Archives quotidiennes : 19 octobre 2009

Grippe A(H1N1) : la vaccination débute.

C’est demain que débutera officiellement la campagne de vaccination contre le virus A(H1N1) dans les hôpitaux.
Premiers concernés, les personnels hospitaliers œuvrant dans les services de réanimation néonatale et pédiatrique.
 
Ces services risquent, en effet, d’être sollicités plus qu’à l’ordinaire en cas de développement de la propagation du virus car les enfants et les nourrissons sont particulièrement concernés par cette forme de grippe.
 
Suivront les autres professionnels de santé, soignants et aides-soignantes ainsi que celles et ceux qui exercent en libéral, notamment les infirmières qui vont au domicile de leurs patients et, bien sûr, les médecins de famille.
 
La troisième position des priorités est donnée aux femmes enceintes à compter du deuxième trimestre de grossesse.
 
Il y a une certaine incertitude quant à savoir où se placent les 50 000 personnes décrites comme essentielles, indispensables et irremplaçables dans notre société : contrôleurs aériens, responsables des centres de commandements SNCF, RAZTP, responsables de la sécurité des ouvrages de type viaduc de Millau ou tunnel du Mont-Blanc
 
Le ministère de la santé ne les a pas sur sa liste, alors que les ministères des transports et de l’Intérieur aimeraient bien les voir y figurer très haut !
 
Une ou deux injections ?
 
Officiellement, et sur la base de ce qu’on avait évalué dans le cadre de l’épidémie de grippe aviaire en 2005, on partait sur 2 injections.
 
Mais les premiers résultats des vaccins, avec ou sans adjuvants, montrent qu’avec une seule injection la production d’anticorps est assez élevée pour assurer une protection efficace.
 
Concernant les types de vaccins, les femmes enceintes et les enfants en bas àge recevront des vaccins sans adjuvant..
 
 
Sur le sujet des adjuvants voir l’article du blog consacré à ce thème et lire ,en anglais, le document de l’EMEA, Agence européenne du médicament.
 
 
Dans dix jours, l’OMS réunira une commission d’experts qui donnera un avis quasi-définitif.
Puis l’EMEA, l’Agence européenne de sécurité sanitaire des médicaments tranchera et son avis sera repris par l’AFSSAPS, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé.
 
On s’oriente donc vers une seule injection, sauf pour les enfants de moins de dix ans pour lesquels on devrait recourir à deux injections espacées de trois semaines.
 
Dernier point : toutes ces vaccinations reposent sur le volontariat. Nul ne pourra être vacciné sous la contrainte.
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Si vous avez un cancer , évitez d’emprunter l’aéroport de Nice.

Dans quelques jours, Nicolas Sarkozy présentera le Plan Cancer 2. Un plan où il sera fortement question de réduire les inégalités dans la prise en charge et mettre le patient au centre du dispositif.
L’incident dont j’ai été témoin le samedi 17 octobre montre que le respect dû aux patients n’est pas encore acquis.
 
Il est 15h30, ce samedi 17 octobre quand j’arrive au contrôle de sécurité de l’aéroport Nice-Côte d’Azur. Je reviens sur Paris après avoir participé à l’Université d’automne du cercle de réflexion de l’oncologie libérale, le CROL.
 
A deux mètres devant moi, ce que je pense être un passager est assis, abattu sur un tabouret avant le portique de détection. Quand je m’approche du tapis roulant pour déposer mes affaires, je vois qu’il s’agit, en fait, d’une femme qui porte tous les stigmates d’une chimiothérapie en cours. Pas besoin d’avoir fait de longues études pour remarquer ses cheveux ras qui repoussent tout juste, son teint, l’immense fatigue dans son regard.
 
Elle est assise sur ce tabouret, comme prostrée. Face à elle les agents de sécurité, dirigés par une femme. Cette femme en est discussion plutôt sèche avec l’accompagnateur de la dame, qui s’avère être son époux. Et là j’entends la façon dont la responsable de sécurité parle à cette pauvre femme, d’un ton sec, menaçant. La passagère a des bottes et a du mal, visiblement à les retirer. Elle demande à les garder « Vous ne retirez pas les bottes, vous ne partez pas, madame, c’est simple » lance une nouvelle fois, sur un ton encore plus sec la responsable de la sécurité.
Je comprends que la passagère a souhaité s’expliquer avec la police de l’air et des frontières mais que ces derniers ne se sont pas déplacés et ont donné leurs consignes à la responsable, qui, soit dit en passant, appartient à une société privée de sécurité.
 
On nous fait avancer et je vois que son époux va l’aider à enlever ses chaussures, ce qui est, pour elle, une vraie épreuve. Elle a une mallette médicale avec des produits de première urgence. Là encore, on ouvre , on questionne, on suspecte alors que tous les documents attestant de son état sont à la disposition des agents de sécurité.
 
Après un long moment, elle peut enfin passer, littéralement anéantie, traumatisée, presque en larmes. Je m’approche d’elle, elle me dit qu’elle remonte à paris pour une nième chimio, que cela fait sept ans qu’elle se bat contre le cancer et qu’elle ne comprend pas comment elle a été si mal traitée par la sécurité de l’aéroport.
 
Je lui ai donné ma carte lui disant que je témoignerais en sa faveur si elle entamait une action. Son époux est alors retourné discuter avec la « chef », lui faisant part de mon indignation et de celle du cancérologue qui m’accompagnait.
 
J’y suis allé aussi, pour dire à cette femme que j’avais été choqué de son comportement. « Je suis sous l’autorité de la police » me dit-elle » je ne fais qu’appliquer les consignes ».
Je lui ai dit que je comprenais parfaitement les impératifs de sécurité, que je n’avais pas envie de voir l’avion exploser, mais que c’est sa façon de se comporter et de parler à cette femme qui était intenable et insupportable.
 
Elle semblait ne rien comprendre, elle appliquait les ordres !
 
Et depuis Maurice Papon, on sait que ce qui est important, c’est d’appliquer les ordres.
Je ne sais pas si j’aurai un jour des nouvelles de cette passagère et de son époux. Je lui souhaite de tout cœur de se battre contre sa maladie avec toutes les forces du monde.
 
Je lui souhaite aussi de ne plus jamais retomber sur des personnages comme cette équipe de sécurité de l’aéroport de Nice et j’espère que les fonctionnaires de police étaient, ce jour là, occupés à une tache bien plus essentielle que de venir assister et expliquer à une femme en détresse pourquoi elle devait se plier à une exigence de sécurité autrement qu’en se faisant malmener.
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