Archives mensuelles : octobre 2009

Geippe A(H1N1) : L’OMS prône une seule dose de vaccin.

Le comité d’experts de l’Organisation mondiale de la santé vient, à 13 heures aujourd’hui, de donner deux avis importants :

Une seule dose de vaccin, avec ou sans adjuvant est suffisante pour protéger les personnes et ce dès l’âge de six mois.

Pour les femmes enceintes, les vaccins avec ou sans adjuvants peuvent être administrés  sauf si la législation d’un pays le décide autrement.
Au vu des dizaines de milliers de personnes déjà suivies au cours des essais vaccinaux, les vaccins adjuvantes n’ont provoqué aucun trouble chez les femmes enceintes.

Les experts ont rappelé la particulière gravité de l’infection grippale au cours du deuxième et troisième trimestre de la grossesse.

Ce sera maintenant aux agences sanitaires de se prononcer. D’abord à l’Agence européenne, l’EMEA et ensuite à l’AFSSAPS en France.

Pour l’instant, la tendance était plutôt d’une dose pour tout le monde, sauf pour les enfants de moins de dix ans auxquels on pensait proposer deux doses.

Si cette solution était retenue, cela permettrait aux pays riches de pouvoir redistribuer une partie de leurs surplus aux pays les plus pauvres.

La France avait ainsi prévu de donner 10 % de son stock aux pays en voie de développement. On devrait pouvoir faire mieux.
 

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Cancer : les privations et les agressions dans l’enfance font le lit des tumeurs.

I
 
 



On peut réduire ses apports caloriques volontairement et, ainsi, réduire les risques de survenue d’un cancer. On peut aussi être victime de graves privations de nourriture et cette réduction calorique involontaire provoque un stress extrême qui, a contrario, va entrainer l’apparition de cancers. Du moins si on en croit une étude tout juste publiée dans le JNCI,  le journal de l’Institut américain du cancer.
 
C’est une équipe israélienne qui s’est intéressée au statut de deux types de populations vivant en Israël et qui présentent des taux élevés de cancer.
Premier groupe : des immigrants qui avaient quitté l’Europe avant ou au cours de la Deuxième guerre mondiale (57496 personnes)  pour s’établir en Palestine sous mandat britannique.
Second groupe : des immigrants qui ont quitté l’Europe après 1945 et jusqu’en 1989 (258048 personnes)   pour s’établir dans le pays devenu Israël en 1948.
 
Ce deuxième groupe comprenait des personnes qui avaient été exposées aux souffrances et privations liées aux persécutions nazies dans leur pays d’origine au cours de leur enfance.
Mais, par manque d’informations fiables, les auteurs de l’étude ne les ont pas caractérisés comme étant des survivants des camps de concentration.
 
En comparant le taux de survenue de cancers entre les deux groupes, appariées par sexe et par groupe d’âge notamment, les auteurs ont constaté qu’il y avait beaucoup plus de tumeurs malignes dans la population qui avait été exposée aux persécutions nazies qua dans le groupe qui avait immigré avant la création de l’état d’Israël.
 
Cet excès de cancers se retrouve pour le nombre total de cas, mais aussi pour les cancers du sein chez les femmes et les cancers du côlon chez les hommes, particulièrement marqué » chez celles et ceux nés entre 1940 et 1945.
 
Par rapport aux immigrants arrivés en Palestine avant 1945, un homme né en Europe pendant la guerre a 3,5 fois plus de risques de développer un cancer, une femme 2,33 fois.
 
Pour les initiés, je donne ci-dessous les intervalles de confiance.
 
HOMMES : RR = 3.50, 95% CI = 2.17 – 5.65
FEMMES : RR = 2.33, 95% CI = 1.69 -3.2
 
Pour les organes spécifiquement touchés,  les femmes nées en Europe entre 1940 et 1945 avaient quasiment 2,5 fois plus de risques de développer un cancer du sein que celles arrivées plus tôt.
 
Pour le colon, c’est la tranche d’âge née entre 1935 et 1939 en Europe qui était la plus à risque, avec un risque quasiment doublé dans les deux sexes.
 
Je précise les valeurs de risque relatif et les intervalles de confiance une fois encore ci-dessous.
 
FEMMES, Sein : RR = 2.44, 95% CI = 1.46 – 4.06
FEMMES, Colon : RR = 1.93, 95% CI = 1.25 – 3.00
HOMMES, Colon : RR = 1.75, 95% CI = 1.19 – 2.59
 
On sait que durant la guerre, les populations juives des camps de concentration « consommaient » entre 200 et 800 calories par jour, soit 10 à 30 % d’une ration alimentaire normale. On peut imaginer que dans les ghettos et dans les zones sous occupation nazie, notamment dans les pays comme la Pologne, la Hongrie ou la Roumanie, la quantité de calories ingérées quotidiennement devait se situer dans ces mêmes intervalles.
 
Depuis plusieurs années, les études épidémiologiques et les données expérimentales ont montré que la réduction calorique favorisait l’allongement de la durée de vie.
 
Or, cette étude va dans un sens totalement différent, du moins à première vue.
Car, comme le notent les auteurs d’un éditorial qui accompagne la publication de cette recherche, ces populations ont vécu dans des conditions de stress extrême pendant des années.
 
Cette exacerbation des conditions de vie terribles a annihilé l’éventuel effet d’une réduction calorique.
La privation majeure de nourriture ajoutée aux conditions de vie inhumaines infligées à ces personnes a entrainé, selon les auteurs, un dérèglement métabolique in utero, et dans les premières années de vie qui a provoqué des erreurs de fonctionnement cellulaires et généré des cancers.
 
Des résultats de ce type avaient d’ailleurs été retrouvés dans des familles ayant vécu la grande crise économique de 1929 et qui avaient souffert de graves carences nutritionnelles.
 
 
Dans le cas de cette étude, la privation de nourriture avec les carences qu’elle génère, notamment sur les micronutriments, a eu pour effet de mettre en évidence un excès de risque de cancer du sein et du côlon.
 
On sait, depuis des années, que le cancer du sein trouve une partie de ses origines dans des facteurs alimentaires. Pour le cancer du côlon, les choses sont bien établies également.
 
Au-delà donc de l’horreur vécue par ces personnes, on voit donc que certains événements particulièrement violents dans les premiers mois et les premières années de vie, que ce soit dans le ventre maternel ou, plus tard dans la prime enfance, peuvent avoir des retentissements particulièrement néfastes  sur notre santé.
 
Ces données doivent donc être recherchées afin de pouvoir établir des programmes de prévention et de dépistage des cancers  pour les individus et les groupes ayant eu à souffrir gravement au début de leur vie
 
 
 
Référence de l’étude :
 
Lital Keinan-Boker et al.
 
Cancer Incidence in Israeli Jewish Survivors of World War II
J Natl Cancer Inst 2009;101: 1 – 12
DOI: 10.1093/jnci/djp327
 
 
Référence de l’éditorial
Stephen D. Hursting , Michele R. Forman
 
Cancer Risk From Extreme Stressors: Lessons From European Jewish Survivors of World War II
J Natl Cancer Inst DOI: 10.1093/jnci/djp357
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Grippe A(H1N1) :Le mot "adjuvant" entre dans la carrière.

 

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Grippe A(H1N1) : la vaccination débute.

C’est demain que débutera officiellement la campagne de vaccination contre le virus A(H1N1) dans les hôpitaux.
Premiers concernés, les personnels hospitaliers œuvrant dans les services de réanimation néonatale et pédiatrique.
 
Ces services risquent, en effet, d’être sollicités plus qu’à l’ordinaire en cas de développement de la propagation du virus car les enfants et les nourrissons sont particulièrement concernés par cette forme de grippe.
 
Suivront les autres professionnels de santé, soignants et aides-soignantes ainsi que celles et ceux qui exercent en libéral, notamment les infirmières qui vont au domicile de leurs patients et, bien sûr, les médecins de famille.
 
La troisième position des priorités est donnée aux femmes enceintes à compter du deuxième trimestre de grossesse.
 
Il y a une certaine incertitude quant à savoir où se placent les 50 000 personnes décrites comme essentielles, indispensables et irremplaçables dans notre société : contrôleurs aériens, responsables des centres de commandements SNCF, RAZTP, responsables de la sécurité des ouvrages de type viaduc de Millau ou tunnel du Mont-Blanc
 
Le ministère de la santé ne les a pas sur sa liste, alors que les ministères des transports et de l’Intérieur aimeraient bien les voir y figurer très haut !
 
Une ou deux injections ?
 
Officiellement, et sur la base de ce qu’on avait évalué dans le cadre de l’épidémie de grippe aviaire en 2005, on partait sur 2 injections.
 
Mais les premiers résultats des vaccins, avec ou sans adjuvants, montrent qu’avec une seule injection la production d’anticorps est assez élevée pour assurer une protection efficace.
 
Concernant les types de vaccins, les femmes enceintes et les enfants en bas àge recevront des vaccins sans adjuvant..
 
 
Sur le sujet des adjuvants voir l’article du blog consacré à ce thème et lire ,en anglais, le document de l’EMEA, Agence européenne du médicament.
 
 
Dans dix jours, l’OMS réunira une commission d’experts qui donnera un avis quasi-définitif.
Puis l’EMEA, l’Agence européenne de sécurité sanitaire des médicaments tranchera et son avis sera repris par l’AFSSAPS, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé.
 
On s’oriente donc vers une seule injection, sauf pour les enfants de moins de dix ans pour lesquels on devrait recourir à deux injections espacées de trois semaines.
 
Dernier point : toutes ces vaccinations reposent sur le volontariat. Nul ne pourra être vacciné sous la contrainte.
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Si vous avez un cancer , évitez d’emprunter l’aéroport de Nice.

Dans quelques jours, Nicolas Sarkozy présentera le Plan Cancer 2. Un plan où il sera fortement question de réduire les inégalités dans la prise en charge et mettre le patient au centre du dispositif.
L’incident dont j’ai été témoin le samedi 17 octobre montre que le respect dû aux patients n’est pas encore acquis.
 
Il est 15h30, ce samedi 17 octobre quand j’arrive au contrôle de sécurité de l’aéroport Nice-Côte d’Azur. Je reviens sur Paris après avoir participé à l’Université d’automne du cercle de réflexion de l’oncologie libérale, le CROL.
 
A deux mètres devant moi, ce que je pense être un passager est assis, abattu sur un tabouret avant le portique de détection. Quand je m’approche du tapis roulant pour déposer mes affaires, je vois qu’il s’agit, en fait, d’une femme qui porte tous les stigmates d’une chimiothérapie en cours. Pas besoin d’avoir fait de longues études pour remarquer ses cheveux ras qui repoussent tout juste, son teint, l’immense fatigue dans son regard.
 
Elle est assise sur ce tabouret, comme prostrée. Face à elle les agents de sécurité, dirigés par une femme. Cette femme en est discussion plutôt sèche avec l’accompagnateur de la dame, qui s’avère être son époux. Et là j’entends la façon dont la responsable de sécurité parle à cette pauvre femme, d’un ton sec, menaçant. La passagère a des bottes et a du mal, visiblement à les retirer. Elle demande à les garder « Vous ne retirez pas les bottes, vous ne partez pas, madame, c’est simple » lance une nouvelle fois, sur un ton encore plus sec la responsable de la sécurité.
Je comprends que la passagère a souhaité s’expliquer avec la police de l’air et des frontières mais que ces derniers ne se sont pas déplacés et ont donné leurs consignes à la responsable, qui, soit dit en passant, appartient à une société privée de sécurité.
 
On nous fait avancer et je vois que son époux va l’aider à enlever ses chaussures, ce qui est, pour elle, une vraie épreuve. Elle a une mallette médicale avec des produits de première urgence. Là encore, on ouvre , on questionne, on suspecte alors que tous les documents attestant de son état sont à la disposition des agents de sécurité.
 
Après un long moment, elle peut enfin passer, littéralement anéantie, traumatisée, presque en larmes. Je m’approche d’elle, elle me dit qu’elle remonte à paris pour une nième chimio, que cela fait sept ans qu’elle se bat contre le cancer et qu’elle ne comprend pas comment elle a été si mal traitée par la sécurité de l’aéroport.
 
Je lui ai donné ma carte lui disant que je témoignerais en sa faveur si elle entamait une action. Son époux est alors retourné discuter avec la « chef », lui faisant part de mon indignation et de celle du cancérologue qui m’accompagnait.
 
J’y suis allé aussi, pour dire à cette femme que j’avais été choqué de son comportement. « Je suis sous l’autorité de la police » me dit-elle » je ne fais qu’appliquer les consignes ».
Je lui ai dit que je comprenais parfaitement les impératifs de sécurité, que je n’avais pas envie de voir l’avion exploser, mais que c’est sa façon de se comporter et de parler à cette femme qui était intenable et insupportable.
 
Elle semblait ne rien comprendre, elle appliquait les ordres !
 
Et depuis Maurice Papon, on sait que ce qui est important, c’est d’appliquer les ordres.
Je ne sais pas si j’aurai un jour des nouvelles de cette passagère et de son époux. Je lui souhaite de tout cœur de se battre contre sa maladie avec toutes les forces du monde.
 
Je lui souhaite aussi de ne plus jamais retomber sur des personnages comme cette équipe de sécurité de l’aéroport de Nice et j’espère que les fonctionnaires de police étaient, ce jour là, occupés à une tache bien plus essentielle que de venir assister et expliquer à une femme en détresse pourquoi elle devait se plier à une exigence de sécurité autrement qu’en se faisant malmener.
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Grippe A(H1N1) : les formes graves sont rares mais lourdes de conséquences.

Les formes graves de grippe A(H1N1) sont rares, mais elles sont sévères et touchent des personnes souvent en bonne santé. C’est une étude canadienne qui vient, à nouveau, montrer que cette grippe n’est pas anodine.
 
Entre avril et août 2009, 168 personnes ont été admises dans des unités de soins intensifs au Canada à la suite de détresse respiratoire aiguë liée au virus A(H1N1). Des personnes jeunes, puisque la moyenne d’âge était, de 32,3 ans. Une majorité de femmes ‘(113) et 50 enfants.
 
Publiée dans la revue JAMA, cette étude montre qu’entre l’apparition des symptômes et l’hospitalisation des sujets, il s’est écoulé 4 jours. Et un jour seulement entre l’admission et le transfert en unité de soins intensifs (USI).
 
Dans 70 % des cas, les personnes admises en USI n’avaient pas de pathologie majeure, c’est-à-dire une insuffisance cardiaque congestive, une broncho-pneumopathie chronique obstructive, une maladie neurovasculaire, un cancer ou une immunodéficience.
 
Le séjour moyen un USI a été de douze jours. Et 136 des 168 patients ont du être mis sous ventilation artificielle.
 
Ce qui est important, dans cette étude, c’est de voir la gravité de ces atteintes. Au 28ème jour, la mortalité s’élevait à 14,3 %.
A trois mois, le taux de mortalité était de 17,2 %.
 
On voit donc que, pour rares qu’elles soient, les complications de cette grippe A(H1N1) sont particulièrement sévères et touchent des personnes jeunes et sans antécédents médicaux notables.
Une très grosse différence avec la grippe saisonnière.
 
Référence de l’étude :
Anand Kumar et al.
Critically Ill Patients With 2009 Influenza A(H1N1) Infection in Canada
JAMA. 2009;302(17) :( doi:10.1001/jama.2009.1496)
 
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COMMENTAIRES : les règles du jeu

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Dermatite atopique : Evitez de passer des savons à vos bébés trop souvent !

C’est une pathologie en pleine expansion, une rançon, sans doute, de notre mode de vie.
La dermatite atopique touche 10 à 15 % des enfants et va, dans la majorité des cas, finir par disparaître.
 
A un moment où, virus oblige, il faut redécouvrir les règles d’hygiène, comme le lavage des mains, une affection cutanée nous rappelle, paradoxalement, qu’être trop propre ce n’est pas obligatoirement idéal.
 
La dermatite atopique, qu’on appelle aussi « eczéma constitutionnel » est une affection qui touche les enfants dans les premiers mois de la vie. Ce sont des plaques ou de petites lésions telles des pièces de monnaie qui apparaissent sur le front, les joues et le menton.
 
Comme le petit enfant a du mal à se gratter, il va se frotter le visage sur les draps, s’agiter et mal dormir.
 
Ces lésions vont et viennent et, avec l’âge vont migrer vers les plis, coudes et genoux par exemple.
 
Cette affection est quatre fois plus fréquente aujourd’hui qu’il y a trente ans. Elle augmente avec l’élévation du niveau de vie des pays.
 
Une des causes actuellement bien identifiée est une modification de la couche cornée de l’épiderme, la partie la plus superficielle de notre peau.
Cette couche devient hyper-perméable aux diverses agressions microbiennes, acariens, mycoses et polluants. C’est la conjonction d’une sécheresse anormale et de la disparition du film hydro-graisseux qui revêt cette couche cornée qui est en cause.
 
Ainsi les substances qui devraient être arrêtées par la barrière cornée pénètrent l’épiderme et il s’en suit des réactions cellulaires. Des cellules de défenses, les cellules de Langherans viennent capter ces agresseurs et les présentent aux lymphocytes. La cascade des réactions allergiques se mettra en place lors de la deuxième visite des allergènes, avec des phénomènes comme la dilatation de vaisseaux capillaires à l’origine des rougeurs et des sécrétions de certaines immunoglobulines, les IgE.
 
 
Voir les schémas explicatifs sur le site de la société française de dermatologie
 
 
Cette dermatite atopique se traite grâce aux dermocorticoïdes, sous formes de pommades ou de crèmes.
 
Le mot « cortisone’ fait peur aux parents qui vont souvent mal utiliser ces traitements. Or, bien utilisés, sur des durées courtes mais avec un bon étalement sur les lésions, ces dermocorticoïdes sont le traitement de choix de ces poussées de dermatite atopique.  Et il n’y a aucun effet secondaire à craindre si ces produits sont bien utilisés.
 
Entre les poussées, il est important de mettre des crèmes émolliente sur la peau de l’enfant. Il en existe beaucoup, des chères et des pas chères. Mieux vaut choisir ces dernières, car, actuellement et en attendant la nouvelle génération de crèmes aux céramides, aucune crème n’a montré sa supériorité !
 
Enfin, inutile d’arracher la moquette, de vendre la literie, de mettre l’enfant au régime dès la première poussée. En dehors de cas bien particuliers, il faut vivre normalement, aussi bien pour l’enfant que pour les parents, en excluant toutefois le tabac de la maison.
 
La dermatite atopique peut subsister, peut aussi se transformer en asthme ou en rhinite allergique, le rhume des foins.
 
Mais dans 80 % des cas au moins, elle partira comme elle est venue.
 
 Un mot de la prévention : Ce qui est important c’est d’éviter de trop laver les nouveau-nés et les nourrissons. L’usage de divers produits de toilette de façon fréquente modifie la structure de la partie superficielle de la peau et fait disparaître la population habituelle et utile des bactéries qui vivent en bonne intelligence avec nous.
 
Un bébé n n’a pas besoin de sentir « bon » en permanence ! Et il faut être d’autant plus prudent qu’il y a des « atopiques » dans la famille. Un père et/ou une mère qui ont un asthme ou un rhume des foins, ou qui ont eu une dermatite atopique sont des facteurs qui majorent le risque pour l’enfant de développer une dermatite à son tour.
 
Enfin, il existe désormais dans divers hôpitaux français, notamment à Nantes Tours et Marseille, des « écoles de l’atopie », où on apprend aux parents et aux enfants à vivre normalement avec cette affection.
 
 
 
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Les femmes qui ont eu un cancer dans leur jeunesse mettent au monde des bébés normaux.

C’est une bonne nouvelle pour les jeunes femmes qui ont eu à souffrir d’en cancer dans leur enfance ou leur jeunesse.  Les enfants qu’elles mettent au monde après guérison sont des bébés normaux.
 
La peur de la double peine. Beaucoup de jeunes femmes ayant eu un cancer dans leur jeunesse se demandent s’il est bien légitime pour elles de concevoir. Peur des effets des traitements, peur de donner naissance à un enfant malformé.
 
Une étude américaine publiée dans la revue Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine vient apporter un certain réconfort à ces jeunes femmes.
 
Les chercheurs ont étudié les naissances du premier enfant de 1898 femmes qui avaient eu un cancer avant l’âge de 20 ans, entre 1973 et 2000. Les cancers de l’appareil génital représentaient 1006 cas, dont 96 % de cancers du col de l’utérus.
 
Les autres tumeurs étaient des lymphomes, des tumeurs de la thyroïde, des leucémies, des cancers du système nerveux central et des tumeurs cutanées, mélanome principalement.
Ces femmes ont été comparées à 14278 contrôles, c’est-à-dire des femmes exemptes de cancer mais ayant les mêmes caractéristiques physiques et démographiques qu’elles.
 
La comparaison des deux groupes a montré que pour les femmes ayant eu un cancer dans l’adolescence, le risque de mettre eau monde un enfant avant terme était un peu plus élevé que dans le reste de la population.
Le risque relatif était de 1,54 avec des intervalles de confiance de 1,30-1,83.
Cela veut dire, en clair, un peu plus de 50 ù de grossesses avant terme, mais seules 14 % de ces naissances survenaient avant la 37ème semaine, et plus des deux tiers entre 37 et 41 semaines.
 
De la même façon, les enfants des femmes ayant eu un cancer avaient un poids de naissance un peu plus faible.
Le risque d’avoir un enfant pesant moins de 2500 grammes était accru de 30 %, mais la plupart des naissances se situaient entre 2500 et 3999 grammes.
Donc pas trop de petits bébés, et presque pas de gros bébés.
 
Mais le plus rassurant est l’absence d’une élévation du risque d’anomalies ou de malformations, pas d’excès de mortalité ou de modification du rapport filles/garçons, ce qu’on appelle le sex ratio.
 
Deux derniers chiffres intéressants : près de 15 % des femmes atteintes de cancer dans l’enfance ont pu concevoir un bébé, chiffre qui monte à 43 % pour celles atteintes d’un cancer du col de l’utérus.
En moyenne, la grossesse est survenue 7 ans après la fin des traitements.
 
Au total une étude qui devrait mettre du baume au cœur de celles qui ont eu, dans leur jeunesse, à se battre contre le cancer et pour lesquelles l’espoir de donner la vie n’est pas du domaine de l’impossible, loin de là !
 
 
Référence de l’étude :
 
Beth A. Mueller et al.
Pregnancy Outcomes in Female Childhood and Adolescent Cancer Survivors
A  Linked Cancer-Birth Registry Analysis
Arch Pediatr Adolesc Med. 2009;163(10):879-886
 
 
 
 

 

 
 
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Nobel de Médecine : La télomérase, une découverte qui permet de mieux comprendre le cancer et le vieillissement

Vieillissement, cancérisation, développement des cellules souches, le prix Nobel de Médecine 2009 ; le centième, récompense une découverte fondamentale, au sens plein du terme. La mise en évidence d’une enzyme, la télomérase, permet de mieux comprendre la genèse de phénomènes normaux et pathologiques au sein de nos cellules.
 
Elizabeth Blackburn, Carol Greider et Jack Szostak vont avoir sûrement le plus beau réveil de leur vie aujourd’hui.
Ces trois scientifiques américains viennent de recevoir ce matin, le centième prix Nobel de Médecine et de Physiologie, après avoir déjà avoir été récompensé il y a trois ans par le prix Lasker, l’antichambre du Nobel.
 
Ces trois chercheurs se sont intéressés au bout des chromosomes qui constituent le support de notre programme génétique, comme dans toutes les espèces vivantes d’ailleurs.
Leurs travaux originaux ont d’ailleurs été faits sur la levure !
 
Le bout du chromosome, appelé télomère est une structure bien particulière. C’est une sorte de « capuchon » dont la présence est nécessaire pour protéger l’intégrité du chromosome.
 
 
On s’est aperçu que lorsqu’une cellule se divise, les différentes cellules filles issues de cette division ont des chromosomes qui raccourcissent. Ce raccourcissement se fait aux dépens du télomère, jusqu’au moment où la cellule va mourir.
 
Cette forme de sénescence serait une façon pour la cellule de disparaître lorsque des anomalies de réplication de l’ADN, sa « recopie », sont apparues et n’ont pas pu être réparées.
Dns ce cas, une enzyme, la télomérase est inactivée et ne reconstruit pas le télomère.
 
On s’est aperçu, en revanche, qu’il existe une forte activité de cette enzyme télomérase dans les cellules cancéreuses, devenues immortelles et qui se divisent infiniment.
 
Cette importante activité enzymatique est retrouvée également dans le développement des cellules souches, un champ en pleine expansion dans le domaine de la recherche.
 
Enfin, plusieurs maladies se caractérisent par un dysfonctionnement de la télomérase, qui est, contrairement au cancer, insuffisamment produite.
Ce sont des maladies dans lesquelles le vieillissement est accéléré et une maladie génétique rare, la dyskératose congénitale.
 
Cette affection concerne une naissance sur un million environ. Egalement appelée syndrome de Zinsser-Engman-Cole, elle se caractérise par une pigmentation anormale de la peau, des ongles de forme anormale et des leucoplasies muqueuses, c’est-à-dire des plaques blanches, notamment dans la bouche.
 
Pour en revenir au cancer, des molécules visant à bloquer l’action de la télomérase sont déjà évaluées sous forme de vaccins ou de médicaments en médecine humaine. Les essais sont encore très préliminaires, phase 1 et 2
 
On peut consulter ICI certains de ces essais.
 
D’autres recherches concernant la télomérase et ses différentes formes sont menées dans les cancers du poumon et dans un type de tumeur cérébrale, le gliome.
 
C’est dire combien la recherche couronnée aujourd’hui à Stockholm est importante et pleine de promesses.
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