soit 17 % des répondants, ont admis avoir conseillé des clients homosexuels des deux sexes pour les aider à « réduire » ou à changer leurs sentiments homosexuels. Mais leur intervention s’est limitée à une assistance et à un rôle de conseil, pas de thérapeute.
 
Il faut rappeler que, jusqu’en 1974 ; la »bible » du diagnostic des pathologies psychiatriques, le DSM (Diagnostic and statistical manual of mental disorders) considérait l’homosexualité comme une maladie mentale.
C’est à l’occasion de la révision de ce manuel et de la publication du DSM IV que cette notion a disparu.
 
Mais le fait de considérer l’homosexualité non plus comme une maladie mentale mais comme une pathologie reste sous-jacent dans nombre de travaux. Cela explique peut-être le comportement des psy de sa Gracieuse Majesté.
 
Il faut aussi signaler que des études génétiques portant sur des jumeaux avaient, un temps, fait écrire à des chercheurs américains qu’il y avait une prédisposition génétique, voir une cause, à cette orientation sexuelle.
 
Mais l’une des études les plus médiatisées avait été faite par un généticien gay lui-même et dont le but avait été de jouer sur le fait qu’en faisant de l’homosexualité un désordre génétique, on la plaçait alors sous la protection du « Disability Act ». Cette loi protège les handicapés et les personnes souffrant de pathologie génétique et interdit et punit toute discrimination à leur égard.
 
En fait, rien, aujourd’hui ne permet de coller une quelconque étiquette à celles et ceux dont l’orientation sexuelle va vers l’homosexualité.
Il n’y a donc aucune raison de chercher à les « guérir » et on peut s’étonner, avec les auteurs de l’étude, que des psychothérapeutes puissent accéder à la demande ce leurs clients et leur proposent un « traitement »pour redevenir hétérosexuels.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
Annie Bartlett et al.
 
The response of mental health professionals to clients seeking help to change
or redirect same-sex sexual orientation
BMC Psychiatry 2009.9;8. Published online 2009 March 25
 
 
 
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Maladie de Parkinson : la stimulation a bon dos.

Au moment où les patients atteints de maladie de Parkinson se sentent un peu délaissés, une nouvelle étude sur la stimulation de fibres nerveuses laisse entrevoir une possibilité thérapeutique intéressante.
 
Cela fait déjà quelques années, depuis les travaux précurseurs du Pr Alim-Louis Benadib (Grenoble) que les parkinsoniens peuvent bénéficier d’une intervention chirurgicale. Cette opération qui consiste à implanter des électrodes dans des zones bien précises du cerveau, permet de réduire les tremblements et les troubles liés à la marche et aux mouvements en général.
 
Mais le nombre d’opérations reste bien inférieur aux besoins et tous les patients opérés ne tirent pas obligatoirement un bénéfice de ce geste.
 
L’intervention est très délicate et doit être d’une extrême précision.
 
C’est pour cela que la publication dans la revue Science du 20 mars 2009 d’une étude américano-helvético-suédoise éveille l’intérêt des neurologues spécialisés dans cette pathologie.
 
Il s’agit, pour l’instant, d’une étude strictement animale, sur des souris et des rats.
 
Partant de constatations tirées d’études sur des patients épileptiques et sur le dysfonctionnement de certaines conductions nerveuses, les chercheurs ont choisi d’implanter des électrodes non pas dans le cerveau, mais dans le dos des souris.
 
Très précisément dans ce qu’on appelle l’espace épidural, au dessus de l’enveloppe qui protège la moelle épinière.
 
Cette voie d’accès, à hauteur de la colonne vertébrale thoracique, est assez simple à utiliser.
 
Les électrodes ainsi placées ont stimulé des fibres nerveuses dites cordonales postérieures, des fibres plutôt dévolues à la sensibilité qu’à des effets moteurs.
 
Mais, sur des souris « parkinsoniennes », ils ont constaté une reprise de la mobilité très importante.
 
Cette stimulation semble capable d’inhiber des courants électriques aberrants de basse fréquence qui viennent interférer avec le fonctionnement normal des centres commandant la mobilité dans la maladie de Parkinson.
 
Dans la maladie humaine par exemple, quand un patient est assis et qu’on lui demande de se lever et de marcher, on constate qu’il lui faut plusieurs secondes entre le moment où l’ordre est donné et le moment où il va effectivement commencer à se mouvoir.
 
Comme d’habitude, ces résultats doivent être examinés avec prudence car il y a fort loin de la souris à l’homme.
D’autre part, nous sommes des bipèdes et non des quadrupèdes.
 
Mais la technique d’implantation d’électrodes en épidural est faite de façon courante chez les personnes souffrant de douleurs neurogènes et qui disposent ainsi de ce qu’on appelle une stimulation médullaire.
 
Il sera donc aisé de pouvoir tester cette méthode et de voir si elle apporte un gain en termes de mobilité aux patients parkinsoniens à, partir du moment où ils ont un traitement bien équilibré.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
Romulo Fuente et al.
 
Spinal Cord Stimulation Restores Locomotion in Animal Models of Parkinson’s Disease
Science 2009. 323:1578-1582.
 
 
On peut, d’autre part, lire le témoignage d’un patient traité par neurostimulation médullaire sur ce blog.
 
 
 
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