C’est un petit coin de ciel bleu qui apparait pour les personnes atteintes de sclérose en plaque évolutive. Deux médicaments, qui plus est, données par voie orale, semblent donner des résultats assez intéressants, si l’on en croit les travaux présentés lors du congrès européen de neurologie qui se tient à Milan.
Le premier de ces médicaments, la Cladribine, est déjà utilisé dans une toute autre indication, certaines formes de leucémies.
Ce médicament intervient sur l’action des lymphocytes, ces cellules de défense qui, dans la SEP, vont attaquer la gaine de myéline qui entoure les nerfs, comme ils le feraient pour une substance étrangère à l’organisme.
Une étude baptisée CLARITY, mené sur 1326 patients a évalué les effets de deux dosages différents de Cladribine (3,5mg/kg et 5,25mg/kg) comparés à un placebo.
Après un suivi de 96 semaines, les résultats sont plutôt encourageants puisque dans les deux groupes traités, le taux de poussées a considérablement diminué.
Dans le groupe recevant la faible dose, cette réduction a été de 58 % et de 55 % dans le groupe plus fortement traité.Le taux annuel de poussées a été de 0,14 dans les groupes traités et de 0,33 dans le groupe placebo.
Les auteurs de l’étude ont également noté une réduction significative du handicap associé à la maladie., progrès objectivés par l’imagerie IRM.
La réduction du risque de progression des handicaps était de 63 % pour les patients sous cladribine.
La seconde étude concerne une molécule appelée Fingolimod.
Ce produit intervient également sur les lymphocytes T, en bloquant leur sortie de leur lieu de stockage que sont les ganglions lymphatiques et le thymus. Il est censé empêcher ces lymphocytes d’attaquer leur cible dans le système nerveux central.
Les patients inclus dans l’essai clinique ont reçu pendant 24 mois cette molécule à la dose de 125 mg ou 5 mg, un dernier groupe recevant un placebo.A compter du 15ème mois, tous les patients étaient sous Fingolimod..
Après quatre années de suivi, les spécialistes ont constaté que les patients traités de façon permanente avec la molécule à 1,25mg ou 5mg avaient un taux de poussées annuelles très faible, 0,18 à 0,2 poussée par an. Et parmi ces patients, près de 70 % n’ont eu aucune poussée dans l’année.
Une majorité de patients n’a donc montré aucun signe inflammatoire lors des contrôles IRM, pas de poussée et pas d’aggravarion des handicaps.
Les effets secondaires les plus rencontrés ont été des pharyngites, des maux de tête, des syndrômes grippaux et des douleurs dorsales.
Contrairement à la Cladribine, le Fingolimod ne dispose d’aucune autorisation de mise sur le marché pour l’instant.
Comme d’habitude, il faut savoir garder la tête froide face à ces résultats séduisants.
Les essais cliniques sont faits sur des groupes de patients pas très nombreux et certains effets secondaires ne peuvent apparaitre que lorsque des milliers d’utilisateurs ont pris le traitement.
Mais ces résultats montrent aussi que la sclérose en plaques est une maladie qui fait l’objet de vraies recherches, contrairement à ce que peuvent penser certains patients qui se sentent délaissés.
Ces études ont été présentées dans le cadre du congrès ENS 2009 de la Société européenne de neurologie, à Milan.
L.Kappos et al ( abstract 021)
Majority of patients with relapsing multiple sclerosis receiving oral fingolimod (FTY720, a sphingosine-1-phosphate receptor modulator) remain free from any inflammatory activity: results of a 4-yr, phase II extension.
G.Giovannoni et al. (abstract 022)
Clinical efficacy of cladribine tablet therapy in patients with Relapsing-Remitting Multiple Sclerosis (RRMS): results from the CLARITY study, a 96-week, phase III, double-blind, placebo-controlled trial








