Archives quotidiennes : 12 octobre 2009

COMMENTAIRES : les règles du jeu

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Dermatite atopique : Evitez de passer des savons à vos bébés trop souvent !

C’est une pathologie en pleine expansion, une rançon, sans doute, de notre mode de vie.
La dermatite atopique touche 10 à 15 % des enfants et va, dans la majorité des cas, finir par disparaître.
 
A un moment où, virus oblige, il faut redécouvrir les règles d’hygiène, comme le lavage des mains, une affection cutanée nous rappelle, paradoxalement, qu’être trop propre ce n’est pas obligatoirement idéal.
 
La dermatite atopique, qu’on appelle aussi « eczéma constitutionnel » est une affection qui touche les enfants dans les premiers mois de la vie. Ce sont des plaques ou de petites lésions telles des pièces de monnaie qui apparaissent sur le front, les joues et le menton.
 
Comme le petit enfant a du mal à se gratter, il va se frotter le visage sur les draps, s’agiter et mal dormir.
 
Ces lésions vont et viennent et, avec l’âge vont migrer vers les plis, coudes et genoux par exemple.
 
Cette affection est quatre fois plus fréquente aujourd’hui qu’il y a trente ans. Elle augmente avec l’élévation du niveau de vie des pays.
 
Une des causes actuellement bien identifiée est une modification de la couche cornée de l’épiderme, la partie la plus superficielle de notre peau.
Cette couche devient hyper-perméable aux diverses agressions microbiennes, acariens, mycoses et polluants. C’est la conjonction d’une sécheresse anormale et de la disparition du film hydro-graisseux qui revêt cette couche cornée qui est en cause.
 
Ainsi les substances qui devraient être arrêtées par la barrière cornée pénètrent l’épiderme et il s’en suit des réactions cellulaires. Des cellules de défenses, les cellules de Langherans viennent capter ces agresseurs et les présentent aux lymphocytes. La cascade des réactions allergiques se mettra en place lors de la deuxième visite des allergènes, avec des phénomènes comme la dilatation de vaisseaux capillaires à l’origine des rougeurs et des sécrétions de certaines immunoglobulines, les IgE.
 
 
Voir les schémas explicatifs sur le site de la société française de dermatologie
 
 
Cette dermatite atopique se traite grâce aux dermocorticoïdes, sous formes de pommades ou de crèmes.
 
Le mot « cortisone’ fait peur aux parents qui vont souvent mal utiliser ces traitements. Or, bien utilisés, sur des durées courtes mais avec un bon étalement sur les lésions, ces dermocorticoïdes sont le traitement de choix de ces poussées de dermatite atopique.  Et il n’y a aucun effet secondaire à craindre si ces produits sont bien utilisés.
 
Entre les poussées, il est important de mettre des crèmes émolliente sur la peau de l’enfant. Il en existe beaucoup, des chères et des pas chères. Mieux vaut choisir ces dernières, car, actuellement et en attendant la nouvelle génération de crèmes aux céramides, aucune crème n’a montré sa supériorité !
 
Enfin, inutile d’arracher la moquette, de vendre la literie, de mettre l’enfant au régime dès la première poussée. En dehors de cas bien particuliers, il faut vivre normalement, aussi bien pour l’enfant que pour les parents, en excluant toutefois le tabac de la maison.
 
La dermatite atopique peut subsister, peut aussi se transformer en asthme ou en rhinite allergique, le rhume des foins.
 
Mais dans 80 % des cas au moins, elle partira comme elle est venue.
 
 Un mot de la prévention : Ce qui est important c’est d’éviter de trop laver les nouveau-nés et les nourrissons. L’usage de divers produits de toilette de façon fréquente modifie la structure de la partie superficielle de la peau et fait disparaître la population habituelle et utile des bactéries qui vivent en bonne intelligence avec nous.
 
Un bébé n n’a pas besoin de sentir « bon » en permanence ! Et il faut être d’autant plus prudent qu’il y a des « atopiques » dans la famille. Un père et/ou une mère qui ont un asthme ou un rhume des foins, ou qui ont eu une dermatite atopique sont des facteurs qui majorent le risque pour l’enfant de développer une dermatite à son tour.
 
Enfin, il existe désormais dans divers hôpitaux français, notamment à Nantes Tours et Marseille, des « écoles de l’atopie », où on apprend aux parents et aux enfants à vivre normalement avec cette affection.
 
 
 
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