Archives quotidiennes : 21 septembre 2009

Grippe A(H1N1) : le syndrome de Guillain-Barré , explications sur un phénomène étrange.

C’est un syndrome étrange et dont on parle beaucoup aujourd’hui. La description d’une atteinte neurologique par Guillain et Barré en 1916 et le syndrome éponyme alimente maintes conversations au sujet de la vaccination contre le virus A(H1N1).
Pourtant, ce syndrome est rarement lié aux vaccins.
 
 
Des sensations d’engourdissement, des douleurs musculaires deux ou trois semaines après une infection respiratoire, telle une grippe ou une pharyngite  ou une gastroentérite. Puis, quelques jours plus tard, des déficits moteurs s’installent, autrement dits des parésies et des paralysies.
 
Voilà le tableau le plus habituel de ce qu’on appelle le syndrome de Guillain-Barré.
Cette manifestation neurologique est, en fait, une forme de maladie site « auto-immune’.
Les cellules de défense de l’organisme vont, en effet, attaquer la gaine de myéline, c’est-à-dire l’enveloppe qui protège les nerfs.
Un peu à la façon d’un câble électrique dont on dénuderait la gaine, cette mise à nu va provoquer des interruptions de transmission de l’influx nerveux avec une fonte des muscles qui répondent à l’action des nerfs blessés.
 
Dans la plupart des cas, le patient va recouvrer complètement, mais dans 10 % des cas existent des séquelles, notamment une faiblesse musculaire.
Les formes les plus graves, celles qui touchent les muscles respiratoires notamment, peuvent entrainer une issue fatale.
 
Mais les techniques actuelles de réanimation et l’utilisation d’immunoglobulines ont bien modifié le pronostic.
 
Ce syndrome n’est, heureusement pas très fréquent. Les statistiques vont de 0,2 à 2 pour cent mille.
 
Cause première, nous l’avons dit, les infections virales et bactériennes, notamment les infections respiratoires et ORL et les infections digestives. Un germe est d’ailleurs fortement suspecté dans ce cas, c’est la bactérie dénommée Campylobacter jejuni. Nous en reparlerons.
 
Mais ce syndrome peut aussi survenir après une intervention chirurgicale et au cours de certains cancers, notamment ceux qui impliquent des cellules sanguines de défense, comme la maladie de Hodgkin et les lymphomes.
 
Et la vaccination, me direz-vous ?
Elle est sans doute parfois impliquée, avec un risque potentiel estimé à un cas sur un million.
Ce fut l’ancien vaccin contre la rage, préparé à partir de tissu cérébral animal qui souleva les premiers doutes.
Puis vint l’épisode de 1976, la bouffée épidémique de fièvre porcine qui toucha la base militaire de Fort Dix aux Etats-Unis.
 
A la suite de cette épidémie, le gouvernement américain décida d’une campagne universelle de vaccination. En quelques mois, on constata la survenue de 500 cas de syndrome de Guillain barré et 25 décès. Ce risque imprévu entraina l’arrêt de la campagne massive de vaccination. A noter que trois millions d’Européens reçurent également ce vaccin et qu’aucun cas de SGB ne fut décrit.
 
Depuis, d’autres vaccins ont été suspectés, comme le vaccin oral contre la poliomyélite.
Mais aucune confirmation n’a été apportée en ce sens, des études prospectives ont même montré que cet effet secondaire sévère était beaucoup plus rare qu’escompté.
 
Les recherches continuent pour savoir ce qui s’est passé en 1976. On a retrouvé des flacons de vaccin, on les a étudiés avec les outils les plus récents de la biologie moléculaire et on n’a encore pas de piste.
 
Contrairement à ce qui s’est beaucoup dit ces derniers temps, ce vaccin ne contenait aucun adjuvant.
 
Dans les préparations actuellement élaborées, il y aura deux adjuvants et des vaccins sans adjuvants. Les deux adjuvants ont été utilisés chez plusieurs dizaines de millions de personnes sans incident notable, comme je l’ai déjà signalé.
 
Pourquoi certaines personnes déclenchent-elles un tel syndrome et d’autres non ? C’est le mystère des maladies auto-immunes. Il est possible que le produit injecté provoque ce qu’on appelle une « imitation moléculaire ». Les cellules de défense, « photographient » mal l’intrus, font une erreur dans leur représentation de l’agresseur antigénique et vont attaquer une structure de l’organisme qui ressemble peu ou prou dans sa structure intime à l’envahisseur.
 
Le rôle des virus est ainsi suggéré dans un certain nombre de maladies, du diabète insulinodépendant à la sclérose en plaques.
 
On a aussi beaucoup évoqué ce fameux Campylobacter jejuni dans la genèse du syndrome.
Cette bactérie est de moins en moins présente dans la population et, parallèlement, la fréquence du syndrome de Guillain-barré diminue.
 
 
« Toujours et jamais sont des mots qui existent en politique et en amour, pas en médecine » a l’habitude de dire leprofesseur Emile Aron, mon Maître.
 
Dire que la vaccination n’entrainera pas l’apparition de quelques cas de syndrome de Guillain barré serait d’une grande malhonnêteté intellectuelle.
Mais dire qu’il y en aura des milliers est également peu honnête.
 
Je le redis, statistiquement le risque potentiel est de 1 cas sur un million. Risque hypothétique.
Le risque de complications graves et de décès liés à cette nouvelle grippe est de 1 pour mille.
Soit une magnitude mille fois plus élevée.
 
Personne n’aura l’obligation de se faire vacciner, mais la décision devra se faire à partir d’informations les plus solides possibles, pas sur des rumeurs ou de l’intoxication, d’où qu’elles viennent.
 
C’est aussi cela le choix citoyen.
 
 
Une excellente revue sur les vaccins et le syndrome de Guillain-Barré a été publiée récemment.
En voici la référence :
 
Penina Haber et al.
 Vaccines and Guillain-Barré Syndrome
Drug Safety 2009 ; 32,4 :309-323
 
 

SPECIAL DEDICACE

Je tiens à féliciter le responsable du blog ‘epidemi.es’.

Il vient sur mon blog, fait un copier-coller des articles et se les attribue.

Bravo donc à ce travailleur forcené qui va bientôt avoir autant d’ennemis que moi, le pôvre !

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Arthrose du genou : des petits exercices calment mieux la douleur que le régime.

Un genou plein d’arthrose, des kilos en trop et des douleurs. Une situation que je ne dois pas être le seul à connaître mais pour laquelle une bonne nouvelle nous vient d’Angleterre. Juste quelques exercices et cela pourrait aller mieux.
 
Avoir mal au genou ce n’est pas très chou et on en arrive à hululer comme un hibou.
Avec le temps, l’arthrose s’installe dans les genoux et pour peu que vous soyez au dessus, voir comme dans mon cas, très au dessus du poids idéal, vous souffrez souvent.
 
Comme les anti-inflammatoires et les antalgiques ce n’est pas toujours la solution, et que la durée de vie des prothèses de genou n’est pas illimitée, on est tenté de trouver d’autres moyens.
 
Il y a bien sûr le chondroïtine sulfate, avec des résultats pas obligatoirement formidables.
Et puis, il y a tous ceux qui vous disent : « il faut perdre du poids ».
Facile à dire. Avec tous les régimes que j’ai faits, je dois être en poids négatif depuis longtemps !
 
Une équipe anglaise de l’université de Nottingham a mené une expérience intéressante qu’elle vient de publier dans le British Medical Journal, le BMJ.
 
Ils ont recruté 396 femmes et hommes âgés de plus de 45 ans, fréquentant des cabinets de médecine générale, qui se plaignaient de gonalgies, des douleurs du genou et dont l’indice de masse corporelle était supérieur à 28, donc en surpoids.
Ces patients ont été répartis en quatre groupes.
Les trois premiers avaient des interlocuteurs qui se rendaient à leur domicile.
 
Le premier groupe bénéficiait de conseils diététiques visant à réduire leurs apports caloriques de 600 kcalories par jour et devaient faire des exercices de renforcement du muscle quadriceps, le muscle de la face antérieure de la cuisse.
 
Le deuxième groupe suivait seulement un régime, le troisième faisait seulement les exercices.
 
Le quatrième groupe ne bénéficiait d’aucune intervention personnalisée mais avait reçu un petit document avec des conseils diététiques.
 
Le suivi avait lieu au bout de 6, 12,18 et 24 mois. Au terme de ces deux années, 289 personnes étaient encore dans l’étude, soit environ trois quarts de l’effectif de départ.
 
Un petit mot sur les exercices. Il s’agissait de mouvements simples, comme une flexion-extension du pied. Ou bien, le sujet assis par terre, jambes allongées, une serviette roulée sous l’un des genoux, on lui demandait de pousser pour »écraser « la serviette afin de faire travailler les muscles de la cuisse. Puis des exercices de résistance contre une bande élastique, ou encore passer de la position assise à la position debout, ou monter et descendre une marche.
La règle était de faire deux exercices par jour, chacun étant répété cinq fois.
 

 
Au terme des deux ans, les auteurs ont constaté que des quatre groupes de départ, une réduction de plus de 30 % des douleurs par rapport au départ a été obtenue dans le groupe pratiquant les exercices seuls.
 
C’est le seul groupe dont le résultat a été statistiquement significatif. Pour les autres groupes, une amélioration non significative a été notée dans l’ordre décroissant suivant :
Régime et exercice
Régime seul
Conseil diététique sans visite à domicile.
 
Des exemples d’exercice sont disponibles sur le site de la Société française de rhumatologie
 
 
 
Et pour ceux qui veulent à la fois muscler leurs genoux et leur connaissance de l’anglais, le site de l’Arthritis Research Campaign propose également des exercices illustrés.
 
 
Référence de l’étude :
 
Claire Jenkinson et al.
Effects of dietary intervention and quadriceps strengthening exercises on pain and function in overweight people with knee pain: randomised controlled trial
BMJ 2009; 339:b3170
Doi:10.1136/bmj.b3170
 
 
 
 
LES EXERCICES DE LA VIDEO    (graphisme Marc Topet)
 
Très simples à faire. les deux premiers mois, on fait les deux premiers, c’est à dire la flexion de la cheville et l’écrasement de la serviette placée sous le creux poplité.
 
Le troisième mois, on commence les mouvements « assis-debout » et les marches.
Enfin au sixième mois, on peut attaquer la « torture » de la chaise.
Dos collé au mur, en flexion, on résiste le plus longtemps possible !

 

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