Archives mensuelles : mai 2009

Cancer/ASCO 09 : Un point très positif dans le cancer du sein "triple négatif".

Ce billet a été actualisé le 18 juillet 2009

Continuer la lecture

Cancer/ASCO 09 : un souffle d’espoir pour les formes sévères de cancer du poumon

Ajouter des jours aux semaines et des semaines aux mois. La lutte contre le cancer du poumon est un combat âpre et au long cours, mais les résultats présentées à l’ASCO montrent que les progrès, même minimes sont bons à prendre.
 
Quatre à six cycles de chimiothérapie et puis presque plus rien à proposer aux patients, les doses administrées ayant atteint la limite de la toxicité. Pendant longtemps, le cancer du poumon créait une situation très pénible pour les patients et pour ceux qui les soignent.
 
Puis sont arrivées les thérapies ciblées, avec le bevacizumab(BVZ), l’erlotinib (ETB) ou le gefitinib (GTB)
Le premier vient bloquer les messages des cellules cancéreuses envoyées aux vaisseaux sanguins pour demander une supplémentation en oxygène.
 
Les deux autres interfèrent avec un récepteur situé à la surface de cellules cancéreuses et qu’on appelle l’EGFR, un récepteur pour un facteur de croissance de cellules du type de celles rencontrées dans l’épiderme. Stimulé, ce récepteur entraine une prolifération des cellules cancéreuses.
 
 
Ces traitements ciblés sont utilisés dans ce qu’on nomme les maladies avancées, des cancers pulmonaires qui progressent malgré la chimiothérapie.
 
Une étude baptisée ATLAS a voulu mesurer l’effet produit par la combinaison du bevacizumab et de l’erlotinib par rapport au BVZ seul chez 1160 patients dont le cancer était localement avancé, avait récidivé ou métastasé.
 
Cette étude a monté que la combinaison des deux thérapies ciblées permettait de prolonger d’environ 29 % la durée de la période sans progression de la maladie par rapport au groupe traité seulement par BVZ.
 
Il faut bien sûr être réaliste et savoir que cette prolongation se compte en semaines, pas en mois. Mais cette étude concernait des patients avec un cancer très avancé et très agressif et pouvoir obtenir un tel résultat est une nouvelle qui est très importante.
 
Une autre étude présentée à Orlando ce samedi 30 mai concerne encore l’erlotinib.
Cet essai, baptisé SATURN a consisté à donner soit de l’ETB soit un placebo à des patients dont le cancer avait récidivé ou métastasé, mais qui ne progressait plus après une chimiothérapie utilisant deux drogues dont un sel de platine.
 
Là encore, l’ETB a permis d’allonger la période sans progression de la maladie par rapport au groupe recevant le placebo. de 41 % pour être précis.
 
Dans cette recherche de nouveaux traitements ciblés, il faut noter l’arrivée du vandetinib (VDB). Cette molécule cible à la fois le fecteur de croissance des vaisseaux sanguins, le VEGF et le récepteur du facteur de croissance epidermal, EGFR.
 
Dans une étude baptisée ZODIAC, on a donné à des patients dont la maladie progressait soit du vandetanib associé à du docetaxel, soit le docetaxel plus un placebo.
 
Après plus d’un an de suivi, le groupe recevant le VDB a eu une période sans progression augmentée de 21 % par rapport au groupe recevant le docetaxel et le placebo.
La encore, la différence est faible, un peu plus de trois semaines, 17 semaines et demie d’un côté, quatorze de l’autre. Cela peut paraître très faible, mais une fois encore il faut comprendre qu’il s’agissait de patients avec un cancer pulmonaire très avancé et que plus d’un malade sur deux a vu cette période sans progression dépasser les trois semaines de gain.
 
Il faut aussi rappeler que ces thérapies ciblées ont des effets secondaires parfois suffisamment sévères pour que les patients arrêtent le traitement : douleur et rougeurs des mains et des pieds, diarrhée, hypertension.
 
 
 
Enfin, dans ce catalogue des progrès dans le cancer du poumon, il faut citer l’apport du pemetrexed. Ce produit n’est pas une thérapie ciblée, il agit plutôt comme une chimiothérapie classique, en interférant au niveau de l’ADN des cellules cancéreuses.
Six cent soixante trois patients
 
La moitié des patients a reçu du pemetrexed et les soins de support optimaux. L’autre groupie a reçu un placebo et les soins de support appropriés. Ces patients n’avaient pas vu leur maladie avancer après l’administration d’une chimiothérapie classique.
 
Ce traitement de maintien a montré, une fois encore, l’intérêt de cette molécule.
La survie sans progression était de 13,4 mois dans le groupe recevant le pemetrexed contre 10,6 mois pour l’autre groupe. L’efficacité a concerné une forme particulière  de cancer, les adénocarcinomes
 
Le bénéfice maximal a concerné les patients atteint d’un adénocarcinome bronchique
 
 
Ces résultats montrent que le traitement des cancers du poumon va changer pour devenir une sorte de maladie chronique, comme le diabète ou l’hypertension.
Une maladie chronique souvent grave. aux effets secondaires souvent lourds.
 
Mais les progrès thérapeutiques montrent qu’il ne faut pas désespérer et que toutes les semaines de vie en plus sont à prendre sans modération.
 
 
 
Petite note de bas de page :Cancer
 
Les noms commerciaux des substances mentionnées sont :
 
Bevacizumab : AVASTIN®
Erlotinib : TARCEVA®
Pemetrexed : ALIMTA®
Vandetinib : ZACTIMA®®
Gefitinib : IRESSA®
 
 
Partagez:

Cancer /ASCO 09 : Les traitements passent du "prêt à porter’ au "sur mesures".

Ne plus traiter une maladie, mais un être humain avec ses caractéristiques propres, traiter plus longtemps avec des médicaments moins toxiques. La conférence sur le cancer, ASCO 09, qui s’ouvre aujourd’hui en Floride, montre que patients et médecins ont les moyens de ne pas baisser les bras, même quand le cancer avance.
 
Le message est clair. Pour les trente mille spécialistes réunis à Orlando à l’occasion de la conférence de l’American society of clinical oncology, l’ASCO, chaque cas de cancer mérite une attention particulière : « Aussi bien biologiquement que dans la façon dont la maladie se présente, économiquement ou socialement, chaque patient est différent ».
 
Cela peut paraître évident et banal, mais cela correspond surtout aux constatations que la biologie a permis de faire ces dernières années. On voit, en effet, qu’une tumeur peut présenter des caractéristiques différentes en fonction de la façon dont des dizaines de gènes vont s’exprimer. Cette carte d’identité conditionnera aussi bien le pronostic évolutif de la tumeur que sa susceptibilité à un traitement plutôt qu’à un autre.
 
Lors de cette conférence, on entendra donc beaucoup parler de ce qu’on appelle les « bio marqueurs », ces examens très sophistiqués qui orientent désormais les traitements dans des cancers du sein, du poumon ou du colon.
 
Avec ces bios marqueurs, on pourra plus précisément décider, dans certains cas, de ne pas donner une chimiothérapie après une chirurgie parce que le profil de la tumeur montre qu’elle est très peu agressive et que le traitement aurait beaucoup plus d’effets toxiques que d’effets bénéfiques.
 
On pourra aussi savoir à l’avance qui résistera à un traitement spécifique et chez quel malade, ces nouvelles thérapies seront efficaces.
 
Beaucoup de nouvelles molécules seront présentées dans les trois jours à venir, certaines à des stades encore très précoces de leur développement. Mais déjà, on voit poindre des résultats encourageants dans des affections comme le mélanome malin, par exemple.
 
Ces nouvelles thérapies ne visent pas les cellules à l’aveugle et épargnent donc les cellules saines. Elles attaquent les cellules cancéreuses qu’elles repèrent à partir de signaux émis par ces cellules malades.
 
Ainsi de nouveaux assemblages permettent à un anticorps monoclonal d’aller s’accrocher à la surface d’une cellule cancéreuse à un récepteur appelé HER2 et d’en profiter, une fois l’arrimage réussi, pour larguer une toxine qu’il avait en soute, directement dans la cellule malade. Un double effet « pas cool » pour ces tumeurs !
 
L’autre grand chapitre de cette conférence, c’est la façon dont vont être pris en charge des cancers avancés et les tumeurs métastatiques, ces cancers qui ont essaimé.
 
Le mot « métastase » sonnait, il y a encore dix ou quinze ans comme un arrêt de mort à très court terme, quelques mois tout au plus. Aujourd’hui, sans rosir de façon mensongère le tableau, on peut dire que dans nombre de cas, un patient dont la maladie progresse malgré deux lignes de chimiothérapie n’a aucune raison de baisser les bras.
 
On va entendre ici plusieurs études qui montrent que dans le cancer du poumon, on peut, une fois les six cycles de chimiothérapie achevés, disposer de molécules, données sous forme de comprimés, et qui permettent de contenir la maladie pendant plusieurs mois supplémentaires sans altérer de façon importante la qualité de vie.
 
Pour les cancers du sein, il va y avoir également des résultats indiquant qu’on peut, dans beaucoup de cas, considérer qu’on prend en charge une maladie chronique plus grave, certes, qu’un diabète ou une hypertension artérielle. , mais une maladie au long cours que la survenue d’une métastase ne classe plus systématiquement dans les cas désespérés.
 
Dans les formes les plus sévères de cancer du sein, par exemple, une nouvelle molécule, empêche les cellules cancéreuses de réparer les dégâts causés par la chimiothérapie. Ces cellules sont donc inexorablement poussées à se détruire.
 
Il faut, bien évidemment, garder la tête froide et ne pas crier au miracle. Mais de vrais progrès à la fois en matière de traitement et de qualité de vie sont attendus à Orlando et vous en trouverez les comptes-rendus sur ce blog.
 
Vous pouvez, d’ailleurs, déjà trouver dans la rubrique « cancer » les résultats de deux des études présentées à cette conférence L’une concerne les bienfaits du gingembre pour lutter contre les nausées de la chimiothérapie. l’autre montre que certains cancers ORL, liés au virus HPV répondent mieux au traitement que les tumeurs causées par le tabac et l’excès d’alcool.
 
 
Partagez:

Cancer : la garde à vue comme effet secondaire d’un traitement.

 
 
 
 
On s’attend à ce qu’un médicament anticancéreux ait des effets secondaires. Mais qu’il vous impose de passer plusieurs heures dans les locaux des services de l’immigration des Etats-Unis  et de courir le risque d’être refoulé du territoire américain ne figure sur aucune notice.
 
C’est sans aucun doute une avancée importante dans la prise en charge des patients cancéreux. La capecitabine, commercialisée sous le nom de Xeloda®, est un médicament anticancéreux sous forme de comprimé, une chimiothérapie orale.
 
Un traitement plus simple à recevoir d’un côté mais des effets secondaires comme pour tout médicament anticancéreux. L’un de ces effets est ce qu’on appelle le syndrome «  mains-pieds ». Une atteinte de la paume des mains et de la plante des pieds, avec une peau rouge, douloureuse au point, parfois, de gêner la marche.
 
Mais cette atteinte cutanée peut aussi avoir un effet pervers : faire disparaitre les plis longitudinaux qui, sur la pulpe des doigts, permettent de prendre les empreintes digitales.
 
Dans la revue  Annals of Oncology, un médecin de Singapour décrit la mésaventure d’un de ses patients. Ce sexagénaire était traité pour un cancer de la sphère ORL, du nasopharynx plus précisément et recevait de la capecitabine en traitement d’entretien.
 
Arrivé aux Etats-Unis et obligé, comme chaque visiteur, de soumettre ses empreintes digitales au service de la sécurité intérieure et de l’immigration, il n’a pu satisfaire au contrôle. Atteint du fameux syndrome, il n’avait plus d’empreintes digitales mesurables. Il a donc passé quatre heures dans les locaux des services de l’immigration et a pu finalement entrer sur le territoire américain après que les douaniers ont été convaincus qu’ils n’avaient pas affaire à un dangereux terroriste.
 
La même mésaventure a été décrite deux ans plus tôt dans la revue Journal of Clinical Oncology, le JCO.
 
Cette fois c’est une hôtesse de l’air espagnole de 39 ans, traitée pour un cancer du sein métastatique qui utilisait le Xeloda et souffrait du syndrome « mains-pieds ».
 
Une première fois, elle a été retenue, comme le malade de Singapour, pendant plusieurs heures dans les locaux de l’immigration. Lors de sa deuxième entrée aux Etats-Unis, il a fallu que son cancérologue faxe un document pour qu’elle puisse entrer sur le sol américain.
 
Le développement de traitements par voie orale et le fait que les patients soignés pour cancer mènent de plus en plus souvent une vie presque normale avec, notamment, la reprise d’une activité professionnelle, font que de telles mésaventures, autrefois anecdotiques, méritent aujourd’hui d’être connues des médecins et des patients.
 
Si une personne qui prend de la capecitabine et qui présente cet effet secondaire cutané doit voyager, il est important qu’elle ait avec elle un document médical précisant la nature du tacitement et celle de cet effet secondaire.
 
L’attitude pas vraiment sympathique des services américains de l’immigration n’est pas obligatoirement le meilleur souvenir à garder des Etats-Unis. Alors autant éviter de passer plusieurs heures à « bénéficier » de leur hospitalité !
 
Référence des études :
 
Eng-Huat Tan
Travel warning with capecitabine.
Annals of Oncology. doi:10.1093/annonc/mdp278
 
 
 
 
Jose A. García-Saénz et al.
Elementary, My Dear Watson
DOI: 10.1200/JCO.2007.11.3100
 
 
 
 
Partagez:

Soins dentaires et risques infectieux : l’hygiène et la politique du PIR.

A PARTIR DU VENDREDI 29 MAI RETROUVEZ ICI L’ACTUALITE DU CONGRES DE CANCEROLOGIE ‘ASCO 09′

Continuer la lecture

Hôpital et réforme : le risque pour l’hôpital public d’être privé de moyens.


L’hôpital public et l’accès aux soins dans de bonnes conditions pour tous sont potentiellement menacés. Ce n’est pas un tract syndical qui le dit, mais un document de travail issu d’un très officiel institut de recherche en économie de la santé.

Continuer la lecture

Secret médical : Le gyneco et la poche des eaux de la garde des sceaux.

La politique-spectacle est devenue, d’une certaine façon, la règle. Ce qui est triste c’est de voir des médecins se prêter à ces pratiques, comme, dernièrement un accoucheur devenu adepte du poids des mots.

Continuer la lecture

Cancer/ASCO 09 : HPV, du col à la gorge.

On l’appelle HPV, c’est le papillomavirus humain. Il est impliqué dans la majorité des cas du cancer du col de l’utérus et, de plus en plus souvent, dans des cancers touchant le pharynx et la gorge. Une autre forme de transmission sexuelle. Avec une nouvelle importante : ce type de cancer lié à l’HPV se soigne bien mieux qu’un cancer ORL habituel.
 
Même si le virus de la grippe A(H1N1) lui mange la place, on n’a pas fini de parler du virus HPV. On devrait dire « des virus » tant il en existe divers types. Les HPV 16 et 18 sont impliqués dans la genèse de la majorité des cancers du col de l’utérus et sont, d’ailleurs, présents dans les deux vaccins mis sur le marché et qui protègent contre 70 % des virus impliqués dans les cancers du col.
 
Mais, depuis quelques années, on a constaté, en particulier dans les pays nordiques, une flambée des cancers ORL, notamment de l’oropharynx et de la gorge, liés au HPV.
 
De la base de la langue jusqu’au fond de la gorge, ce virus HPV peut amener les cellules à se cancériser avec une prévalence multipliée par 3 depuis 20 ans.
 
Pour celles et ceux qui ne verraient pas le lien entre les cancers du col de l’utérus et ceux de la bouche et de la gorge, hormis vous renseigner auprès de votre sex-shop habituelle, vous devriez trouver sur le web suffisamment d’explications claires et particulièrement détaillées sur les rapports bucco-génitaux.
 
Ce qui surprenait les cancérologues, c’était l’impression que les cancers ORL liés à l’HPV semblaient plutôt bien répondre aux traitements. Beaucoup mieux, en tous cas, que ceux liées aux causes habituelles de ces cancers que sont le tabagisme et une consommation excessive d’alcool.
 
Ce qui était une intuition vient de recevoir une première confirmation scientifique. L’étude sera présentée à la fin de ce mois, lors de la conférence de l’association américaine d’oncologie clinique, l’ASCO.
 
Un groupe d’oncologues américains a étudié la survie des patients atteints de cancer de l’oropharynx, en comparant ceux qui avaient un test positif pour HPV et ceux dont le test était négatif.
 
Ils ont inclus 721 patients atteints de cancers de la sphère ORL dans leur étude. Soixante pour cent de ces patients avaient un cancer de l’oropharynx. Quasiment les deux-tiers, 64 % avaient un test HPV positif.
 
Les patients ont été divisés en deux groupes, l’un recevant 35 séances de radiothérapie et une chimiothérapie à base de cisplatine au premier, vingt-deuxième et quarante-troisième jour.
Le deuxième groupe a reçu 42 séances d’irradiation et une chimiothérapie à J1 et J22.
 
Deux ans après l’entrée dans le protocole, 88 % des patients HPV+ étaient vivants alors que cette proportion n’était que de 66 % chez les patients non touchés par le virus.
 
A cinq ans, le nombre de patients vivants HPV+ était supérieur de 29 % à celui des patients HPV-.
 
Mortalité moindre, mais aussi moins de risques de voir survenir un deuxième cancer, notamment localisé dans la bouche, les poumons ou la vessie. Une deuxième localisation qui n’est, hélas, pas rare chez les personnes atteintes de cancers de la sphère ORL liés au tabac et à une alcoolisation excessive.
 
Cette meilleure réponse au traitement implique que, lors de la découverte d’une telle tumeur, on teste le patient pour son statut vis-à-vis du HPV.
On sait qu’il répondra mieux au traitement et cela vaut donc la peine de mener des essais thérapeutiques, notamment avec les molécules innovantes.
 
La deuxième information concerne l’utilisation éventuelle du vaccin.
 
Actuellement, étrangement, le vaccin est promu uniquement chez les jeunes filles de 14 ans.
Or, si on estime que le virus HPV pose un problème de santé publique, il est difficilement imaginable de penser qu’il ne sera éradiqué qu’en vaccinant les personnes de sexe féminin car les garçons aussi sont porteurs de ce virus, parfois sous la forme de disgracieuses « crêtes de coq ».
 
Si la prévalence des cancers ORL liés au HPV augmente, on sera sans doute amené à se poser la question de la vaccination chez les garçons, une mesure sûrement plus simple à mettre en œuvre que l’interdiction des rapports sexuels bucco-génitaux.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
ML.Gilison et al.
 
Survival outcomes by tumor human papillomavirus (HPV) status in stage III-IV oropharyngeal cancer (OPC) in RTOG 0129.
 
Abstract n° 6003 accessible à : www.abstracts.asco.org
 
Partagez:

Cancer/ ASCO 09 : le gingembre aux racines du mal des nausées de la chimiothérapie

 
 
C’est un des effets secondaires les plus redoutés chez les patients qui doivent subir une chimiothérapie. Les nausées et les vomissements, même s’ils sont mieux pris en charge, altèrent réellement la qualité de vie. C’est pour cela que tout nouveau moyen de les combattre est le bienvenu, surtout quand il s’agit d’un produit aussi naturel que le gingembre.
 
Si toutes les chimiothérapies ne sont pas automatiquement « émétisantes » comme disent les livres, plus de deux patients sur trois font la désagréable expérience des nausées et des vomissements au cours de leurs cures de chimiothérapie.
 
Certains, même, vomissent avant la chimiothérapie tant l’expérience de la cure précédente les a marqués.
 
Depuis quelques années, de nouveaux médicaments sont arrivés sur le marché à côté des antis nauséeux classiques comme le metoclopramide et les corticoïdes. Des médicaments de la famille des « setrons » qui bloquent des récepteurs cérébraux appelés 5HTont apporté de bons résultats, tout comme le dernier-né, l’aprepitant.
 
Mais toutes ces molécules sont autant de médicaments qui ajoutent parfois leurs effets secondaires aux médicaments de la chimiothérapie.
C’est la raison qui pousse nombre d’équipes travaillants dans les soins de support en oncologie à chercher des façons de lutter contre les nausées et vomissements au moyen de techniques « complémentaires » non médicamenteuses.
 
Le 30 mai prochain, lors de la conférence de cancérologie organisée par ASCO, l’association américaine d’oncologie clinique, une équipe de l’Université de Rochester, dans l’état de New-York, aux Etats-Unis, présentera les résultats obtenus avec un produit appelé Zingiber Officinale,autrement dit le gingembre commun.
 
Les auteurs de l’étude ont inclus 644 personnes, dont 90 % de femmes, traitées pour cancer du sein, cancers digestifs et tumeurs pulmonaires.
Ces patientes avaient eu des vomissements lors du premier cycle de chimiothérapie (CT) et devaient subir encore deux ou trois cycles.
 
Le jour de début de chaque nouveau cycle, les patients ont reçu un médicament anti-nausées de la famille des « setrons .
 
Mais, trois jours avant chaque cycle, ils ont reçu également un certain nombre de gélules à prendre pendant six jours.
 
Ces gélules contenaient soit un placebo, soit 0,5 gramme, 1 g ou 1,5 g de gingembre.
Les patients étaient invités à reporter matin, après-midi, soir et nuit, la sévérité de leurs nausées sur une échelle de 1 à 7, 7 étant le maximum de l’inconfort.
 
L’étude a montré que, quelque soit la dose de gingembre, la prise de gingembre réduisait de façon significative l’intensité des nausées au premier jour de chacun des cycles de chimiothérapie. Ce sont les dosages à 0 ,5 et 1 gramme qui se sont montrés les plus efficaces.
 
L’effet était linéaire, l’intensité des nausées décroissant au fil de la journée pour atteindre un minimum le soir.
 
Petit détail pratique, les doses efficaces, 0,5 g et 1 g correspondent environ respectivement à un quart et une demi-cuiller à café de gingembre en poudre.
 
Ce travail montre l’importance des recherches sur toutes les techniques et méthodes dites « complémentaires » dans la prise en charge des patients cancéreux dans le but d’améliorer leur qualité de vie.
 
 Lutte contre la fatigue, réappropriation de l’image de soi, lutte contre la douleur et l’angoisse, sexualité, les champs de ces prises en charge sont multiples et de plus en plus de centres régionaux de lutte contre le cancer et des services hospitaliers s’ouvrent en France à ces recherches afin de leur donner un cadre scientifique et médical.
 
Une approche importante pour éviter de livrer les patients à des « marchands d’illusion » ou à des mouvements de nature sectaire friands de proies en détresse morale et fragilisées par la maladie.
 
 
 
 
Référence de l’étude :
 
Julie L. Ryan, et al
 
Ginger for Chemotherapy-related Nausea in Cancer Patients
 
Résumé accessible sur www.abstracts.asco.org
 
 
Partagez:

Malaise de l’hôpital : il y a les CHU et les autres à ne pas laisser choir.

LES ARTICLES SUR LA GRIPPE A(H1N1) SONT DANS LA RUBRIQUE ACTUALITE

Continuer la lecture

Page 1 sur 212