Archives mensuelles : août 2009

Cancer du sein: L’allaitement protège le sein des cancers avant la ménopause.

UNE ETUDE SUR LA PREVENTION DE LA SURVENUE DES MALADIES CHRONIQUES ET DES CANCERS EST DISPONIBLE DANS LA RUBRIQUE ‘ACTUALITE’

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Diabète, cancer, infarctus, AVC : un quatuor de facteurs bénéfiques









Des habitudes de vie saines protègent des maladies chroniques les plus fréquentes, diabète, cancer, infarctus et accident vasculaire cérébral. Cela paraît évident, mais ça l’est encore plus quand une étude épidémiologique vient le démontrer.

 

 

De l’exercice au moins trois heures et demie par semaine, un régime alimentaire riche en fruits et légumes et réduit en viande, il n’en faut pas plus pour que des Allemands dans la force de l’âge se protègent des fléaux modernes que sont les maladies chroniques, telles le diabète ou les accidents cardiovasculaires et le cancer.

 

C’est ce qui ressort d’une étude publiée aujourd’hui dans la revue américaine  Archives of Internal Medicine. Cette étude réalisée à Potsdam est une déclinaison d’une vaste étude nutritionnelle européenne, EPIC.

 

EPIC est l acronyme anglais pour European Prospective Investigation into Cancer and nutrition (enquête prospective européenne sur nutrition et cancer). Comme toutes les grandes études, elle est souvent détaillée en « appartements ».

 

A Potsdam, les chercheurs ont enrôlé 23153 participants, 14188 femmes entre 35 et 65 ans et 8965 hommes âgés de 40 à 65 ans. Ces participants ont été suivis entre 7,8 ans en moyenne, la moitié d’entre eux étant même suivie 8,2 ans.

 

Quatre facteurs de style de vie étaient pris en compte :

-         Le statut fumeur ou non fumeur

-        L’indice de masse corporelle (IMC : poids en kg divisé par la taille en mètre au carré)

-        L’activité physique

-        L’alimentation

 

Chaque facteur était affecté d’une valeur 1 si considéré comme sain et 0 si considéré comme néfaste.

 

Ne jamais avoir fumé ou faire au moins trois heures et demi d’exercice hebdomadaire étaient ainsi côtés 1. De même consommer des fruits et légumes en quantité, du pain complet, peu de viande faisait marquer un bon point. Pour l’IMC, une valeur inférieure à 30 était considérée comme bonne.

Seuls 4 % des participants avaient un zéro pointé dans les 4 facteurs, et les très bons élèves, avec un point dans chaque catégorie étaient 9 %.

 

Au terme de l’étude, 2006 participants (1081 hommes et 925 femmes) ont présenté une des maladies chroniques étudiées, certains pouvant avoir deux, voire trois pathologies.

 

Le diabète, avec 871 nouveaux cas a représenté 43,4 % des pathologies incidentes. Viennent ensuite les cancers avec 868 cas et 43,2% du total. L’infarctus du myocarde, avec 214 cas et 10,7 % du total, et les accidents vasculaires cérébraux, 195 cas, soit 9,7 % ferment la marche.

 

Et les résultats montrent que les bons élèves, avec un comportement idéal pour les 4 facteurs  ont été récompensés de leur mode de vie sain puisque par rapport à ceux qui affichaient un zéro, la réduction du risque de voir apparaître une maladie chronique était plutôt spectaculaire.

 

Globalement la réduction du risque entre les deux extrêmes est de 78 %.

Pour le diabète elle atteint 93 % !

Elle est de 81 % pour l’infarctus, 50 % pour les AVC et 36 % pour les cancers.

 

 

En dehors de ces valeurs extrêmes, l’étude montre que la réduction des risques apparaît dès qu’un des quatre facteurs est présent.

 

Cela signifie qu’une vie d’ascèse n’est peut-être pas totalement obligatoire, d’autant qu’à vivre  en essayant de remplir les quatre critères doit parfois être un peu pesant.

 

On est sans doute moins malade, mais qu’est ce qu’on doit s’ennuyer parfois !

 

 

Référence de l’étude :

 

Earl S. Ford et al.

Healthy Living Is the Best Revenge: Findings From the European Prospective Investigation Into Cancer and Nutrition–Potsdam Study

Arch Intern Med. 2009; 169(15):1355-1362

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Paludisme : le parasite "descend" du chimpanzé.

Cela devient chaque jour un peu plus évident : nous sommes très proches des chimpanzés ! Un cousinage qui n’a pas que des effets heureux comme le montre une nouvelle étude. C’est cet animal qui nous a transmis le parasite à l’origine de la forme la plus redoutable du paludisme.
 
C’est la forme la plus grave et la plus virulente de malaria, ce que nous appelons paludisme. En cause, un parasite, Plasmodium falciparum, véhiculé par un moustique, l’anophèle, la femelle plus précisément.
 
Un million et demi à deux millions de morts par an, dont un demi-million d’enfants de moins de cinq ans, c’est lourd. Et on attend toujours le vaccin préventif pour lequel divers essais sont en cours à travers l’Afrique.
 
Mais d’où vient donc ce parasite si agressif ? D’un parasite du chimpanzé, Plasmodium reichenowi de son petit nom.
Et le chimpanzé nous aurait fait ce « cadeau » au plus tôt il y a 2 ou 3 millions d’années et au plus tard à peine 10 000 ans ! Epoque où les pratiques culturales amenèrent l’homme à se rapprocher de plus en plus des forêts pour gagner des terres cultivables.
 
Petite curiosité au passage, c’est une modification d’un système d’ancrage du parasite aux cellules humaines qui a rendu possible cette adaptation. Cela concerne une substance appelée acide sialique.
C’est ce même acide sialique qui a permis au virus de la grippe avarie de 1918 de passer chez l’homme et de provoquer la pandémie connue sous le nom de « grippe espagnole ».
 
Ainsi, après le HIV, c’est autour du parasite du paludisme de se propager du chimpanzé à l’homme.
 
Je signale à ceux qui auraient de mauvaises idées que le chimpanzé est un animal protégé et, partant, qui ne peut être chassé.
 
De toute façon, c’est trop tard.
 
Référence de l’étude 
 
Stephen M. Rich et al.
The origin of malignant malaria
PNAS early edition
 
En accès libre à :
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Virus nouveaux : Le gorille, le cochon et l’homme.





Gare au gorille ! Les admirateurs de Brassens ont désormais un point commun avec les spécialistes du VIH, virus à l’origine du sida.  Un nouveau virus vient d’être en effet découvert, qui tire son origine de cet animal et non plus du chimpanzé. Une découverte qui montre qu’on doit surveiller de près tous les nouveaux virus, même ceux du cochon.

 

C’est une équipe du CHU de Rouen qui a découvert ce nouveau virus VIH1.Il existe divers groupes au sein de cette famille. Le plus commun, retrouvé dans la majorité des cas est le groupe M. mais, depuis quelques années, on a aussi isolé des virus de groupe N et O, .ce dernier avait été isolé chez des patients originaires du Cameroun.

 

C’est également chez une Camerounaise de 62 ans que les chercheurs ont mis en évidence une nouvelle variante de VIH1, virus qu’ils classent désormais dans le groupe P. Leurs travaux sont publiés dans Nature Medicine

 

Ce qui est nouveau dans cette recherche c’est que ce virus ne tire pas ses origines du chimpanzé, pan troglodytes précisément mais d’un gorille. Lui-même infecté par un virus simien, le SIV.

 

On sait de façon bien établie maintenant que l’origine du virus VIH réside dans le chimpanzé. Ce primate, omnivore, s’est contaminé au contact d’un plus petit singe qu’il a chassé pour le tuer et le manger. Mais le petit singe hébergeait le père du virus SIV et il l’a passé au chimpanzé.Et ce petit singe c’était lui-même contaminé de la même façon en chassant un singe encore plus petit, infecté lui aussi.

 

Ainsi, le SIV a fini par passer chez l’homme, probablement dans les années 30, peut-être même plus précocement. Le virus s’est adapté à l’homme pour devenir le VIH.

 

Lire le billet sur l’origine du VIH

 

(A ce stade, je présente mes excuses à tous les spécialistes du complot qui pensent que le virus a été créé en laboratoire)

 

Mais, il y a quelques années, des chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) avaient découvert un SIV chez le gorille.

 

A leur grand étonnement, car le gorille est herbivore au contraire du chimpanzé. Mais le fait est là et le virus du gorille a, comme celui du chimpanzé, franchi la barrière d’espèce.

 

Les chercheurs de l’IRD travaillent depuis des années à la surveillance de l’émergence de tels phénomènes en Afrique centrale. Il faut dire que tout est réuni pour que de nouveaux variants de virus surgissent en ces lieux.

 

Il y a la forêt qui héberge les singes. Il y a les forestiers qui travaillent dans ces endroits, certains disent qu’ils les détruisent même. Ces forestiers chassent les singes dont la viande est très prisée. Qui dit chasse dit sang. Et quand on chasse en forêt on a aussi des plaies aisément souillées par le sang.

 

Les forestiers reçoivent chaque mois leur paie. Cet événement entraîne un flux migratoire des prostituées venues des villes vers les campements. Et ces prostituées sont, faute de moyens et d’information, très souvent porteuses du VIH1.

 

Pendant quelques jours, elles vont avoir ainsi de multiples partenaires. Le VIH qu’elles abritent peut ainsi rencontrer un virus d’origine simienne. Une rencontre sans lendemain, comme celle de leurs propriétaires.

 

Mais, parfois, la rencontre va donner lieu à un virus nouveau.

Un virus qui va ainsi pouvoir se propager en n’étant pas toujours identifié par les tests de dépistage. C’est ce qui s’est passé pour les virus du groupe O pendant un certain temps.

 

C’est dire à quel point le travail de  ces « vigies » de l’IRD est essentiel. Repérer des nouveaux variants permet d’étudier ces virus, d’adapter les tests de dépistage  et de voir s’ils sont sensibles aux traitements connus.

Les chercheurs tentent aussi de modifier les habitudes des forestiers, non pas vis à vis des prostituées mais de la consommation de singes. Ils essayent de développer l’élevage de petits rongeurs dans les villages afin de fournir aux habitants une source de viande. mais ,pour l’instant, le succès est très mitigé.

 

Et cela nous ramène à l’actualité du moment ! Ce travail de surveillance peut se décliner pour d’autres virus, en particulier le virus de la grippe A(H1N1).

 

« Monitorer »les élevages de porcs permettrait ainsi de voir si des mutations apparaissent bien en amont des premiers cas humains.

 

Cette pratique de l’épidémiologie de terrain a besoin d’être développée. C’est la meilleure façon de voir venir les maladies émergentes que la course poursuite entre les virus et les hommes rend inévitable.

 

Référence de l’étude :

 

Jean-Christophe Plantier et al.

 

A new human immunodeficiency virus derived from gorillas

Nature Medicine

 Published online 2 August 2009; doi:10.1038/nm.2016

 

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