Archives mensuelles : septembre 2009

Grippe A(H1N1) : Certains dosages pédiatriques de Tamiflu bientôt en pharmacie d’officine.

Les modalités de délivrance de l’oseltamivir (Tamiflu) dans ses dosages pédiatriques devraient bientôt être modifiées. Une simplification qui sera la bienvenue.
 
Dans l’état actuel des choses, quand un médecin prescrit du Tamiflu pour un enfant et, encore plus, chez un nourrisson de moins de un an, il faut qu’il prévienne la famille qu’elle part dans un vrai parcours du combattant !
 
Car les dosages pédiatriques, suspension buvable et gélules à 30 et 45 milligrammes, ne sont pas disponibles dans les officines. Il faut aller dans les hôpitaux de référence pour s’en procurer.
 
Encore faut-il être passé par le service de pédiatrie qui va confirmer la prescription du médecin de famille et, ensuite espérer que la pharmacie hospitalière va pouvoir délivrer le produit promptement !
 
Une famille du Haut-Rhin a ainsi pu essuyer les plâtres au début septembre avec leur nourrisson, une fillette de 11 mois., comme le raconte fort bien le Dr Marcel Ruetsch, un de ces médecins de famille qui font l’image de cette discipline. 
 
Le père, la mère et un des trois filles, âgée de 9 ans, étaient atteints d’une grippe A(H1N1) confirmée virologiquement. Le médecin de famille a donc décidé, comme le prévoient les recommandations officielles, de prévenir le centre 15 pour que le nourrisson soit mis sous Tamiflu.
L’hôpital de référence se trouvait à 40 km de la résidence des parents. La maman étant trop fatiguée, c’est le papa, un masque chirurgical sur le visage et le bébé dans son siège-auto qui a pris la route.
Arrivé à l’hôpital, passage en pédiatrie puis ordonnance. On a alors fait attendre le père dans une pièce minuscule, sans lit pour la petite, avec un confort spartiate.
Le pharmacien étant d’astreinte il a fallu attendre qu’il arrive sur place.
 
Le papa a choisi de quitter la pièce et d’aller attendre dans sa voiture devant le service des urgences, pour que le bébé soit au moins bien installé.
 
Pendant ce temps, le pharmacien a déconditionné une gélule de Tamiflu 75 mg, le dosage adulte, et a préparé une solution buvable dont il a ajusté la dose au poids de l’enfant.
 
Cette opération est rendue nécessaire par le fait que le fabricant de la suspension buvable de Tamiflu, Roche, est en rupture de stock et, apparemment, le réassort semble trainer.
 
Petit détail non négligeable, le fait d’ouvrir une gélule et d’en récupérer le contenu pour le préparer de façon différente est une action qui est interdite par la loi aux pharmaciens d’officine et donc réservée aux pharmaciens hospitaliers.
 
Bilan pour le père malade et sa fillette : 80 km aller –retour  et deux heures d’attente pour avoir la préparation qui se fait en dix minutes !
 
Et ce papa avait une voiture et pouvait conduire. Mais si la mère avait été seule, alors qu’elle était couchée avec une fièvre carabinée et des courbatures douloureuses ?
 
Cette histoire montre la nécessité de changer quelque peu les modes de fonctionnement si on entre en phase pandémique plus sévère.
 
Enfants et adolescents représentent au moins la moitié des cas de grippe A(H1N1).
Les antiviraux ne sont pas des médicaments magiques ni miraculeux.
A titre individuel, on a peu de preuves de leur efficacité pour éviter des complications graves.
 
Mais ils ont un intérêt en termes de santé publique, puisqu’ils permettent d’ »acheter «  du temps, en ralentissant la vitesse de propagation de l’épidémie.
 
Mais cela à une condition : être donnés très tôt pour protéger l’entourage d’une personne atteinte, surtout les sujets fragiles et les enfants en bas âge, ou au tout début des symptômes.
 
Le fait de ne pas disposer de ces médicaments facilement, de devoir faire des kilomètres, d’attendre des heures dans des locaux où pourront se trouver d’autres personnes potentiellement malades, n’est pas la meilleure solution, ni, surtout, la plus efficace.
 
Il semble donc opportun de permettre aux pharmaciens d’officine de disposer des dosages pédiatriques et de permettre à ceux qui le souhaitent de bénéficier d’une dérogation pour fabriquer la solution pédiatrique buvable.
 
Les  chiffres montrent que les médecins sont parfaitement raisonnables dans leurs prescriptions d’antiviraux et qu’il n’y a pas eu de dérives.
Les pharmaciens ont un maillage du territoire qui les rend proches de la plupart des habitants.
 
Il faut donc songer, au cas où la situation de la pandémie évolue, à réduire les circuits et à permettre à tous les acteurs de santé de proximité de jouer leur rôle pleinement et avec des contraintes allégées.
 
ce dvrait être bientôt décidé pour les formes en gélules, pas pour la forme en suspension buvable.
On se demande bien pourquoi.
 
 

NOTE D’ACTUALITE

Depuis le 9 octobre, les dosages de Tamiflu 30 mg et 45 mg sont disponibles en pharmacie d’officine.

Seule la forme pédiatrique en solution buvale reste délivrée dans les hôpitaux de référence pour les enfants de moins d’un an.

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Dépister le cancer du sein plus tôt : une campagne "people" un peu pipeau.

Beaucoup déplorent que la vie politique relève aujourd’hui trop souvent de la rubrique « people ».
La santé n’est pas loin d’en faire autant, surtout quand on voit des anciens mannequins ou une rédactrice en chef de magazine féminin fixer les objectifs de campagnes de dépistage. Le tout sans que les pouvoirs publics trouvent utile de réagir.
 
Charité bien ordonnée commençant par soi-même, je dois dire ma stupéfaction et c’est un euphémisme, quand, il y a peu, j’ai découvert que dans le JT de France 2 un vendredi soir, j’ai vu Estelle Lefebure venir plaider pour un dépistage généralisé des cancers du sein dès l’âge de 40 ans, au lieu de 50 ans actuellement.
 
Sur d’autres médias on a beaucoup entendu Tina Kieffer, rédactrice en chef de Marie-Claire, venir vendre le même projet. Une idée illustrée dans le magazine précité par des femmes quadragénaires connues montrant leur poitrine.
 
Dans ce dossier on a, paradoxalement, fort peu entendu les médecins, surtout ceux qui connaissent bien les questions de dépistage et qui pourraient donner un avis éclairé sur ce genre de proposition.
 
Rappelons, le : en France, comme dans nombre de pays, le dépistage systématique du cancer du sein se fait chez les femmes entre 50 et 74 ans, à raison d’un examen mammographique tous les deux ans. Cet examen donne lieu à une double, voir une triple lecture afin d’éliminer ou de confirmer les images suspectes.
 
Mais ce qui se fait chez une femme quinquagénaire ne se fait pas aussi facilement chez une femme de quarante ans.
 
Chez une femme jeune, en effet, la radiographie montre un sein très dense dans lequel il peut être très difficile de déceler la présence d’images pathologiques, souvent de l’ordre du millimètre.
 
Les nouvelles techniques d’imagerie, notamment la radiographie numérisée permet d’obtenir une meilleure lisibilité, certes, mais pas de circonvenir tous les problèmes. Il faut donc recourir, à côté de la radiographie, à l’échographie. Dans certains cas, on a même besoin de l’IRM.
 
Cette batterie d’examens entraine de façon non négligeable deux conséquences. La première est ce qu’on appelle un surdiagnostic, c’est-à-dire la mise en évidence de très petites tumeurs qui n’auraient jamais fait parler d’elles. Cette mise en évidence va provoquer la mise en œuvre d’examens tels les biopsies et peut aboutir à un geste chirurgical.
 
L’autre conséquence, beaucoup plus fréquente, ce sont ce qu’on nomme les « faux positifs ». Un examen va révéler une anomalie. Cette anomalie va conduire à la réalisation de prélèvements, gestes qui peuvent être douloureux, voire traumatisants physiquement mais aussi psychologiquement en raison de l’angoisse générée par l’attente.
 
Or, sur des seins jeunes, donc denses, la multiplication des techniques d’imagerie évoquées plus haut est à l’origine d’un nombre certain de faux positifs.
 
Et quand on bloque des ressources pour aboutir à ces prélèvements faussement positifs, on les enlève pour obtenir des diagnostics chez les femmes qui entrent dans le cadre du dépistage organisé, c’est-à-dire celles entre 50 et 74 ans.
 
Il faut savoir, par exemple, que notre pays manque cruellement de pathologistes, ces spécialistes qui examinent les prélèvements sous microscope ou avec des techniques de biologie moléculaire.
 
Il faut aussi se rappeler que l’âge moyen de découverte d’un cancer du sein, en France, est de 62 ans.
 
Cela ne veut pas dire que les cancers du sein n’existent pas chez des femmes plus jeunes. J’en ai vu un chez une jeune femme de 28 ans.
Certaines formes génétiques (4à5 % des cancers du sein) et certaines formes familiales (cancer chez la mère, la sœur, la cousine) peuvent se déclarer entre 35 et 40 ans. Et certaines mastopathies, des modifications de la glande mammaire a priori bénignes, ont un potentiel évolutif malin mieux connu et méritent donc une surveillance plus régulière et précoce.
 
Ces femmes à risque sont d’ailleurs de mieux en mieux identifiées et suivies. Chez elles, la mise en œuvre de tous les moyens d’imagerie se justifie, l’IRM en particulier.
 
Mais aujourd’hui, il n’existe aucune étude, aucune preuve scientifique ou épidémiologique suffisamment probantes qui justifient  la mise en place d’un dépistage généralisé de la population féminine dès 40 ans.
 
Car on doit raisonner en terme de population et non pas en termes individuels.
Un dépistage « sauvage », non organisé, sans qu’on impose des critères de lecture et de matériel creuserait encore plus les inégalités.
 
Or, actuellement, le dépistage national est encore loin d’avoir atteint le seuil efficace, dans la population où la fréquence de ce cancer est la plus élevée.
 
On est , en effet, à peine au dessus de 51 % de la population concernée qui a répondu aux convocations, le bonnet d’âne revenant aux Parisiennes, avec un taux de réponse aux convocations de 27% !
 
Cela n’interdit pas de réfléchir à de nouvelles modalités, comme, par exemple, des examens « repères » proposés à 40 ans et 45 ans.
 
Mais, de grâce, évitons de faire faire la politique de santé publique par d’anciens top-modèles ou des patronnes de journaux féminins aux réseaux médiatiques puissants.
 
On notera, au passage, le grand silence des pouvoirs publics, responsables des choix en matière de dépistage et qui pourraient, faute de répondre à ces « campagnes » demander à des structures expertes, l’Institut national du cancer par exemple, de dire pourquoi ce dépistage avancé ne serait pas efficace.
 
Un dernier mot un peu perfide : je ne suis pas certain que toutes celles qui ont décidé de poser torse nu aient été mises au courant des difficultés techniques du dépistage à leur âge. Certaines d’entre elles ont eu recours à une chirurgie dite « d’augmentation », avec des prothèses en silicone.
 
 Et là, la mammographie devient assez compliquée à lire parfois !
 
 
 
NOTE D’ACTUALITE DU 07/10/2009
 
Le journal « Le Parisien » nous apprend, ce jour, que des personnalités du show-biz et des membres du corps médical ont écrit à carla Sarjkozy-Bruni pour lui demander d’intervvenir en faveur de l’abaissement de l’àge de dépistage des cancers du sein de 50 à 40 ans.

Comme je l’ai dit plus haut, la mise en place d’un dépistage généralisé au moyen de la seule mammographie à partir de 40 ans est considérée comme inefficace par tous les vrais spécialistes en cancérologie et en épidémiologie des cancers.



Mais un certain nombre de personnes particulièrement intéressées par la pratique de clichés multiples et payés relativement cher souhaitent implanter cette notion de dépistage individuel dans la tête des femmes, quitte à avancer des chiffres faux en matière de prévalence des cancers chez les femmes avant 50 ans.



J’ose encore espérer que dans notre pays les décisions de santé publique prises par les pouvoirs publics correspondent à des réflexions nourries par des experts plutôt que par des personnalités du show-biz..
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VIH/SIDA : un essai à deux vaccins mais pas encore la bonne combinaison.

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Grippe A(H1N1) : le syndrome de Guillain-Barré , explications sur un phénomène étrange.

C’est un syndrome étrange et dont on parle beaucoup aujourd’hui. La description d’une atteinte neurologique par Guillain et Barré en 1916 et le syndrome éponyme alimente maintes conversations au sujet de la vaccination contre le virus A(H1N1).
Pourtant, ce syndrome est rarement lié aux vaccins.
 
 
Des sensations d’engourdissement, des douleurs musculaires deux ou trois semaines après une infection respiratoire, telle une grippe ou une pharyngite  ou une gastroentérite. Puis, quelques jours plus tard, des déficits moteurs s’installent, autrement dits des parésies et des paralysies.
 
Voilà le tableau le plus habituel de ce qu’on appelle le syndrome de Guillain-Barré.
Cette manifestation neurologique est, en fait, une forme de maladie site « auto-immune’.
Les cellules de défense de l’organisme vont, en effet, attaquer la gaine de myéline, c’est-à-dire l’enveloppe qui protège les nerfs.
Un peu à la façon d’un câble électrique dont on dénuderait la gaine, cette mise à nu va provoquer des interruptions de transmission de l’influx nerveux avec une fonte des muscles qui répondent à l’action des nerfs blessés.
 
Dans la plupart des cas, le patient va recouvrer complètement, mais dans 10 % des cas existent des séquelles, notamment une faiblesse musculaire.
Les formes les plus graves, celles qui touchent les muscles respiratoires notamment, peuvent entrainer une issue fatale.
 
Mais les techniques actuelles de réanimation et l’utilisation d’immunoglobulines ont bien modifié le pronostic.
 
Ce syndrome n’est, heureusement pas très fréquent. Les statistiques vont de 0,2 à 2 pour cent mille.
 
Cause première, nous l’avons dit, les infections virales et bactériennes, notamment les infections respiratoires et ORL et les infections digestives. Un germe est d’ailleurs fortement suspecté dans ce cas, c’est la bactérie dénommée Campylobacter jejuni. Nous en reparlerons.
 
Mais ce syndrome peut aussi survenir après une intervention chirurgicale et au cours de certains cancers, notamment ceux qui impliquent des cellules sanguines de défense, comme la maladie de Hodgkin et les lymphomes.
 
Et la vaccination, me direz-vous ?
Elle est sans doute parfois impliquée, avec un risque potentiel estimé à un cas sur un million.
Ce fut l’ancien vaccin contre la rage, préparé à partir de tissu cérébral animal qui souleva les premiers doutes.
Puis vint l’épisode de 1976, la bouffée épidémique de fièvre porcine qui toucha la base militaire de Fort Dix aux Etats-Unis.
 
A la suite de cette épidémie, le gouvernement américain décida d’une campagne universelle de vaccination. En quelques mois, on constata la survenue de 500 cas de syndrome de Guillain barré et 25 décès. Ce risque imprévu entraina l’arrêt de la campagne massive de vaccination. A noter que trois millions d’Européens reçurent également ce vaccin et qu’aucun cas de SGB ne fut décrit.
 
Depuis, d’autres vaccins ont été suspectés, comme le vaccin oral contre la poliomyélite.
Mais aucune confirmation n’a été apportée en ce sens, des études prospectives ont même montré que cet effet secondaire sévère était beaucoup plus rare qu’escompté.
 
Les recherches continuent pour savoir ce qui s’est passé en 1976. On a retrouvé des flacons de vaccin, on les a étudiés avec les outils les plus récents de la biologie moléculaire et on n’a encore pas de piste.
 
Contrairement à ce qui s’est beaucoup dit ces derniers temps, ce vaccin ne contenait aucun adjuvant.
 
Dans les préparations actuellement élaborées, il y aura deux adjuvants et des vaccins sans adjuvants. Les deux adjuvants ont été utilisés chez plusieurs dizaines de millions de personnes sans incident notable, comme je l’ai déjà signalé.
 
Pourquoi certaines personnes déclenchent-elles un tel syndrome et d’autres non ? C’est le mystère des maladies auto-immunes. Il est possible que le produit injecté provoque ce qu’on appelle une « imitation moléculaire ». Les cellules de défense, « photographient » mal l’intrus, font une erreur dans leur représentation de l’agresseur antigénique et vont attaquer une structure de l’organisme qui ressemble peu ou prou dans sa structure intime à l’envahisseur.
 
Le rôle des virus est ainsi suggéré dans un certain nombre de maladies, du diabète insulinodépendant à la sclérose en plaques.
 
On a aussi beaucoup évoqué ce fameux Campylobacter jejuni dans la genèse du syndrome.
Cette bactérie est de moins en moins présente dans la population et, parallèlement, la fréquence du syndrome de Guillain-barré diminue.
 
 
« Toujours et jamais sont des mots qui existent en politique et en amour, pas en médecine » a l’habitude de dire leprofesseur Emile Aron, mon Maître.
 
Dire que la vaccination n’entrainera pas l’apparition de quelques cas de syndrome de Guillain barré serait d’une grande malhonnêteté intellectuelle.
Mais dire qu’il y en aura des milliers est également peu honnête.
 
Je le redis, statistiquement le risque potentiel est de 1 cas sur un million. Risque hypothétique.
Le risque de complications graves et de décès liés à cette nouvelle grippe est de 1 pour mille.
Soit une magnitude mille fois plus élevée.
 
Personne n’aura l’obligation de se faire vacciner, mais la décision devra se faire à partir d’informations les plus solides possibles, pas sur des rumeurs ou de l’intoxication, d’où qu’elles viennent.
 
C’est aussi cela le choix citoyen.
 
 
Une excellente revue sur les vaccins et le syndrome de Guillain-Barré a été publiée récemment.
En voici la référence :
 
Penina Haber et al.
 Vaccines and Guillain-Barré Syndrome
Drug Safety 2009 ; 32,4 :309-323
 
 

SPECIAL DEDICACE

Je tiens à féliciter le responsable du blog ‘epidemi.es’.

Il vient sur mon blog, fait un copier-coller des articles et se les attribue.

Bravo donc à ce travailleur forcené qui va bientôt avoir autant d’ennemis que moi, le pôvre !

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Arthrose du genou : des petits exercices calment mieux la douleur que le régime.

Un genou plein d’arthrose, des kilos en trop et des douleurs. Une situation que je ne dois pas être le seul à connaître mais pour laquelle une bonne nouvelle nous vient d’Angleterre. Juste quelques exercices et cela pourrait aller mieux.
 
Avoir mal au genou ce n’est pas très chou et on en arrive à hululer comme un hibou.
Avec le temps, l’arthrose s’installe dans les genoux et pour peu que vous soyez au dessus, voir comme dans mon cas, très au dessus du poids idéal, vous souffrez souvent.
 
Comme les anti-inflammatoires et les antalgiques ce n’est pas toujours la solution, et que la durée de vie des prothèses de genou n’est pas illimitée, on est tenté de trouver d’autres moyens.
 
Il y a bien sûr le chondroïtine sulfate, avec des résultats pas obligatoirement formidables.
Et puis, il y a tous ceux qui vous disent : « il faut perdre du poids ».
Facile à dire. Avec tous les régimes que j’ai faits, je dois être en poids négatif depuis longtemps !
 
Une équipe anglaise de l’université de Nottingham a mené une expérience intéressante qu’elle vient de publier dans le British Medical Journal, le BMJ.
 
Ils ont recruté 396 femmes et hommes âgés de plus de 45 ans, fréquentant des cabinets de médecine générale, qui se plaignaient de gonalgies, des douleurs du genou et dont l’indice de masse corporelle était supérieur à 28, donc en surpoids.
Ces patients ont été répartis en quatre groupes.
Les trois premiers avaient des interlocuteurs qui se rendaient à leur domicile.
 
Le premier groupe bénéficiait de conseils diététiques visant à réduire leurs apports caloriques de 600 kcalories par jour et devaient faire des exercices de renforcement du muscle quadriceps, le muscle de la face antérieure de la cuisse.
 
Le deuxième groupe suivait seulement un régime, le troisième faisait seulement les exercices.
 
Le quatrième groupe ne bénéficiait d’aucune intervention personnalisée mais avait reçu un petit document avec des conseils diététiques.
 
Le suivi avait lieu au bout de 6, 12,18 et 24 mois. Au terme de ces deux années, 289 personnes étaient encore dans l’étude, soit environ trois quarts de l’effectif de départ.
 
Un petit mot sur les exercices. Il s’agissait de mouvements simples, comme une flexion-extension du pied. Ou bien, le sujet assis par terre, jambes allongées, une serviette roulée sous l’un des genoux, on lui demandait de pousser pour »écraser « la serviette afin de faire travailler les muscles de la cuisse. Puis des exercices de résistance contre une bande élastique, ou encore passer de la position assise à la position debout, ou monter et descendre une marche.
La règle était de faire deux exercices par jour, chacun étant répété cinq fois.
 

 
Au terme des deux ans, les auteurs ont constaté que des quatre groupes de départ, une réduction de plus de 30 % des douleurs par rapport au départ a été obtenue dans le groupe pratiquant les exercices seuls.
 
C’est le seul groupe dont le résultat a été statistiquement significatif. Pour les autres groupes, une amélioration non significative a été notée dans l’ordre décroissant suivant :
Régime et exercice
Régime seul
Conseil diététique sans visite à domicile.
 
Des exemples d’exercice sont disponibles sur le site de la Société française de rhumatologie
 
 
 
Et pour ceux qui veulent à la fois muscler leurs genoux et leur connaissance de l’anglais, le site de l’Arthritis Research Campaign propose également des exercices illustrés.
 
 
Référence de l’étude :
 
Claire Jenkinson et al.
Effects of dietary intervention and quadriceps strengthening exercises on pain and function in overweight people with knee pain: randomised controlled trial
BMJ 2009; 339:b3170
Doi:10.1136/bmj.b3170
 
 
 
 
LES EXERCICES DE LA VIDEO    (graphisme Marc Topet)
 
Très simples à faire. les deux premiers mois, on fait les deux premiers, c’est à dire la flexion de la cheville et l’écrasement de la serviette placée sous le creux poplité.
 
Le troisième mois, on commence les mouvements « assis-debout » et les marches.
Enfin au sixième mois, on peut attaquer la « torture » de la chaise.
Dos collé au mur, en flexion, on résiste le plus longtemps possible !

 

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Grippe A(H1N1) : quelques précisions sur les adjuvants et le bon usage des traitements.

Dans la marée déferlante de choses dites, vues et écrites sur le virus A(H1N1), les vaccins en préparation et les traitements, il est bon de préciser certains éléments. Surtout si on a pu, et c’est mon cas, être à l’origine d’une certaine confusion.
 
Commençons par le sujet favori de nombreux sites : les adjuvants.
Je rappelle que ces substances sont ajoutées aux vaccins afin d’amplifier la réponse immunitaire de l’organisme. Certains d’entre eux ont posé problème par le passé et ne sont plus utilisés.
 
Dans les vaccins en préparation, il existera des produits avec et sans adjuvant.
 
Il n’y a, contrairement à ce qui peut se dire, aucun essai de vaccin avec des adjuvants à base de sels d’aluminium.
 
Les deux adjuvants utilisés ne sont pas nouveaux.
L’un est utilisé dans les vaccins grippaux saisonniers. Il a déjà été administré à 40 millions de personnes, sans aucun effet secondaire grave notoire et sans aucun syndrome de Guillain-Barré constaté. Il s’agit du MF59.
 
Le second adjuvant est utilisé dans le vaccin contre le virus HPV, virus impliqué dans la genèse d’un certain nombre de cancers du col de l’utérus.
 
 
Au passage, je signale que,dans le journal « La Croix » qui sort demain 16 septembre, le professeur Claude Hannoun précise que le vaccin utilisé en 1976 ne contenait aucun adjuvant.
 
Le Dr Penina Haber, spécialiste de la sécurité vaccinale au Centre de contrôle des maladies d’Atlanta, le célèbre CDC, me confirme également que ce vaccin n’a jamais contenu d’adjuvant.
 
En ce qui concerne l’usage de l’oseltamivir, vendu sous le nom de Tamiflu, j’ai dit hier dans le JT de 20 heures que devant des signes d’atteinte respiratoire sévère chez une personne souffrant d’une grippe, la prescription de Tamiflu était possible.
Ces tableaux sévères sont ceux qui nécessitent une prise en charge médicale particulière.
Il ne s’agit pas de prescrire duTamiflu   d’emblée et à tout le monde.
 
Je suis désolé si mes propos ont pu induire une confusion et compliquer la vie des médecins de famille qui sont en première ligne pour gérer l’afflux des patients.
 

NOTE D’ACTUALITE

A la suite du décès d’un jeune homme de 26 ans sans facteurs de risque connu, je vous propose de lire ou de relire les billets publiés le 29 juin et le 14 juillet 2009.

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Grippe A(H1N1) : un bon remède aux angoisses

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Grippe A(H1N1) : Premiers résultats vaccinaux. Et pour la bétise, il y aura un vaccin ?








A l’époque d’Internet, les rumeurs se répandent aussi vite que la pandémie.

Mais ce qui est incroyable c’est que certains vont gober ces rumeurs sans prendre la peine d’aller les vérifier.

 

La plus belle connerie, et j’emploie le mot à dessein, que j’entends et que je lis ces derniers temps concerne la « grippe espagnole » qui ravagea la planète entre 1918 et 1920.

Ce virus A H1N1 d’origine aviaire, faucha entre 20 et 50 millions de personnes, dont mon poète favori, Guillaume Apollinaire.

 

Et voici que depuis des semaines, la rumeur enfle et se propage. Ce serait la vaccination et non pas le virus qui aurait fait que cette maladie se soit ainsi propagée et fait autant de morts.

 

Je signale aux esprits crédules et aux personnes qui ignorent qu’on peut se documenter soit directement sur le Net, soit dans des bibliothèques, que le premier vaccin contre la grippe a été mis au point au cours de la Seconde guerre mondiale, après qu’on a, en 1931, réussi pour la première fois à faire pousser le virus de la grippe sur des œufs de poule embryonnés.

 

Le premier vaccin contre la grippe est donc arrivé 25 ans après la grippe espagnole ! Bravo les « marchands de peur ».

 

Je rappelle encore une fois que ce genre de rumeur a été également propagé quant à l’origine du VIH. Alors que des études ont montré et démontré que ce virus avait pour origine le passage d’un virus du chimpanzé à l’homme probablement autour des années 1900-1930, les rois de la théorie du complot maintiennent que c’est en vaccinant des habitants du Zaïre contre la poliomyélite que le virus a été disséminé.

 

Et qu’importe si des échantillons de ces vaccins ont été, depuis, analysés avec les techniques les plus modernes de la biologie moléculaire et ont montré que cette assertion est fausse, la rumeur court toujours.

 

Je trouve, en tant que citoyen, qu’il est bien triste à une époque comme la notre, que des personnes a priori pas bornées, acceptent, telles des oies, d’être gavées de rumeurs sans chercher à en vérifier les fondements.

 

De la même façon que je trouve normal qu’on puisse remettre en cause les travaux scientifiques et le travail des journalistes, je trouverai normal qu’on se pose des questions sur la nature de certaines « informations » et sur les intérêts qui se cachent derrière ces rumeurs.

 

J’ai le droit aussi à ma petite parano, non ?

 

 

 NOTE D’ACTUALITE

 

Les premiers résultats d’un essai vaccinal sont rendus publics ce soir dans la revue New England Journal of Medicine.

Une équipe australienne a développé un vaccin avec la nouvelle souche A(H1N1).

Après la première des deux injections prévues , ils observent une réponse immunitaire satisfaisante chez 96 % des volontaires .

Il n’y a pas eu d’effets secondaires graves, même si 45 ù des sujets ont présenté des douleurs au point d’injection ou des maux de tête.

Ce travail montre que même si on s’oriente sur une vaccination en deux doses, une seule injection génère des anticorps à un taux protecteur..

Il faudra agrandir la population étudiée et voir quelle est la réponse immunitaire chez d’autres sujets que des adultes sains pour pouvoir avoir une opinion définitive.

Mais il semble que ce vaccin ne laisse pas indifférentes nos défenses immunitaires, ce qui est un bon signe a priori et devrait permette de tester des doses encore plus faibles d’antigènes vaccinaux.

 

 

Référence de l’étude :

Michael E. Greenberg et al








Preliminary Report – Response after One Dose of a Monovalent 2009 Influenza A (H1N1) Vaccine

N.Engl J Med published online 10 september 2009


doi:10.1056/ NEJMoa09074130







 

Petite note de bas de page

 

Une ou deux personnes laissent régulièrement des commentaires agressifs et au-delà même sur ce blog. Tout cela, bien sûr sous couvert d’un courageux anonymat !

Je ne mets pas ces commentaires en ligne car la lacheté me dégôute.

J’ai décidé, d’ailleurs, de ne plus afficher les commentaires anonymes, sauf s’il y a une adresse e-mail vérifiable.

La confidentialité des intervenants est totalement garantie sur ce blog, toutes les opinions sont admises. pas les insultes, les propos racistes, ni la diffamation.

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Grippe A(H1N1) : une protection vaccinale individualisée plutôt que collective, faute de temps.





A mesure que l’épidémie s’approche, la question de la vaccination enfle et suscite interrogations légitimes et certaines campagnes dont on se demande à qui elles profitent.

 

Sans être grand clerc, on peut dire que les effets combinés de la rentre scolaire et de la reprise des activités professionnelles va entraîner une accélération des cas de grippe A(H1N1).

Cette accélération fait que le seuil épidémique sera vite atteint et que la stratégie vaccinale va se poser de façon très différente d’une situation où on disposerait des vaccins et où on aurait le temps de voir venir l’épidémie.

 

On va donc s’orienter vers une politique de vaccination ,destinées à des groupes précis, toujours sur la base du volontariat.

Le but est donc une protection individualisée des sujets à risque et non plus une tentative de protection collective.

 

On peut donc imaginer que dans les prochains jours, des décisions seront prises visant les enfants et les adolescents atteints de certaines pathologies chroniques, de même que les adultes fragilisés également par des pathologies  au long cours.

 

Pour ces adultes, on ne sait pas encore quelle sera la limite d’âge supérieure. Les virus H1N1 ont cette particularité d’être fort peu agressifs sur les personnes âgées et même sur des sujets nés avant 1957, cela semble du au fait que ces virus circulent depuis très longtemps dans notre environnement et qu’une partie d’entre nous soit déjà quelque peu immunisée naturellement.

 

Il y aura également des mesures concernant les catégories professionnelles indispensables à la marche du pays. A ce sujet, un sondage mené par un syndicat infirmier montre que 63 % de celles et ceux qui ont répondu disent ne pas vouloir se faire vacciner.

 

Mais quand on est au contact de personnes fragilisées, qu’on passe de maison en maison ou de chambre en chambre, peut-on, en toute conscience, se dire qu’après tout on ne se fera pas vacciner ?

Le représentant de ce syndicat disait dans le JT de 13 heures de France 2 aujourd’hui que « bien sûr, les infirmières travaillant dans un service de réanimation néo-natale le feront ». Mais celles qui travaillent en cancérologie, dans un service de pneumologie, en diabétologie ?

Et dans les maternités qui accueillent des femmes enceintes qui ont des grossesses difficiles ?

 

Depuis quelques semaines, on entend aussi beaucoup de choses sur le rôle de l’adjuvant, cette substance intégrée aux vaccins et qui a pour but de stimuler l’immunité.

 

Il y a eu, par le passé, des raisons de s’inquiéter de certains de ces adjuvants, notamment des dérivés mercuriels et certains sels d’aluminium.

 

Le risque nul n’existe pas en médecine.

 

Mais la probabilité estimée de développer une maladie neurologique de type syndrome de Guillain-Barré est estimée aujourd’hui à 1 pour un million.

Le risque de mourir de cette nouvelle grippe est cinq cent fouis plus élevé, notamment lorsqu’on considère les personnes les plus fragiles.

 

Il y a donc une balance des risques à considérer et des choix à faire en connaissant les deux données qui sont sur les plateaux de la balance.

 

Un dernier point enfin. Une des commentatrices de ce blog était fort mécontente que je n’adhère pas à des informations qu’elle avait obtenues pourtant, disait-elle, d’un médecin.

 

Je ne connais pas ce médecin et n’ai aucune raison de le mettre en cause.

 

Je voudrais simplement dire qu’un médecin, quel qu’il soit, n’est pas St Jean Chrysostome.

Le titre de médecin ne confère pas la vérité absolue.

 

Je voudrais rappeler, par exemple, qu’on estime qu’en France, environ 3000 médecins sont membres ou proches de mouvements sectaires. Faut-il rappeler que Luc Jourret, l’un des leaders de l’ordre du Temple solaire, de sinistre mémoire, était médecin ?

 

Donc, le label « dit par un médecin », n’a pas de valeur supplémentaire que la confiance que vous accordez à ce médecin et je m’inclus largement dans le lot !




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