Archives mensuelles : juin 2009

Grippe A(H1N1) : le virus a pris l’avion, ne fréquente pas les quinquagénaires et commence à résister.

Petit cocktail de nouvelles sur le virus de la grippe A(H1N1),du premier cas documenté de résistance au Tamiflu en passant par le rôle des voyages aériens et une bonne nouvelle pour les quinquagénaires.

C’est un lundi fertile pour les spécialistes de la pandémie grippale.
La première nouvelle nous vient du Danemark avec le premier cas documenté de virus résistant à l’oseltamivir, ou Tamiflu®. Heureusement pour le patient, le virus qu’il héberger est sensible au zanamivir, ou Relenza®.
Une façon de nous rappeler que galvauder les antiviraux n’est pas une bonne idée ! La folie qui s’est emparée de certaines personnes qui stockent du Tamiflu et qui en prennent sans avis médical, peut conduire à des risques de voir apparaître ainsi des souches résistantes, une situation dont on peut parfaitement se passer.

Savez-vous combien de personnes ont quitté le Mexique par avion en mars et avril 2009, à un moment où on ignorait grandement qu’on allait être confronté à une pandémie ?
2,35 millions environ, vers 1018 destinations différentes dans 164 pays. Principalement vers les Etats-Unis et le Canada (80,7 %), mais aussi l’Amérique centrale, les Caraïbes et l’Amérique du sud (8,8%) et l’Europe (8,7%). L’Asie ne compte que pour 1%, le reste du monde représente 0,8%.
Ces données sont publiées dans le New England Journal of Medicine, ce 29 juin 2009,
par une équipe canadienne qui s’est intéressée aux cas apparus dans un certain nombre de pays et qui pouvaient être reliés à des voyageurs provenant du Mexique.

Sur les 20 premières destinations à partir du Mexique, seize pays ont eu des cas de grippe A(H1N1) dont l’origine a pu être reliée à des voyageurs.
Les auteurs ont, par modélisation, montré qu’il suffisait d’atteindre le seuil de 1400 voyageurs en provenance du Mexique pour que le risque de contamination apparaisse fortement  dans le pays de destination.

Ce  genre de recherche devrait permettre à l’avenir de pouvoir mieux apprécier les risques liés aux déplacements de populations venant d’une zone où sévit un foyer épidémique.

Dans cette même revue, une autre équipe de chercheurs montre que le virus actuel est l’héritier du virus H1N1 rendu tristement célèbre par la pandémie dite de « grippe espagnole » qui frappa le monde entre 1918 et 1920.

Ce virus, d’origine aviaire, passa chez l’homme et l’homme le transmit au porc. C’est chez cet animal qu’il a subsisté, avec des arrangements géniques au gré du temps. A partir d’un « noyau dur » de huit gènes, le virus a procédé à des « échanges », renforçant son équipement de base au gré du temps

De 1918 à 1957, on le retrouve régulièrement chez l’homme, puis il disparaît pendant 20 ans au profit d’une autre souche pour mieux revenir en 1977 et circuler jusqu’à nos jours sous sa nouvelle formule.

Cet historique montre donc combien il est important de surveiller les élevages et de surveiller la grippe porcine. Les Etats-Unis imposent la déclaration obligatoire de la grippe porcine quand elle touche des humains. L’Europe ne le fait pas, cherchez l’erreur.

Enfin, un article fait le point sur les manifestations pulmonaires particulièrement sévères observées lors de l’épisode actuel de grippe A(H1N1). Des pneumopathies virales chez des sujets plutôt jeunes et indemnes de pathologies chroniques.
Les auteurs en concluent qu’il existe une certaine protection naturelle pour les sujets nés avant 1957 et qui ont pu être confrontés à ce virus dans leur enfance.

Autre conclusion pratique, en cas de risque pandémique fort avec un nombre de vaccins peut-être insuffisant, cela permettra d’orient la vaccination prioritairement vers les plus jeunes, qui, une fois n’est pas coutume, seront sans doute les plus exposés.

Pour une fois, être quinquagénaire ça a  presque du bon !

Tous les articles mentionnés sont en accès libre et gratuit sur le site du NEJM

Kamran Khan et al
Spread of a novel influenza A(H1N1) virus via global airline transportation  

David M Morens et al
The persistent legacy of the 1918 influenza virus

Gerardo Chowell et al.
Severe respiratory disease concurrent with the circulation of H1N1 influenza

 

Partagez:

Cancer : la cryoablation jette un froid sur les traitements des tumeurs non opérables.

Deux aiguilles emplies d’un gaz sous pression, une température avoisinant les moins 100°C à l’extrémité du dispositif. Ce dispositif sert à faire une cryoablation, une méthode nouvelle pour traiter et détruire des tumeurs et des métastases souvent inopérables jusque là.

La tumeur fait trois centimètres, elle est située sur le rein droit d’un patient, solide gaillard quinquagénaire. Trop « solide » pour les anesthésistes qui n’ont pas très envie de lui faire une anesthésie générale.

Mais, pour autant, notre homme ne va pas garder cette tumeur cancéreuse. Faute de chirurgie, c’est le radiologue qui va s’y coller.

Comme dans bien d’autres domaines, grâce à l’imagerie, notamment le scanner et l’IRM et, parfois, l’échographie, des gestes de plus en plus « audacieux » peuvent être pratiqués hors du bloc opératoire, même si on prend les mêmes mesures d’hygiène et d’asepsie pour les faire.

Deux aiguilles longues d’une quinzaine de centimètres sont reliées à un compresseur. Derrière la machine, deux bouteilles de gaz, de l’argon et de l’hélium. Le gaz va circuler dans les aiguilles, à la manière de ce qui se passe dans un compresseur de réfrigérateur.

Sous 250 bars de pression, l’argon va permettre de descendre la température des aiguilles jusqu’à près de moins cent degrés à l’extrémité des instruments. Mais la température « utile » sera de moins 20 ° C environ.

Sous anesthésie locale et après un long et minutieux repérage sous scanner, avec simulation du trajet, les aiguilles sont enfoncées doucement à travers la peau. Elles vont être placées au cœur de la tumeur. Et là, une série de cycles de refroidissements extrêmes suivis de réchauffement grâce à l’hélium cette fois, va amener progressivement les cellules cancéreuses vers leur destruction.

Le patient est conscient, recevant juste une sédation de la douleur par une pompe électrique contenant un dérivé de morphine qui s’élimine très vite.

En une heure environ, la masse tumorale sera remplacée par un glaçon.
Un glaçon qui déborde un peu de la taille de la tumeur, car le but est de détruire autant que faire se peut le tissu tumoral et on prend, pour cela, une petite marge supplémentaire pour être en zone saine.
  DA?S LE JT DE
Car la méthode a H un inconvénient, par rapport à la chirurgie. Quand le chirurgien opère et qu’il enlève une tumeur rénale avec tout ou partie du rein, il ne reste plus de cellules tumorales.
Avec la cryoablation, on ne peut pas affirmer que tout a disparu et le risque de récidive n’est pas nul même s’il est très faible, estimé à 0,8 % environ.

Cette technique, encore récente, ne cesse de voir ses indications s’étendre. Elle tend même à supplanter quelque peu une autre technique appelée l’ablation par radiofréquence, qui utilise le chaud pour détruire les tissus malades.

Sur les métastases osseuses, par exemple, la cryoablation est beaucoup moins douloureuse que les radiofréquences. On commence aussi à l’utiliser dans les cancers localisés de la prostate et sur des nodules hépatiques tumoraux.

C’est donc un progrès incontestable dans la prise en charge des patients qui pourraient courir un risque lié à la chirurgie.

Mais pour tous les autres cas, la chirurgie reste la méthode de choix car elle garantit une exérèse totale de la tumeur.

La cryoablation c’est bien, mais il faut savoir, face à ces nouvelles technologies, garder la tête froid.

VOIR LA VIDEO DU REPORTAGE DIFFUSE LE 02/07/2009 DANS LE JT DE 20 HEURES
 

Partagez:

Cancer et eau du robinet : une alerte qui ne coule pas de source.

Billet actualisé le 03/07/2009

Continuer la lecture

Sclérose en plaques/ SEP : Cladribine et Fingolimod, de nouveaux résultats encourageants pour ces traitements par voie orale.








C’est un petit coin de ciel bleu qui apparait pour les personnes atteintes de sclérose en plaque évolutive. Deux médicaments, qui plus est, données par voie orale, semblent donner des résultats assez intéressants, si l’on en croit les travaux présentés lors du congrès européen de neurologie qui se tient à Milan.

Le premier de ces médicaments, la Cladribine, est déjà utilisé dans une toute autre indication, certaines formes de leucémies.
Ce médicament intervient sur l’action des lymphocytes, ces cellules de défense qui, dans la SEP, vont attaquer la gaine de myéline qui entoure les nerfs, comme ils le feraient pour une substance étrangère à l’organisme.

Une étude baptisée CLARITY, mené sur 1326 patients a évalué les effets de deux dosages différents de Cladribine (3,5mg/kg et 5,25mg/kg) comparés à un placebo.
Après un suivi de 96 semaines, les résultats sont plutôt encourageants puisque dans les deux groupes traités, le taux de poussées a considérablement diminué.
Dans le groupe recevant la faible dose, cette réduction a été de 58 % et de 55 % dans le groupe plus fortement traité.Le taux annuel de poussées a été de 0,14 dans les groupes traités et de 0,33 dans le groupe placebo.
Les auteurs de l’étude ont également noté une réduction significative du handicap associé à la maladie., progrès objectivés par l’imagerie IRM.

La réduction du risque de progression des handicaps était de 63 % pour les patients sous cladribine.

La seconde étude concerne une molécule appelée Fingolimod.
Ce produit intervient également sur les lymphocytes T, en bloquant leur sortie de leur lieu de stockage que sont les ganglions lymphatiques et le thymus. Il est censé empêcher ces lymphocytes d’attaquer leur cible dans le système nerveux central.

Les patients inclus dans l’essai clinique ont reçu pendant 24 mois cette molécule à la dose de  125 mg ou 5 mg, un dernier groupe recevant un placebo.A compter du 15ème mois, tous les patients étaient sous Fingolimod..

Après quatre années de suivi, les spécialistes ont constaté que les patients traités de façon permanente avec la molécule à 1,25mg ou 5mg avaient un taux de poussées annuelles très faible, 0,18 à 0,2 poussée par an. Et parmi ces patients, près de 70 % n’ont eu aucune poussée dans l’année. 

Une majorité de patients n’a donc montré aucun signe inflammatoire lors des contrôles IRM, pas de poussée et pas d’aggravarion des handicaps.

Les effets secondaires les plus rencontrés ont été  des pharyngites, des maux de tête, des syndrômes grippaux et des douleurs dorsales.

Contrairement à la Cladribine, le Fingolimod ne dispose d’aucune autorisation de mise sur le marché pour l’instant.

Comme d’habitude, il faut savoir garder la tête froide face à ces résultats séduisants.
Les essais cliniques sont faits sur des groupes de patients pas très nombreux et certains effets secondaires ne peuvent apparaitre que lorsque des milliers d’utilisateurs ont pris le traitement.

Mais ces résultats montrent aussi que la sclérose en plaques est une maladie qui fait l’objet de vraies recherches, contrairement à ce que peuvent penser certains patients qui se sentent délaissés.
 

Ces études ont été présentées dans le cadre du congrès ENS 2009 de la Société européenne de neurologie, à Milan.








L.Kappos et al ( abstract 021)

Majority of patients with relapsing multiple sclerosis receiving oral fingolimod (FTY720, a sphingosine-1-phosphate receptor modulator) remain free from any inflammatory activity: results of a 4-yr, phase II extension.

 

G.Giovannoni et al. (abstract 022)






Clinical efficacy of cladribine tablet therapy in patients with Relapsing-Remitting Multiple Sclerosis (RRMS): results from the CLARITY study, a 96-week, phase III, double-blind, placebo-controlled trial




Partagez:

Cancer : le CUP, né de cancer inconnu.








Trouver un cancer et ne pas savoir d’où il vient, cela arrive rarement. Mais quand cela survient, la médecine n’est pas, pour autant, prise au dépourvu.

 

Les déclarations récentes de Laurent Fignon, faisant part de son cancer mais disant que ses médecins cherchaient la tumeur d’origine, ont mis un éclairage sur une situation assez rare mais compliquée en cancérologie.

Dans 2 à 4 % des cas, en effet, on est dans l’impossibilité de dire quelle est l’origine d’un cancer dont on découvre l’existence par le biais de métastases.C’est souvent un ou plusieurs ganglions qui vont alerter les spécialistes. On va biopsier ce ganglion, regarder à quoi ressemblent les cellules qu’il a filtrées.

 Ces cancers sont dits de « primitif inconnu » ou Carcinoma of unknown primary origin, résumé par l’acronyme CUP

 

Ces cellules métastatiques évoquent donc ce qu’on appelle un adénocarcinome ou, moins fréquemment un carcinome épidermoïde.

Les adénocarcinomes sont des cancers qui se développent à partir de l’estomac, du pancréas ou du sein, par exemple. Un carcinome épidermoïde peut se développer à partir du poumon ou du col de l’utérus, du vagin ou de l’anus.

La difficulté avec ces métastases, c’est que le cancer primitif est particulièrement difficile à mettre en évidence, même si on a mis une étiquette sur l’aspect des cellules.

Bien évidemment, les spécialistes s’acharnent à trouver le « primitif », la tumeur d’origine. Grace à l’imagerie, IRM, fibroscopie, scanner, échographie.

 

Des méthodes de dosage dit immunohistochimiques permettent aussi de caractériser  certaines cellules. On arrive ainsi à réduire le degré d’incertitude et a identifier de plus en plus souvent à mettre un nom sur la tumeur d’origine.

 

Mais un certain nombre de ces tumeurs ne livreront pas leur provenance. Pour autant, cela n’empêche pas de traiter les patients.

En fonction du type cellulaire, adénocarcinome ou carcinome épidermoïde, on utilise les produits de chimiothérapie et la radiothérapie qui ont montré leur efficacité dans des cancers de ces deux familles.

Ce qui est le plus étonnant c’est que ce traitement « probabiliste », donne de très bons résultats et permet souvent de contrôler, voire de juguler la maladie.

En attendant que la biologie moléculaire donne aux spécialistes les armes absolues pour enfin résoudre l’un des plus étranges mystères de la cancérologie.

Partagez:

Maladie de Parkinson : certains types de pesticides pourraient majorer le risque de survenue de l’affection.








L’utilisation de certains pesticides, en particulier des insecticides, peut être associé à la survenue d’une maladie de Parkinson. C’est ce que conclue une équipe française qui publie ses travaux dans la revue Annals of Neurology.

 

Quand on parle de pesticides, on englobe sous ce vocable des produits insecticides, des herbicides et des fongicides, c’est-à-dire des traitements contre les champignons et les moisissures.

 La plupart de ces pesticides appartiennent à des familles chimiques qu’on appelle.les organochlorés ou les organophosphorés.

Depuis plusieurs années, la médecine s’interroge sur l’association entre l’usage professionnel de ces pesticides et l’apparition de maladies neurologiques, en particulier la maladie de Parkinson.

 

Une équipe française de l’INSERM et de la Mutualité sociale agricole (MSA) apporte une pierre supplémentaire à la connaissance en ce domaine avec la publication en ligne  d’une étude dans la revue Annals of Neurology

 

Les auteurs ont ainsi comparé 224 cas de maladie de Parkinson (MP) survenus en milieu agricole à 557 personnes, appartenant au monde agricole également, mais non atteints de MP et qui étaient recrutés lors de demandes de remboursement .Chaque cas était apparié à un ou plusieurs « contrôles » en fonction de l’âge, le sexe  et la caisse de rattachement.

 

Un questionnaire a été proposé aux participants concernant l’emploi des pesticides durant leur vie professionnelle, le type de produits employés, la durée d’exposition.

 

Pour les hommes dont la maladie s’était déclarée après 65 ans, le fait d’avoir manipulé longuement des insecticides organochlorés était associé à un risque 2,2 fois plus élevé de voir apparaître une maladie de Parkinson.

 

Ces produits comme le lindane ou le DDT sont des produits anciens, le DDT n’est plus utilisé .Mais ces produits restent très longtemps dans les zones où ils ont fait l’objet d’épandage.

Cette étude montre donc une association entre un type de pesticides d’une famille précise et la survenue de l’affection neurologique.

 

Mais elle ne permet pas d’apporter d’éléments concernant l’utilisation d’autres types de pesticides, pas plus que d’évaluer le risque lié à un usage en activité de jardinage.

 

Cela ne doit pas empêcher les utilisateurs, professionnels ou jardiniers « du dimanche » de manier ces produits avec prudence et en respectant des règles simple et de bon sens : se protéger en dispersant ces produits, ne pas manger sans s’être bien lavé les mains et ne pas utiliser ces produits en atmosphère confinée.

 

A noter que cette même revue va bientôt publier une étude américaine dirigée par Alberto Ascherio et qui montre que le risque de développer une MP est 1 ;7 fois plus élevé quand on a manié professionnellement des pesticides.

 

 

Référence de l’étude :

Alexis Elbaz et al

Professional exposure to pesticides and Parkinson’s disease

Annals of Neurology  accès en ligne

 

 

Référence de l’étude à paraître le 26 juin 2009 :

Alberto Ascherio et al.

Pesticide Exposure and Risk of Parkinson’s Disease

Annals of Neurology; July 2006; (DOI: 10.1002/ana.20904)

Partagez:

Cancer du pancréas et Laurent Fignon : le tabac est un facteur de risque majeur, pas le dopage.

LES ARTICLES SUR LA GRIPPE A(H1N1) SONT DANS LA RUBRIQUE « ACTUALITE »

Continuer la lecture

Grippe A(H1N1) : l’origine porcine du virus est confirmée. Le niveau 6 "pandémie" est annoncé .

LA REUNION DE CRISE  TENUE AUJOURD’HUI A GENEVE A ABOUTI A LA DECISION DE DELARER L’ ETAT DE PANDEMIE POUR L’INFECTION LIEE AU VIRUS A(H1N1)

LE NIVEAU 6, NIVEAU D’ALERTE MAXIMUM, EST DONC ATTEINT.

C’EST LA PREMIERE SITUATION PANDEMIQUE DECLAREE DEPUIS 41 ANS PAR L’ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE.

Continuer la lecture

Cancer du sein : des tumeurs sensibles à un médicament contre l’hypertension artérielle.

 

Continuer la lecture

Cancer/ASCO 09 : Du mieux pour le cancer de l’estomac gràce au sein.

TOUTE L’ACTUALITE DE LA CONFERENCE « ASCO 2009″ EST DANS LA RUBRIQUE « CANCER »

Continuer la lecture

Page 1 sur 212