Archives quotidiennes : 30 septembre 2009

Grippe A(H1N1) : Certains dosages pédiatriques de Tamiflu bientôt en pharmacie d’officine.

Les modalités de délivrance de l’oseltamivir (Tamiflu) dans ses dosages pédiatriques devraient bientôt être modifiées. Une simplification qui sera la bienvenue.
 
Dans l’état actuel des choses, quand un médecin prescrit du Tamiflu pour un enfant et, encore plus, chez un nourrisson de moins de un an, il faut qu’il prévienne la famille qu’elle part dans un vrai parcours du combattant !
 
Car les dosages pédiatriques, suspension buvable et gélules à 30 et 45 milligrammes, ne sont pas disponibles dans les officines. Il faut aller dans les hôpitaux de référence pour s’en procurer.
 
Encore faut-il être passé par le service de pédiatrie qui va confirmer la prescription du médecin de famille et, ensuite espérer que la pharmacie hospitalière va pouvoir délivrer le produit promptement !
 
Une famille du Haut-Rhin a ainsi pu essuyer les plâtres au début septembre avec leur nourrisson, une fillette de 11 mois., comme le raconte fort bien le Dr Marcel Ruetsch, un de ces médecins de famille qui font l’image de cette discipline. 
 
Le père, la mère et un des trois filles, âgée de 9 ans, étaient atteints d’une grippe A(H1N1) confirmée virologiquement. Le médecin de famille a donc décidé, comme le prévoient les recommandations officielles, de prévenir le centre 15 pour que le nourrisson soit mis sous Tamiflu.
L’hôpital de référence se trouvait à 40 km de la résidence des parents. La maman étant trop fatiguée, c’est le papa, un masque chirurgical sur le visage et le bébé dans son siège-auto qui a pris la route.
Arrivé à l’hôpital, passage en pédiatrie puis ordonnance. On a alors fait attendre le père dans une pièce minuscule, sans lit pour la petite, avec un confort spartiate.
Le pharmacien étant d’astreinte il a fallu attendre qu’il arrive sur place.
 
Le papa a choisi de quitter la pièce et d’aller attendre dans sa voiture devant le service des urgences, pour que le bébé soit au moins bien installé.
 
Pendant ce temps, le pharmacien a déconditionné une gélule de Tamiflu 75 mg, le dosage adulte, et a préparé une solution buvable dont il a ajusté la dose au poids de l’enfant.
 
Cette opération est rendue nécessaire par le fait que le fabricant de la suspension buvable de Tamiflu, Roche, est en rupture de stock et, apparemment, le réassort semble trainer.
 
Petit détail non négligeable, le fait d’ouvrir une gélule et d’en récupérer le contenu pour le préparer de façon différente est une action qui est interdite par la loi aux pharmaciens d’officine et donc réservée aux pharmaciens hospitaliers.
 
Bilan pour le père malade et sa fillette : 80 km aller –retour  et deux heures d’attente pour avoir la préparation qui se fait en dix minutes !
 
Et ce papa avait une voiture et pouvait conduire. Mais si la mère avait été seule, alors qu’elle était couchée avec une fièvre carabinée et des courbatures douloureuses ?
 
Cette histoire montre la nécessité de changer quelque peu les modes de fonctionnement si on entre en phase pandémique plus sévère.
 
Enfants et adolescents représentent au moins la moitié des cas de grippe A(H1N1).
Les antiviraux ne sont pas des médicaments magiques ni miraculeux.
A titre individuel, on a peu de preuves de leur efficacité pour éviter des complications graves.
 
Mais ils ont un intérêt en termes de santé publique, puisqu’ils permettent d’ »acheter «  du temps, en ralentissant la vitesse de propagation de l’épidémie.
 
Mais cela à une condition : être donnés très tôt pour protéger l’entourage d’une personne atteinte, surtout les sujets fragiles et les enfants en bas âge, ou au tout début des symptômes.
 
Le fait de ne pas disposer de ces médicaments facilement, de devoir faire des kilomètres, d’attendre des heures dans des locaux où pourront se trouver d’autres personnes potentiellement malades, n’est pas la meilleure solution, ni, surtout, la plus efficace.
 
Il semble donc opportun de permettre aux pharmaciens d’officine de disposer des dosages pédiatriques et de permettre à ceux qui le souhaitent de bénéficier d’une dérogation pour fabriquer la solution pédiatrique buvable.
 
Les  chiffres montrent que les médecins sont parfaitement raisonnables dans leurs prescriptions d’antiviraux et qu’il n’y a pas eu de dérives.
Les pharmaciens ont un maillage du territoire qui les rend proches de la plupart des habitants.
 
Il faut donc songer, au cas où la situation de la pandémie évolue, à réduire les circuits et à permettre à tous les acteurs de santé de proximité de jouer leur rôle pleinement et avec des contraintes allégées.
 
ce dvrait être bientôt décidé pour les formes en gélules, pas pour la forme en suspension buvable.
On se demande bien pourquoi.
 
 

NOTE D’ACTUALITE

Depuis le 9 octobre, les dosages de Tamiflu 30 mg et 45 mg sont disponibles en pharmacie d’officine.

Seule la forme pédiatrique en solution buvale reste délivrée dans les hôpitaux de référence pour les enfants de moins d’un an.

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